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32 Russie

(Véronique Savoie, Carl-Éric Magnan, Thomas Poulin)

1. Profil du pays

La Russie avec ses plus de 17 millions de km² est le plus grand pays du monde. Elle s’étend de l’Europe à l’Asie, borde deux océans (pacifique et arctique), trois mers (baltique, caspienne et noire) et compte quatorze pays voisins. Le territoire Russe comprend l’enclave de Kaliningrad séparée du reste de son territoire et située entre la Pologne et la Lituanie. La géographie russe, composée d’immense étendue et sans accès maritime libre de glace à l’année, a fortement influencé son développement culturel et politique (Central intelligence agency, 2020). Ses plus de 141 millions d’habitants sont principalement concentrés à l’ouest du pays, représentant environ un cinquième de sa superficie, le reste du pays a une très faible densité de population. La population est principalement composée de Russes (77,7 %) dont la langue est le russe (85,7 %). Les Tatares constituent la principale minorité ethnique (3,7 %) et linguistique (3,2 %) du pays. Bien que la pratique de la religion soit relativement peu répandue en Russie comparée à ailleurs dans le monde en raison de l’héritage soviétique, la religion russe orthodoxe reste la plus pratiquée (entre 15 et 20 %) et il existe une forte présence minoritaire musulmane (10 -15 %) (Central intelligence agency, 2020). Fondée au XIIe siècle, la Russie réussit à annexer les principautés voisines et s’impose comme puissance régionale. Au début du 17e siècle, la dynastie des Romanovs prend le pouvoir et continue l’expansion territoriale de la Russie, notamment sous Pierre 1er le grand et Catherine II. La dynastie des Romanov est chassée du pouvoir par la révolution russe en 1917 qui voit l’instauration du régime soviétique après la guerre civile et la création de l’URSS. Suite à la chute de l’URSS, la Fédération de Russie redevient indépendante sous la présidence de Boris Eltsine. Après la démission de ce dernier, Vladimir Putin prend la tête du pays et entreprend une centralisation des pouvoirs politiques et économiques.

2. Histoire

L’origine de la culture bibliographique, et des bibliothèques en particulier, en Russie remonte à l’origine du langage russe et au balbutiement de la littérature russe à la fin du Xe siècle (Stuart, 1994). Longtemps liées au contexte religieux orthodoxe, c’est au début du XVIIIe siècle que les premières bibliothèques séculaires destinées au public voient le jour en Russie (Stuart, 1994). L’une des premières sera la bibliothèque russe de l’Académie russe des sciences, fondée en 1714 par Pierre 1er le grand. En 1795, Catherine II fonde à Saint-Pétersbourg la bibliothèque publique impériale. Quinze ans plus tard, un acte impérial met la bibliothèque à la disposition de tous les sujets russe et instaure le dépôt légal. La Bibliothèque impériale, en raison des nouveaux défis techniques et logistiques posés par l’ampleur de sa collection, a été le moteur de l’innovation bibliothéconomique en Russie suite à sa création (Stuart, 1994). En 1862, la bibliothèque du musée public de Moscou et du musée Rumiantsev est fondée grâce au don de livres, cartes, manuscrits et peintures du comte Nikolay Rumyantsev. La bibliothèque, faisant partie du premier complexe de musée public de Moscou, a elle aussi la responsabilité dès sa fondation de recevoir le dépôt légal de tout ouvrage russe. La bibliothèque devient la bibliothèque d’État V. I. Lenin de l’URSS en 1924 puis en 1992 la bibliothèque d’État de la Russie (National Library of Russia, s.d.).

Suite à la révolution soviétique en 1917, les bibliothèques publiques deviennent de plus en plus un outil d’éducation idéologique et politique pour l’État soviétique et pour le parti communiste en particulier (Zverevich, 2014). Sous ce régime, deux catégories de bibliothèques se développent, les bibliothèques de masse destinées au public et les bibliothèques intégrées à des entreprises ou à des organisations. Cette période connaît une structure très hiérarchisée avec à sa tête la bibliothèque et une augmentation importante du nombre de bibliothèques, en particulier en région rurale (Zverevich, 2014).

Dans les décennies qui suivent la chute de l’URSS, le réseau des bibliothèques russe se voit réduire de près de 20 %, les bibliothèques régionales et rurales sont particulièrement touchées (Zverevich, 2014). Le développement de réseaux de coopération, dont le plus important est l’Associated Regional Library Consortia (ARLICON), a aussi joué un rôle important dans le développement des bibliothèques à partir du milieu des années 2000 (Plemnek & Sokolova, 2015). La profession de bibliothécaire, libérée des objectifs de propagande politique et s’inscrivant dans une volonté de désidéologiser la société, se transforme également pour se centrer sur les besoins d’information de la population (Volodin, 2000 ; Zverevich, 2014). La bibliothèque de Saint-Pétersbourg devient la bibliothèque nationale de Russie en 1992 et obtient une indépendance accrue pour choisir ses orientations et pour établir des partenariats, incluant à l’étranger (Zverevich, 2014). Les années 1990 sont marquées également par un développement rapide de l’automation dans les bibliothèques russes (Zverevich, 2014).

En mai 2009, l’ouverture de la bibliothèque présidentielle B. N. Yelstin, la troisième bibliothèque nationale, marque l’inauguration d’un nouveau réseau de bibliothèques qui s’inscrit dans une volonté de relancer l’infrastructure culturelle russe (Zverevich, 2014). La bibliothèque présidentielle devient ainsi la bibliothèque numérique nationale et a pour objectif de bâtir une collection électronique accessible à tous et structurée autour des thèmes de l’État, le territoire, la population et la langue. Sous Putin, la Russie a démontré une volonté claire de faire de ce pays un acteur de premier plan dans le domaine de la société d’information, reconnaissant le caractère stratégique et économique central de la production culturelle et de son accès (Zverevich, 2014). En 2018, le gouvernement annonce le projet « Culture » qui prévoit notamment la mise à niveau de 660 bibliothèques municipales et la numérisation de plus de 48 000 ouvrages pour la bibliothèque numérique nationale (IFLA Library Map of the World, s.d.).

3. Types de bibliothèques

Selon l’IFLA, on comptait 89 680 bibliothèques en Russie en 2018. C’est 46 234 bibliothèques scolaires, 37 138 bibliothèques publiques, 4 984 bibliothèques spéciales, 1 321 bibliothèques académiques et 3 bibliothèques nationales. (IFLA Library Map of the World, s. d.)

Bibliothèques scolaires

Les 46 234 bibliothèques scolaires sont gérées par leurs écoles respectives. Cette situation fait en sorte que les bibliothèques scolaires ont généralement peu de ressources, d’ailleurs la plupart d’entre elles n’ont pas accès à internet et elles ont chacune leur propre politique de fonctionnement. (Zverevich, 2014) Pour contrer ce problème, le ministère de l’Éducation et des Sciences de la Russie travaille en collaboration avec l’association des bibliothèques scolaires russe pour établir des politiques de développement des bibliothèques scolaires de tout niveau. (Clyde, 2005) Ce sont les bibliothèques d’écoles secondaires qui sont les mieux nanties dans ce milieu avec plus de ressources, de personnels et d’accessibilité. (School Librarians at IFLA, 2008)

Bibliothèques publiques

Le système de bibliothèques publiques russe est dirigé de manière pyramidale. En haut de la pyramide, on retrouve le ministre de la Culture. Au niveau suivant, il y a les bibliothèques nationales suivies des bibliothèques centrales. Chacune des quatre-vingt-neuf juridictions de la Russie possède une bibliothèque centrale et a son propre système de fonctionnement pour ses bibliothèques publiques. Chaque juridiction a aussi son représentant du ministre de la Culture auquel les bibliothèques centrales doivent rapporter. Finalement, en bas de la pyramide, se trouvent les bibliothèques publiques. (Zverevich, 2014) Il existe aussi des bibliothèques publiques indépendantes. Ceux-ci ne sont pas liés au système de bibliothèques centrales et elles répondent directement au ministre de la Culture. Malgré la centralisation des bibliothèques dans chaque juridiction, ce n’est qu’à Saint-Pétersbourg qu’il y a un système d’entreprise de bibliothèque publique qui vise à uniformiser les services offerts dans toutes les bibliothèques de ce réseau et à partager ses ressources. Depuis quelques années, il y a aussi la ville de Moscou qui est en train de mettre à jour son système de bibliothèques publiques. En 2013, le centre de bibliothèque de Moscou a été ouvert et celui-ci travaille avec le ministère de la Culture pour essayer de transformer les bibliothèques publiques de Moscou en bibliothèques troisième lieu. En 2014, ce sont seulement 40 % des bibliothèques publiques de la Russie qui avaient un accès internet.

Bibliothèques académiques

Chaque université à sa bibliothèque universitaire, aussi appelée bibliothèque académique. Ces bibliothèques sont uniquement accessibles par les membres de leur communauté universitaire respective. Ce ne sont donc pas des bibliothèques publiques. Par ailleurs, contrairement à celles-ci, toutes les bibliothèques universitaires offrent un accès internet. (Zverevich, 2014)

Bibliothèques spécialisées

Dans les bibliothèques spécialisées, on inclut les bibliothèques para-nationales et les bibliothèques de recherche. Les bibliothèques para-nationales sont des bibliothèques qui ont des collections spécialisées à leur champ d’expertise et qui ne dépendent pas des bibliothèques nationales, mais plutôt des différents ministères qui correspondent à leur spécialité. Ce sont des bibliothèques qui sont accessibles gratuitement au public. Quelques exemples de bibliothèques para-nationales : bibliothèque d’État pour enfants de Russie, bibliothèque d’État d’art de Russie, bibliothèque publique nationale des sciences et technologies de Russie. (Zverevich, 2014) Les bibliothèques de recherches sont identiques aux bibliothèques para-nationales dans leur fonctionnement si ce n’est qu’elles sont orientées pour la recherche. La bibliothèque de l’académie russe des sciences de Saint-Pétersbourg et la bibliothèque des sciences naturelles de l’académie russe des sciences de Moscou sont des exemples de bibliothèques de recherche. Une partie des bibliothèques de recherches font partie d’un système central de bibliothèque de l’académie des sciences russe. Il existe six systèmes centralisés de bibliothèque de recherche, dont celui du district fédéral extrême-oriental, celui du district Oural. Ces systèmes permettent un partage des ressources, un regroupement des opérations, entre autres pour l’acquisition et le catalogage, et permettent à leurs utilisateurs d’avoir accès à d’informations et de services. (Lavrik, 2002)

Bibliothèques nationales

La Russie possède trois bibliothèques nationales. La plus ancienne est la bibliothèque nationale de Russie, auparavant nommée bibliothèque publique impériale ouverte depuis 1801 (Zaïtsev, 1996). Située à Saint-Pétersbourg, sa collection compte plus de 37 millions de documents (National Library of Russia, s.d.). La deuxième bibliothèque nationale est la bibliothèque d’État de Russie, ouverte en 1862. Située à Moscou, elle est la deuxième plus grande bibliothèque au monde et la plus grande bibliothèque de Russie. Elle possède plus de 47 millions de documents et est chargée du dépôt légal et de la conservation des œuvres russes depuis son ouverture. La bibliothèque d’État est chargée, depuis 2014, du système national de bibliothèque numérique, entre autres pour pouvoir recevoir les dépôts légaux en copie numérique. Ce sont plus de 800 000 personnes qui visitent cette bibliothèque chaque année (Russian state library, s.d.). La plus récente bibliothèque nationale est la bibliothèque présidentielle Boris Eltsine qui a ouvert ses portes en 2009. Cette bibliothèque se concentre plus sur les ressources numériques, dont la collection est supposée dépasser les 1 million d’œuvres cette année, et comprend environ 1 000 points de services dans tout le pays (Presidential Library, s.d.).

Bibliothèques numériques

Depuis la fin des années 1990, la Russie développe ses ressources numériques dans le milieu des bibliothèques. Plusieurs projets de bibliothèques numériques ont vu le jour pour permettre à la population d’avoir accès à une collection de documents numériques. Ces projets comprennent entre autres, la création d’une bibliothèque numérique éducationnelle pour les étudiants, la création d’une bibliothèque numérique sur la culture de la Russie et la création d’une bibliothèque numérique en collaboration avec la bibliothèque du Congrès des États-Unis (Popova-Gosart, 2004). La mission que ces bibliothèques se sont donnée est de préserver l’histoire, la science et l’héritage culturel de la population russe. Pour ce faire, elles se sont engagées à fournir des conditions pour accroître le potentiel intellectuel de la Russie, en vulgarisant la science et la culture russe et en formant la base de la création d’un espace de connaissance numérique unifié. À leur début, les bibliothèques numériques ont été créées par la numérisation de livres imprimés. De nos jours, la loi sur le dépôt légal de la Russie a été changée pour que la bibliothèque nationale numérique de la Russie reçoive obligatoirement un exemplaire numérique de chaque publication russe. Bien que les bibliothèques numériques de la Russie aient été créées par le ministère de la Culture de la fédération russe, elles sont sous la responsabilité directe des bibliothèques nationales (Gilyarevskii & Mel’nikova, 2019).

4. Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

À l’image du Québec, la Russie possède plusieurs niveaux d’emploi dans le domaine de la science de l’information. Plusieurs formations sont disponibles selon le niveau d’emploi désiré. Ces niveaux sont :

  1. Bibliothécaire
  2. Bibliothécaire de catégorie 2
  3. Bibliothécaire de catégorie 1
  4. Bibliothécaire en chef

Contrairement au Québec, pour pouvoir pratiquer l’emploi de bibliothécaire, il existe plusieurs formations possibles dépendamment de l’emploi futur désiré. Peu importe la formation suivie, tous commencent au niveau de bibliothécaire. La première formation possible est celle réservée aux futures bibliothécaires n’ayant pas de plans de carrière ambitieux qui désire simplement travailler dans le domaine de la gestion de l’information. Cette formation se réalise dans un collège spécialisé ou une école technique. Elle est l’équivalent, au Québec, de la technique en documentation. Aucune possibilité d’avancement n’est possible en entrant dans le domaine par ce type de formation.

La deuxième formation possible est celle réservée aux futurs bibliothécaires désirant pouvoir avancer leur carrière dans le futur. Dans la liste plus haute, tous les emplois autres que bibliothécaire nécessitent une formation professionnelle supérieure en plus de quelques années d’expérience. Contrairement à la première formation, celle-ci nécessite un montant monétaire beaucoup plus élevé. Les formations coûtent entre 9500 et 83 000 roubles par année. En dollar canadien, cela équivaut à environ 165 $ à 1450 $ par année. Ce montant peut être considéré comme étant plutôt faible lorsque nous prenons en compte que le salaire médian en 2020 est de 34 000 roubles par mois soit environ 600 $ (Kellaris, 2020).

La troisième formation possible est la formation de reconversion professionnelle. À l’instar de la première formation, celle-ci est réservée aux personnes désirant travailler dans le domaine, mais ne possédant pas de désir d’avancement. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un changement de carrière de la part de l’étudiant. Le candidat doit avoir au moins terminé l’équivalent du secondaire en Russie pour être admissible. Cette formation coûte l’équivalent d’une année d’étude universitaire et peut être réalisée à temps plein et temps partiel, à distance ou non.

5. Association de bibliothèques

À l’image d’un pays possédant une machine administrative énorme, la Russie possède son lot d’associations. Quatre groupes importants se partagent le milieu des bibliothèques avec des missions différentes : L’association des bibliothèques de Russie ; L’association des bibliothécaires scolaires du monde russe ; L’association nationale des bibliothèques « bibliothèques du futur » ; L’Association russe des bibliothèques électroniques.

L’Association des bibliothèques de Russie est la plus ancienne des quatre associations du pays. Elle a été fondée en 1994 et officiellement établie en 1995 ce qui fait qu’elle a officiellement fêté ses 25 ans cette année. Son objectif est de « soutenir et coordonner les actions des bibliothèques, des associations de bibliothèques et des écoles dans l’intérêt de la préservation et du développement de la bibliothéconomie en Russie, représenter et protéger les intérêts de la communauté des bibliothèques russes » (RBA, 2020). L’association possède aussi une section dédiée aux bibliothèques publiques, créée en 1998, possédant les mêmes objectifs, mais spécialisée dans ce type de bibliothèques. L’RBA est membre de la Fédération internationale des Associations et Institutions de Bibliothèque (IFLA).

L’Association nationale des bibliothèques « bibliothèques du futur » a été constituée par 13 institutions composées de bibliothèques publiques, bibliothèques d’État, d’université, d’instituts et de sociétés. Elle a été créée dans le but de rehausser l’importance des bibliothèques dans la vie sociale et culturelle de la société russe en travaillant sur son amélioration. Cette association concentre beaucoup ses activités sur les innovations technologiques et sur les moyens de les utiliser.

L’Association des bibliothécaires scolaires du monde russe a été créée en 2015 et elle est la successeur de l’Association des bibliothèques scolaires russes qui, elle, avait été fondée en 2004. Elle regroupe plus de 41 000 bibliothèques scolaires. Sa mission est « d’unir les ressources spirituelles et intellectuelles de la Russie pour le développement des bibliothèques scolaires russes, en tant que catalyseurs des processus d’éducation, d’éducation et de qualité de vie des enfants et des jeunes » et son but est d’améliorer le rôle des bibliothèques scolaires dans le milieu de l’éducation ainsi que d’assumer la protection des bibliothécaires scolaires.

L’Association russe des bibliothèques électroniques a été créée en 2005 par la bibliothèque d’État russe, la bibliothèque publique scientifique et technique d’État de Russie et d’autres organisations du domaine. Elle possède 4 objectifs principaux :

  1. La formation de partenariat entre les créateurs de bibliothèques et de collections électroniques et les autorités d’État, les entreprises et les communautés scientifiques et culturelles.
  2. Stimuler le développement des ressources d’informations russes disponibles sur internet.
  3. Expandre les liens internationaux, nationaux et régionaux dans un objectif d’échange d’idées.
  4. La création d’un cadre juridique pour les collections de documents électroniques.

6. Cadre législatif

Depuis son indépendance, la fédération russe a adopté un ensemble de lois et décrets qui visent à faire encadrer ses bibliothèques et son développement culturel. L’État russe a ainsi démontré qu’il considérait le développement d’une société de l’information moderne comme un avantage stratégique primordiale qui permet le développement national et international de la nation russe (Zverevich, 2014). Cependant au cours de la dernière décennie, plusieurs lois ont été adoptées ou modifiées pour permettre un plus grand contrôle de l’information par l’État, en particulier dans le domaine des médias (Wilmap, s. d.). Voici une liste chronologique des lois, décret et actions de politique étrangère qui ont façonné le cadre législatif dans lequel évoluent les bibliothèques russes, les modifications et amendements mineurs aux lois n’ont pas été inclus (Zverevich, 2014; IFLA Library Map of the World, s. d.; Sukhankin, 2017) :

  • 20 janvier 1994, Décret présidentiel « Sur les fondements de la politique d’État en matière d’information » : Établit les objectifs généraux et le champ d’action de l’État russe en dans le domaine de l’information.
  • 29 décembre 1994, Loi fédérale « Sur le dépôt légal » : Établit les droits, obligations et sanction relatives au dépôt légal de copies aux collections et à la bibliographie nationale.
  • 29 décembre 1994, Loi fédérale « Sur la bibliothéconomie » : Régule la pratique des bibliothèques et des bibliothécaires en conformité avec les normes et lois internationales. Garantir le droit au libre accès à l’information, au développement personnel, à l’utilisation des biens culturels nationaux et internationaux ainsi qu’aux activités culturelles, scientifiques et éducationnelles.
  • 20 février 1995, Loi fédérale « Sur l’information, les technologies de l’information et la protection de l’information » : Encadre l’utilisation des technologies de l’information et la protection des informations personnelles.
  • 23 Juillet 2000, « Charte d’Okinawa sur la société mondiale de l’information » : signée par le président russe lors du sommet du G8 pour aligner la Russie avec ses partenaires internationaux dans le domaine de l’information.
  • 6 octobre 2003, Loi fédérale « Sur les principes généraux de l’organisation de l’autonomie locale dans la Fédération de Russie » : Encadre le fonctionnement des municipalités et place les bibliothèques en partie sous leur responsabilité.
  • 27 juillet 2006, Loi fédérale « Sur l’information, les technologies de l’information et la protection de l’information » : Remplace la loi du même nom adoptée en 1995.
  • 1er janvier 2008, Partie quatre du Code civil russe: Entrée en vigueur de la section du Code civil encadrant le droit d’auteur et la propriété intellectuelle. L’article 1275 prévoit les exceptions applicables aux bibliothèques.
  • 2008, « Stratégie de développement de la société de l’information dans la Fédération de Russie jusqu’en 2015 » : Établit que les collections des bibliothèques devraient être au minimum 30 % numériques et connectées entre elles par internet à haute vitesse.
  • 8 mai 2008, Loi fédérale « Sur la modification de certaines lois de la Fédération de Russie en raison de l’amélioration du statut juridique des institutions publiques (municipales) »: Modifie le cadre législatif encadrant la gestion des bibliothèques par les municipalités.
  • 5 avril 2013, Loi fédérale « Sur le système de contrat dans l’achat de produits, de travaux et de services pour les besoins des États et des municipalités » : Encadre les processus d’approvisionnement des municipalités et par conséquent des bibliothèques.
  • 24 décembre 2014, Décret exécutif présidentiel « Sur l’approbation des principes fondamentaux de la politique culturelle de l’État » : Établis les fondements légaux, les objectifs et la mise en œuvre de la politique culturelle russe en plus de réguler les programmes municipaux qui y sont reliés.
  • Mai 2017, « Nouvelle stratégie de développement de la société de l’information dans la Fédération de Russie 2017-203 »: Remplace la stratégie de 2008 et détermine des secteurs essentiels de développement dans le domaine notamment des Big data, de l’internet post-industriel et de la sécurité de l’information.
  • 7 mai 2018, Projet national « Culture »: Comprend trois projets fédéraux : « Environnement culturel », « Créateurs » et « Culture numérique ». Prévoit entre autres la modernisation de 660 bibliothèques publiques, la formation de 200 000 professionnels de la culture et la numérisation de 48 000 livres.
  • 1er mai 2019, Amendement de la loi fédérale « Sur la bibliothéconomie » : Modification la plus récente de la loi encadrant les bibliothèques. Il s’agit de la onzième modification depuis son adoption en 1994.

7. Information complémentaire/particularités

La Russie est actuellement en train d’optimiser ses collections majoritairement sur le plan numérique. Ce rappelant la consolidation du système de bibliothèques lors de la réunification de l’Allemagne, cette annonce avait été reçue de façon très chaleureuse en 2016 (Gerden, 2017). Cependant, les commentaires se sont, depuis, refroidis. Le désir de fusionner la bibliothèque d’État russe et la bibliothèque nationale russe dans un but de diminuer les dépenses est très mal vu par les spécialistes du milieu qui désirent rappeler que les bibliothèques du pays ont toujours dû fonctionner avec des budgets très faibles. Depuis la crise financière russe qui a débuté en 2014, environ, les bibliothèques ont perdu une grande part des fonds qui leur permettaient de fonctionner. Ce désir de fusion est donc vu par beaucoup comme un moyen d’économiser au détriment de l’histoire et de la notoriété des deux grandes institutions. Les analystes projettent que ce projet ne serait que le premier d’une longue liste qui verrait les bibliothèques de tout le pays obligées de se fusionner (Gerden, 2017).

8. Références

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 1 Droit d'auteur © 2025 par Lina Angers; Olivier A.-Savoie; Camille Archambault; Alexis Baribeault St-Germain; Lucile Bernard; Sarah Bissonnette; Patricia Bossé; Cristina Cernopolc; Irina Buian; Élisabeth Chiasson; Mariette Cliche-Galarza; Caroline Corbières; Valérie Corriveau; Audrey-Anne Côté; Antoine Cotnoir; Sophie Courchesne; Diana Maude Couture; Camille Demers; Nellie Demers; Karine Desroches; Patricia Duchesne; Isabelle Fontaine; Caroline Fortin; Audrée Frappier; Charles-Antoine Fugère; Audrey Gan-Ganowicz; Alexandre Gauthier; Rahel Hadzi; Wahida Haouaoussa; Anabel Hébert; Nathan Herbaut; Virginie Houde; Sara Itani; Laurie Jetten-Vigeant; Sandrine Julien; Ariane Labelle; Joanie Lacas; Jordan Lajeunesse; Philippe Lamontagne; Charlie Laviolette; Christelle Magalie Louamba-Louzolo; Marie-Pier Landry; Julie Langlois Côté; Vicky Laporte-Torres; Gemma Lavoie; Jessica Legault; Olivier Lirette Teoli; Carl-Éric Magnan; Clabèle Julie Noutchitou Mbom; Romy Otayek; Marc-André Ouellette; Constance Poitras; Thomas Poulin; Gabriel Reid; Julia Elisa Reyes-Cerritos; Karine Robertson; Pierre-Emmanuel Roy; Mathilde Sainte-Marie; Véronique Savoie; Gregory Sides; Julie Lise Simard; Guyllaume Soucy-Jalbert; Marie-Hélène Tanguay-Bérubé; Rosine Tétreault; Hélène Théoret; Philippe Antoine Tremblay; Alexandre Trépanier; Sammie Wilcox-Gélinas; Ilda Carmélia Lopes; Julia Paquin-Domingues; Julie Morin; Mathieu Bureau Meunier; Mégane Ollivier; Seeun Kim Chung; et Emmanuelle Roy est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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