{"id":81,"date":"2024-09-10T16:14:30","date_gmt":"2024-09-10T20:14:30","guid":{"rendered":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/?post_type=chapter&#038;p=81"},"modified":"2024-09-10T16:14:30","modified_gmt":"2024-09-10T20:14:30","slug":"venezuela","status":"publish","type":"chapter","link":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/chapter\/venezuela\/","title":{"raw":"Venezuela","rendered":"Venezuela"},"content":{"raw":"<p>(Anne-Sophie Jeanson, Camille Potvin, Chlo\u00e9 Gervais, Daniel Richer et Eva Garrido)<\/p>\n<p>Profil du pays<\/p>\n<p>Le Venezuela (R\u00e9publique bolivarienne du Venezuela) se situe dans le nord de l'Am\u00e9rique du Sud, partageant ses fronti\u00e8res avec la Colombie et la Guyane. D\u2019une superficie de 912 050 km2, sa g\u00e9ographie diversifi\u00e9e comprend la cordill\u00e8re des Andes et les basses terres de Maracaibo au nord-ouest, les plaines centrales connues sous le nom de llanos, et les hauts plateaux de Guyane situ\u00e9s au sud-est. Le littoral du pays s\u2019\u00e9tend sur 2 800 km le long de la mer des Cara\u00efbes et de l\u2019oc\u00e9an Atlantique Nord. La population v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne est estim\u00e9e \u00e0 30,5 millions d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s, positionnant le pays au 50e rang mondial des pays les plus peupl\u00e9s. Le taux de population urbaine s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 88,4 %, soit la vaste majorit\u00e9. Outre la capitale nationale, Caracas (2,9 millions de personnes), on compte parmi les villes \u00e0 forte concentration d\u00e9mographique Maracaibo (2,3 millions de personnes), Valencia (1,9 million de personnes), Barquisimeto (1,2 million de personnes), Maracay (1,2 million de personnes) et Ciudad Guayana (964 000 personnes). La langue officielle est l\u2019espagnol, en plus de divers dialectes autochtones. Le taux de ch\u00f4mage global est de 6,41 %, et 33,1% de la population vivent sous le seuil de la pauvret\u00e9. Le gouvernement consacre 1,3 % de son PIB \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, pla\u00e7ant le pays au 194e rang mondial. Le taux d\u2019alphab\u00e9tisation reste \u00e9lev\u00e9, avec 97,5 % de la population \u00e2g\u00e9e de 15 ans et plus sachant lire et \u00e9crire. Les principaux secteurs \u00e9conomiques du Venezuela comprennent l\u2019agriculture (4,7 %), l\u2019industrie (40,4 %) et les services (54,9 %). Le Venezuela s\u2019engage activement dans les relations internationales, prenant part \u00e0 de nombreuses organisations telles que l\u2019ONU, Interpol et l\u2019UNESCO (Central Intelligence Agency, 2023, 12 d\u00e9cembre).<\/p>\n<p>Histoire<\/p>\n<h3>Les premi\u00e8res biblioth\u00e8ques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes<\/h3>\n<p>L\u2019histoire des biblioth\u00e8ques au Venezuela s\u2019\u00e9tend sur plusieurs si\u00e8cles, la premi\u00e8re biblioth\u00e8que coloniale \u00e9tant fond\u00e9e \u00e0 la fin du 16e si\u00e8cle au couvent de Notre-Dame de Salceda, \u00e0 Sainte-Anne-de-Coro. D\u2019abord priv\u00e9es, les biblioth\u00e8ques des 17e et 18e si\u00e8cles appartiennent \u00e0 des aristocrates et \u00e0 des eccl\u00e9siastiques, et demeurent r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 l\u2019usage familial et monastique. En 1691, un d\u00e9cret du provincial de l\u2019ordre franciscain introduit le r\u00f4le de biblioth\u00e9caire, marquant la premi\u00e8re inscription de ce titre au Venezuela. Un si\u00e8cle plus tard, en 1790, appara\u00eet le premier biblioth\u00e9caire connu, le p\u00e8re Crist\u00f3bal de Quesada, qui travaille \u00e0 la biblioth\u00e8que du couvent de la Mis\u00e9ricorde \u00e0 Caracas. Le concept de biblioth\u00e8que publique appara\u00eet quant \u00e0 lui apr\u00e8s la D\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance de 1810. L\u2019avocat et politicien Juan Germ\u00e1n Roscio propose alors une biblioth\u00e8que publique \u00e0 Caracas, un projet qui se concr\u00e9tise avec le militaire et politicien, Sim\u00f3n Bol\u00edvar, qui y travaille pendant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance, et jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1814 (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Bouleversements sociopolitiques du 19e si\u00e8cle \u00e0 aujourd\u2019hui<\/h3>\n<p>L\u2019histoire du Venezuela est marqu\u00e9e par son \u00e9mergence en 1830 \u00e0 partir de la dissolution de la Grande Colombie, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00c9quateur et de la Nouvelle-Grenade (Colombie). Tout au long de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle, des militaires gouvernent le pays, favorisant l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et mettant en \u0153uvre des r\u00e9formes sociales limit\u00e9es. Malgr\u00e9 une gouvernance d\u00e9mocratique depuis 1959, Hugo Ch\u00e1vez, au pouvoir de 1999 \u00e0 2013, centralise l\u2019autorit\u00e9, orientant le pays vers l\u2019autoritarisme. Cette tendance se poursuit en 2018 avec la r\u00e9\u00e9lection contest\u00e9e de Nicol\u00e1s Maduro. L\u2019Assembl\u00e9e nationale de 2015 est la derni\u00e8re institution d\u00e9mocratiquement \u00e9lue, et les \u00e9lections l\u00e9gislatives ult\u00e9rieures de 2020 et 2021 s\u2019entachent de controverses, \u00e9tant largement soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019\u00eatre frauduleuses (Central Intelligence Agency, 2023, 12 d\u00e9cembre).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les biblioth\u00e8ques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes face aux tensions sociopolitiques : un r\u00f4le r\u00e9affirm\u00e9<\/h3>\n<p>Le r\u00e9gime de Maduro contr\u00f4le \u00e9troitement la libre expression et la presse. Les biblioth\u00e8ques du Venezuela subissent ainsi, depuis pr\u00e8s d\u2019un quart de si\u00e8cle, des pressions id\u00e9ologiques et polarisantes. Se confrontant \u00e0 des enjeux de censure, de corruption et de contr\u00f4le \u00e9tatique, les biblioth\u00e9caires doivent continuellement r\u00e9affirmer leurs valeurs et leur r\u00f4le crucial dans le fondement du d\u00e9veloppement national, r\u00e9it\u00e9rant la n\u00e9cessit\u00e9 pour la population d\u2019\u00eatre bien inform\u00e9e et instruite. Les \u00e9coles nationales de biblioth\u00e9conomie pr\u00e9conisent une vision sociale juste et \u00e9quitable pour La Biblioth\u00e8que nationale du Venezuela (BNV), ainsi que ses biblioth\u00e8ques publiques, scolaires, universitaires et sp\u00e9cialis\u00e9es\/priv\u00e9es. Les professionnel\u00b7le\u00b7s de l\u2019information \u00e0 travers le pays militent en faveur de la d\u00e9mocratie, notamment aupr\u00e8s des dirigeant\u00b7e\u00b7s politiques, afin de s\u2019assurer que la disposition constitutionnelle du pays soit form\u00e9e sur la base des droits de la personne (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Types de biblioth\u00e8ques<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8que nationale du Venezuela<\/h3>\n<p>La BNV, situ\u00e9e \u00e0 Caracas, est l\u2019institution et l\u2019actrice de r\u00e9f\u00e9rence biblioth\u00e9conomique la plus importante du pays. Cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es\u202f1830, elle r\u00e9pond \u00e0 l\u2019initiative du secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de l\u2019\u00e9poque, Antonio Guzman, qui souhaite regrouper les documents officiels en un seul endroit f\u00e9d\u00e9ralis\u00e9. En 1833, un d\u00e9cret gouvernemental officialise l\u2019instauration de la BNV, mais celle-ci conna\u00eet une lente progression dans ses r\u00e9alisations et ses services. En devenant autonome en 1974, ann\u00e9e o\u00f9 s\u2019amorce une importante transformation de la gouvernance et des politiques de la BNV, l\u2019\u00c9tat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien reconna\u00eet le r\u00f4le fondamental de l\u2019institution dans la conservation et la diffusion des documents \u00e9tatiques, notamment pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un gouvernement d\u00e9mocratique transparent et modernis\u00e9. En tant que directrice de la BNV de 1974 \u00e0 1999, Virginia Betancourt se distingue par son engagement dans le processus de reconnaissance de ces principes. Durant tout son mandat, Betancourt mobilise des ressources consid\u00e9rables pour le d\u00e9veloppement de services informationnels visant l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019accessibilit\u00e9 des documents au Venezuela. C\u2019est sous sa gouverne que la BNV instaure l\u2019Institut autonome en biblioth\u00e8que nationale et services de biblioth\u00e8ques (IABNSB), un r\u00e9seau d\u2019information innovateur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ce dernier conna\u00eet ensuite un rayonnement aupr\u00e8s des institutions biblioth\u00e9conomiques et d\u00e9mocratiques internationales, telles l\u2019IFLA ou l\u2019UNESCO (Torres, 2011). En 1977, l\u2019IABNSB assume la responsabilit\u00e9 du d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal du pays, cr\u00e9ant ainsi un r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques publiques et fournissant une aide au minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019un syst\u00e8me de gestion des biblioth\u00e8ques scolaires (Figueras, 2021). La BNV s\u2019acquitte aussi de la t\u00e2che de recueillir les savoirs oraux afin de pr\u00e9server l\u2019expertise nationale. Ses progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9mocratisation et de professionnalisation sont toutefois intercept\u00e9s avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Hugo Ch\u00e1vez en 1999. Lui retirant son autonomie politique, le gouvernement Ch\u00e1vez r\u00e9duit aussi consid\u00e9rablement son financement et impose une importante censure informationnelle. La BNV perd le soutien de l\u2019\u00c9tat et la reconnaissance internationale, et ses bases de donn\u00e9es sont aujourd'hui inexistantes. De plus, la biblioth\u00e8que n\u2019est fr\u00e9quent\u00e9e que par moins de 1\u202f% de la population (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017\u2009; Torres, 2011).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques publiques<\/h3>\n<p>Le Venezuela compte plus de 700 biblioth\u00e8ques publiques, r\u00e9parties dans les 24 r\u00e9gions administratives du pays. Mandat\u00e9 par l\u2019IABNSB, le secteur public des biblioth\u00e8ques se dote d\u2019un r\u00e9seau national des biblioth\u00e8ques publiques (SNBP) dans les ann\u00e9es 1970, qui r\u00e9git la gestion des services en biblioth\u00e8que publique. Le Venezuela est le premier pays en Am\u00e9rique latine \u00e0 instituer une telle politique. Les principes de gouvernance du SNBP s\u2019inspirent notamment de la D\u00e9claration de Caracas pour la biblioth\u00e8que publique de 1982. Sign\u00e9e par des repr\u00e9sentant\u00b7e\u00b7s d\u2019une trentaine de pays, celle-ci \u00e9tablit les principes fondateurs des biblioth\u00e8ques publiques du Venezuela, parmi lesquels figurent les principes d\u2019accessibilit\u00e9, de d\u00e9mocratie et de protection des droits des peuples autochtones (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Aujourd\u2019hui, les services en biblioth\u00e8ques publiques sont pr\u00e9caires, alors que celles-ci font face \u00e0 des enjeux financiers et politiques importants. On suppose que les biblioth\u00e8ques publiques sont fr\u00e9quent\u00e9es par moins de 10 % de la population et qu\u2019elles remplacent dans de nombreux cas les biblioth\u00e8ques scolaires (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Tout de m\u00eame, les initiatives de biblioth\u00e8ques hors les murs se d\u00e9marquent comme un mod\u00e8le biblioth\u00e9conomique de r\u00e9ussite au Venezuela. Parmi elles, les biblioth\u00e8ques am\u00e9nag\u00e9es dans les parcs de Medell\u00edn r\u00e9ussissent \u00e0 subvenir aux besoins des populations et pallier les enjeux sociaux locaux, notamment parce qu\u2019elles brisent les barri\u00e8res sociales li\u00e9es aux questions d\u2019\u00e9ducation en s\u2019int\u00e9grant \u00e0 la vie urbaine et qu\u2019elles proposent une offre de services en imm\u00e9diate concordance avec les besoins des populations locales (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Ces initiatives embellissent le portrait actuel des biblioth\u00e8ques publiques au Venezuela.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques scolaires<\/h3>\n<p>Au Venezuela, le r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques scolaires est r\u00e9gi par l\u2019Office National des Services en Biblioth\u00e8ques scolaires, et comprend des biblioth\u00e8ques centrales, des petites biblioth\u00e8ques et des biblioth\u00e8ques mobiles. Entre les ann\u00e9es 1965 et 1998, l\u2019organisation de la Banco del Libro (Banque du Livre [traduction libre]) et la BNV ont consid\u00e9rablement contribu\u00e9 \u00e0 la mise sur pied d\u2019un r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques scolaires au pays. Ces derni\u00e8res jouent un r\u00f4le important dans la reconnaissance, la diffusion et la conservation des langues et des savoirs autochtones durant cette p\u00e9riode. Les biblioth\u00e8ques scolaires travaillent \u00e9galement au d\u00e9veloppement de collections destin\u00e9es aux jeunes enfants issus des communaut\u00e9s autochtones, en plus de favoriser l\u2019apprentissage et la lecture chez les jeunes du pays. Toutefois, malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s, les biblioth\u00e8ques scolaires v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re satisfaisante aux exigences en mati\u00e8re de biblioth\u00e8ques scolaires. En effet, les infrastructures sont le plus souvent d\u00e9ficientes, la formation des biblioth\u00e9caires est insuffisante, et les biblioth\u00e8ques scolaires manquent de ressources financi\u00e8res pour offrir des services de qualit\u00e9 (Figueras, 2021). Plusieurs soutiennent que les services en biblioth\u00e8ques scolaires sont aujourd\u2019hui pratiquement inexistants (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Les biblioth\u00e8ques publiques se mobilisent pour pallier leur absence (Figueras, 2021).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Banco del Libro<\/h3>\n<p>La Banco del Libro est un organisme \u00e0 but non lucratif qui a pour mission de promouvoir la lecture aupr\u00e8s des enfants et adolescent\u00b7e\u00b7s du Venezuela. R\u00e9solument innovante, elle soutient depuis pr\u00e8s de 50 ans des projets et une collection de livres jeunesse dans le but de favoriser des transformations soci\u00e9tales \u00e9manant de citoyen\u00b7ne\u00b7s engag\u00e9\u00b7e\u00b7s et \u00e9clair\u00e9\u00b7e\u00b7s. Consid\u00e9rant les in\u00e9galit\u00e9s sociales du pays, la notion d\u2019acc\u00e8s est au c\u0153ur du projet, et la Banco del Libro vise \u00e0 favoriser la lecture aupr\u00e8s de toutes les communaut\u00e9s, et plus particuli\u00e8rement celles affect\u00e9es par des crises (\u00e9conomiques, environnementales). Plusieurs projets ont \u00e9t\u00e9 mis sur pied avec cet objectif pr\u00e9cis en t\u00eate comme celui du <em>Tendiendo puentes con la lectura<\/em> (Construire des ponts avec la lecture [Traduction libre]) qui souhaite favoriser le sentiment d\u2019appartenance des jeunes issus de communaut\u00e9s d\u00e9favoris\u00e9s \u00e0 Caracas en abordant des th\u00e8mes tels que l\u2019inclusion et la libert\u00e9 (IBBY, s.d.). La Banco del Libro organise aussi de multiples activit\u00e9s culturelles qui n\u2019ont pas de lien direct avec la lecture, mais qui favorisent des \u00e9changes entre les communaut\u00e9s (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Depuis sa cr\u00e9ation, cet organisme est consid\u00e9r\u00e9 comme un mod\u00e8le, et plusieurs autres pays s\u2019en sont inspir\u00e9s dont la Colombie et l\u2019Espagne (IBBY, s.d.).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques universitaires<\/h3>\n<p>Publiques ou priv\u00e9es, les biblioth\u00e8ques universitaires (BU) v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes ont pour mission commune de soutenir la recherche et le d\u00e9veloppement professionnel (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Elles s\u2019engagent en faveur de l\u2019enseignement et de la vulgarisation, tout en contribuant \u00e0 transmettre des valeurs d\u00e9mocratiques aux communaut\u00e9s dans lesquelles elles sont implant\u00e9es (Navea Soto, 2017). Les BU constituent un maillon fort du r\u00e9seau v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Pour les 22 institutions publiques (sur un total de 43 BU), le financement d\u00e9pend du gouvernement, qui coordonne le fonctionnement des universit\u00e9s par le biais du Conseil national des universit\u00e9s (CNU), pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur. Le CNU encadre notamment l\u2019attribution et la r\u00e9partition g\u00e9n\u00e9rales des budgets aux \u00e9tablissements, dont celui des biblioth\u00e8ques (Bashirullah et Jayaro, 2006). Parmi les enjeux actuels rencontr\u00e9s par les BU, soulignons le soutien des projets visant \u00e0 r\u00e9soudre les crises \u00e9conomiques et sociales, le maintien \u00e0 jour des fonds documentaires (papiers et num\u00e9riques) et la formation des membres de leur communaut\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9ratie num\u00e9rique. Faisant \u00e9galement preuve d\u2019engagement social, elles encouragent l\u2019apprentissage au fil de la vie et appuient le d\u00e9veloppement durable, tant environnemental que social et \u00e9conomique \u2013 ce qui les positionne au diapason des objectifs de l\u2019UNESCO (Navea Soto, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L'Universit\u00e9 centrale du Venezuela (UCV) constitue la premi\u00e8re et la plus grande universit\u00e9 publique au pays et ses collections ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 la BNV des ann\u00e9es 1870 jusqu\u2019en 1892 (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). \u00c0 partir des ann\u00e9es 1950, le projet de son r\u00e9am\u00e9nagement m\u00e8ne \u00e0 la construction d\u2019une cit\u00e9 universitaire comptant une quarantaine de b\u00e2timents. Cet ensemble architectural est reconnu en 2000 par l\u2019UNESCO comme site du patrimoine mondial (Navea Soto, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques et le libre acc\u00e8s<\/h3>\n<p>Retrouv\u00e9es principalement en contexte acad\u00e9mique, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques prennent surtout la forme de r\u00e9pertoires d\u2019informations sp\u00e9cialis\u00e9es, de revues universitaires num\u00e9riques et de d\u00e9p\u00f4ts institutionnels accessibles en ligne. Faisant office de m\u00e9tamoteur de recherche, le r\u00e9f\u00e9rentiel <em>Metadatum <\/em>regroupe l\u2019ensemble des d\u00e9p\u00f4ts institutionnels des universit\u00e9s du pays qui utilisent le protocole OAI-PMH (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Par ailleurs, la culture du libre acc\u00e8s par voie verte est bien \u00e9tablie en milieu universitaire (Buitrago Ciro, 2022). \u00c0 titre d\u2019exemple, le Venezuela propose un total de 54 revues scientifiques offertes en libre acc\u00e8s dans le R\u00e9seau de revues scientifiques d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes, d\u2019Espagne et du Portugal (Redalyc), ce qui juche le pays au 6e rang en termes de nombre de publications index\u00e9es (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es<\/h3>\n<p>Le Venezuela compte une trentaine de biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es, principalement localis\u00e9es dans la capitale, Caracas. On y retrouve des biblioth\u00e8ques traitant de sujets aussi vari\u00e9s que la litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re (fran\u00e7aise, anglaise, allemande), les peuples autochtones d\u2019Am\u00e9rique latine, les sciences et les technologies, l\u2019agriculture et la m\u00e9decine, pour ne nommer que ceux-ci (De Gruyter, 2021). Associ\u00e9es \u00e0 des organismes priv\u00e9s ou publics, \u00e0 une branche du gouvernement ou \u00e0 une universit\u00e9, ces biblioth\u00e8ques axent leurs collections sur des sujets pr\u00e9cis afin de fournir \u00e0 leur communaut\u00e9 de l\u2019information pertinente. Notons l'Institut v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien de recherche scientifique (IVIC) de la biblioth\u00e8que Marcel Roche, qui est l\u2019une des biblioth\u00e8ques phares du pays. Gr\u00e2ce \u00e0 un soutien financier du minist\u00e8re, l\u2019IVIC est en mesure de garnir sa collection de documents et de bases de donn\u00e9es dans le domaine acad\u00e9mique. Fond\u00e9e en 1941, la biblioth\u00e8que Ernesto Peltzer de la Banque Centrale est aussi l\u2019une des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es les plus importantes du Venezuela comportant approximativement 100 000 ouvrages portant sur la finance et l\u2019\u00e9conomie (De Gruyter, 2021). Quelques fondations philanthropiques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes, notamment Rojas Astudillo, Pedro Manuel Arcaya, John Boulton, Vicente Lecuna, Humboldt, La Salle et le Centre v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien am\u00e9ricain d\u00e9veloppent chacune des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cadre \u00e9ducatif en sciences de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques<\/p>\n<p>En Am\u00e9rique latine, la formation des professionnel\u00b7le\u00b7s en SIB se fait au niveau du premier cycle. Appel\u00e9e <em>licenciatura<\/em>, cette formation dure de 3 \u00e0 5 ans (Martinez-Arellano, 2019). Au Venezuela, deux institutions universitaires offrent une formation en SIB : l\u2019\u00e9cole des biblioth\u00e8ques et des archives de l\u2019UVC (EBA-UCV) \u00e0 Caracas et celle de l'Universit\u00e9 de Zulia (EBA-LUZ) \u00e0 Maracaibo. Le titre des professionnel\u00b7le\u00b7s des biblioth\u00e8ques et des archives est, depuis 1950, technicien\u00b7ne\u00b7s en biblioth\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 1948, l\u2019EBA-UCV offre deux <em>licenciatura<\/em> de cinq ans, l\u2019une en archivistique et l\u2019autre en biblioth\u00e9conomie. Cette premi\u00e8re \u00e9cole offre aussi deux programmes de cycle sup\u00e9rieur (<em>graduate studies<\/em>): une sp\u00e9cialisation en gestion des r\u00e9seaux d\u2019information et une ma\u00eetrise en information et communication pour le d\u00e9veloppement. Fond\u00e9e en 1962, l\u2019EBA-LUZ offre elle aussi deux programmes de <em>licenciatura<\/em> respectivement en archivistique et en biblioth\u00e9conomie, en plus d\u2019une ma\u00eetrise en science de l\u2019information.<\/p>\n<p>D\u2019autres universit\u00e9s offrent \u00e9galement des formations dans le champ des sciences de l\u2019information : l'Universit\u00e9 de Carabobo \u00e0 Valence \u2013 cours et <em>licenciatura<\/em> en certification documentaire \u2013, l'Universit\u00e9 catholique Andr\u00e9s Bello \u00e0 Caracas \u2013 ma\u00eetrise en syst\u00e8mes d\u2019information \u2013 et l'Universit\u00e9 Yacamb\u00fa \u00e0 Barquisimeto \u2013 <em>licenciatura<\/em> en information et documentation. En date de 2019, aucun programme doctoral en SIB n\u2019existe au pays, obligeant les chercheur\u00b7euse\u00b7s \u00e0 poursuivre leurs travaux dans d\u2019autres pays ou disciplines (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Certaines universit\u00e9s ib\u00e9ro-am\u00e9ricaines offrent aussi une ma\u00eetrise en SIB, mais une seule donne la possibilit\u00e9 de faire un doctorat \u2013 l'Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (Martinez-Arellano, 2019).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re mouture de la formation professionnelle s\u2019inspire en partie du discours fondateur que l\u2019Espagnol Jos\u00e9 Ortega y Gasset a prononc\u00e9 en 1935 lors du deuxi\u00e8me congr\u00e8s international de l'IFLA, \u00e0 Madrid. Publi\u00e9es sous la forme du livre <em>Misi\u00f3n del bibliotecario <\/em>(<em>Mission du biblioth\u00e9caire<\/em> [traduction libre]), les id\u00e9es de ce discours ont connu un vif succ\u00e8s au Venezuela et ont pu circuler avant qu'il n'y ait de formation professionnelle en SIB, menant au constat de l\u2019importance de la professionnalisation du m\u00e9tier de biblioth\u00e9caire. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le premier curriculum professionnel national repose sur sept types de comp\u00e9tences : comp\u00e9tences de base, comp\u00e9tences administratives, traitement technique, sources d'information, documentation et information, recherche et compr\u00e9hension de la nature humaine. \u00c0 cela s'ajoutent aujourd'hui des aspects suppl\u00e9mentaires tels que le contexte sociohistorique des objets et des domaines d'\u00e9tude, la formation des utilisateur\u00b7rice\u00b7s et la promotion de la lecture et la litt\u00e9ratie informationnelle. Bien que ces derni\u00e8res facettes ne prennent pas n\u00e9cessairement part \u00e0 la formation de base en SIB, elles peuvent y trouver leur place gr\u00e2ce \u00e0 des cours compl\u00e9mentaires (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Association de biblioth\u00e8ques<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature accessible en ligne concernant les associations, peu importe la langue, est plut\u00f4t rare. Pour le peu qui est disponible, les parutions sont plut\u00f4t dat\u00e9es et n\u2019offrent donc pas une repr\u00e9sentation \u00e0 jour de leurs activit\u00e9s. De plus, plusieurs des sites des associations \u00e9taient inaccessibles au moment de notre recherche laissant supposer que les activit\u00e9s associatives de certaines ont peut-\u00eatre cess\u00e9. Nous pr\u00e9sumons aussi que l'instabilit\u00e9 sociopolitique telle que d\u00e9crite \u00e0 la section <em>Profil du pays<\/em> peut \u00eatre la cause derri\u00e8re les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s et la restriction de certaines ressources. Malgr\u00e9 tout, voici un bref portrait des associations pr\u00e9sentes au Venezuela \u00e0 la suite de nos recherches sur le sujet.<\/p>\n<p>La <em>Asociaci\u00f3n de Estados Iberoamericanos para el Desarrollo de las Bibliotecas Nacionales de Iberoam\u00e9rica<\/em> (Association des \u00c9tats Ib\u00e9ro-Am\u00e9ricains pour le d\u00e9veloppement des biblioth\u00e8ques nationales), mieux connue sous l\u2019abr\u00e9viation de ABINIA, a vu le jour en 1989 \u00e0 Mexico. Depuis 2019, les bureaux sont situ\u00e9s \u00e0 Caracas dans la capitale du Venezuela. Virginia Betancourt contribue grandement \u00e0 la fondation de l\u2019association, souhaitant ainsi donner une voix aux institutions latines (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). En devenant membre de l\u2019IFLA en 1996, l\u2019association r\u00e9pond au souhait de B\u00e9tancourt de collaborer \u00e0 l\u2019international. En revanche, l\u2019ABINIA ni aucune autre association v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne ne figurent parmi la liste de membres actifs de l\u2019IFLA en date du 18 ao\u00fbt 2023. Comptant 22 membres, l\u2019ABINIA est active dans la majorit\u00e9 des pays du sud de l\u2019Am\u00e9rique et a pour mission de promouvoir la collaboration entre les membres afin d\u2019assurer le progr\u00e8s dans les biblioth\u00e8ques nationales (ABINIA, 2023). L\u2019ABINIA soutient les missions de d\u00e9veloppement durable pour les biblioth\u00e8ques de l\u2019UNESCO, mais tout particuli\u00e8rement celles reli\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de qualit\u00e9 (objectif 4), la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s (objectif 10) et celle visant la paix, la justice et le maintien d\u2019institutions efficaces (objectif 16) (UIA, 2019).<\/p>\n<p>La <em>Asociaci\u00f3n Nacional de Directores de Bibliotecas, Redes y Servicios de Informaci\u00f3n del Sector Acad\u00e9mico, Universitario y de Investigaci\u00f3n<\/em> (ANABISAI) ou l\u2019Association nationale des directeur\u00b7ice\u00b7s de biblioth\u00e8ques des secteurs de l'enseignement, de la recherche et des universit\u00e9s, est quant \u00e0 elle active dans la communaut\u00e9 des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques. L\u2019ANABISAI est fond\u00e9e en 1995 aux suites du regroupement de plusieurs directeur\u00b7rice\u00b7s de biblioth\u00e8ques universitaires. Se sentant les\u00e9\u00b7e\u00b7s par la situation financi\u00e8re critique du pays, notamment par l\u2019insuffisance des budgets allou\u00e9s pour l\u2019achat de collections pertinentes dans leurs universit\u00e9s, le consortium est cr\u00e9\u00e9 avec l\u2019objectif de partager les ressources acquises afin de sauver des co\u00fbts et ainsi faire profiter au plus grand nombre l\u2019acc\u00e8s aux bases de donn\u00e9es et ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence (Bashirullaha et Jayaro, 2006). Depuis sa cr\u00e9ation, l\u2019ANABISAI favorise la coop\u00e9ration entre ses membres en organisant des colloques et des rencontres internationales avec d\u2019autres associations et professionnel\u00b7le\u00b7s de l\u2019information. Parmi les th\u00e8mes r\u00e9cemment abord\u00e9s lors de ces congr\u00e8s, notons celui de l'utilisation des technologies de l\u2019information dans le cadre de la gestion des biblioth\u00e8ques (Morales Campos et Pirela Morillo, 2020).<\/p>\n<p>Le <em>Colegio De Bibliotec\u00f3logos Y Archiv\u00f3logos De Venezuela<\/em> (COLBAV), ou Association des biblioth\u00e9caires et archivistes du Venezuela, est cr\u00e9\u00e9 en 1956 par des dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s de l'Universit\u00e9 centrale du Venezuela. L\u2019association est fond\u00e9e dans le but de promouvoir les professionnel\u00b7le\u00b7s des milieux biblioth\u00e9caires et archivistiques. En appelant la participation de plusieurs professeur\u00b7e\u00b7s lors de sa cr\u00e9ation, le COLBAV travaille en \u00e9troite collaboration avec les initiatives valorisant la recherche universitaire et l\u2019enseignement des disciplines (Morales Campos et Pirela Morillo, 2020).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cadre l\u00e9gislatif<\/p>\n<p>Il semble que peu de lois et de r\u00e8glements encadrent les biblioth\u00e8ques du Venezuela. Il y a d\u2019abord la Loi sur l\u2019Institut autonome de la biblioth\u00e8que nationale et des services de biblioth\u00e8ques. \u00c9tablie le 27 juillet 1977, elle fonde l\u2019IABNSB et bonifie grandement les services d\u2019information et de biblioth\u00e8ques et autres services partout au pays (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Cette loi devient le symbole de la modernisation de la BNV. En cr\u00e9ant l\u2019IABNSB, la pr\u00e9sidente de ce nouveau r\u00e9seau \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Virginia Betancourt, rallie le support de l\u2019\u00c9tat, d\u2019individus et d\u2019organisations v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes et internationales pour cr\u00e9er un nouveau r\u00e9seau centralis\u00e9 d\u2019information et de biblioth\u00e8ques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale ayant pour c\u0153ur cet institut (Torres, 2011). Cette premi\u00e8re loi contribue \u00e0 mettre sur pied le RNBP et incite \u00e0 la construction de plusieurs biblioth\u00e8ques publiques et scolaires \u00e0 travers le pays (Penna, 1982). Ce r\u00e9seau est \u00e0 l\u2019avant-garde pour l\u2019\u00e9poque en Am\u00e9rique latine (Torres, 2011). Cependant, la loi de l\u2019IABNSB qui \u00e9tait si novatrice \u00e0 l\u2019\u00e9poque est maintenant obsol\u00e8te. Ni elle ni les institutions qu\u2019elle contribue \u00e0 cr\u00e9er ne sont modifi\u00e9es depuis 1977 alors que le monde de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques, lui, a beaucoup \u00e9volu\u00e9 : en effet, lors de l\u2019adoption de la nouvelle constitution en 1999, la Loi est reconduite sans \u00eatre mise \u00e0 jour (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>Datant de 1993, la Loi sur le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal (<em>Ley de Deposito Legal<\/em>) stipule que, pour favoriser la conservation et la diffusion du patrimoine du pays, tout document publi\u00e9 au Venezuela ou portant sur celui-ci doit \u00eatre remis \u00e0 l\u2019IABNSB, charg\u00e9e de faire appliquer la loi. Cette loi pr\u00e9cise les types de documents recueillis, le processus pour soumettre les documents, l\u2019attribution du num\u00e9ro du d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal, les exceptions et bien plus encore (Gaceta Oficial de la Republica de Venezuela, 1997). De cette fa\u00e7on, Betancourt et la Loi de l\u2019IABNSB permettent de renflouer les \u00e9tag\u00e8res de l\u2019IABNSB en centralisant les proc\u00e9dures d\u2019acquisition des documents d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le Venezuela, incluant les documents audiovisuels, une premi\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9poque (Torres, 2011).<\/p>\n<p>Le cadre l\u00e9gislatif encadrant les biblioth\u00e8ques est donc seulement compos\u00e9 de ces deux lois. D\u2019autres lois concernent les services d\u2019information ou le milieu des livres telles que la <em>Loi sur les technologies de l\u2019information<\/em> (OMPI, [s. d.]). Il est aussi possible, par exemple, de retrouver une rare mention des biblioth\u00e8ques dans l\u2019article 108 de la constitution du pays qui exprime que l\u2019\u00c9tat se doit de fournir des services de radio, de t\u00e9l\u00e9vision et de biblioth\u00e8que dans l\u2019objectif d\u2019un acc\u00e8s universel \u00e0 l\u2019information (1999). Les biblioth\u00e8ques sont \u00e9galement mentionn\u00e9es dans la <em>Loi sur le droit d\u2019auteur<\/em> qui mentionne le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal d\u2019\u0153uvres \u00e0 la BNV (Congr\u00e8s de la R\u00e9publique, 1993) ou la Loi sur les livres (<em>Ley del Libro<\/em>) qui exprime l\u2019importance des biblioth\u00e8ques dans la diffusion des livres et de la lecture (El Congreso de la Republica de Venezuela, 1997). Toutefois, malgr\u00e9 le fait que l\u2019\u00c9tat semble avoir pour objectif l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information et qu\u2019il reconnaisse l\u2019importance des biblioth\u00e8ques dans ces documents l\u00e9gaux, aucun autre cadre l\u00e9gal ou initiative ne pr\u00e9cise comment arriver \u00e0 fournir de fa\u00e7on ad\u00e9quate ces services en information. Il existait auparavant, dans la Loi organique sur le r\u00e9gime municipal (<em>Organic Municipal Regime Law<\/em>) de 1989 une obligation pour les municipalit\u00e9s de plus d\u2019un certain nombre d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s d\u2019avoir une biblioth\u00e8que publique. Cependant, cette loi a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e en 2010 pour devenir la Loi organique sur le pouvoir public municipal (<em>Organic Public Municipal Power Law<\/em>) dans laquelle le r\u00e8glement sur les biblioth\u00e8ques n'appara\u00eet plus (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Bref, le cadre l\u00e9gal des biblioth\u00e8ques est plut\u00f4t sommaire, et l'un de ses deux piliers est obsol\u00e8te. Toutefois, selon Granda et Machin-Mastromatteo (2017), une nouvelle mouture de ce cadre l\u00e9gal serait en pr\u00e9paration, mais l\u2019absence de consultation de la population dans cette affaire fait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Information compl\u00e9mentaire et particularit\u00e9s<\/p>\n<p>Les perspectives d\u2019une bonne gestion des biblioth\u00e8ques au Venezuela sont incertaines en raison de nombreux probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e9quitable \u00e0 l\u2019information et aux droits de la personne. D\u2019une part, les autorit\u00e9s v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes imposent des restrictions \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression et de la presse. Des journalistes, des m\u00e9dias ind\u00e9pendants et des d\u00e9fenseur\u00b7euse\u00b7s des droits de la personne font l\u2019objet de harc\u00e8lement. Plusieurs atteintes \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression sont signal\u00e9es, comme des cas de censure, des attaques verbales et de l\u2019intimidation envers des journalistes. Certaines stations de radio sont ferm\u00e9es par les autorit\u00e9s, et font l\u2019objet de demandes de blocage d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains sites Web sur les services de communication. En outre, les journalistes et les m\u00e9dias font face \u00e0 des pressions et des menaces de la part des autorit\u00e9s pour avoir couvert les violations des droits de la personne et les abus perp\u00e9tr\u00e9s par les forces de l\u2019ordre. Plusieurs journalistes sont assassin\u00e9\u00b7e\u00b7s, et ces meurtres demeurent irr\u00e9solus. D\u2019autre part, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est \u00e9galement limit\u00e9 au Venezuela. Les autorit\u00e9s imposent des restrictions sur sa diffusion, notamment en contr\u00f4lant les m\u00e9dias et en limitant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information publique. Les m\u00e9dias, les journalistes ind\u00e9pendant\u00b7e\u00b7s et les chercheur\u00b7se\u00b7s font donc face \u00e0 des enjeux de taille pour obtenir leurs sources et pour exercer leur m\u00e9tier librement et ind\u00e9pendamment. (Amnesty International, 2023 ; Puyosa, 2019 ; Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>La mission sociale et communautaire des biblioth\u00e8ques et des biblioth\u00e9caires se trouve \u00e9galement compromise par de multiples violations des droits de la personne. Selon Amnistie Internationale, les femmes v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes font face de mani\u00e8re persistante \u00e0 des violences fond\u00e9es sur le genre, englobant des violences sexuelles et la traite d'\u00eatres humains. Les migrant\u00b7e\u00b7s v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien\u00b7ne\u00b7s \u00e9prouvent d'\u00e9normes difficult\u00e9s sur le front des droits de la personne. En 2023, pas moins de 7,1 millions de v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien\u00b7ne\u00b7s quittent leur pays en raison de la crise \u00e9conomique et humanitaire. Toutefois, ces migrant\u00b7e\u00b7s rencontrent d'importantes entraves \u00e0 l'acc\u00e8s aux services essentiels dans leurs nouveaux pays d'accueil, notamment en mati\u00e8re d'eau et d'assainissement. Les premiers peuples sont confront\u00e9s \u00e0 des violations continues de leurs droits li\u00e9s \u00e0 leurs terres ancestrales et \u00e0 leur mode de vie traditionnel. Malheureusement, aucune avanc\u00e9e significative n'est enregistr\u00e9e en ce qui concerne la question des droits des personnes 2ELGBTQQIA+. Ces personnes sont fr\u00e9quemment sujettes \u00e0 la discrimination, \u00e0 la violence et \u00e0 la stigmatisation, \u00e9prouvant des difficult\u00e9s notables \u00e0 obtenir des services m\u00e9dicaux et des protections juridiques, comme le souligne le rapport d\u2019Amnistie internationale en 2023 (Amnesty International, 2023).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n<div>\n\nAmnesty International. (2023). <em>Venezuela\u202f: La situation des droits humains.<\/em> Amnesty International. <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/location\/americas\/south-america\/venezuela\/report-venezuela\/\">https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/location\/americas\/south-america\/venezuela\/report-venezuela\/<\/a>\n\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n\nBashirullah, A. K. et Jayaro, X. (2006). Consortium: A solution to academic library services in Venezuela. Library Collections Acquisitions &amp; Technical Services, 30(1), 102\u2011107. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/J.LCATS.2006.07.006\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/J.LCATS.2006.07.006<\/a>\n\n\u00a0\n\nBuitrago Ciro, J. (2022). How are academic libraries in Spanish-speaking Latin America responding to new models of scholarly communication and predatory publishing? Journal of Librarianship and Information Science, 54(3), 373-388.\n\n<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/09610006211016533\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/09610006211016533<\/a>\n\n\u00a0\n\nCongr\u00e8s de la R\u00e9publique (1993). Loi sur le droit d\u2019auteur (du 14 ao\u00fbt 1993) (traduit par le Bureau international de l\u2019OMPI). OMPI. <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/130138\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/130138<\/a>\n\n\u00a0\n\nConstitution of the Bolivarian Republic of Venezuela. (1999). (traduit par la Human Rights Library). University of Minnesota. <a href=\"http:\/\/hrlibrary.umn.edu\/research\/venezuela-constitution.html\">http:\/\/hrlibrary.umn.edu\/research\/venezuela-constitution.html<\/a>\n\n\u00a0\n\nDe Gruyter. (2021). Venezuela. World Guide to Libraries. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1515\/wgtl\">https:\/\/doi.org\/10.1515\/wgtl<\/a>\n\n\u00a0\n\nEl Congreso de la Republica de Venezuela (1997). Ley Del Libro [Loi sur le livre]. OMPI. <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/333264\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/333264<\/a>\n\n\u00a0\n\nFigueras, C. (2021). El sistema de bibliotecas escolares en Venezuela: un estudio de caso [Le syst\u00e8me de biblioth\u00e8ques scolaire au V\u00e9nezuela]. Revue Portoricaine de Biblioth\u00e9cologie et Documentation, 1, 11\u201332. <a href=\"https:\/\/revistas.upr.edu\/index.php\/acceso\/article\/view\/17143\">https:\/\/revistas.upr.edu\/index.php\/acceso\/article\/view\/17143<\/a>\n\n\u00a0\n\nGaceta Oficial de la Republica de Venezuela. (1997). Reglamento de la Ley de Deposito Legal en el Instituto Autonomo Biblioteca Nacional [R\u00e8glement de la loi sur le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal \u00e0 l'Institut autonome de la Biblioth\u00e8que nationale]. <a href=\"https:\/\/cerlalc.org\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/157_Reglamento_Ley_Dep_Venezuela.pdf\">https:\/\/cerlalc.org\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/157_Reglamento_Ley_Dep_Venezuela.pdf<\/a>\n\n\u00a0\n\nGranda R. et Machin-Mastromatteo J. D. (2017). Venezuela: Libraries and Librarianship. Encyclopedia of Library and Information Sciences (4e \u00e9d.). CRC Press. <a href=\"https:\/\/www.taylorfrancis.com\/books\/mono\/10.1081\/E-ELIS4\/encyclopedia-library-information-sciences?refId=7aa52b9c-70ef-4741-9368-4e47d3d41b25&amp;context=ubx\">https:\/\/www.taylorfrancis.com\/books\/mono\/10.1081\/E-ELIS4\/encyclopedia-library-information-sciences?refId=7aa52b9c-70ef-4741-9368-4e47d3d41b25&amp;context=ubx<\/a>\n\n\u00a0\n\nGranda, R. et Machin-Mastromatteo, J. D. (2018a). Medellin Library Parks: A model for Latin American libraries and urban equipment. Information Development, 34(2), 201\u2011205. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/0266666918755642\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/0266666918755642<\/a>\n\n\u00a0\n\nIBBY International Board on Books for Young People. (s.d.). Venezuela. https:\/\/www.ibby.org\/ibby-worldwide\/national-sections\/venezuela\n\n\u00a0\n\nIFLA. (2023, ao\u00fbt 18). IFLA Members including Institution and Association Affiliates\n\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf\"><a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf\">https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf<\/a><\/a><\/p>\n<div>\n\n\u00a0\n\nJshaffner. (2010, novembre 10). Public Libraries in Venezuela and Bolivia \u2013 a Guest Post by Kathy Smargiassi. The Librarian Is IN. <a href=\"https:\/\/jshaffner.wordpress.com\/2010\/11\/10\/public-libraries-in-venezuela-and-bolivia-a-guest-post-by-kathy-smargiassi\/\">https:\/\/jshaffner.wordpress.com\/2010\/11\/10\/public-libraries-in-venezuela-and-bolivia-a-guest-post-by-kathy-smargiassi\/<\/a>\n\n\u00a0\n\nMartinez-Arellano, F. F. (2019). What is Library and Information Science (LIS) in Latin American library schools. Balisages. La Revue de Recherche de l\u2019Enssib, (1). <a href=\"https:\/\/bbf.enssib.fr\/revue-enssib\/consulter\/revue-2013-01-005\">https:\/\/bbf.enssib.fr\/revue-enssib\/consulter\/revue-2013-01-005<\/a>\n\n\u00a0\n\nMcDonald, J.D., et Levine-Clark, M. (Eds.). (2018). Encyclopedia of Library and Information Sciences (4th ed.). CRC Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4\">https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4<\/a>\n\n\u00a0\n\nMorales Campos, E. et Pirela Morillo, J. (2020). Forjadores e impulsores de la bibliotecolog\u00eda latinoamericana: Venezuela [Fondateurs et promoteurs de la biblioth\u00e9conomie latino-am\u00e9ricaine : le Venezuela]. https:\/\/repositorio.unam.mx\/contenidos\/5002371\n\n\u00a0\n\nNavea Soto, R. (2017). Bibliotecas Universitarias en Caracas, Venezuela. Bibliotecas, 35(1), 1-17. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.15359\/rb.35-1.3\">https:\/\/doi.org\/10.15359\/rb.35-1.3<\/a>\n\n\u00a0\n\nOMPI (s.d.). Venezuela (R\u00e9publique bolivarienne du). <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/legislation\/members\/profile\/VE\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/legislation\/members\/profile\/VE<\/a>\n\n\u00a0\n\nPage Nosotros (s.d.). Asociaci\u00f3n ABINIA. <a href=\"https:\/\/asociacionabinia.org\/nosotros\/\">https:\/\/asociacionabinia.org\/nosotros\/<\/a>\n\n\u00a0\n\nParra Garc\u00eda, A. (2013). Innovaci\u00f3n en bibliotecas universitarias: caso biblioteca Pedro Grases, Universidad Metropolitana, Caracas-Venezuela [Innovation dans les biblioth\u00e8ques universitaires : le cas de la biblioth\u00e8que Pedro Grases, Universidad Metropolitana, Caracas-Venezuela]. Revista De Medios Y Educaci\u00f3n, (42), 89\u2013101. <a href=\"https:\/\/recyt.fecyt.es\/index.php\/pixel\/article\/view\/61571\">https:\/\/recyt.fecyt.es\/index.php\/pixel\/article\/view\/61571<\/a>\n\n\u00a0\n\nPenna, C. V. (1982). The national system of library and information services of Venezuela. The Journal of Library History (1974-1987), 17(2), 117\u2013143. <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/25541258\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/25541258<\/a>\n\n\u00a0\n\nTorres, A. (2011). Venezuela\u2019s National Library as the Nucleus of a National Library System (IABNSB) in the 20th century. IFLA. <a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/publications\/venezuelas-national-library-as-the-nucleus-of-a-national-library-system-iabnsb-in-the-20th-century\/\">https:\/\/www.ifla.org\/publications\/venezuelas-national-library-as-the-nucleus-of-a-national-library-system-iabnsb-in-the-20th-century\/<\/a>\n\n\u00a0\n\nUNESCO. (s.d.). National Information Policy. Biblioth\u00e8que num\u00e9rique de l\u2019UNESCO. <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000018995\">https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000018995<\/a>\n\n\u00a0\n\nVenezuela. (2023, 12 d\u00e9cembre). The World Factbook. Central Intelligence Agency.\n\n<a href=\"https:\/\/www.cia.gov\/the-world-factbook\/countries\/venezuela\/\">https:\/\/www.cia.gov\/the-world-factbook\/countries\/venezuela\/<\/a>\n\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","rendered":"<p>(Anne-Sophie Jeanson, Camille Potvin, Chlo\u00e9 Gervais, Daniel Richer et Eva Garrido)<\/p>\n<p>Profil du pays<\/p>\n<p>Le Venezuela (R\u00e9publique bolivarienne du Venezuela) se situe dans le nord de l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud, partageant ses fronti\u00e8res avec la Colombie et la Guyane. D\u2019une superficie de 912 050 km2, sa g\u00e9ographie diversifi\u00e9e comprend la cordill\u00e8re des Andes et les basses terres de Maracaibo au nord-ouest, les plaines centrales connues sous le nom de llanos, et les hauts plateaux de Guyane situ\u00e9s au sud-est. Le littoral du pays s\u2019\u00e9tend sur 2 800 km le long de la mer des Cara\u00efbes et de l\u2019oc\u00e9an Atlantique Nord. La population v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne est estim\u00e9e \u00e0 30,5 millions d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s, positionnant le pays au 50e rang mondial des pays les plus peupl\u00e9s. Le taux de population urbaine s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 88,4 %, soit la vaste majorit\u00e9. Outre la capitale nationale, Caracas (2,9 millions de personnes), on compte parmi les villes \u00e0 forte concentration d\u00e9mographique Maracaibo (2,3 millions de personnes), Valencia (1,9 million de personnes), Barquisimeto (1,2 million de personnes), Maracay (1,2 million de personnes) et Ciudad Guayana (964 000 personnes). La langue officielle est l\u2019espagnol, en plus de divers dialectes autochtones. Le taux de ch\u00f4mage global est de 6,41 %, et 33,1% de la population vivent sous le seuil de la pauvret\u00e9. Le gouvernement consacre 1,3 % de son PIB \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, pla\u00e7ant le pays au 194e rang mondial. Le taux d\u2019alphab\u00e9tisation reste \u00e9lev\u00e9, avec 97,5 % de la population \u00e2g\u00e9e de 15 ans et plus sachant lire et \u00e9crire. Les principaux secteurs \u00e9conomiques du Venezuela comprennent l\u2019agriculture (4,7 %), l\u2019industrie (40,4 %) et les services (54,9 %). Le Venezuela s\u2019engage activement dans les relations internationales, prenant part \u00e0 de nombreuses organisations telles que l\u2019ONU, Interpol et l\u2019UNESCO (Central Intelligence Agency, 2023, 12 d\u00e9cembre).<\/p>\n<p>Histoire<\/p>\n<h3>Les premi\u00e8res biblioth\u00e8ques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes<\/h3>\n<p>L\u2019histoire des biblioth\u00e8ques au Venezuela s\u2019\u00e9tend sur plusieurs si\u00e8cles, la premi\u00e8re biblioth\u00e8que coloniale \u00e9tant fond\u00e9e \u00e0 la fin du 16e si\u00e8cle au couvent de Notre-Dame de Salceda, \u00e0 Sainte-Anne-de-Coro. D\u2019abord priv\u00e9es, les biblioth\u00e8ques des 17e et 18e si\u00e8cles appartiennent \u00e0 des aristocrates et \u00e0 des eccl\u00e9siastiques, et demeurent r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 l\u2019usage familial et monastique. En 1691, un d\u00e9cret du provincial de l\u2019ordre franciscain introduit le r\u00f4le de biblioth\u00e9caire, marquant la premi\u00e8re inscription de ce titre au Venezuela. Un si\u00e8cle plus tard, en 1790, appara\u00eet le premier biblioth\u00e9caire connu, le p\u00e8re Crist\u00f3bal de Quesada, qui travaille \u00e0 la biblioth\u00e8que du couvent de la Mis\u00e9ricorde \u00e0 Caracas. Le concept de biblioth\u00e8que publique appara\u00eet quant \u00e0 lui apr\u00e8s la D\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance de 1810. L\u2019avocat et politicien Juan Germ\u00e1n Roscio propose alors une biblioth\u00e8que publique \u00e0 Caracas, un projet qui se concr\u00e9tise avec le militaire et politicien, Sim\u00f3n Bol\u00edvar, qui y travaille pendant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance, et jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1814 (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Bouleversements sociopolitiques du 19e si\u00e8cle \u00e0 aujourd\u2019hui<\/h3>\n<p>L\u2019histoire du Venezuela est marqu\u00e9e par son \u00e9mergence en 1830 \u00e0 partir de la dissolution de la Grande Colombie, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00c9quateur et de la Nouvelle-Grenade (Colombie). Tout au long de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle, des militaires gouvernent le pays, favorisant l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et mettant en \u0153uvre des r\u00e9formes sociales limit\u00e9es. Malgr\u00e9 une gouvernance d\u00e9mocratique depuis 1959, Hugo Ch\u00e1vez, au pouvoir de 1999 \u00e0 2013, centralise l\u2019autorit\u00e9, orientant le pays vers l\u2019autoritarisme. Cette tendance se poursuit en 2018 avec la r\u00e9\u00e9lection contest\u00e9e de Nicol\u00e1s Maduro. L\u2019Assembl\u00e9e nationale de 2015 est la derni\u00e8re institution d\u00e9mocratiquement \u00e9lue, et les \u00e9lections l\u00e9gislatives ult\u00e9rieures de 2020 et 2021 s\u2019entachent de controverses, \u00e9tant largement soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019\u00eatre frauduleuses (Central Intelligence Agency, 2023, 12 d\u00e9cembre).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les biblioth\u00e8ques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes face aux tensions sociopolitiques : un r\u00f4le r\u00e9affirm\u00e9<\/h3>\n<p>Le r\u00e9gime de Maduro contr\u00f4le \u00e9troitement la libre expression et la presse. Les biblioth\u00e8ques du Venezuela subissent ainsi, depuis pr\u00e8s d\u2019un quart de si\u00e8cle, des pressions id\u00e9ologiques et polarisantes. Se confrontant \u00e0 des enjeux de censure, de corruption et de contr\u00f4le \u00e9tatique, les biblioth\u00e9caires doivent continuellement r\u00e9affirmer leurs valeurs et leur r\u00f4le crucial dans le fondement du d\u00e9veloppement national, r\u00e9it\u00e9rant la n\u00e9cessit\u00e9 pour la population d\u2019\u00eatre bien inform\u00e9e et instruite. Les \u00e9coles nationales de biblioth\u00e9conomie pr\u00e9conisent une vision sociale juste et \u00e9quitable pour La Biblioth\u00e8que nationale du Venezuela (BNV), ainsi que ses biblioth\u00e8ques publiques, scolaires, universitaires et sp\u00e9cialis\u00e9es\/priv\u00e9es. Les professionnel\u00b7le\u00b7s de l\u2019information \u00e0 travers le pays militent en faveur de la d\u00e9mocratie, notamment aupr\u00e8s des dirigeant\u00b7e\u00b7s politiques, afin de s\u2019assurer que la disposition constitutionnelle du pays soit form\u00e9e sur la base des droits de la personne (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Types de biblioth\u00e8ques<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8que nationale du Venezuela<\/h3>\n<p>La BNV, situ\u00e9e \u00e0 Caracas, est l\u2019institution et l\u2019actrice de r\u00e9f\u00e9rence biblioth\u00e9conomique la plus importante du pays. Cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es\u202f1830, elle r\u00e9pond \u00e0 l\u2019initiative du secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de l\u2019\u00e9poque, Antonio Guzman, qui souhaite regrouper les documents officiels en un seul endroit f\u00e9d\u00e9ralis\u00e9. En 1833, un d\u00e9cret gouvernemental officialise l\u2019instauration de la BNV, mais celle-ci conna\u00eet une lente progression dans ses r\u00e9alisations et ses services. En devenant autonome en 1974, ann\u00e9e o\u00f9 s\u2019amorce une importante transformation de la gouvernance et des politiques de la BNV, l\u2019\u00c9tat v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien reconna\u00eet le r\u00f4le fondamental de l\u2019institution dans la conservation et la diffusion des documents \u00e9tatiques, notamment pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un gouvernement d\u00e9mocratique transparent et modernis\u00e9. En tant que directrice de la BNV de 1974 \u00e0 1999, Virginia Betancourt se distingue par son engagement dans le processus de reconnaissance de ces principes. Durant tout son mandat, Betancourt mobilise des ressources consid\u00e9rables pour le d\u00e9veloppement de services informationnels visant l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019accessibilit\u00e9 des documents au Venezuela. C\u2019est sous sa gouverne que la BNV instaure l\u2019Institut autonome en biblioth\u00e8que nationale et services de biblioth\u00e8ques (IABNSB), un r\u00e9seau d\u2019information innovateur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ce dernier conna\u00eet ensuite un rayonnement aupr\u00e8s des institutions biblioth\u00e9conomiques et d\u00e9mocratiques internationales, telles l\u2019IFLA ou l\u2019UNESCO (Torres, 2011). En 1977, l\u2019IABNSB assume la responsabilit\u00e9 du d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal du pays, cr\u00e9ant ainsi un r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques publiques et fournissant une aide au minist\u00e8re de l\u2019\u00c9ducation dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019un syst\u00e8me de gestion des biblioth\u00e8ques scolaires (Figueras, 2021). La BNV s\u2019acquitte aussi de la t\u00e2che de recueillir les savoirs oraux afin de pr\u00e9server l\u2019expertise nationale. Ses progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9mocratisation et de professionnalisation sont toutefois intercept\u00e9s avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Hugo Ch\u00e1vez en 1999. Lui retirant son autonomie politique, le gouvernement Ch\u00e1vez r\u00e9duit aussi consid\u00e9rablement son financement et impose une importante censure informationnelle. La BNV perd le soutien de l\u2019\u00c9tat et la reconnaissance internationale, et ses bases de donn\u00e9es sont aujourd&rsquo;hui inexistantes. De plus, la biblioth\u00e8que n\u2019est fr\u00e9quent\u00e9e que par moins de 1\u202f% de la population (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017\u2009; Torres, 2011).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques publiques<\/h3>\n<p>Le Venezuela compte plus de 700 biblioth\u00e8ques publiques, r\u00e9parties dans les 24 r\u00e9gions administratives du pays. Mandat\u00e9 par l\u2019IABNSB, le secteur public des biblioth\u00e8ques se dote d\u2019un r\u00e9seau national des biblioth\u00e8ques publiques (SNBP) dans les ann\u00e9es 1970, qui r\u00e9git la gestion des services en biblioth\u00e8que publique. Le Venezuela est le premier pays en Am\u00e9rique latine \u00e0 instituer une telle politique. Les principes de gouvernance du SNBP s\u2019inspirent notamment de la D\u00e9claration de Caracas pour la biblioth\u00e8que publique de 1982. Sign\u00e9e par des repr\u00e9sentant\u00b7e\u00b7s d\u2019une trentaine de pays, celle-ci \u00e9tablit les principes fondateurs des biblioth\u00e8ques publiques du Venezuela, parmi lesquels figurent les principes d\u2019accessibilit\u00e9, de d\u00e9mocratie et de protection des droits des peuples autochtones (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Aujourd\u2019hui, les services en biblioth\u00e8ques publiques sont pr\u00e9caires, alors que celles-ci font face \u00e0 des enjeux financiers et politiques importants. On suppose que les biblioth\u00e8ques publiques sont fr\u00e9quent\u00e9es par moins de 10 % de la population et qu\u2019elles remplacent dans de nombreux cas les biblioth\u00e8ques scolaires (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Tout de m\u00eame, les initiatives de biblioth\u00e8ques hors les murs se d\u00e9marquent comme un mod\u00e8le biblioth\u00e9conomique de r\u00e9ussite au Venezuela. Parmi elles, les biblioth\u00e8ques am\u00e9nag\u00e9es dans les parcs de Medell\u00edn r\u00e9ussissent \u00e0 subvenir aux besoins des populations et pallier les enjeux sociaux locaux, notamment parce qu\u2019elles brisent les barri\u00e8res sociales li\u00e9es aux questions d\u2019\u00e9ducation en s\u2019int\u00e9grant \u00e0 la vie urbaine et qu\u2019elles proposent une offre de services en imm\u00e9diate concordance avec les besoins des populations locales (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Ces initiatives embellissent le portrait actuel des biblioth\u00e8ques publiques au Venezuela.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques scolaires<\/h3>\n<p>Au Venezuela, le r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques scolaires est r\u00e9gi par l\u2019Office National des Services en Biblioth\u00e8ques scolaires, et comprend des biblioth\u00e8ques centrales, des petites biblioth\u00e8ques et des biblioth\u00e8ques mobiles. Entre les ann\u00e9es 1965 et 1998, l\u2019organisation de la Banco del Libro (Banque du Livre [traduction libre]) et la BNV ont consid\u00e9rablement contribu\u00e9 \u00e0 la mise sur pied d\u2019un r\u00e9seau de biblioth\u00e8ques scolaires au pays. Ces derni\u00e8res jouent un r\u00f4le important dans la reconnaissance, la diffusion et la conservation des langues et des savoirs autochtones durant cette p\u00e9riode. Les biblioth\u00e8ques scolaires travaillent \u00e9galement au d\u00e9veloppement de collections destin\u00e9es aux jeunes enfants issus des communaut\u00e9s autochtones, en plus de favoriser l\u2019apprentissage et la lecture chez les jeunes du pays. Toutefois, malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s, les biblioth\u00e8ques scolaires v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re satisfaisante aux exigences en mati\u00e8re de biblioth\u00e8ques scolaires. En effet, les infrastructures sont le plus souvent d\u00e9ficientes, la formation des biblioth\u00e9caires est insuffisante, et les biblioth\u00e8ques scolaires manquent de ressources financi\u00e8res pour offrir des services de qualit\u00e9 (Figueras, 2021). Plusieurs soutiennent que les services en biblioth\u00e8ques scolaires sont aujourd\u2019hui pratiquement inexistants (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Les biblioth\u00e8ques publiques se mobilisent pour pallier leur absence (Figueras, 2021).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Banco del Libro<\/h3>\n<p>La Banco del Libro est un organisme \u00e0 but non lucratif qui a pour mission de promouvoir la lecture aupr\u00e8s des enfants et adolescent\u00b7e\u00b7s du Venezuela. R\u00e9solument innovante, elle soutient depuis pr\u00e8s de 50 ans des projets et une collection de livres jeunesse dans le but de favoriser des transformations soci\u00e9tales \u00e9manant de citoyen\u00b7ne\u00b7s engag\u00e9\u00b7e\u00b7s et \u00e9clair\u00e9\u00b7e\u00b7s. Consid\u00e9rant les in\u00e9galit\u00e9s sociales du pays, la notion d\u2019acc\u00e8s est au c\u0153ur du projet, et la Banco del Libro vise \u00e0 favoriser la lecture aupr\u00e8s de toutes les communaut\u00e9s, et plus particuli\u00e8rement celles affect\u00e9es par des crises (\u00e9conomiques, environnementales). Plusieurs projets ont \u00e9t\u00e9 mis sur pied avec cet objectif pr\u00e9cis en t\u00eate comme celui du <em>Tendiendo puentes con la lectura<\/em> (Construire des ponts avec la lecture [Traduction libre]) qui souhaite favoriser le sentiment d\u2019appartenance des jeunes issus de communaut\u00e9s d\u00e9favoris\u00e9s \u00e0 Caracas en abordant des th\u00e8mes tels que l\u2019inclusion et la libert\u00e9 (IBBY, s.d.). La Banco del Libro organise aussi de multiples activit\u00e9s culturelles qui n\u2019ont pas de lien direct avec la lecture, mais qui favorisent des \u00e9changes entre les communaut\u00e9s (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Depuis sa cr\u00e9ation, cet organisme est consid\u00e9r\u00e9 comme un mod\u00e8le, et plusieurs autres pays s\u2019en sont inspir\u00e9s dont la Colombie et l\u2019Espagne (IBBY, s.d.).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques universitaires<\/h3>\n<p>Publiques ou priv\u00e9es, les biblioth\u00e8ques universitaires (BU) v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes ont pour mission commune de soutenir la recherche et le d\u00e9veloppement professionnel (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Elles s\u2019engagent en faveur de l\u2019enseignement et de la vulgarisation, tout en contribuant \u00e0 transmettre des valeurs d\u00e9mocratiques aux communaut\u00e9s dans lesquelles elles sont implant\u00e9es (Navea Soto, 2017). Les BU constituent un maillon fort du r\u00e9seau v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Pour les 22 institutions publiques (sur un total de 43 BU), le financement d\u00e9pend du gouvernement, qui coordonne le fonctionnement des universit\u00e9s par le biais du Conseil national des universit\u00e9s (CNU), pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur. Le CNU encadre notamment l\u2019attribution et la r\u00e9partition g\u00e9n\u00e9rales des budgets aux \u00e9tablissements, dont celui des biblioth\u00e8ques (Bashirullah et Jayaro, 2006). Parmi les enjeux actuels rencontr\u00e9s par les BU, soulignons le soutien des projets visant \u00e0 r\u00e9soudre les crises \u00e9conomiques et sociales, le maintien \u00e0 jour des fonds documentaires (papiers et num\u00e9riques) et la formation des membres de leur communaut\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9ratie num\u00e9rique. Faisant \u00e9galement preuve d\u2019engagement social, elles encouragent l\u2019apprentissage au fil de la vie et appuient le d\u00e9veloppement durable, tant environnemental que social et \u00e9conomique \u2013 ce qui les positionne au diapason des objectifs de l\u2019UNESCO (Navea Soto, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;Universit\u00e9 centrale du Venezuela (UCV) constitue la premi\u00e8re et la plus grande universit\u00e9 publique au pays et ses collections ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 la BNV des ann\u00e9es 1870 jusqu\u2019en 1892 (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). \u00c0 partir des ann\u00e9es 1950, le projet de son r\u00e9am\u00e9nagement m\u00e8ne \u00e0 la construction d\u2019une cit\u00e9 universitaire comptant une quarantaine de b\u00e2timents. Cet ensemble architectural est reconnu en 2000 par l\u2019UNESCO comme site du patrimoine mondial (Navea Soto, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques et le libre acc\u00e8s<\/h3>\n<p>Retrouv\u00e9es principalement en contexte acad\u00e9mique, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques prennent surtout la forme de r\u00e9pertoires d\u2019informations sp\u00e9cialis\u00e9es, de revues universitaires num\u00e9riques et de d\u00e9p\u00f4ts institutionnels accessibles en ligne. Faisant office de m\u00e9tamoteur de recherche, le r\u00e9f\u00e9rentiel <em>Metadatum <\/em>regroupe l\u2019ensemble des d\u00e9p\u00f4ts institutionnels des universit\u00e9s du pays qui utilisent le protocole OAI-PMH (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Par ailleurs, la culture du libre acc\u00e8s par voie verte est bien \u00e9tablie en milieu universitaire (Buitrago Ciro, 2022). \u00c0 titre d\u2019exemple, le Venezuela propose un total de 54 revues scientifiques offertes en libre acc\u00e8s dans le R\u00e9seau de revues scientifiques d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes, d\u2019Espagne et du Portugal (Redalyc), ce qui juche le pays au 6e rang en termes de nombre de publications index\u00e9es (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es<\/h3>\n<p>Le Venezuela compte une trentaine de biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es, principalement localis\u00e9es dans la capitale, Caracas. On y retrouve des biblioth\u00e8ques traitant de sujets aussi vari\u00e9s que la litt\u00e9rature \u00e9trang\u00e8re (fran\u00e7aise, anglaise, allemande), les peuples autochtones d\u2019Am\u00e9rique latine, les sciences et les technologies, l\u2019agriculture et la m\u00e9decine, pour ne nommer que ceux-ci (De Gruyter, 2021). Associ\u00e9es \u00e0 des organismes priv\u00e9s ou publics, \u00e0 une branche du gouvernement ou \u00e0 une universit\u00e9, ces biblioth\u00e8ques axent leurs collections sur des sujets pr\u00e9cis afin de fournir \u00e0 leur communaut\u00e9 de l\u2019information pertinente. Notons l&rsquo;Institut v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien de recherche scientifique (IVIC) de la biblioth\u00e8que Marcel Roche, qui est l\u2019une des biblioth\u00e8ques phares du pays. Gr\u00e2ce \u00e0 un soutien financier du minist\u00e8re, l\u2019IVIC est en mesure de garnir sa collection de documents et de bases de donn\u00e9es dans le domaine acad\u00e9mique. Fond\u00e9e en 1941, la biblioth\u00e8que Ernesto Peltzer de la Banque Centrale est aussi l\u2019une des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es les plus importantes du Venezuela comportant approximativement 100 000 ouvrages portant sur la finance et l\u2019\u00e9conomie (De Gruyter, 2021). Quelques fondations philanthropiques v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes, notamment Rojas Astudillo, Pedro Manuel Arcaya, John Boulton, Vicente Lecuna, Humboldt, La Salle et le Centre v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien am\u00e9ricain d\u00e9veloppent chacune des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cadre \u00e9ducatif en sciences de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques<\/p>\n<p>En Am\u00e9rique latine, la formation des professionnel\u00b7le\u00b7s en SIB se fait au niveau du premier cycle. Appel\u00e9e <em>licenciatura<\/em>, cette formation dure de 3 \u00e0 5 ans (Martinez-Arellano, 2019). Au Venezuela, deux institutions universitaires offrent une formation en SIB : l\u2019\u00e9cole des biblioth\u00e8ques et des archives de l\u2019UVC (EBA-UCV) \u00e0 Caracas et celle de l&rsquo;Universit\u00e9 de Zulia (EBA-LUZ) \u00e0 Maracaibo. Le titre des professionnel\u00b7le\u00b7s des biblioth\u00e8ques et des archives est, depuis 1950, technicien\u00b7ne\u00b7s en biblioth\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 1948, l\u2019EBA-UCV offre deux <em>licenciatura<\/em> de cinq ans, l\u2019une en archivistique et l\u2019autre en biblioth\u00e9conomie. Cette premi\u00e8re \u00e9cole offre aussi deux programmes de cycle sup\u00e9rieur (<em>graduate studies<\/em>): une sp\u00e9cialisation en gestion des r\u00e9seaux d\u2019information et une ma\u00eetrise en information et communication pour le d\u00e9veloppement. Fond\u00e9e en 1962, l\u2019EBA-LUZ offre elle aussi deux programmes de <em>licenciatura<\/em> respectivement en archivistique et en biblioth\u00e9conomie, en plus d\u2019une ma\u00eetrise en science de l\u2019information.<\/p>\n<p>D\u2019autres universit\u00e9s offrent \u00e9galement des formations dans le champ des sciences de l\u2019information : l&rsquo;Universit\u00e9 de Carabobo \u00e0 Valence \u2013 cours et <em>licenciatura<\/em> en certification documentaire \u2013, l&rsquo;Universit\u00e9 catholique Andr\u00e9s Bello \u00e0 Caracas \u2013 ma\u00eetrise en syst\u00e8mes d\u2019information \u2013 et l&rsquo;Universit\u00e9 Yacamb\u00fa \u00e0 Barquisimeto \u2013 <em>licenciatura<\/em> en information et documentation. En date de 2019, aucun programme doctoral en SIB n\u2019existe au pays, obligeant les chercheur\u00b7euse\u00b7s \u00e0 poursuivre leurs travaux dans d\u2019autres pays ou disciplines (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Certaines universit\u00e9s ib\u00e9ro-am\u00e9ricaines offrent aussi une ma\u00eetrise en SIB, mais une seule donne la possibilit\u00e9 de faire un doctorat \u2013 l&rsquo;Universit\u00e9 nationale autonome du Mexique (Martinez-Arellano, 2019).<\/p>\n<p>La premi\u00e8re mouture de la formation professionnelle s\u2019inspire en partie du discours fondateur que l\u2019Espagnol Jos\u00e9 Ortega y Gasset a prononc\u00e9 en 1935 lors du deuxi\u00e8me congr\u00e8s international de l&rsquo;IFLA, \u00e0 Madrid. Publi\u00e9es sous la forme du livre <em>Misi\u00f3n del bibliotecario <\/em>(<em>Mission du biblioth\u00e9caire<\/em> [traduction libre]), les id\u00e9es de ce discours ont connu un vif succ\u00e8s au Venezuela et ont pu circuler avant qu&rsquo;il n&rsquo;y ait de formation professionnelle en SIB, menant au constat de l\u2019importance de la professionnalisation du m\u00e9tier de biblioth\u00e9caire. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le premier curriculum professionnel national repose sur sept types de comp\u00e9tences : comp\u00e9tences de base, comp\u00e9tences administratives, traitement technique, sources d&rsquo;information, documentation et information, recherche et compr\u00e9hension de la nature humaine. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutent aujourd&rsquo;hui des aspects suppl\u00e9mentaires tels que le contexte sociohistorique des objets et des domaines d&rsquo;\u00e9tude, la formation des utilisateur\u00b7rice\u00b7s et la promotion de la lecture et la litt\u00e9ratie informationnelle. Bien que ces derni\u00e8res facettes ne prennent pas n\u00e9cessairement part \u00e0 la formation de base en SIB, elles peuvent y trouver leur place gr\u00e2ce \u00e0 des cours compl\u00e9mentaires (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Association de biblioth\u00e8ques<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature accessible en ligne concernant les associations, peu importe la langue, est plut\u00f4t rare. Pour le peu qui est disponible, les parutions sont plut\u00f4t dat\u00e9es et n\u2019offrent donc pas une repr\u00e9sentation \u00e0 jour de leurs activit\u00e9s. De plus, plusieurs des sites des associations \u00e9taient inaccessibles au moment de notre recherche laissant supposer que les activit\u00e9s associatives de certaines ont peut-\u00eatre cess\u00e9. Nous pr\u00e9sumons aussi que l&rsquo;instabilit\u00e9 sociopolitique telle que d\u00e9crite \u00e0 la section <em>Profil du pays<\/em> peut \u00eatre la cause derri\u00e8re les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s et la restriction de certaines ressources. Malgr\u00e9 tout, voici un bref portrait des associations pr\u00e9sentes au Venezuela \u00e0 la suite de nos recherches sur le sujet.<\/p>\n<p>La <em>Asociaci\u00f3n de Estados Iberoamericanos para el Desarrollo de las Bibliotecas Nacionales de Iberoam\u00e9rica<\/em> (Association des \u00c9tats Ib\u00e9ro-Am\u00e9ricains pour le d\u00e9veloppement des biblioth\u00e8ques nationales), mieux connue sous l\u2019abr\u00e9viation de ABINIA, a vu le jour en 1989 \u00e0 Mexico. Depuis 2019, les bureaux sont situ\u00e9s \u00e0 Caracas dans la capitale du Venezuela. Virginia Betancourt contribue grandement \u00e0 la fondation de l\u2019association, souhaitant ainsi donner une voix aux institutions latines (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). En devenant membre de l\u2019IFLA en 1996, l\u2019association r\u00e9pond au souhait de B\u00e9tancourt de collaborer \u00e0 l\u2019international. En revanche, l\u2019ABINIA ni aucune autre association v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne ne figurent parmi la liste de membres actifs de l\u2019IFLA en date du 18 ao\u00fbt 2023. Comptant 22 membres, l\u2019ABINIA est active dans la majorit\u00e9 des pays du sud de l\u2019Am\u00e9rique et a pour mission de promouvoir la collaboration entre les membres afin d\u2019assurer le progr\u00e8s dans les biblioth\u00e8ques nationales (ABINIA, 2023). L\u2019ABINIA soutient les missions de d\u00e9veloppement durable pour les biblioth\u00e8ques de l\u2019UNESCO, mais tout particuli\u00e8rement celles reli\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de qualit\u00e9 (objectif 4), la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s (objectif 10) et celle visant la paix, la justice et le maintien d\u2019institutions efficaces (objectif 16) (UIA, 2019).<\/p>\n<p>La <em>Asociaci\u00f3n Nacional de Directores de Bibliotecas, Redes y Servicios de Informaci\u00f3n del Sector Acad\u00e9mico, Universitario y de Investigaci\u00f3n<\/em> (ANABISAI) ou l\u2019Association nationale des directeur\u00b7ice\u00b7s de biblioth\u00e8ques des secteurs de l&rsquo;enseignement, de la recherche et des universit\u00e9s, est quant \u00e0 elle active dans la communaut\u00e9 des biblioth\u00e8ques acad\u00e9miques. L\u2019ANABISAI est fond\u00e9e en 1995 aux suites du regroupement de plusieurs directeur\u00b7rice\u00b7s de biblioth\u00e8ques universitaires. Se sentant les\u00e9\u00b7e\u00b7s par la situation financi\u00e8re critique du pays, notamment par l\u2019insuffisance des budgets allou\u00e9s pour l\u2019achat de collections pertinentes dans leurs universit\u00e9s, le consortium est cr\u00e9\u00e9 avec l\u2019objectif de partager les ressources acquises afin de sauver des co\u00fbts et ainsi faire profiter au plus grand nombre l\u2019acc\u00e8s aux bases de donn\u00e9es et ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence (Bashirullaha et Jayaro, 2006). Depuis sa cr\u00e9ation, l\u2019ANABISAI favorise la coop\u00e9ration entre ses membres en organisant des colloques et des rencontres internationales avec d\u2019autres associations et professionnel\u00b7le\u00b7s de l\u2019information. Parmi les th\u00e8mes r\u00e9cemment abord\u00e9s lors de ces congr\u00e8s, notons celui de l&rsquo;utilisation des technologies de l\u2019information dans le cadre de la gestion des biblioth\u00e8ques (Morales Campos et Pirela Morillo, 2020).<\/p>\n<p>Le <em>Colegio De Bibliotec\u00f3logos Y Archiv\u00f3logos De Venezuela<\/em> (COLBAV), ou Association des biblioth\u00e9caires et archivistes du Venezuela, est cr\u00e9\u00e9 en 1956 par des dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s de l&rsquo;Universit\u00e9 centrale du Venezuela. L\u2019association est fond\u00e9e dans le but de promouvoir les professionnel\u00b7le\u00b7s des milieux biblioth\u00e9caires et archivistiques. En appelant la participation de plusieurs professeur\u00b7e\u00b7s lors de sa cr\u00e9ation, le COLBAV travaille en \u00e9troite collaboration avec les initiatives valorisant la recherche universitaire et l\u2019enseignement des disciplines (Morales Campos et Pirela Morillo, 2020).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cadre l\u00e9gislatif<\/p>\n<p>Il semble que peu de lois et de r\u00e8glements encadrent les biblioth\u00e8ques du Venezuela. Il y a d\u2019abord la Loi sur l\u2019Institut autonome de la biblioth\u00e8que nationale et des services de biblioth\u00e8ques. \u00c9tablie le 27 juillet 1977, elle fonde l\u2019IABNSB et bonifie grandement les services d\u2019information et de biblioth\u00e8ques et autres services partout au pays (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Cette loi devient le symbole de la modernisation de la BNV. En cr\u00e9ant l\u2019IABNSB, la pr\u00e9sidente de ce nouveau r\u00e9seau \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Virginia Betancourt, rallie le support de l\u2019\u00c9tat, d\u2019individus et d\u2019organisations v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes et internationales pour cr\u00e9er un nouveau r\u00e9seau centralis\u00e9 d\u2019information et de biblioth\u00e8ques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale ayant pour c\u0153ur cet institut (Torres, 2011). Cette premi\u00e8re loi contribue \u00e0 mettre sur pied le RNBP et incite \u00e0 la construction de plusieurs biblioth\u00e8ques publiques et scolaires \u00e0 travers le pays (Penna, 1982). Ce r\u00e9seau est \u00e0 l\u2019avant-garde pour l\u2019\u00e9poque en Am\u00e9rique latine (Torres, 2011). Cependant, la loi de l\u2019IABNSB qui \u00e9tait si novatrice \u00e0 l\u2019\u00e9poque est maintenant obsol\u00e8te. Ni elle ni les institutions qu\u2019elle contribue \u00e0 cr\u00e9er ne sont modifi\u00e9es depuis 1977 alors que le monde de l\u2019information et des biblioth\u00e8ques, lui, a beaucoup \u00e9volu\u00e9 : en effet, lors de l\u2019adoption de la nouvelle constitution en 1999, la Loi est reconduite sans \u00eatre mise \u00e0 jour (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>Datant de 1993, la Loi sur le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal (<em>Ley de Deposito Legal<\/em>) stipule que, pour favoriser la conservation et la diffusion du patrimoine du pays, tout document publi\u00e9 au Venezuela ou portant sur celui-ci doit \u00eatre remis \u00e0 l\u2019IABNSB, charg\u00e9e de faire appliquer la loi. Cette loi pr\u00e9cise les types de documents recueillis, le processus pour soumettre les documents, l\u2019attribution du num\u00e9ro du d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal, les exceptions et bien plus encore (Gaceta Oficial de la Republica de Venezuela, 1997). De cette fa\u00e7on, Betancourt et la Loi de l\u2019IABNSB permettent de renflouer les \u00e9tag\u00e8res de l\u2019IABNSB en centralisant les proc\u00e9dures d\u2019acquisition des documents d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le Venezuela, incluant les documents audiovisuels, une premi\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9poque (Torres, 2011).<\/p>\n<p>Le cadre l\u00e9gislatif encadrant les biblioth\u00e8ques est donc seulement compos\u00e9 de ces deux lois. D\u2019autres lois concernent les services d\u2019information ou le milieu des livres telles que la <em>Loi sur les technologies de l\u2019information<\/em> (OMPI, [s. d.]). Il est aussi possible, par exemple, de retrouver une rare mention des biblioth\u00e8ques dans l\u2019article 108 de la constitution du pays qui exprime que l\u2019\u00c9tat se doit de fournir des services de radio, de t\u00e9l\u00e9vision et de biblioth\u00e8que dans l\u2019objectif d\u2019un acc\u00e8s universel \u00e0 l\u2019information (1999). Les biblioth\u00e8ques sont \u00e9galement mentionn\u00e9es dans la <em>Loi sur le droit d\u2019auteur<\/em> qui mentionne le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal d\u2019\u0153uvres \u00e0 la BNV (Congr\u00e8s de la R\u00e9publique, 1993) ou la Loi sur les livres (<em>Ley del Libro<\/em>) qui exprime l\u2019importance des biblioth\u00e8ques dans la diffusion des livres et de la lecture (El Congreso de la Republica de Venezuela, 1997). Toutefois, malgr\u00e9 le fait que l\u2019\u00c9tat semble avoir pour objectif l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information et qu\u2019il reconnaisse l\u2019importance des biblioth\u00e8ques dans ces documents l\u00e9gaux, aucun autre cadre l\u00e9gal ou initiative ne pr\u00e9cise comment arriver \u00e0 fournir de fa\u00e7on ad\u00e9quate ces services en information. Il existait auparavant, dans la Loi organique sur le r\u00e9gime municipal (<em>Organic Municipal Regime Law<\/em>) de 1989 une obligation pour les municipalit\u00e9s de plus d\u2019un certain nombre d\u2019habitant\u00b7e\u00b7s d\u2019avoir une biblioth\u00e8que publique. Cependant, cette loi a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e en 2010 pour devenir la Loi organique sur le pouvoir public municipal (<em>Organic Public Municipal Power Law<\/em>) dans laquelle le r\u00e8glement sur les biblioth\u00e8ques n&rsquo;appara\u00eet plus (Granda et Machin-Mastromatteo, 2017). Bref, le cadre l\u00e9gal des biblioth\u00e8ques est plut\u00f4t sommaire, et l&rsquo;un de ses deux piliers est obsol\u00e8te. Toutefois, selon Granda et Machin-Mastromatteo (2017), une nouvelle mouture de ce cadre l\u00e9gal serait en pr\u00e9paration, mais l\u2019absence de consultation de la population dans cette affaire fait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Information compl\u00e9mentaire et particularit\u00e9s<\/p>\n<p>Les perspectives d\u2019une bonne gestion des biblioth\u00e8ques au Venezuela sont incertaines en raison de nombreux probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e9quitable \u00e0 l\u2019information et aux droits de la personne. D\u2019une part, les autorit\u00e9s v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes imposent des restrictions \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression et de la presse. Des journalistes, des m\u00e9dias ind\u00e9pendants et des d\u00e9fenseur\u00b7euse\u00b7s des droits de la personne font l\u2019objet de harc\u00e8lement. Plusieurs atteintes \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression sont signal\u00e9es, comme des cas de censure, des attaques verbales et de l\u2019intimidation envers des journalistes. Certaines stations de radio sont ferm\u00e9es par les autorit\u00e9s, et font l\u2019objet de demandes de blocage d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains sites Web sur les services de communication. En outre, les journalistes et les m\u00e9dias font face \u00e0 des pressions et des menaces de la part des autorit\u00e9s pour avoir couvert les violations des droits de la personne et les abus perp\u00e9tr\u00e9s par les forces de l\u2019ordre. Plusieurs journalistes sont assassin\u00e9\u00b7e\u00b7s, et ces meurtres demeurent irr\u00e9solus. D\u2019autre part, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est \u00e9galement limit\u00e9 au Venezuela. Les autorit\u00e9s imposent des restrictions sur sa diffusion, notamment en contr\u00f4lant les m\u00e9dias et en limitant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information publique. Les m\u00e9dias, les journalistes ind\u00e9pendant\u00b7e\u00b7s et les chercheur\u00b7se\u00b7s font donc face \u00e0 des enjeux de taille pour obtenir leurs sources et pour exercer leur m\u00e9tier librement et ind\u00e9pendamment. (Amnesty International, 2023 ; Puyosa, 2019 ; Granda et Machin-Mastromatteo, 2017).<\/p>\n<p>La mission sociale et communautaire des biblioth\u00e8ques et des biblioth\u00e9caires se trouve \u00e9galement compromise par de multiples violations des droits de la personne. Selon Amnistie Internationale, les femmes v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes font face de mani\u00e8re persistante \u00e0 des violences fond\u00e9es sur le genre, englobant des violences sexuelles et la traite d&rsquo;\u00eatres humains. Les migrant\u00b7e\u00b7s v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien\u00b7ne\u00b7s \u00e9prouvent d&rsquo;\u00e9normes difficult\u00e9s sur le front des droits de la personne. En 2023, pas moins de 7,1 millions de v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien\u00b7ne\u00b7s quittent leur pays en raison de la crise \u00e9conomique et humanitaire. Toutefois, ces migrant\u00b7e\u00b7s rencontrent d&rsquo;importantes entraves \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s aux services essentiels dans leurs nouveaux pays d&rsquo;accueil, notamment en mati\u00e8re d&rsquo;eau et d&rsquo;assainissement. Les premiers peuples sont confront\u00e9s \u00e0 des violations continues de leurs droits li\u00e9s \u00e0 leurs terres ancestrales et \u00e0 leur mode de vie traditionnel. Malheureusement, aucune avanc\u00e9e significative n&rsquo;est enregistr\u00e9e en ce qui concerne la question des droits des personnes 2ELGBTQQIA+. Ces personnes sont fr\u00e9quemment sujettes \u00e0 la discrimination, \u00e0 la violence et \u00e0 la stigmatisation, \u00e9prouvant des difficult\u00e9s notables \u00e0 obtenir des services m\u00e9dicaux et des protections juridiques, comme le souligne le rapport d\u2019Amnistie internationale en 2023 (Amnesty International, 2023).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n<div>\n<p>Amnesty International. (2023). <em>Venezuela\u202f: La situation des droits humains.<\/em> Amnesty International. <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/location\/americas\/south-america\/venezuela\/report-venezuela\/\">https:\/\/www.amnesty.org\/fr\/location\/americas\/south-america\/venezuela\/report-venezuela\/<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>Bashirullah, A. K. et Jayaro, X. (2006). Consortium: A solution to academic library services in Venezuela. Library Collections Acquisitions &amp; Technical Services, 30(1), 102\u2011107. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/J.LCATS.2006.07.006\">https:\/\/doi.org\/10.1016\/J.LCATS.2006.07.006<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Buitrago Ciro, J. (2022). How are academic libraries in Spanish-speaking Latin America responding to new models of scholarly communication and predatory publishing? Journal of Librarianship and Information Science, 54(3), 373-388.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/09610006211016533\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/09610006211016533<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Congr\u00e8s de la R\u00e9publique (1993). Loi sur le droit d\u2019auteur (du 14 ao\u00fbt 1993) (traduit par le Bureau international de l\u2019OMPI). OMPI. <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/130138\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/130138<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Constitution of the Bolivarian Republic of Venezuela. (1999). (traduit par la Human Rights Library). University of Minnesota. <a href=\"http:\/\/hrlibrary.umn.edu\/research\/venezuela-constitution.html\">http:\/\/hrlibrary.umn.edu\/research\/venezuela-constitution.html<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>De Gruyter. (2021). Venezuela. World Guide to Libraries. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1515\/wgtl\">https:\/\/doi.org\/10.1515\/wgtl<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>El Congreso de la Republica de Venezuela (1997). Ley Del Libro [Loi sur le livre]. OMPI. <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/333264\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/text\/333264<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Figueras, C. (2021). El sistema de bibliotecas escolares en Venezuela: un estudio de caso [Le syst\u00e8me de biblioth\u00e8ques scolaire au V\u00e9nezuela]. Revue Portoricaine de Biblioth\u00e9cologie et Documentation, 1, 11\u201332. <a href=\"https:\/\/revistas.upr.edu\/index.php\/acceso\/article\/view\/17143\">https:\/\/revistas.upr.edu\/index.php\/acceso\/article\/view\/17143<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Gaceta Oficial de la Republica de Venezuela. (1997). Reglamento de la Ley de Deposito Legal en el Instituto Autonomo Biblioteca Nacional [R\u00e8glement de la loi sur le d\u00e9p\u00f4t l\u00e9gal \u00e0 l&rsquo;Institut autonome de la Biblioth\u00e8que nationale]. <a href=\"https:\/\/cerlalc.org\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/157_Reglamento_Ley_Dep_Venezuela.pdf\">https:\/\/cerlalc.org\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/157_Reglamento_Ley_Dep_Venezuela.pdf<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Granda R. et Machin-Mastromatteo J. D. (2017). Venezuela: Libraries and Librarianship. Encyclopedia of Library and Information Sciences (4e \u00e9d.). CRC Press. <a href=\"https:\/\/www.taylorfrancis.com\/books\/mono\/10.1081\/E-ELIS4\/encyclopedia-library-information-sciences?refId=7aa52b9c-70ef-4741-9368-4e47d3d41b25&amp;context=ubx\">https:\/\/www.taylorfrancis.com\/books\/mono\/10.1081\/E-ELIS4\/encyclopedia-library-information-sciences?refId=7aa52b9c-70ef-4741-9368-4e47d3d41b25&amp;context=ubx<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Granda, R. et Machin-Mastromatteo, J. D. (2018a). Medellin Library Parks: A model for Latin American libraries and urban equipment. Information Development, 34(2), 201\u2011205. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/0266666918755642\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/0266666918755642<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>IBBY International Board on Books for Young People. (s.d.). Venezuela. https:\/\/www.ibby.org\/ibby-worldwide\/national-sections\/venezuela<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>IFLA. (2023, ao\u00fbt 18). IFLA Members including Institution and Association Affiliates<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf\">https:\/\/www.ifla.org\/wp-content\/uploads\/ifla-members-and-association-affiliates_2023-08-18.pdf<\/a><\/p>\n<div>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Jshaffner. (2010, novembre 10). Public Libraries in Venezuela and Bolivia \u2013 a Guest Post by Kathy Smargiassi. The Librarian Is IN. <a href=\"https:\/\/jshaffner.wordpress.com\/2010\/11\/10\/public-libraries-in-venezuela-and-bolivia-a-guest-post-by-kathy-smargiassi\/\">https:\/\/jshaffner.wordpress.com\/2010\/11\/10\/public-libraries-in-venezuela-and-bolivia-a-guest-post-by-kathy-smargiassi\/<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Martinez-Arellano, F. F. (2019). What is Library and Information Science (LIS) in Latin American library schools. Balisages. La Revue de Recherche de l\u2019Enssib, (1). <a href=\"https:\/\/bbf.enssib.fr\/revue-enssib\/consulter\/revue-2013-01-005\">https:\/\/bbf.enssib.fr\/revue-enssib\/consulter\/revue-2013-01-005<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>McDonald, J.D., et Levine-Clark, M. (Eds.). (2018). Encyclopedia of Library and Information Sciences (4th ed.). CRC Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4\">https:\/\/doi.org\/10.1081\/E-ELIS4<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Morales Campos, E. et Pirela Morillo, J. (2020). Forjadores e impulsores de la bibliotecolog\u00eda latinoamericana: Venezuela [Fondateurs et promoteurs de la biblioth\u00e9conomie latino-am\u00e9ricaine : le Venezuela]. https:\/\/repositorio.unam.mx\/contenidos\/5002371<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Navea Soto, R. (2017). Bibliotecas Universitarias en Caracas, Venezuela. Bibliotecas, 35(1), 1-17. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.15359\/rb.35-1.3\">https:\/\/doi.org\/10.15359\/rb.35-1.3<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>OMPI (s.d.). Venezuela (R\u00e9publique bolivarienne du). <a href=\"https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/legislation\/members\/profile\/VE\">https:\/\/www.wipo.int\/wipolex\/fr\/legislation\/members\/profile\/VE<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Page Nosotros (s.d.). Asociaci\u00f3n ABINIA. <a href=\"https:\/\/asociacionabinia.org\/nosotros\/\">https:\/\/asociacionabinia.org\/nosotros\/<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Parra Garc\u00eda, A. (2013). Innovaci\u00f3n en bibliotecas universitarias: caso biblioteca Pedro Grases, Universidad Metropolitana, Caracas-Venezuela [Innovation dans les biblioth\u00e8ques universitaires : le cas de la biblioth\u00e8que Pedro Grases, Universidad Metropolitana, Caracas-Venezuela]. Revista De Medios Y Educaci\u00f3n, (42), 89\u2013101. <a href=\"https:\/\/recyt.fecyt.es\/index.php\/pixel\/article\/view\/61571\">https:\/\/recyt.fecyt.es\/index.php\/pixel\/article\/view\/61571<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Penna, C. V. (1982). The national system of library and information services of Venezuela. The Journal of Library History (1974-1987), 17(2), 117\u2013143. <a href=\"https:\/\/www.jstor.org\/stable\/25541258\">https:\/\/www.jstor.org\/stable\/25541258<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Torres, A. (2011). Venezuela\u2019s National Library as the Nucleus of a National Library System (IABNSB) in the 20th century. IFLA. <a href=\"https:\/\/www.ifla.org\/publications\/venezuelas-national-library-as-the-nucleus-of-a-national-library-system-iabnsb-in-the-20th-century\/\">https:\/\/www.ifla.org\/publications\/venezuelas-national-library-as-the-nucleus-of-a-national-library-system-iabnsb-in-the-20th-century\/<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>UNESCO. (s.d.). National Information Policy. Biblioth\u00e8que num\u00e9rique de l\u2019UNESCO. <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000018995\">https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000018995<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Venezuela. (2023, 12 d\u00e9cembre). The World Factbook. Central Intelligence Agency.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.cia.gov\/the-world-factbook\/countries\/venezuela\/\">https:\/\/www.cia.gov\/the-world-factbook\/countries\/venezuela\/<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"menu_order":19,"template":"","meta":{"pb_show_title":"on","pb_short_title":"","pb_subtitle":"","pb_authors":[],"pb_section_license":""},"chapter-type":[],"contributor":[],"license":[],"class_list":["post-81","chapter","type-chapter","status-publish","hentry"],"part":3,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/81","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters"}],"about":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/wp\/v2\/types\/chapter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/81\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":82,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/81\/revisions\/82"}],"part":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/parts\/3"}],"metadata":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapters\/81\/metadata\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81"}],"wp:term":[{"taxonomy":"chapter-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/pressbooks\/v2\/chapter-type?post=81"},{"taxonomy":"contributor","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/wp\/v2\/contributor?post=81"},{"taxonomy":"license","embeddable":true,"href":"https:\/\/rel.bib.umontreal.ca\/bibliotheques-a-l-international4\/wp-json\/wp\/v2\/license?post=81"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}