{"id":35,"date":"2024-06-13T21:32:36","date_gmt":"2024-06-14T01:32:36","guid":{"rendered":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/chapter\/japon\/"},"modified":"2024-06-13T21:57:28","modified_gmt":"2024-06-14T01:57:28","slug":"japon","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/chapter\/japon\/","title":{"raw":"Japon","rendered":"Japon"},"content":{"raw":"<div class=\"japon\">\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">(Audrey-Anne Desrosiers, Genevi\u00e8ve Larocque, L\u00e9a Rose Tremblay, Sabrina Mac Gregor)<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Profil du pays<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Avec une population japonaise d\u2019environ 127 millions d\u2019habitants, les biblioth\u00e8ques nippones doivent s\u2019assurer d\u2019\u00eatre en mesure de desservir une large base d\u2019usagers (Alix, 2021). La biblioth\u00e8que publique moderne de style occidental est apparue sur l\u2019archipel japonais apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale lorsque les \u00c9tats-Unis ont fait pression pendant l\u2019occupation du territoire pour cr\u00e9er une r\u00e9forme r\u00e9pondant aux normes de biblioth\u00e9conomie am\u00e9ricaine. Depuis lors, le pays a d\u00e9velopp\u00e9 des biblioth\u00e8ques pour r\u00e9pondre aux besoins des usagers tout en suivant les normes occidentales (Harris et Thaler, 2020).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s la carte du monde interactive pr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), le Japon compte un total de 42\u2009117 biblioth\u00e8ques dans le pays, dont 1\u2009558 biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques, 36 biblioth\u00e8ques nationales, 3\u2009360 biblioth\u00e8ques publiques et 37\u2009163 biblioth\u00e8ques scolaires. Ces biblioth\u00e8ques servent un total cumulatif de plus de 37 millions d\u2019usagers par ann\u00e9e (<em>IFLA Library Map of the World<\/em>, s.\u202fd.). Bien qu\u2019on puisse constater une am\u00e9lioration des services \u00e0 travers les biblioth\u00e8ques japonaises, plusieurs d\u00e9fis restent encore pertinents pour le domaine. Notamment, plusieurs se plaignent du manque de formation ad\u00e9quate et du manque de professionnels form\u00e9s en domaine de la biblioth\u00e9conomie et des sciences de l\u2019information.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">De plus, l\u2019image de la biblioth\u00e8que typique reste inchang\u00e9e et est vue comme \u00e9tant un lieu d\u2019\u00e9tude et de collecte d\u2019informations et de documents, et non comme \u00e9tant un endroit de cr\u00e9ation, d\u2019\u00e9change et de formation concernant les technologies num\u00e9riques (Alix, 2021). On pourrait y voir une corr\u00e9lation avec le ph\u00e9nom\u00e8ne Shoshikoreika (\u5c11\u5b50\u9ad8\u9f62\u5316), c\u2019est-\u00e0-dire le vieillissement de la population nippone, combin\u00e9e \u00e0 la diminution du taux de natalit\u00e9 \u00e0 travers le pays. Il serait donc logique de penser que la stagnation de l\u2019avancement des innovations dans les biblioth\u00e8ques pourrait \u00eatre li\u00e9e \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Histoire et biblioth\u00e8ques : une chronologie de la biblioth\u00e9conomie au Japon<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire des biblioth\u00e8ques au Japon est \u00e9troitement li\u00e9e avec un certain ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019absorption des cultures \u00e9trang\u00e8res. Comme le mentionne Welch dans <em>Libraries and Librarianship<\/em> in Japan, au chapitre de l\u2019histoire des biblioth\u00e8ques, le Japon a connu trois grandes p\u00e9riodes d\u2019int\u00e9grations de concepts et d\u2019id\u00e9es provenant d\u2019autres pays. En effet, on peut constater l\u2019int\u00e9gration de certains \u00e9l\u00e9ments culturels provenant de la dynastie Shang en Chine, de 1570 \u00e0 1045 av. J.-C (Welch, 1997). Ensuite, une deuxi\u00e8me p\u00e9riode d\u2019int\u00e9gration d\u2019id\u00e9aux provenant de la Chine a eu lieu des ann\u00e9es 1860 \u00e0 1945. Ce sont les concepts acquis durant ces deux p\u00e9riodes sp\u00e9cifiquement qui ont influenc\u00e9 les d\u00e9buts d\u2019une biblioth\u00e9conomie dite moderne au Japon. En effet, le concept m\u00eame de biblioth\u00e9conomie n\u2019existait pas vraiment sur l\u2019archipel japonais avant cette modernisation.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e9conomie \u00e9tait plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant une fili\u00e8re des d\u00e9partements d\u2019\u00e9ducation et de bureaucratie, sans \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un domaine \u00e0 part enti\u00e8re. L\u2019arriv\u00e9e des biblioth\u00e8ques priv\u00e9es et municipales est due encore une fois \u00e0 un processus d\u2019observation et d\u2019absorption d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant des pays europ\u00e9ens et d\u2019Am\u00e9rique au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Welch, 1997). La p\u00e9riode durant la Seconde Guerre mondiale, au milieu de l\u2019\u00e8re Sh\u014dwa (\u662d\u548c\u6642\u4ee3) (1926-1989) au Japon se caract\u00e9rise par une diminution de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, d\u00fb au contr\u00f4le et \u00e0 la censure de l\u2019information par l\u2019arm\u00e9e, ce qui am\u00e8nera une certaine restriction quant au d\u00e9veloppement des biblioth\u00e8ques japonaises (Welch, 1997).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Ensuite, d\u00fb \u00e0 la trag\u00e9die des extr\u00eames bombardements a\u00e9riens dont le pays a fait face en 1945 durant la Seconde Guerre mondiale, les activit\u00e9s des biblioth\u00e8ques ont compl\u00e8tement cess\u00e9 et la moiti\u00e9 des collections des biblioth\u00e8ques publiques br\u00fbleront, dont 655\u2009000 volumes dans la r\u00e9gion de Tokyo uniquement. De plus, on peut \u00e9galement constater une r\u00e9forme du domaine visant \u00e0 se conformer aux normes de biblioth\u00e9conomie am\u00e9ricaines \u00e0 la suite de l\u2019occupation am\u00e9ricaine qui a eu lieu lors de la Seconde Guerre mondiale (Welch, 1997).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Types de biblioth\u00e8ques<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En date de 2021, on d\u00e9nombrait au total 42\u202f884 biblioth\u00e8ques au Japon, r\u00e9parties comme suit\u202f: 1\u202f519 biblioth\u00e8ques universitaires, 36 biblioth\u00e8ques composant la Biblioth\u00e8que nationale, 3\u202f360 biblioth\u00e8ques publiques et 37\u202f979 biblioth\u00e8ques scolaires. On y retrouve \u00e9galement pr\u00e8s de 4\u202f000 biblioth\u00e8ques communautaires d\u00e9di\u00e9es aux enfants et 1\u202f761 biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es (Alix, 2021). L\u2019ensemble de ces biblioth\u00e8ques repr\u00e9sente environ 3 millions d\u2019usager\u00b7\u00e8re\u00b7s en milieu acad\u00e9mique et 33 millions en biblioth\u00e8que publique (Alix, 2021).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8que nationale<\/h3>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que nationale du Japon, la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1948, lors de la cr\u00e9ation de la Loi sur la Biblioth\u00e8que nationale (National Diet Library Law) et a pour mission d\u2019acqu\u00e9rir et de pr\u00e9server la documentation publi\u00e9e au pays ainsi que d\u2019appuyer les membres de la Di\u00e8te dans l\u2019ex\u00e9cution de leurs fonctions, en fournissant par exemple des services biblioth\u00e9conomiques \u00e0 ses branches ex\u00e9cutives et judiciaires (Alix, 2021\u2009; Miura, 2012). Par ces missions, la BND se veut le symbole de la d\u00e9mocratie d\u2019apr\u00e8s-guerre du pays (Hirokuyi, 2012).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que est r\u00e9partie en plusieurs succursales et biblioth\u00e8ques affili\u00e9es pr\u00e9sentes sur l\u2019\u00e9tendue du territoire japonais, conservant une collection d\u2019environ 9 millions de livres et 11 millions de p\u00e9riodiques (Alix, 2021\u2009; Hirokuyi, 2012). En plus d\u2019\u00eatre la gardienne de tous les documents publi\u00e9s au pays, assurant le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal, la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te acquiert les ouvrages \u00e9trangers portant sur le Japon, notamment les documents concernant la p\u00e9riode d\u2019apr\u00e8s-guerre (Alix, 2021\u2009; Hirokuyi, 2012). Elle constitue \u00e9galement le centre ISSN du pays depuis 1976 et est l\u2019h\u00f4te de la branche asiatique du volet de Pr\u00e9servation et conservation de l\u2019IFLA (Miura, 2012).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Depuis 2002, la Biblioth\u00e8que collectionne \u00e9galement de l\u2019information et de la documentation num\u00e9rique, offrant une multitude de services en ligne tels que des bases de donn\u00e9es, la consultation de documents num\u00e9ris\u00e9s (Alix, 2021) et le pr\u00eat entre biblioth\u00e8ques (Miura, 2012). Depuis quelques ann\u00e9es, la loi sur le droit d\u2019auteur a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e afin d\u2019octroyer \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te le droit de num\u00e9riser l\u2019ensemble des \u0153uvres de sa collection \u00e0 des fins de conservation, sans avoir besoin de respecter les droits d\u2019auteurs (Alix, 2021\u2009; Miura, 2012).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques scolaires<\/h3>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques scolaires n\u2019ont connu une certaine popularit\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, les politiques scolaires n'encouragent pas la fr\u00e9quentation de ces institutions et il a fallu attendre les recommandations de la \u00ab\u202f<em>US Educational Mission<\/em>\u202f\u00bb apr\u00e8s la guerre, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent la r\u00e9forme scolaire en 1947 et la loi sur les biblioth\u00e8ques scolaires (Gakko Kyoiku-ho) de 1953, pour voir une augmentation de l\u2019utilisation des biblioth\u00e8ques et de la construction de celles-ci (Maruyama et Keriguy, 1985). \u00c9tant donn\u00e9 que les biblioth\u00e8ques scolaires n\u2019avaient pas de personnel form\u00e9 et qualifi\u00e9, l\u2019importance de ces institutions de savoirs \u00e9tait mal comprise autant par le corps enseignant, que par les \u00e9l\u00e8ves et leurs parents, voyant surtout dans ce lieu un moyen de faire lire davantage les jeunes et de les \u00e9loigner de la t\u00e9l\u00e9vision (Japan Library Association, 1994, p. 50). Cette m\u00eame loi a cependant \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 1997, car m\u00eame si elle obligeait les \u00e9coles \u00e0 avoir une biblioth\u00e8que pour leurs \u00e9l\u00e8ves, elle n\u2019obligeait pas celles-ci \u00e0 engager des biblioth\u00e9caires enseignants pour assurer la gestion et le maintien des biblioth\u00e8ques (Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France, 2012, p. 38 \u201139).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au Japon, le poste de biblioth\u00e9caire scolaire (Gakko-shisho) ne n\u00e9cessite pas de formation particuli\u00e8re et ceux occupant ce poste sont davantage consid\u00e9r\u00e9s comme du \u00ab\u202fpersonnel technique\u202f\u00bb. Les biblioth\u00e9caires enseignants (Shisho-kyoyu \u53f8\u66f8\u6559\u8aed) doivent, pour occuper ce poste, obtenir un certificat de biblioth\u00e9caire et assurer \u00e0 la fois leurs fonctions d\u2019enseignants et les activit\u00e9s \u00e9ducatives et administratives de la biblioth\u00e8que scolaire (Rikkyo University, s.\u202fd.). Nous en parlerons un peu plus loin dans la section sur le cadre \u00e9ducatif, mais ce manque de personnel qualifi\u00e9 au sein des biblioth\u00e8ques scolaires pose plusieurs probl\u00e8mes puisque celles-ci sont souvent laiss\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, les biblioth\u00e9caires enseignants n\u2019ayant pas toujours le temps de faire la gestion de la biblioth\u00e8que en plus de ses t\u00e2ches d\u2019enseignement (Nakamura, 2008). Les biblioth\u00e8ques scolaires seraient, selon Frances Alix, davantage soucieuses de se conformer \u00e0 la loi que de la r\u00e9ussite des \u00e9l\u00e8ves (Alix, 2021).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em>Biblioth\u00e8ques universitaires<\/em><\/h3>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re biblioth\u00e8que en milieu acad\u00e9mique au Japon a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1886, dans la premi\u00e8re universit\u00e9 du pays, cr\u00e9\u00e9e moins d\u2019une d\u00e9cennie plus t\u00f4t (Alix, 2021). Aujourd\u2019hui, l\u2019ensemble des universit\u00e9s japonaises d\u00e9tiennent leur propre biblioth\u00e8que acad\u00e9mique, tel qu\u2019exig\u00e9 par la loi. Plusieurs d\u2019entre elles sont divis\u00e9es selon les d\u00e9partements et facult\u00e9s en place.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Afin d\u2019appuyer les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s et les professeur\u00b7e\u00b7s dans leurs recherches, les biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques offrent g\u00e9n\u00e9ralement des services de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 travers le d\u00e9partement de circulation des ouvrages. Il n\u2019y a toutefois pas de d\u00e9partement sp\u00e9cifiquement d\u00e9di\u00e9 au r\u00e9f\u00e9rencement (Alix, 2021). Les biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques collaborent entre elles et ont mis sur pied un syst\u00e8me de pr\u00eat entre les biblioth\u00e8ques, en plus de partager leur syst\u00e8me de notices bibliographiques, cette base de donn\u00e9es \u00e9tant g\u00e9r\u00e9e par l\u2019Institut National d\u2019Informatique (Alix, 2021). Plusieurs des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques japonaises se sont \u00e9galement regroup\u00e9es afin de partager des contrats d\u2019acc\u00e8s aux p\u00e9riodiques, dont le co\u00fbt d\u2019abonnement a grandement augment\u00e9 r\u00e9cemment (Miura, 2012). De plus, dans une optique d\u2019apprentissage tout au long de la vie, une des missions prioritaires des biblioth\u00e8ques tant au niveau global que r\u00e9gional, les biblioth\u00e8ques universitaires offrent g\u00e9n\u00e9ralement une \u00e9tendue d\u2019heures d\u2019ouverture tr\u00e8s large, afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s des usager\u00b7\u00e8re\u00b7s avec des horaires du temps vari\u00e9 (Miura, 2012).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques publiques<\/h3>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que publique nippone est ainsi une institution plut\u00f4t r\u00e9cente, la premi\u00e8re ayant vu le jour en 1872, dans un \u00e9lan de modernisation de la soci\u00e9t\u00e9 japonaise (Miura, 2012). Les biblioth\u00e8ques publiques s\u2019ancrent dans le paysage biblioth\u00e9conomique japonais en 1950, lorsque le pays se dote d\u2019une loi sur les biblioth\u00e8ques, pr\u00e9voyant notamment le financement des biblioth\u00e8ques publiques par l\u2019imp\u00f4t, dans l\u2019optique de r\u00e9pondre gratuitement aux besoins d\u2019information du public nippon (Miura, 2012). Cons\u00e9quemment, le nombre de biblioth\u00e8ques publiques, et la diversit\u00e9 de leurs services ont connu une forte croissance au courant des d\u00e9cennies suivantes (Alix, 2021). De nos jours, la quasi-totalit\u00e9 des villes nippones a une biblioth\u00e8que municipale et pr\u00e8s de 50 % des municipalit\u00e9s rurales, repr\u00e9sentant un total de plus de 3\u202f300 biblioth\u00e8ques publiques au Japon, selon des statistiques de 2018 (Alix, 2021).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques publiques du Japon s\u2019inscrivent dans les tendances globales au niveau de la diversit\u00e9 des services qu\u2019elles offrent \u00e0 leurs usagers\u00b7\u00e8res. Par exemple, une vari\u00e9t\u00e9 de services num\u00e9riques sont offerts (Alix, 2021) et on retrouve dans plusieurs biblioth\u00e8ques municipales des projets de bibliobus (Yamamoto, 2012).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques publiques japonaises sont des jalons importants dans les communaut\u00e9s o\u00f9 elles se trouvent. \u00c0 la suite du tremblement de terre de 2011, le taux de fr\u00e9quentation des biblioth\u00e8ques publiques situ\u00e9es dans les zones touch\u00e9es a largement augment\u00e9, les membres de ces communaut\u00e9s y voyant un <em>safe space <\/em>o\u00f9 retrouver un semblant de normalit\u00e9 (Miura, 2012\u2009; Nakai et al., 2019). L\u2019importance et la valorisation des biblioth\u00e8ques, notamment dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es, font partie des valeurs partag\u00e9es par les biblioth\u00e9caires des biblioth\u00e8ques publiques du pays, ce qui donne lieu \u00e0 plusieurs initiatives de collaboration entre les biblioth\u00e8ques de grandes et petites tailles, telles que le syst\u00e8me de PEB, l\u2019organisation de formations aux employ\u00e9\u00b7e\u00b7s ou encore la mise en place d\u2019un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence commun (Yamamoto, 2012).<\/p>\r\n\r\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es\u202f: les Bunko<\/h3>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au cours de l\u2019histoire du pays, le Japon a vu na\u00eetre ici et l\u00e0 des petites biblioth\u00e8ques informelles destin\u00e9es aux enfants. Les <em>bunko <\/em>existent depuis bien avant l\u2019arriv\u00e9e des biblioth\u00e8ques publiques japonaises, et \u00e9taient m\u00eame deux fois plus pr\u00e9sents sur le territoire dans les ann\u00e9es 70 (Kiichiro, 2012). Ces biblioth\u00e8ques de petite taille, qui prennent vie chez des particuliers, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de poissonnerie et dans une multitude d\u2019endroits insolites, sont g\u00e9n\u00e9ralement g\u00e9r\u00e9es par des b\u00e9n\u00e9voles et leur collection est construite \u00e0 partir de dons provenant de la collectivit\u00e9 (Alix, 2021). Leur caract\u00e8re priv\u00e9 et informel rend le recensement de ces biblioth\u00e8ques difficiles, mais on estimait en 2012 qu\u2019on ne retrouvait pas moins de 1\u202f000 bunko au Japon (Kiichiro, 2012).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Bien que les <em>bunko <\/em>constituent chacune une biblioth\u00e8que unique, avec sa propre identit\u00e9 et son propre mode de fonctionnement, elles partagent dans l\u2019ensemble une volont\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s aux livres et \u00e0 la lecture pour les enfants en bas \u00e2ge (Kiichiro, 2012). Elles repr\u00e9sentent \u00e9galement des espaces importants pour la collectivit\u00e9 et sont donc fr\u00e9quemment soutenues par les biblioth\u00e8ques municipales en place (Kiichiro, 2012). Plusieurs <em>bunko<\/em> sont d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de la Biblioth\u00e8que pour enfants de Tokyo, fond\u00e9e en 1974 (Kiichiro, 2012).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cadre \u00e9ducatif en sciences de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s Kishida dans <em>History and Recent Trends in Library and Information Science Education in Japan<\/em>, le domaine des sciences de l\u2019information et de la biblioth\u00e9conomie a commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme surtout \u00e0 partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9cole de biblioth\u00e9conomie de l\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78). L\u2019inauguration de cette \u00e9cole a eu lieu sous la direction du Supreme Commander for the Allied Powers et devint la premi\u00e8re \u00e9cole d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures de biblioth\u00e9conomie au Japon, cr\u00e9ant ainsi une r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9ducationnel du domaine de la biblioth\u00e9conomie japonaise. Avant la cr\u00e9ation de cette \u00e9cole, il existait un institut de formation de professionnels du domaine de la biblioth\u00e9conomie au Japon, mais il ne s\u2019agissait pas d\u2019un \u00e9tablissement d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures (Kishida, 2011). Malgr\u00e9 tout, il s\u2019agira d\u2019un institut qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important concernant le d\u00e9veloppement des \u00e9tudes en biblioth\u00e9conomie nipponne.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Cet institut, le Monbu-sho Toshokanin Kyoshujo (\u6587\u90e8\u7701\u56f3\u66f8\u9928\u54e1\u6559\u7fd2\u6240), a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1921 par le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation et a produit un grand nombre de biblioth\u00e9caires japonais avant et apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. En 1964, cet institut deviendra le Library Junior College (\u56f3\u66f8\u9928\u77ed\u671f\u5927\u5b66), situ\u00e9 \u00e0 Tokyo. C\u2019est \u00e0 partir de 1967 que l\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78) implantera un nouveau programme de deuxi\u00e8me cycle ayant un titre incluant le concept des sciences de l\u2019information, et changera plus tard le nom de son \u00e9cole pour \u00e9galement faire mention des sciences de l\u2019information : the School of Library and Information Science (SLIS : \u56f3\u66f8\u9928\u30fb\u60c5\u5831\u5b66\u79d1) (Kishida, 2011). De plus, un programme de 3<sup>e<\/sup> cycle sera \u00e9galement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 partir de 1975, et presque simultan\u00e9ment, l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo (\u6771\u4eac\u5927\u5b66) accueillera les chercheurs en sciences de l\u2019information dans ses laboratoires.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78) ainsi que l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo deviendront toutes deux les universit\u00e9s directrices des \u00e9tudes en biblioth\u00e9conomie et des sciences de l\u2019information. En 1979, le Library Junior College (\u56f3\u66f8\u9928\u77ed\u671f\u5927\u5b66) migrera vers la r\u00e9gion de Tsukuba et deviendra The University of Library and Information Science (ULIS : \u56f3\u66f8\u9928\u60c5\u5831\u5927\u5b66). L\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78), l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo (\u6771\u4eac\u5927\u5b66) et l\u2019Universit\u00e9 de Tsukuba (\u7b51\u6ce2\u5927\u5b66) deviendront les trois \u00e9tablissements majeurs pour les \u00e9tudes en sciences de l\u2019information et biblioth\u00e9conomie. En 1950, une loi sur les biblioth\u00e8ques a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie et l\u2019obtention du Shisho (\u53f8\u66f8) pour les sp\u00e9cialistes des biblioth\u00e8ques sera officiellement prescrite par la loi. Cette certification peut \u00eatre obtenue en obtenant des cr\u00e9dits dans des mati\u00e8res d\u00e9termin\u00e9es par le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation dans les universit\u00e9s ou les coll\u00e8ges (Kishida, 2011). Malheureusement, la soci\u00e9t\u00e9 japonaise ne reconna\u00eet pas pleinement les comp\u00e9tences sp\u00e9cialis\u00e9es n\u00e9cessaires pour \u00eatre un biblioth\u00e9caire. Ainsi, de nombreuses personnes n\u2019ayant pas la certification Shisho travaillent en biblioth\u00e8ques publiques en tant que biblioth\u00e9caires sp\u00e9cialis\u00e9s (Kishida, 2011). Comme mentionn\u00e9 dans la section sur les biblioth\u00e8ques scolaires, un autre type de certification de biblioth\u00e9caire prescrit par la loi japonaise concerne les sp\u00e9cialistes des biblioth\u00e8ques scolaires, appel\u00e9 Shisho-kyoyu (\u53f8\u66f8\u6559\u8aed). Le terme \u00ab\u2009Kyoyu \u6559\u8aed\u2009\u00bb signifie professeur, et pour obtenir la certification Shisho-kyoyu, il faut obtenir simultan\u00e9ment une licence officielle pour enseigner dans une \u00e9cole primaire, un coll\u00e8ge ou une \u00e9cole secondaire. Pour obtenir cette certification, seulement cinq cours de biblioth\u00e9conomie sont n\u00e9cessaires, ajout\u00e9s au curriculum d\u2019enseignement (Kishida, 2011).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Association de biblioth\u00e8ques<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La Japan Library Association (JLA) est une organisation \u00e0 but non lucratif repr\u00e9sentant la profession de biblioth\u00e9caire au Japon. \u00c0 l\u2019origine, JLA a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1892 pour promouvoir les services de biblioth\u00e8que et pour coop\u00e9rer avec les biblioth\u00e9caires des zones m\u00e9tropolitaines de Tokyo. (Japan Library Association, s.d.) La JLA a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 la suite de la cr\u00e9ation de l\u2019American Library Association (ALA) en 1876 et de la Library Association (LA, aujourd\u2019hui CILIP) en 1877 au Royaume-Uni. Initialement, JLA s\u2019appelait <em>Nihon Bunko Kyokai<\/em> en japonais, et fut renomm\u00e9 <em>Nihon Toshokan Kyokai<\/em> en 1908. <em>Bunko <\/em>est la fa\u00e7on de dire biblioth\u00e8que \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9moderne, et <em>Kyokai <\/em>signifie association. Aujourd\u2019hui, les activit\u00e9s sont soutenues par d\u2019innombrables biblioth\u00e9caires d\u00e9vou\u00e9s depuis plus de 120 ans (Miura, 2019).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les missions de la JLA se basent sur quatre politiques. Elle doit \u00eatre le centre national de l\u2019information pour toutes les biblioth\u00e8ques et les biblioth\u00e9caires du Japon, un centre de d\u00e9veloppement de carri\u00e8re, d\u2019\u00e9ducation et de formation pour les biblioth\u00e9caires, de coop\u00e9rer et de coordonner plusieurs types de biblioth\u00e9caires et d\u2019association et de promouvoir et supporter les relations internationales. (Takayama et al., 2017.) Les membres de l\u2019association sont compos\u00e9s de quatre types : 3\u2009296 membres individuels, 2\u2009204 membres institutionnels, 11 membres coop\u00e9rants et 56 membres sympathisants selon les donn\u00e9es de 2019. (Miura, 2019)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Pour les activit\u00e9s professionnelles, l\u2019organisation actuelle se compose de six divisions : la division des biblioth\u00e8ques publiques, la division des biblioth\u00e8ques universitaires, la division du postsecondaire, la division des biblioth\u00e8ques scolaires, la division des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es et la division de l\u2019enseignement des sciences de l\u2019information. Chaque membre individuel appartient \u00e0 l\u2019une des six divisions. Pour les membres de la division de l\u2019enseignement des sciences de l\u2019information, ils peuvent s\u00e9lectionner une autre division en fonction de leurs domaines de recherche. Les pr\u00e9sidents des six divisions deviennent automatiquement membres du conseil d\u2019administration. (Miura, 2019)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En date de 2019, il existe 28 comit\u00e9s. Chaque comit\u00e9 est compos\u00e9 d\u2019un pr\u00e9sident et d\u2019environ 5 \u00e0 10 membres individuels. Par exemple, il y a un comit\u00e9 pour le droit d\u2019auteur, pour le catalogage et des services pour les personnes en situation de handicap. (Takayama et al., 2017)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La JLA a d\u00e9velopp\u00e9 plusieurs activit\u00e9s pour coop\u00e9rer et coordonner toutes sortes d\u2019organisations de biblioth\u00e8ques dont des formations pour le personnel en biblioth\u00e8que, des consultations et du soutien sur la gestion des biblioth\u00e8ques et les recommandations politiques, de la recherche et collecte de documents sur la gestion, les op\u00e9rations, les services et la technologie de la biblioth\u00e8que, de la cr\u00e9ation et diffusion d\u2019outils de gestion et de s\u00e9lection de biblioth\u00e8ques et des publications de revues et de r\u00e9sultats de recherche. Il y a aussi des campagnes pour promouvoir le progr\u00e8s de la biblioth\u00e8que et r\u00e9compense pour les contributions \u00e0 la promotion du progr\u00e8s et de la collaboration, coop\u00e9ration et soutien avec les organisations de biblioth\u00e8ques nationales et \u00e9trang\u00e8res. (Miura, 2019)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Avec la <em>Japan Library Association<\/em>, selon des donn\u00e9es de 2007, il y a 90 associations, groupes et soci\u00e9t\u00e9s de biblioth\u00e9caire au Japon. Celles-ci sont parfois plus sp\u00e9cialis\u00e9es comme la <em>Japan Medical Library Association<\/em>. Par contre, c\u2019est la JLA qui regroupe toutes les associations et les organisations en lien avec les biblioth\u00e8ques en les repr\u00e9sentant au plan national. (Takayama et al., 2017)<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cadre l\u00e9gislatif<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au niveau du cadre l\u00e9gislatif, peu de lois encadrent le m\u00e9tier des biblioth\u00e9caires japonais\u00b7ses en raison du statut de leur m\u00e9tier. En effet, le mod\u00e8le de fonctionnement des biblioth\u00e8ques est davantage ax\u00e9 sur la circulation du mat\u00e9riel, et donc sur les objets que gardent les biblioth\u00e8ques, que sur le d\u00e9veloppement des communaut\u00e9s qu\u2019elles servent (Alix, 2021). L\u2019utilit\u00e9 de ces \u00e9tablissements est donc souvent contest\u00e9e par la population et, par cons\u00e9quent, le m\u00e9tier de biblioth\u00e9caire n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme une profession au Japon. Par ailleurs, ceux qui exercent celui-ci, comme mentionn\u00e9 plus haut dans le cadre \u00e9ducatif, ont des cours g\u00e9n\u00e9raux qui ne leur laissent que tr\u00e8s peu l\u2019occasion de se sp\u00e9cialiser. Aussi, tr\u00e8s peu de cadres en biblioth\u00e9conomie ont une formation en sciences de l\u2019information.) \u00c0 cause de ce statut, il n\u2019y a pas beaucoup de lois et normes qui encadrent ce m\u00e9tier au Japon. Les diff\u00e9rentes associations nomm\u00e9es plus haut ont n\u00e9anmoins particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de certaines d\u2019entre elles afin de faire avancer les sciences de l\u2019information. La Japan Library Association est d\u2019ailleurs une pionni\u00e8re dans le domaine, cr\u00e9ant plusieurs ordonnances et programmes tels que la <em>Library Ordinance<\/em> en 1899, le premier programme de formation professionnelle pour les biblioth\u00e9caires en 1921 et cr\u00e9ant notamment la <em>League of Young Librarians<\/em> qui \u00e9laborera en 1927 plusieurs normes r\u00e9gissant toujours le milieu documentaire\u202f: <em>Nippon Decimal Classification<\/em>, <em>Nippon Cataloging Rules<\/em> et <em>Nippon Subject Heading List.<\/em> La JLA devient d\u2019ailleurs un corps juridique en 1930 (Japan Library Association, 1994).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Une des plus anciennes lois recens\u00e9es est le D\u00e9cret imp\u00e9rial sur les biblioth\u00e8ques (Toshokan-rei) de 1899 qui, grandement influenc\u00e9 par l\u2019occupation des \u00c9tats-Unis apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, sera r\u00e9vis\u00e9 en 1950 pour devenir la Loi sur les biblioth\u00e8ques (Toshokan-ho). La loi stipulait que la biblioth\u00e8que publique \u00e9tait une institution d\u00e9mocratique et devait \u00eatre financ\u00e9e par l\u2019imp\u00f4t, gratuit et suffisant pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019information de la communaut\u00e9. (Miura, 2019) Peu avant, la Loi sur la Biblioth\u00e8que nationale (National Diet Library Law) entrera en vigueur en 1948 afin d\u2019encadrer les activit\u00e9s de ce type particulier de biblioth\u00e8que. Pour ce qui est des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques, le cadre l\u00e9gislatif repose en grande partie sur les \u00ab\u202fStandards en mati\u00e8re d\u2019\u00e9tablissements universitaires\u202f\u00bb (Daigaku Setchi Kijun) \u00e9tablis en 1956. (Takayama et al., 2017) Pour ce qui est des biblioth\u00e8ques scolaires, comme mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, celles-ci sont r\u00e9gies par la r\u00e9forme scolaire de 1950 ainsi que par la loi sur les biblioth\u00e8ques scolaires de 1953. Cette loi a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 1997, puis r\u00e9vis\u00e9e en 2008 afin d\u2019engager plus d\u2019enseignants-biblioth\u00e9caires et de donner un peu plus de pouvoir aux biblioth\u00e8ques dans les domaines tels que la litt\u00e9ratie et la gestion des collections (Alix, 2021). En 1953, la <em>Japan Library Association<\/em> a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 publier les statistiques sur les biblioth\u00e8ques au Japon. Quant \u00e0 la libert\u00e9 intellectuelle, \u00ab\u2009A Statement of Intellectual Freedom in Libraries\u2009\u00bb a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en 1954, revendiquant l\u2019autonomie des biblioth\u00e8ques dans la s\u00e9lection et l\u2019offre des documents de biblioth\u00e8que et rejetant la censure. Cette d\u00e9claration a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e en 1979, ajoutant la protection de la vie priv\u00e9e des utilisateurs dans la biblioth\u00e8que, suivie de l\u2019approbation du \u00ab\u2009Code of Ethics for Librarians\u2009\u00bb en 1980. (Miura, 2019)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Un autre exemple de cadre l\u00e9gislatif entourant le domaine des sciences de l\u2019information posant un d\u00e9fi de taille\u202f: les biblioth\u00e8ques carc\u00e9rales. En effet, le Japon a inclus dans sa loi sur les prisons de 2005 et 2006 le droit des prisonniers de lire et d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 du mat\u00e9riel de lecture. Cette loi ne stipulant pas que les prisons devaient se doter de biblioth\u00e8ques, mais simplement que les prisonniers avaient le droit de lire, la plupart des milieux carc\u00e9raux japonais poss\u00e8dent quelques livres, \u00e0 plusieurs endroits, et les prisonniers sont en grande partie responsables de ceux-ci, par manque de biblioth\u00e9caires qualifi\u00e9\u00b7e\u00b7s (Alix, 2021).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La loi sur les droits d\u2019auteurs influence \u00e9galement le travail des biblioth\u00e9caires japonais. Celle-ci, cr\u00e9\u00e9e en 1899 et r\u00e9vis\u00e9e en 1970 et 1978 afin de s\u2019adapter aux nouvelles technologies, pr\u00e9voit une entr\u00e9e dans le domaine public des \u0153uvres 50 ans apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l\u2019auteur\u00b7rice et une limite des photocopies de ces livres \u00e0 la moiti\u00e9 de la taille de ceux-ci (Takayama et al., 2017).<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Information compl\u00e9mentaire\/particularit\u00e9s<\/h2>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que de la JLA rassemble des documents sur les biblioth\u00e8ques, la biblioth\u00e9conomie et les sciences de l\u2019information. Elle d\u00e9tient environ 10\u2009000 monographies et 2\u2009300 titres de p\u00e9riodiques, y compris des actes de conf\u00e9rence, des rapports de r\u00e9unions de comit\u00e9s, des rapports annuels de biblioth\u00e8ques publiques, des plans architecturaux et des livrets de diverses biblioth\u00e8ques. La biblioth\u00e8que est ouverte au public ainsi qu\u2019aux membres de la JLA. Les services de r\u00e9f\u00e9rence et de photocopie sont accessibles au grand public, bien que seuls les membres puissent emprunter des livres. (Miura, 2019) Il y a environ 20 nouvelles monographies qui sont publi\u00e9es chaque ann\u00e9e par l\u2019association. (Japan Library Association, s.d.)<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En 1971, le 30 avril a \u00e9t\u00e9 choisi comme \u00e9tant la journ\u00e9e nationale de la biblioth\u00e8que lorsque la loi sur les biblioth\u00e8ques de 1950 a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e ce jour-l\u00e0. (Miura, 2019) Selon des statistiques de 2003, moins de 10 % des \u00e9tudiants qui obtiennent des certifications de biblioth\u00e9caire pour les biblioth\u00e8ques publiques obtiennent un emploi dans une biblioth\u00e8que publique. (Ueda et al., 2005)<\/p>\r\n\r\n<h2 style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\r\n<\/div>\r\n<div class=\"r\u00e9f\u00e9rences-\">\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Alix, F. (2021). The History and Current Challenges of Libraries in Japan. <em>SLIS Connecting<\/em>, <em>10<\/em>(1).<a class=\"rId519\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.18785\/slis.1001.09\"> https:\/\/doi.org\/10.18785\/slis.1001.09<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Harris, M. W. et Thaler, J. (2020). The soft power of the information sciences: Western influences on the development of Japan\u2019s library and archival systems. <em>Library &amp; Information History<\/em>, <em>36<\/em>(1), 32\u201148.<a class=\"rId520\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3366\/lih.2020.0005\"> https:\/\/doi.org\/10.3366\/lih.2020.0005<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Hirokuyi, T. (2012). Un symbole\u202f: La Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 17\u201120.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>IFLA Library Map of the World<\/em>. (s. d.).<a class=\"rId521\" href=\"https:\/\/librarymap.ifla.org\/map\/Metric\/Number-of-libraries\/LibraryType\/National-Libraries,Academic-Libraries,Public-Libraries,Community-Libraries,School-Libraries,Other-Libraries\/Country\/Japan\/Weight\/Totals-by-Country\"> https:\/\/librarymap.ifla.org\/map\/Metric\/Number-of-libraries\/LibraryType\/National-Libraries,Academic-Libraries,Public-Libraries,Community-Libraries,School-Libraries,Other-Libraries\/Country\/Japan\/Weight\/Totals-by-Country<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Japan Library Association. (1994). <em>Librarianship in Japan<\/em> (\u00c9dition revue). Japan Library Association.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>JLA Homepage in English<\/em>. (s. d.). Japan Library Association.<a class=\"rId522\" href=\"https:\/\/www.jla.or.jp\/english\/tabid\/77\/default.aspx\"> https:\/\/www.jla.or.jp\/english\/tabid\/77\/default.aspx<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Kiichiro, T. (2012). Bunkostory\u202f: Les biblioth\u00e8ques Jeunesse priv\u00e9es du Japon. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 26\u201130.<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Kishida, K. (2011). History and recent trends in library and information science education in Japan. <em>International Symposium on Library and Information Science Education: Trends and Visions<\/em>.<a class=\"rId523\" href=\"https:\/\/www.lis.ntu.edu.tw\/50symposium\/submissions\/IP003.pdf\"> https:\/\/www.lis.ntu.edu.tw\/50symposium\/submissions\/IP003.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Maruyama, S. et Keriguy, J. (1985, 1 janvier). <em>Biblioth\u00e8ques et organismes documentaires au Japon<\/em> [text].<a class=\"rId524\" href=\"https:\/\/bbf.enssib.fr\/consulter\/bbf-1985-06-0522-005\"> https:\/\/bbf.enssib.fr\/consulter\/bbf-1985-06-0522-005<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Miura, T. (2012). L\u2019archipel des biblioth\u00e8ques. <em>Biblioth\u00e8que(s)-Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61).<a class=\"rId525\" href=\"https:\/\/www.bne.es\/es\/blog\/biblioteconomia\/2012\/09\/20\/larchipel-des-bibliotheques\"> https:\/\/www.bne.es\/es\/blog\/biblioteconomia\/2012\/09\/20\/larchipel-des-bibliotheques<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Miura, T. (2019). The Japan Library Association. <em>International Journal of Librarianship<\/em>, <em>4<\/em>(2), 123.<a class=\"rId526\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.23974\/ijol.2019.vol4.2.151\"> https:\/\/doi.org\/10.23974\/ijol.2019.vol4.2.151<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Nakai, T., Ono, M. et Miyagi, K. (2019). Image of library and change of using library for users according to the situation in inundated areas on the Great East Japan Earthquake: A study on the planning and design for library as a \u00ab place \u00bb in disaster areas.. <em>Journal of Architecture and Planning<\/em>, <em>81<\/em>(729), 2359\u20112369.<a class=\"rId527\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3130\/aija.81.2359\"> https:\/\/doi.org\/10.3130\/aija.81.2359<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Nakamura, Y. (2008). Teacher\u2019s perceptions of school libraries: Comparisons between Tokyo and Honolulu. Dans <em>International and comparative studies in information and library science\u202f: a focus of the United States and Asian Countries\u202f: libraries and librarianship - an international perspective<\/em>. Scarecrow Press.<a class=\"rId528\" href=\"http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb41127940m\"> http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb41127940m<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>National Diet Library<\/em>. (s. d.).<a class=\"rId529\" href=\"https:\/\/www.ndl.go.jp\/en\/\"> https:\/\/www.ndl.go.jp\/en\/<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France. (2012). JAPON. <em>Biblioth\u00e8que(s)<\/em>, (61).<\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Rikkyo University. (s. d.). <em>Library Education at Rikkyo University<\/em>. Rikkyo University.<a class=\"rId530\" href=\"https:\/\/english.rikkyo.ac.jp\/campuslife\/certification\/librarian.html\"> https:\/\/english.rikkyo.ac.jp\/campuslife\/certification\/librarian.html<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Takayama, M., Miyabe, Y., Koizumi, T. et Hatano, H. (2017). Japan: Libraries, Archives, and Museums. Dans John D. McDonald et Michael Levine-Clark (dir.), <em>Encyclopedia of Library and Information Science, Fourth Edition<\/em>. CRC Press.<a class=\"rId531\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4\"> https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Ueda, S., Nemoto, A., Miwa, M., Oda, M., Nagata, H. et Horikawa, T. (2005, 26 juillet). <em>Le projet LIPER (Library and Information Professions and Education Renewal) au Japon<\/em>. World Library and Information Congress: 71th IFLA General Conference and Council, Oslo, Norv\u00e8ge.<a class=\"rId532\" href=\"https:\/\/archive.ifla.org\/IV\/ifla71\/papers\/051f_trans-Ueda.pdf\"> https:\/\/archive.ifla.org\/IV\/ifla71\/papers\/051f_trans-Ueda.pdf<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Welch, T. F. (1997). <em>Libraries and librarianship in Japan<\/em>. Greenwood Press.<a class=\"rId533\" href=\"http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb37520307v\"> http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb37520307v<\/a><\/p>\r\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Yamamoto, A. (2012). Le grand \u00e9cart des biblioth\u00e8ques municipales. Situation et enjeux. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 21\u201123.<\/p>\r\n\r\n<\/div>","rendered":"<div class=\"japon\">\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">(Audrey-Anne Desrosiers, Genevi\u00e8ve Larocque, L\u00e9a Rose Tremblay, Sabrina Mac Gregor)<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Profil du pays<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Avec une population japonaise d\u2019environ 127 millions d\u2019habitants, les biblioth\u00e8ques nippones doivent s\u2019assurer d\u2019\u00eatre en mesure de desservir une large base d\u2019usagers (Alix, 2021). La biblioth\u00e8que publique moderne de style occidental est apparue sur l\u2019archipel japonais apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale lorsque les \u00c9tats-Unis ont fait pression pendant l\u2019occupation du territoire pour cr\u00e9er une r\u00e9forme r\u00e9pondant aux normes de biblioth\u00e9conomie am\u00e9ricaine. Depuis lors, le pays a d\u00e9velopp\u00e9 des biblioth\u00e8ques pour r\u00e9pondre aux besoins des usagers tout en suivant les normes occidentales (Harris et Thaler, 2020).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s la carte du monde interactive pr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), le Japon compte un total de 42\u2009117 biblioth\u00e8ques dans le pays, dont 1\u2009558 biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques, 36 biblioth\u00e8ques nationales, 3\u2009360 biblioth\u00e8ques publiques et 37\u2009163 biblioth\u00e8ques scolaires. Ces biblioth\u00e8ques servent un total cumulatif de plus de 37 millions d\u2019usagers par ann\u00e9e (<em>IFLA Library Map of the World<\/em>, s.\u202fd.). Bien qu\u2019on puisse constater une am\u00e9lioration des services \u00e0 travers les biblioth\u00e8ques japonaises, plusieurs d\u00e9fis restent encore pertinents pour le domaine. Notamment, plusieurs se plaignent du manque de formation ad\u00e9quate et du manque de professionnels form\u00e9s en domaine de la biblioth\u00e9conomie et des sciences de l\u2019information.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">De plus, l\u2019image de la biblioth\u00e8que typique reste inchang\u00e9e et est vue comme \u00e9tant un lieu d\u2019\u00e9tude et de collecte d\u2019informations et de documents, et non comme \u00e9tant un endroit de cr\u00e9ation, d\u2019\u00e9change et de formation concernant les technologies num\u00e9riques (Alix, 2021). On pourrait y voir une corr\u00e9lation avec le ph\u00e9nom\u00e8ne Shoshikoreika (\u5c11\u5b50\u9ad8\u9f62\u5316), c\u2019est-\u00e0-dire le vieillissement de la population nippone, combin\u00e9e \u00e0 la diminution du taux de natalit\u00e9 \u00e0 travers le pays. Il serait donc logique de penser que la stagnation de l\u2019avancement des innovations dans les biblioth\u00e8ques pourrait \u00eatre li\u00e9e \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Histoire et biblioth\u00e8ques : une chronologie de la biblioth\u00e9conomie au Japon<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire des biblioth\u00e8ques au Japon est \u00e9troitement li\u00e9e avec un certain ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019absorption des cultures \u00e9trang\u00e8res. Comme le mentionne Welch dans <em>Libraries and Librarianship<\/em> in Japan, au chapitre de l\u2019histoire des biblioth\u00e8ques, le Japon a connu trois grandes p\u00e9riodes d\u2019int\u00e9grations de concepts et d\u2019id\u00e9es provenant d\u2019autres pays. En effet, on peut constater l\u2019int\u00e9gration de certains \u00e9l\u00e9ments culturels provenant de la dynastie Shang en Chine, de 1570 \u00e0 1045 av. J.-C (Welch, 1997). Ensuite, une deuxi\u00e8me p\u00e9riode d\u2019int\u00e9gration d\u2019id\u00e9aux provenant de la Chine a eu lieu des ann\u00e9es 1860 \u00e0 1945. Ce sont les concepts acquis durant ces deux p\u00e9riodes sp\u00e9cifiquement qui ont influenc\u00e9 les d\u00e9buts d\u2019une biblioth\u00e9conomie dite moderne au Japon. En effet, le concept m\u00eame de biblioth\u00e9conomie n\u2019existait pas vraiment sur l\u2019archipel japonais avant cette modernisation.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e9conomie \u00e9tait plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant une fili\u00e8re des d\u00e9partements d\u2019\u00e9ducation et de bureaucratie, sans \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un domaine \u00e0 part enti\u00e8re. L\u2019arriv\u00e9e des biblioth\u00e8ques priv\u00e9es et municipales est due encore une fois \u00e0 un processus d\u2019observation et d\u2019absorption d\u2019\u00e9l\u00e9ments provenant des pays europ\u00e9ens et d\u2019Am\u00e9rique au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Welch, 1997). La p\u00e9riode durant la Seconde Guerre mondiale, au milieu de l\u2019\u00e8re Sh\u014dwa (\u662d\u548c\u6642\u4ee3) (1926-1989) au Japon se caract\u00e9rise par une diminution de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, d\u00fb au contr\u00f4le et \u00e0 la censure de l\u2019information par l\u2019arm\u00e9e, ce qui am\u00e8nera une certaine restriction quant au d\u00e9veloppement des biblioth\u00e8ques japonaises (Welch, 1997).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Ensuite, d\u00fb \u00e0 la trag\u00e9die des extr\u00eames bombardements a\u00e9riens dont le pays a fait face en 1945 durant la Seconde Guerre mondiale, les activit\u00e9s des biblioth\u00e8ques ont compl\u00e8tement cess\u00e9 et la moiti\u00e9 des collections des biblioth\u00e8ques publiques br\u00fbleront, dont 655\u2009000 volumes dans la r\u00e9gion de Tokyo uniquement. De plus, on peut \u00e9galement constater une r\u00e9forme du domaine visant \u00e0 se conformer aux normes de biblioth\u00e9conomie am\u00e9ricaines \u00e0 la suite de l\u2019occupation am\u00e9ricaine qui a eu lieu lors de la Seconde Guerre mondiale (Welch, 1997).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Types de biblioth\u00e8ques<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En date de 2021, on d\u00e9nombrait au total 42\u202f884 biblioth\u00e8ques au Japon, r\u00e9parties comme suit\u202f: 1\u202f519 biblioth\u00e8ques universitaires, 36 biblioth\u00e8ques composant la Biblioth\u00e8que nationale, 3\u202f360 biblioth\u00e8ques publiques et 37\u202f979 biblioth\u00e8ques scolaires. On y retrouve \u00e9galement pr\u00e8s de 4\u202f000 biblioth\u00e8ques communautaires d\u00e9di\u00e9es aux enfants et 1\u202f761 biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es (Alix, 2021). L\u2019ensemble de ces biblioth\u00e8ques repr\u00e9sente environ 3 millions d\u2019usager\u00b7\u00e8re\u00b7s en milieu acad\u00e9mique et 33 millions en biblioth\u00e8que publique (Alix, 2021).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8que nationale<\/h3>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que nationale du Japon, la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1948, lors de la cr\u00e9ation de la Loi sur la Biblioth\u00e8que nationale (National Diet Library Law) et a pour mission d\u2019acqu\u00e9rir et de pr\u00e9server la documentation publi\u00e9e au pays ainsi que d\u2019appuyer les membres de la Di\u00e8te dans l\u2019ex\u00e9cution de leurs fonctions, en fournissant par exemple des services biblioth\u00e9conomiques \u00e0 ses branches ex\u00e9cutives et judiciaires (Alix, 2021\u2009; Miura, 2012). Par ces missions, la BND se veut le symbole de la d\u00e9mocratie d\u2019apr\u00e8s-guerre du pays (Hirokuyi, 2012).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que est r\u00e9partie en plusieurs succursales et biblioth\u00e8ques affili\u00e9es pr\u00e9sentes sur l\u2019\u00e9tendue du territoire japonais, conservant une collection d\u2019environ 9 millions de livres et 11 millions de p\u00e9riodiques (Alix, 2021\u2009; Hirokuyi, 2012). En plus d\u2019\u00eatre la gardienne de tous les documents publi\u00e9s au pays, assurant le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal, la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te acquiert les ouvrages \u00e9trangers portant sur le Japon, notamment les documents concernant la p\u00e9riode d\u2019apr\u00e8s-guerre (Alix, 2021\u2009; Hirokuyi, 2012). Elle constitue \u00e9galement le centre ISSN du pays depuis 1976 et est l\u2019h\u00f4te de la branche asiatique du volet de Pr\u00e9servation et conservation de l\u2019IFLA (Miura, 2012).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Depuis 2002, la Biblioth\u00e8que collectionne \u00e9galement de l\u2019information et de la documentation num\u00e9rique, offrant une multitude de services en ligne tels que des bases de donn\u00e9es, la consultation de documents num\u00e9ris\u00e9s (Alix, 2021) et le pr\u00eat entre biblioth\u00e8ques (Miura, 2012). Depuis quelques ann\u00e9es, la loi sur le droit d\u2019auteur a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e afin d\u2019octroyer \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te le droit de num\u00e9riser l\u2019ensemble des \u0153uvres de sa collection \u00e0 des fins de conservation, sans avoir besoin de respecter les droits d\u2019auteurs (Alix, 2021\u2009; Miura, 2012).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques scolaires<\/h3>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques scolaires n\u2019ont connu une certaine popularit\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, les politiques scolaires n&rsquo;encouragent pas la fr\u00e9quentation de ces institutions et il a fallu attendre les recommandations de la \u00ab\u202f<em>US Educational Mission<\/em>\u202f\u00bb apr\u00e8s la guerre, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent la r\u00e9forme scolaire en 1947 et la loi sur les biblioth\u00e8ques scolaires (Gakko Kyoiku-ho) de 1953, pour voir une augmentation de l\u2019utilisation des biblioth\u00e8ques et de la construction de celles-ci (Maruyama et Keriguy, 1985). \u00c9tant donn\u00e9 que les biblioth\u00e8ques scolaires n\u2019avaient pas de personnel form\u00e9 et qualifi\u00e9, l\u2019importance de ces institutions de savoirs \u00e9tait mal comprise autant par le corps enseignant, que par les \u00e9l\u00e8ves et leurs parents, voyant surtout dans ce lieu un moyen de faire lire davantage les jeunes et de les \u00e9loigner de la t\u00e9l\u00e9vision (Japan Library Association, 1994, p. 50). Cette m\u00eame loi a cependant \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 1997, car m\u00eame si elle obligeait les \u00e9coles \u00e0 avoir une biblioth\u00e8que pour leurs \u00e9l\u00e8ves, elle n\u2019obligeait pas celles-ci \u00e0 engager des biblioth\u00e9caires enseignants pour assurer la gestion et le maintien des biblioth\u00e8ques (Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France, 2012, p. 38 \u201139).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au Japon, le poste de biblioth\u00e9caire scolaire (Gakko-shisho) ne n\u00e9cessite pas de formation particuli\u00e8re et ceux occupant ce poste sont davantage consid\u00e9r\u00e9s comme du \u00ab\u202fpersonnel technique\u202f\u00bb. Les biblioth\u00e9caires enseignants (Shisho-kyoyu \u53f8\u66f8\u6559\u8aed) doivent, pour occuper ce poste, obtenir un certificat de biblioth\u00e9caire et assurer \u00e0 la fois leurs fonctions d\u2019enseignants et les activit\u00e9s \u00e9ducatives et administratives de la biblioth\u00e8que scolaire (Rikkyo University, s.\u202fd.). Nous en parlerons un peu plus loin dans la section sur le cadre \u00e9ducatif, mais ce manque de personnel qualifi\u00e9 au sein des biblioth\u00e8ques scolaires pose plusieurs probl\u00e8mes puisque celles-ci sont souvent laiss\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames, les biblioth\u00e9caires enseignants n\u2019ayant pas toujours le temps de faire la gestion de la biblioth\u00e8que en plus de ses t\u00e2ches d\u2019enseignement (Nakamura, 2008). Les biblioth\u00e8ques scolaires seraient, selon Frances Alix, davantage soucieuses de se conformer \u00e0 la loi que de la r\u00e9ussite des \u00e9l\u00e8ves (Alix, 2021).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><em>Biblioth\u00e8ques universitaires<\/em><\/h3>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re biblioth\u00e8que en milieu acad\u00e9mique au Japon a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1886, dans la premi\u00e8re universit\u00e9 du pays, cr\u00e9\u00e9e moins d\u2019une d\u00e9cennie plus t\u00f4t (Alix, 2021). Aujourd\u2019hui, l\u2019ensemble des universit\u00e9s japonaises d\u00e9tiennent leur propre biblioth\u00e8que acad\u00e9mique, tel qu\u2019exig\u00e9 par la loi. Plusieurs d\u2019entre elles sont divis\u00e9es selon les d\u00e9partements et facult\u00e9s en place.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Afin d\u2019appuyer les \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s et les professeur\u00b7e\u00b7s dans leurs recherches, les biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques offrent g\u00e9n\u00e9ralement des services de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 travers le d\u00e9partement de circulation des ouvrages. Il n\u2019y a toutefois pas de d\u00e9partement sp\u00e9cifiquement d\u00e9di\u00e9 au r\u00e9f\u00e9rencement (Alix, 2021). Les biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques collaborent entre elles et ont mis sur pied un syst\u00e8me de pr\u00eat entre les biblioth\u00e8ques, en plus de partager leur syst\u00e8me de notices bibliographiques, cette base de donn\u00e9es \u00e9tant g\u00e9r\u00e9e par l\u2019Institut National d\u2019Informatique (Alix, 2021). Plusieurs des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques japonaises se sont \u00e9galement regroup\u00e9es afin de partager des contrats d\u2019acc\u00e8s aux p\u00e9riodiques, dont le co\u00fbt d\u2019abonnement a grandement augment\u00e9 r\u00e9cemment (Miura, 2012). De plus, dans une optique d\u2019apprentissage tout au long de la vie, une des missions prioritaires des biblioth\u00e8ques tant au niveau global que r\u00e9gional, les biblioth\u00e8ques universitaires offrent g\u00e9n\u00e9ralement une \u00e9tendue d\u2019heures d\u2019ouverture tr\u00e8s large, afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s des usager\u00b7\u00e8re\u00b7s avec des horaires du temps vari\u00e9 (Miura, 2012).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques publiques<\/h3>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que publique nippone est ainsi une institution plut\u00f4t r\u00e9cente, la premi\u00e8re ayant vu le jour en 1872, dans un \u00e9lan de modernisation de la soci\u00e9t\u00e9 japonaise (Miura, 2012). Les biblioth\u00e8ques publiques s\u2019ancrent dans le paysage biblioth\u00e9conomique japonais en 1950, lorsque le pays se dote d\u2019une loi sur les biblioth\u00e8ques, pr\u00e9voyant notamment le financement des biblioth\u00e8ques publiques par l\u2019imp\u00f4t, dans l\u2019optique de r\u00e9pondre gratuitement aux besoins d\u2019information du public nippon (Miura, 2012). Cons\u00e9quemment, le nombre de biblioth\u00e8ques publiques, et la diversit\u00e9 de leurs services ont connu une forte croissance au courant des d\u00e9cennies suivantes (Alix, 2021). De nos jours, la quasi-totalit\u00e9 des villes nippones a une biblioth\u00e8que municipale et pr\u00e8s de 50 % des municipalit\u00e9s rurales, repr\u00e9sentant un total de plus de 3\u202f300 biblioth\u00e8ques publiques au Japon, selon des statistiques de 2018 (Alix, 2021).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques publiques du Japon s\u2019inscrivent dans les tendances globales au niveau de la diversit\u00e9 des services qu\u2019elles offrent \u00e0 leurs usagers\u00b7\u00e8res. Par exemple, une vari\u00e9t\u00e9 de services num\u00e9riques sont offerts (Alix, 2021) et on retrouve dans plusieurs biblioth\u00e8ques municipales des projets de bibliobus (Yamamoto, 2012).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les biblioth\u00e8ques publiques japonaises sont des jalons importants dans les communaut\u00e9s o\u00f9 elles se trouvent. \u00c0 la suite du tremblement de terre de 2011, le taux de fr\u00e9quentation des biblioth\u00e8ques publiques situ\u00e9es dans les zones touch\u00e9es a largement augment\u00e9, les membres de ces communaut\u00e9s y voyant un <em>safe space <\/em>o\u00f9 retrouver un semblant de normalit\u00e9 (Miura, 2012\u2009; Nakai et al., 2019). L\u2019importance et la valorisation des biblioth\u00e8ques, notamment dans les r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es, font partie des valeurs partag\u00e9es par les biblioth\u00e9caires des biblioth\u00e8ques publiques du pays, ce qui donne lieu \u00e0 plusieurs initiatives de collaboration entre les biblioth\u00e8ques de grandes et petites tailles, telles que le syst\u00e8me de PEB, l\u2019organisation de formations aux employ\u00e9\u00b7e\u00b7s ou encore la mise en place d\u2019un syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence commun (Yamamoto, 2012).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es\u202f: les Bunko<\/h3>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au cours de l\u2019histoire du pays, le Japon a vu na\u00eetre ici et l\u00e0 des petites biblioth\u00e8ques informelles destin\u00e9es aux enfants. Les <em>bunko <\/em>existent depuis bien avant l\u2019arriv\u00e9e des biblioth\u00e8ques publiques japonaises, et \u00e9taient m\u00eame deux fois plus pr\u00e9sents sur le territoire dans les ann\u00e9es 70 (Kiichiro, 2012). Ces biblioth\u00e8ques de petite taille, qui prennent vie chez des particuliers, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de poissonnerie et dans une multitude d\u2019endroits insolites, sont g\u00e9n\u00e9ralement g\u00e9r\u00e9es par des b\u00e9n\u00e9voles et leur collection est construite \u00e0 partir de dons provenant de la collectivit\u00e9 (Alix, 2021). Leur caract\u00e8re priv\u00e9 et informel rend le recensement de ces biblioth\u00e8ques difficiles, mais on estimait en 2012 qu\u2019on ne retrouvait pas moins de 1\u202f000 bunko au Japon (Kiichiro, 2012).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Bien que les <em>bunko <\/em>constituent chacune une biblioth\u00e8que unique, avec sa propre identit\u00e9 et son propre mode de fonctionnement, elles partagent dans l\u2019ensemble une volont\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s aux livres et \u00e0 la lecture pour les enfants en bas \u00e2ge (Kiichiro, 2012). Elles repr\u00e9sentent \u00e9galement des espaces importants pour la collectivit\u00e9 et sont donc fr\u00e9quemment soutenues par les biblioth\u00e8ques municipales en place (Kiichiro, 2012). Plusieurs <em>bunko<\/em> sont d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de la Biblioth\u00e8que pour enfants de Tokyo, fond\u00e9e en 1974 (Kiichiro, 2012).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cadre \u00e9ducatif en sciences de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s Kishida dans <em>History and Recent Trends in Library and Information Science Education in Japan<\/em>, le domaine des sciences de l\u2019information et de la biblioth\u00e9conomie a commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme surtout \u00e0 partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9cole de biblioth\u00e9conomie de l\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78). L\u2019inauguration de cette \u00e9cole a eu lieu sous la direction du Supreme Commander for the Allied Powers et devint la premi\u00e8re \u00e9cole d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures de biblioth\u00e9conomie au Japon, cr\u00e9ant ainsi une r\u00e9forme du syst\u00e8me \u00e9ducationnel du domaine de la biblioth\u00e9conomie japonaise. Avant la cr\u00e9ation de cette \u00e9cole, il existait un institut de formation de professionnels du domaine de la biblioth\u00e9conomie au Japon, mais il ne s\u2019agissait pas d\u2019un \u00e9tablissement d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures (Kishida, 2011). Malgr\u00e9 tout, il s\u2019agira d\u2019un institut qui a jou\u00e9 un r\u00f4le important concernant le d\u00e9veloppement des \u00e9tudes en biblioth\u00e9conomie nipponne.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Cet institut, le Monbu-sho Toshokanin Kyoshujo (\u6587\u90e8\u7701\u56f3\u66f8\u9928\u54e1\u6559\u7fd2\u6240), a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1921 par le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation et a produit un grand nombre de biblioth\u00e9caires japonais avant et apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. En 1964, cet institut deviendra le Library Junior College (\u56f3\u66f8\u9928\u77ed\u671f\u5927\u5b66), situ\u00e9 \u00e0 Tokyo. C\u2019est \u00e0 partir de 1967 que l\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78) implantera un nouveau programme de deuxi\u00e8me cycle ayant un titre incluant le concept des sciences de l\u2019information, et changera plus tard le nom de son \u00e9cole pour \u00e9galement faire mention des sciences de l\u2019information : the School of Library and Information Science (SLIS : \u56f3\u66f8\u9928\u30fb\u60c5\u5831\u5b66\u79d1) (Kishida, 2011). De plus, un programme de 3<sup>e<\/sup> cycle sera \u00e9galement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 partir de 1975, et presque simultan\u00e9ment, l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo (\u6771\u4eac\u5927\u5b66) accueillera les chercheurs en sciences de l\u2019information dans ses laboratoires.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78) ainsi que l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo deviendront toutes deux les universit\u00e9s directrices des \u00e9tudes en biblioth\u00e9conomie et des sciences de l\u2019information. En 1979, le Library Junior College (\u56f3\u66f8\u9928\u77ed\u671f\u5927\u5b66) migrera vers la r\u00e9gion de Tsukuba et deviendra The University of Library and Information Science (ULIS : \u56f3\u66f8\u9928\u60c5\u5831\u5927\u5b66). L\u2019Universit\u00e9 Keio (\u6176\u61c9\u7fa9\u587e\u5927\u5b78), l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo (\u6771\u4eac\u5927\u5b66) et l\u2019Universit\u00e9 de Tsukuba (\u7b51\u6ce2\u5927\u5b66) deviendront les trois \u00e9tablissements majeurs pour les \u00e9tudes en sciences de l\u2019information et biblioth\u00e9conomie. En 1950, une loi sur les biblioth\u00e8ques a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie et l\u2019obtention du Shisho (\u53f8\u66f8) pour les sp\u00e9cialistes des biblioth\u00e8ques sera officiellement prescrite par la loi. Cette certification peut \u00eatre obtenue en obtenant des cr\u00e9dits dans des mati\u00e8res d\u00e9termin\u00e9es par le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation dans les universit\u00e9s ou les coll\u00e8ges (Kishida, 2011). Malheureusement, la soci\u00e9t\u00e9 japonaise ne reconna\u00eet pas pleinement les comp\u00e9tences sp\u00e9cialis\u00e9es n\u00e9cessaires pour \u00eatre un biblioth\u00e9caire. Ainsi, de nombreuses personnes n\u2019ayant pas la certification Shisho travaillent en biblioth\u00e8ques publiques en tant que biblioth\u00e9caires sp\u00e9cialis\u00e9s (Kishida, 2011). Comme mentionn\u00e9 dans la section sur les biblioth\u00e8ques scolaires, un autre type de certification de biblioth\u00e9caire prescrit par la loi japonaise concerne les sp\u00e9cialistes des biblioth\u00e8ques scolaires, appel\u00e9 Shisho-kyoyu (\u53f8\u66f8\u6559\u8aed). Le terme \u00ab\u2009Kyoyu \u6559\u8aed\u2009\u00bb signifie professeur, et pour obtenir la certification Shisho-kyoyu, il faut obtenir simultan\u00e9ment une licence officielle pour enseigner dans une \u00e9cole primaire, un coll\u00e8ge ou une \u00e9cole secondaire. Pour obtenir cette certification, seulement cinq cours de biblioth\u00e9conomie sont n\u00e9cessaires, ajout\u00e9s au curriculum d\u2019enseignement (Kishida, 2011).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Association de biblioth\u00e8ques<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La Japan Library Association (JLA) est une organisation \u00e0 but non lucratif repr\u00e9sentant la profession de biblioth\u00e9caire au Japon. \u00c0 l\u2019origine, JLA a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1892 pour promouvoir les services de biblioth\u00e8que et pour coop\u00e9rer avec les biblioth\u00e9caires des zones m\u00e9tropolitaines de Tokyo. (Japan Library Association, s.d.) La JLA a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 la suite de la cr\u00e9ation de l\u2019American Library Association (ALA) en 1876 et de la Library Association (LA, aujourd\u2019hui CILIP) en 1877 au Royaume-Uni. Initialement, JLA s\u2019appelait <em>Nihon Bunko Kyokai<\/em> en japonais, et fut renomm\u00e9 <em>Nihon Toshokan Kyokai<\/em> en 1908. <em>Bunko <\/em>est la fa\u00e7on de dire biblioth\u00e8que \u00e0 l\u2019\u00e9poque pr\u00e9moderne, et <em>Kyokai <\/em>signifie association. Aujourd\u2019hui, les activit\u00e9s sont soutenues par d\u2019innombrables biblioth\u00e9caires d\u00e9vou\u00e9s depuis plus de 120 ans (Miura, 2019).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Les missions de la JLA se basent sur quatre politiques. Elle doit \u00eatre le centre national de l\u2019information pour toutes les biblioth\u00e8ques et les biblioth\u00e9caires du Japon, un centre de d\u00e9veloppement de carri\u00e8re, d\u2019\u00e9ducation et de formation pour les biblioth\u00e9caires, de coop\u00e9rer et de coordonner plusieurs types de biblioth\u00e9caires et d\u2019association et de promouvoir et supporter les relations internationales. (Takayama et al., 2017.) Les membres de l\u2019association sont compos\u00e9s de quatre types : 3\u2009296 membres individuels, 2\u2009204 membres institutionnels, 11 membres coop\u00e9rants et 56 membres sympathisants selon les donn\u00e9es de 2019. (Miura, 2019)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Pour les activit\u00e9s professionnelles, l\u2019organisation actuelle se compose de six divisions : la division des biblioth\u00e8ques publiques, la division des biblioth\u00e8ques universitaires, la division du postsecondaire, la division des biblioth\u00e8ques scolaires, la division des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es et la division de l\u2019enseignement des sciences de l\u2019information. Chaque membre individuel appartient \u00e0 l\u2019une des six divisions. Pour les membres de la division de l\u2019enseignement des sciences de l\u2019information, ils peuvent s\u00e9lectionner une autre division en fonction de leurs domaines de recherche. Les pr\u00e9sidents des six divisions deviennent automatiquement membres du conseil d\u2019administration. (Miura, 2019)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En date de 2019, il existe 28 comit\u00e9s. Chaque comit\u00e9 est compos\u00e9 d\u2019un pr\u00e9sident et d\u2019environ 5 \u00e0 10 membres individuels. Par exemple, il y a un comit\u00e9 pour le droit d\u2019auteur, pour le catalogage et des services pour les personnes en situation de handicap. (Takayama et al., 2017)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La JLA a d\u00e9velopp\u00e9 plusieurs activit\u00e9s pour coop\u00e9rer et coordonner toutes sortes d\u2019organisations de biblioth\u00e8ques dont des formations pour le personnel en biblioth\u00e8que, des consultations et du soutien sur la gestion des biblioth\u00e8ques et les recommandations politiques, de la recherche et collecte de documents sur la gestion, les op\u00e9rations, les services et la technologie de la biblioth\u00e8que, de la cr\u00e9ation et diffusion d\u2019outils de gestion et de s\u00e9lection de biblioth\u00e8ques et des publications de revues et de r\u00e9sultats de recherche. Il y a aussi des campagnes pour promouvoir le progr\u00e8s de la biblioth\u00e8que et r\u00e9compense pour les contributions \u00e0 la promotion du progr\u00e8s et de la collaboration, coop\u00e9ration et soutien avec les organisations de biblioth\u00e8ques nationales et \u00e9trang\u00e8res. (Miura, 2019)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Avec la <em>Japan Library Association<\/em>, selon des donn\u00e9es de 2007, il y a 90 associations, groupes et soci\u00e9t\u00e9s de biblioth\u00e9caire au Japon. Celles-ci sont parfois plus sp\u00e9cialis\u00e9es comme la <em>Japan Medical Library Association<\/em>. Par contre, c\u2019est la JLA qui regroupe toutes les associations et les organisations en lien avec les biblioth\u00e8ques en les repr\u00e9sentant au plan national. (Takayama et al., 2017)<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Cadre l\u00e9gislatif<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Au niveau du cadre l\u00e9gislatif, peu de lois encadrent le m\u00e9tier des biblioth\u00e9caires japonais\u00b7ses en raison du statut de leur m\u00e9tier. En effet, le mod\u00e8le de fonctionnement des biblioth\u00e8ques est davantage ax\u00e9 sur la circulation du mat\u00e9riel, et donc sur les objets que gardent les biblioth\u00e8ques, que sur le d\u00e9veloppement des communaut\u00e9s qu\u2019elles servent (Alix, 2021). L\u2019utilit\u00e9 de ces \u00e9tablissements est donc souvent contest\u00e9e par la population et, par cons\u00e9quent, le m\u00e9tier de biblioth\u00e9caire n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme une profession au Japon. Par ailleurs, ceux qui exercent celui-ci, comme mentionn\u00e9 plus haut dans le cadre \u00e9ducatif, ont des cours g\u00e9n\u00e9raux qui ne leur laissent que tr\u00e8s peu l\u2019occasion de se sp\u00e9cialiser. Aussi, tr\u00e8s peu de cadres en biblioth\u00e9conomie ont une formation en sciences de l\u2019information.) \u00c0 cause de ce statut, il n\u2019y a pas beaucoup de lois et normes qui encadrent ce m\u00e9tier au Japon. Les diff\u00e9rentes associations nomm\u00e9es plus haut ont n\u00e9anmoins particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de certaines d\u2019entre elles afin de faire avancer les sciences de l\u2019information. La Japan Library Association est d\u2019ailleurs une pionni\u00e8re dans le domaine, cr\u00e9ant plusieurs ordonnances et programmes tels que la <em>Library Ordinance<\/em> en 1899, le premier programme de formation professionnelle pour les biblioth\u00e9caires en 1921 et cr\u00e9ant notamment la <em>League of Young Librarians<\/em> qui \u00e9laborera en 1927 plusieurs normes r\u00e9gissant toujours le milieu documentaire\u202f: <em>Nippon Decimal Classification<\/em>, <em>Nippon Cataloging Rules<\/em> et <em>Nippon Subject Heading List.<\/em> La JLA devient d\u2019ailleurs un corps juridique en 1930 (Japan Library Association, 1994).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Une des plus anciennes lois recens\u00e9es est le D\u00e9cret imp\u00e9rial sur les biblioth\u00e8ques (Toshokan-rei) de 1899 qui, grandement influenc\u00e9 par l\u2019occupation des \u00c9tats-Unis apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, sera r\u00e9vis\u00e9 en 1950 pour devenir la Loi sur les biblioth\u00e8ques (Toshokan-ho). La loi stipulait que la biblioth\u00e8que publique \u00e9tait une institution d\u00e9mocratique et devait \u00eatre financ\u00e9e par l\u2019imp\u00f4t, gratuit et suffisant pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019information de la communaut\u00e9. (Miura, 2019) Peu avant, la Loi sur la Biblioth\u00e8que nationale (National Diet Library Law) entrera en vigueur en 1948 afin d\u2019encadrer les activit\u00e9s de ce type particulier de biblioth\u00e8que. Pour ce qui est des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques, le cadre l\u00e9gislatif repose en grande partie sur les \u00ab\u202fStandards en mati\u00e8re d\u2019\u00e9tablissements universitaires\u202f\u00bb (Daigaku Setchi Kijun) \u00e9tablis en 1956. (Takayama et al., 2017) Pour ce qui est des biblioth\u00e8ques scolaires, comme mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, celles-ci sont r\u00e9gies par la r\u00e9forme scolaire de 1950 ainsi que par la loi sur les biblioth\u00e8ques scolaires de 1953. Cette loi a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 1997, puis r\u00e9vis\u00e9e en 2008 afin d\u2019engager plus d\u2019enseignants-biblioth\u00e9caires et de donner un peu plus de pouvoir aux biblioth\u00e8ques dans les domaines tels que la litt\u00e9ratie et la gestion des collections (Alix, 2021). En 1953, la <em>Japan Library Association<\/em> a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 publier les statistiques sur les biblioth\u00e8ques au Japon. Quant \u00e0 la libert\u00e9 intellectuelle, \u00ab\u2009A Statement of Intellectual Freedom in Libraries\u2009\u00bb a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en 1954, revendiquant l\u2019autonomie des biblioth\u00e8ques dans la s\u00e9lection et l\u2019offre des documents de biblioth\u00e8que et rejetant la censure. Cette d\u00e9claration a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9e en 1979, ajoutant la protection de la vie priv\u00e9e des utilisateurs dans la biblioth\u00e8que, suivie de l\u2019approbation du \u00ab\u2009Code of Ethics for Librarians\u2009\u00bb en 1980. (Miura, 2019)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">Un autre exemple de cadre l\u00e9gislatif entourant le domaine des sciences de l\u2019information posant un d\u00e9fi de taille\u202f: les biblioth\u00e8ques carc\u00e9rales. En effet, le Japon a inclus dans sa loi sur les prisons de 2005 et 2006 le droit des prisonniers de lire et d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 du mat\u00e9riel de lecture. Cette loi ne stipulant pas que les prisons devaient se doter de biblioth\u00e8ques, mais simplement que les prisonniers avaient le droit de lire, la plupart des milieux carc\u00e9raux japonais poss\u00e8dent quelques livres, \u00e0 plusieurs endroits, et les prisonniers sont en grande partie responsables de ceux-ci, par manque de biblioth\u00e9caires qualifi\u00e9\u00b7e\u00b7s (Alix, 2021).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La loi sur les droits d\u2019auteurs influence \u00e9galement le travail des biblioth\u00e9caires japonais. Celle-ci, cr\u00e9\u00e9e en 1899 et r\u00e9vis\u00e9e en 1970 et 1978 afin de s\u2019adapter aux nouvelles technologies, pr\u00e9voit une entr\u00e9e dans le domaine public des \u0153uvres 50 ans apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l\u2019auteur\u00b7rice et une limite des photocopies de ces livres \u00e0 la moiti\u00e9 de la taille de ceux-ci (Takayama et al., 2017).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Information compl\u00e9mentaire\/particularit\u00e9s<\/h2>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">La biblioth\u00e8que de la JLA rassemble des documents sur les biblioth\u00e8ques, la biblioth\u00e9conomie et les sciences de l\u2019information. Elle d\u00e9tient environ 10\u2009000 monographies et 2\u2009300 titres de p\u00e9riodiques, y compris des actes de conf\u00e9rence, des rapports de r\u00e9unions de comit\u00e9s, des rapports annuels de biblioth\u00e8ques publiques, des plans architecturaux et des livrets de diverses biblioth\u00e8ques. La biblioth\u00e8que est ouverte au public ainsi qu\u2019aux membres de la JLA. Les services de r\u00e9f\u00e9rence et de photocopie sont accessibles au grand public, bien que seuls les membres puissent emprunter des livres. (Miura, 2019) Il y a environ 20 nouvelles monographies qui sont publi\u00e9es chaque ann\u00e9e par l\u2019association. (Japan Library Association, s.d.)<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: justify;\">En 1971, le 30 avril a \u00e9t\u00e9 choisi comme \u00e9tant la journ\u00e9e nationale de la biblioth\u00e8que lorsque la loi sur les biblioth\u00e8ques de 1950 a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e ce jour-l\u00e0. (Miura, 2019) Selon des statistiques de 2003, moins de 10 % des \u00e9tudiants qui obtiennent des certifications de biblioth\u00e9caire pour les biblioth\u00e8ques publiques obtiennent un emploi dans une biblioth\u00e8que publique. (Ueda et al., 2005)<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<\/div>\n<div class=\"r\u00e9f\u00e9rences-\">\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Alix, F. (2021). The History and Current Challenges of Libraries in Japan. <em>SLIS Connecting<\/em>, <em>10<\/em>(1).<a class=\"rId519\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.18785\/slis.1001.09\"> https:\/\/doi.org\/10.18785\/slis.1001.09<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Harris, M. W. et Thaler, J. (2020). The soft power of the information sciences: Western influences on the development of Japan\u2019s library and archival systems. <em>Library &amp; Information History<\/em>, <em>36<\/em>(1), 32\u201148.<a class=\"rId520\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3366\/lih.2020.0005\"> https:\/\/doi.org\/10.3366\/lih.2020.0005<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Hirokuyi, T. (2012). Un symbole\u202f: La Biblioth\u00e8que nationale de la Di\u00e8te. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 17\u201120.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>IFLA Library Map of the World<\/em>. (s. d.).<a class=\"rId521\" href=\"https:\/\/librarymap.ifla.org\/map\/Metric\/Number-of-libraries\/LibraryType\/National-Libraries,Academic-Libraries,Public-Libraries,Community-Libraries,School-Libraries,Other-Libraries\/Country\/Japan\/Weight\/Totals-by-Country\"> https:\/\/librarymap.ifla.org\/map\/Metric\/Number-of-libraries\/LibraryType\/National-Libraries,Academic-Libraries,Public-Libraries,Community-Libraries,School-Libraries,Other-Libraries\/Country\/Japan\/Weight\/Totals-by-Country<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Japan Library Association. (1994). <em>Librarianship in Japan<\/em> (\u00c9dition revue). Japan Library Association.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>JLA Homepage in English<\/em>. (s. d.). Japan Library Association.<a class=\"rId522\" href=\"https:\/\/www.jla.or.jp\/english\/tabid\/77\/default.aspx\"> https:\/\/www.jla.or.jp\/english\/tabid\/77\/default.aspx<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Kiichiro, T. (2012). Bunkostory\u202f: Les biblioth\u00e8ques Jeunesse priv\u00e9es du Japon. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 26\u201130.<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Kishida, K. (2011). History and recent trends in library and information science education in Japan. <em>International Symposium on Library and Information Science Education: Trends and Visions<\/em>.<a class=\"rId523\" href=\"https:\/\/www.lis.ntu.edu.tw\/50symposium\/submissions\/IP003.pdf\"> https:\/\/www.lis.ntu.edu.tw\/50symposium\/submissions\/IP003.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Maruyama, S. et Keriguy, J. (1985, 1 janvier). <em>Biblioth\u00e8ques et organismes documentaires au Japon<\/em> [text].<a class=\"rId524\" href=\"https:\/\/bbf.enssib.fr\/consulter\/bbf-1985-06-0522-005\"> https:\/\/bbf.enssib.fr\/consulter\/bbf-1985-06-0522-005<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Miura, T. (2012). L\u2019archipel des biblioth\u00e8ques. <em>Biblioth\u00e8que(s)-Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61).<a class=\"rId525\" href=\"https:\/\/www.bne.es\/es\/blog\/biblioteconomia\/2012\/09\/20\/larchipel-des-bibliotheques\"> https:\/\/www.bne.es\/es\/blog\/biblioteconomia\/2012\/09\/20\/larchipel-des-bibliotheques<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Miura, T. (2019). The Japan Library Association. <em>International Journal of Librarianship<\/em>, <em>4<\/em>(2), 123.<a class=\"rId526\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.23974\/ijol.2019.vol4.2.151\"> https:\/\/doi.org\/10.23974\/ijol.2019.vol4.2.151<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Nakai, T., Ono, M. et Miyagi, K. (2019). Image of library and change of using library for users according to the situation in inundated areas on the Great East Japan Earthquake: A study on the planning and design for library as a \u00ab place \u00bb in disaster areas.. <em>Journal of Architecture and Planning<\/em>, <em>81<\/em>(729), 2359\u20112369.<a class=\"rId527\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.3130\/aija.81.2359\"> https:\/\/doi.org\/10.3130\/aija.81.2359<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Nakamura, Y. (2008). Teacher\u2019s perceptions of school libraries: Comparisons between Tokyo and Honolulu. Dans <em>International and comparative studies in information and library science\u202f: a focus of the United States and Asian Countries\u202f: libraries and librarianship &#8211; an international perspective<\/em>. Scarecrow Press.<a class=\"rId528\" href=\"http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb41127940m\"> http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb41127940m<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\"><em>National Diet Library<\/em>. (s. d.).<a class=\"rId529\" href=\"https:\/\/www.ndl.go.jp\/en\/\"> https:\/\/www.ndl.go.jp\/en\/<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France. (2012). JAPON. <em>Biblioth\u00e8que(s)<\/em>, (61).<\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Rikkyo University. (s. d.). <em>Library Education at Rikkyo University<\/em>. Rikkyo University.<a class=\"rId530\" href=\"https:\/\/english.rikkyo.ac.jp\/campuslife\/certification\/librarian.html\"> https:\/\/english.rikkyo.ac.jp\/campuslife\/certification\/librarian.html<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Takayama, M., Miyabe, Y., Koizumi, T. et Hatano, H. (2017). Japan: Libraries, Archives, and Museums. Dans John D. McDonald et Michael Levine-Clark (dir.), <em>Encyclopedia of Library and Information Science, Fourth Edition<\/em>. CRC Press.<a class=\"rId531\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4\"> https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Ueda, S., Nemoto, A., Miwa, M., Oda, M., Nagata, H. et Horikawa, T. (2005, 26 juillet). <em>Le projet LIPER (Library and Information Professions and Education Renewal) au Japon<\/em>. World Library and Information Congress: 71th IFLA General Conference and Council, Oslo, Norv\u00e8ge.<a class=\"rId532\" href=\"https:\/\/archive.ifla.org\/IV\/ifla71\/papers\/051f_trans-Ueda.pdf\"> https:\/\/archive.ifla.org\/IV\/ifla71\/papers\/051f_trans-Ueda.pdf<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Welch, T. F. (1997). <em>Libraries and librarianship in Japan<\/em>. Greenwood Press.<a class=\"rId533\" href=\"http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb37520307v\"> http:\/\/catalogue.bnf.fr\/ark:\/12148\/cb37520307v<\/a><\/p>\n<p class=\"import-Normal\" style=\"text-align: left;\">Yamamoto, A. (2012). Le grand \u00e9cart des biblioth\u00e8ques municipales. Situation et enjeux. <em>Biblioth\u00e8que(s), Revue de l\u2019Association des Biblioth\u00e9caires de France<\/em>, (61), 21\u201123.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":13,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-35","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/35","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/35\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":67,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/35\/revisions\/67"}],"part":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/35\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=35"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=35"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international3\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=35"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}