3 Angleterre
(David Meunier, Mégane Ollivier)
Profil du pays
Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, qui se trouve en Europe, n’a pas toujours été un pays uni par ses différents territoires. Le pays de Galles s’est joint à l’Angleterre au Moyen-Âge. Malgré de nombreuses contestations et rébellions, l’Écosse s’unit avec les Britanniques au XVIIe siècle. C’est ainsi que l’Angleterre devient officiellement le royaume de Grande-Bretagne en 1707. (Lemonnier et Marx, s. d.) L’Irlande est ajoutée de force en 1801, mais son intégration est constamment contestée et elle provoque la division de l’Irlande en 1921-1922. (Lemonnier et Marx, s. d.) Ils deviennent une thalassocratie au XVIIe siècle et forment le plus grand empire de l’histoire. (Lemonnier et Marx, s. d.) Le Royaume-Uni a été au cœur de la révolution industrielle ce qui lui a permis d’être un leader économique à cette époque. (Lemonnier et Marx, s. d.) Finalement, le déclin de l’empire survient avec la vague de décolonisation après la Deuxième Guerre mondiale. Le Royaume-Uni perd son atout impérial avec la décolonisation, mais aussi son statut de leader mondial à cause d’une économie affaiblie à la suite des deux guerres mondiales. (Lemonnier et Marx, s. d.) Le système politique britannique est une monarchie constitutionnelle. Le chef de l’État est le monarque et le Premier Ministre est le chef du gouvernement. (Lemonnier et Marx, s. d.) C’est un système qui a été adopté par certaines anciennes colonies britanniques comme le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Histoire
Le besoin de développer les bibliothèques au Royaume-Uni est venu avec l’intensification de la production documentaire. La préservation des documents dans les bibliothèques sert à renforcer le sentiment de stabilité dans une société qui change constamment. (Black et Hoare, 2006, p. 8) De plus, les bibliothèques témoignent « de l’héritage commun et du patrimoine architectural. » (Roberts, 2013, p. 301) C’est ce qui motive l’Angleterre d’entreprendre des travaux de restauration et d’agrandissement des bibliothèques.
Avant l’apparition des bibliothèques publiques en 1850, les bibliothèques privées étaient communes. L’urbanisation a intensifié les interactions sociales. Beaucoup de citoyens ont senti le besoin de partager leur savoir en formant des associations ou des clubs. Ce regroupement de personnes a par la suite créé des bibliothèques privées qui correspondent à leur besoin d’information comme communauté. (Black et Hoare, 2006, p. 173) Le Public Libraries Act de 1850 a provoqué le déclin des bibliothèques privées. Cette nouvelle loi donne le droit aux villes de plus de 10 000 habitants d’ouvrir une bibliothèque publique en prélevant l’impôt de ses citoyens. (Poulain, 1992, p. 333) Ces projets de bibliothèque sont un sujet divisé dans la population. Certains défendent l’accès à tous à l’information et d’autres ne veulent pas payer plus d’impôt pour une bibliothèque qui ne servira pas à toute la population. (Poulain, 1992, p. 334) Malgré certaines protestations, le développement des bibliothèques se poursuit. En 1918, il y a 584 bibliothèques publiques au Royaume-Uni comparativement à 125 en 1886. (Poulain, 1992, p. 334) La nouvelle loi Public Libraries and Museums Act de 1964 permet de confirmer le rôle établi des bibliothèques dans la société et de mieux organiser le réseau. (Poulain, 1992, p. 336) Aujourd’hui, il y a des bibliothèques dans presque toutes les villes d’Angleterre et les grandes villes en possèdent plusieurs selon le nombre d’habitants. (Roberts, 2013, p. 300)
Types de bibliothèques
Bibliothèque publique
Les bibliothèques publiques en Angleterre sont ouvertes à tous et offrent des services pour mieux répondre aux besoins de leur communauté. L’État et les citoyens participent au financement. (Roberts, 2013, p. 306) Les pouvoirs publics locaux doivent s’occuper de l’administration des services et répondre aux besoins de la communauté. En Angleterre, 151 instances locales se chargent de l’administration pour environ 3 500 bibliothèques. (Roberts, 2013, p. 306-307)
La politique d’acquisition des bibliothèques est fortement influencée par des objectifs précis: « éduquer, informer, cultiver, distraire – et souhaitent s’adresser au plus large public, du businessman à l’illettré. » (Poulain, 1992, p. 343) Les diffuseurs font la promotion des nouveautés littéraires auprès des bibliothécaires et donnent un rabais de 10% pour tous les achats faits par une bibliothèque. (Poulain, 1992, p. 343) Les achats se font de façon décentralisée pour mieux correspondre aux intérêts de la communauté, mais les centrales des réseaux effectuent les gestions de matérielles et gardent des ressources financières pour acheter des documents qui serviront à toutes les bibliothèques dans un système de coopération. (Poulain, 1992, p. 344)
Les services en bibliothèques publiques sont très diversifiés. D’abord, la bibliothèque de référence offre un endroit propice à la recherche et aux études. Des locaux pour étudier sont mis à la disposition des étudiants. (Black et Hoare, 2006, p. 63) De plus, chaque bibliothèque possède aussi une section concernant l’histoire locale avec différents ouvrages et des documents de tous les types. (Poulain, 1992, p. 346) Une section pour les enfants se trouve aussi dans toutes les bibliothèques britanniques. (Poulain, 1992, p. 351) Les bibliothécaires ont mis sur pied un service d’information pour informer les citoyens de leurs droits et répondre à leurs questions sur la vie quotidienne ou professionnelle. (Poulain, 1992, p. 346-347) Les services incluent aussi des publics plus spécifiques comme les minorités ethniques, les analphabètes, les malvoyants et les personnes qui ne peuvent pas se déplacer dans les bibliothèques. Un espace pour les expositions est toujours offert dans les bibliothèques et l’animation est aussi un de ces nombreux services. (Poulain, 1992, p. 353) Bref, les bibliothèques publiques répondent à tous les besoins de leur communauté et cherchent constamment à améliorer leurs services.
Bibliothèque universitaire
Les bibliothèques universitaires sont le reflet de l’institution à laquelle elles sont rattachées. Elles possèdent les mêmes valeurs et elles répondent à leur besoin. (Black et Hoare, 2006, p. 320) Les bibliothèques reçoivent des subventions du gouvernement, mais le budget est géré et distribué par l’université. (Roberts, 2013, p. 308) Cependant, l’entretien de ces bibliothèques plus anciennes et prestigieuses demande un soutien financier plus important. Les bibliothèques universitaires d’Oxford et de Cambridge reçoivent des donations de contributeurs locaux et de donateurs privés. (Roberts, 2013, p. 309) Ces donations et les subventions leur permettent de maintenir leur position de prestige parmi les autres bibliothèques. Les bibliothèques universitaires du Royaume-Uni sont les pionniers de l’automatisation. (Black et Hoare, 2006, p. 385) Malgré les restrictions financières, elles ont réussi à mettre en place un système automatisé qui leur permet d’augmenter l’efficacité des services, de réduire les coûts et d’améliorer la conservation des ouvrages. L’accès aux établissements est libre à tous en Angleterre.
Les bibliothèques plus anciennes sont les plus importantes dans la possession de collections diversifiées et de qualité. Toutefois, la majorité des bibliothèques privilégie des collections courantes et spécialisées qui sont destinées à être utilisées par les étudiants. (Roberts, 2013, p. 309) Cette pratique de garder seulement les collections nécessaires pour les étudiants est récente. Les bibliothèques universitaires avaient pour philosophie de privilégier la quantité et non la qualité des collections. (Black et Hoare, 2006) L’ancienneté permet l’accumulation des ouvrages. Oxford et Cambridge ont obtenu le droit de dépôt légal d’avoir une copie de chaque ouvrage publié au Royaume-Uni. (Black et Hoare, 2006, p. 391) Ce qui a mis un frein à cette accumulation excessive est la coupure de subventions du gouvernement et l’inflation sur le prix des ouvrages académiques et scientifiques. (Black et Hoare, 2006, p. 392) Pour contrer l’inflation, les universités se tournent vers l’information électronique et la coopération entre les institutions. (Black et Hoare, 2006) Les bibliothèques des institutions d’enseignement supérieur professionnel et technique ont été les premières à établir une collection qui correspond au besoin des étudiants et à se débarrasser des ouvrages qui ne sont pas utilisés. (Black et Hoare, 2006, p. 392) Après les coupures budgétaires et l’inflation des ouvrages, les autres bibliothèques n’ont pas eu le choix de suivre le modèle des bibliothèques d’enseignement professionnel et technique et d’adopter un plan collaboratif pour l’achat des ouvrages.
Bibliothèques scolaires
Les bibliothèques scolaires en Angleterre sont, comme dans bien des pays, dans une situation précaire. Cela est dû au fait qu’elles ne sont pas des services étatiques obligatoires aux yeux de l’État, ce qui est le cas pour les bibliothèques publiques. De plus, à cause des coupes budgétaires dans le système d’éducation qui a été observé ces dernières années, les écoles ont tendance à voir la bibliothèque scolaire comme une dépense superflue et la fermer (Emrie, 2017). Malgré tout, selon le sondage national des bibliothèques scolaires de Great School Libraries, en Angleterre, 87 % des écoles possèdent une bibliothèque. On aperçoit par contre des disparités socio-économiques, les écoles où plus de 25 % des élèves ont accès à un repas gratuit étant 11 % moins probables d’avoir une bibliothèque scolaire (BMG Research, 2019).
Encore selon l’analyse de ce sondage, en 2019, 43 % des bibliothèques ont un budget officiel, mais en moyenne, il a baissé de 300£. Également, seul le ⅗ des bibliothèques scolaires possèdent des livres numériques. Donc, le format papier reste le support principal. On aperçoit aussi des différences de personnel entre le niveau primaire et secondaire. Au primaire, seuls 38 % des bibliothèques ont du personnel de bibliothèque spécialisé. Habituellement, un membre de l’école, tel qu’un professeur, se voit attribuer ses tâches. Dans le cas des écoles secondaires, 95 % des bibliothèques ont au moins un employé qui s’occupe exclusivement de ce service (BMG Reseach, 2019).
Bibliothèque nationale
La bibliothèque nationale de l’Angleterre est la British Library. Créée en 1972 avec le British Library Act, elle commence son service en 1973. Elle fonctionne selon trois missions principales. La première est de posséder une copie de l’entièreté des livres publiés en Grande-Bretagne ainsi que du plus grand nombre d’ouvrages publiés à l’étranger. L’objectif est de permettre le prêt ou la consultation d’une collection la plus exhaustive possible. La deuxième mission est d’agir en tant qu’agent central pour les bibliothèques pour leur prêter des livres ou photocopier des ouvrages. La troisième est d’être le centre de catalogage de l’Angleterre et d’offrir des services bibliographiques pour les bibliothèques de la nation. Pour garantir ces services, elle est en contact avec les bibliothèques nationales des autres pays (Barnett, 1975).
La British Library est composée de quatre entités distinctes qui ont été regroupées en 1972. On y retrouve la National Central Library, qui a été créée lors de la Première Guerre mondiale. Avant l’arrivée de la British Library, elle gérait le système de prêts entre les bibliothèques et assurait la collaboration dans ce groupe. La National Lending Library for Science and Technology est aussi une partie de la bibliothèque nationale. Elle remplit un rôle similaire à la National Central Library, mais du côté des sciences pures puisque son complément se spécialise dans les sciences humaines. La troisième entité est la British Museum Library, qui est l’une des plus grandes bibliothèques nationales dans le monde. Elle a été fondée il y a plus de 200 ans, et a donc accumulé une importante quantité de livres et différents ouvrages qui sont disponibles à la consultation. Finalement, la dernière institution qui a été englobée par la British Library est la British National Bibliography. Son travail consiste principalement du dépôt des publications et de l’informatique de la British Library (Barnett, 1975).
Bibliothèques spécialisées
Les bibliothèques spécialisées sont des organisations informationnelles financées par des intérêts privés ou des organismes à but non lucratif. N’étant pas sous la tutelle du gouvernement, elles sont plus fragiles et doivent donc viser un public cible précis. Elles sont donc fondées autour d’un sujet particulier et accumulent de l’information sur celui-ci (Semertzaki, 2011). En Angleterre, on en retrouve un grand nombre et elles permettent de couvrir les lacunes des collections de la British Library. La bibliothèque nationale en fait la promotion, et elles sont fortement concentrées dans la capitale, comme il est souvent le cas pour ce type de bibliothèques. Parmi celles-ci, on retrouve le Imperial War Museum Library, le British Film Institution, la Women’s library et la Society of Genealogists Library, pour n’en nommer que quelques-uns (British Library, n.d.).
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
L’enseignement de la bibliothéconomie est apparu dans les universités britanniques dans les années soixante. Auparavant, la Library Association, qui est aujourd’hui nommée la Chartered Association of Library and Information Professionals (CILIP), avait la charge de former les bibliothécaires à l’aide de cours par correspondance et donnait une certification aux étudiants qui réussissaient les évaluations (Lowe, 2006).
Désormais, la bibliothéconomie est majoritairement intégrée dans les programmes de sciences de l’information, quatorze universités britanniques offrant ce programme. La maîtrise est la première formation de bibliothécaire à voir le jour, demandant un baccalauréat universitaire pour s’inscrire. Toutefois, un baccalauréat en bibliothéconomie est maintenant reconnu par la CILIP. Le doctorat est également disponible pour les étudiants en sciences de l’information qui veulent poursuivre leurs recherches. Il donne accès aux postes de professeurs universitaires dans le domaine. En ce qui concerne la séparation entre la bibliothéconomie et les sciences de l’information dans l’enseignement, elle varie selon les programmes. Certains offrent la possibilité de se spécialiser dans un secteur tandis que l’autre présente une vision globale de la discipline (Lowe, 2006).
Une particularité de la maîtrise britannique en sciences de l’information est le diploma exit. Cette option permet aux étudiants d’obtenir leurs diplômes en complétant seulement la section apprentissage de la maîtrise, évitant ainsi la portion dissertation. Cette possibilité n’est pas offerte par toutes les universités, mais elle est fréquemment utilisée par les apprenants, puisque la CILIP autorise l’adhésion à l’association pour ceux qui ont choisi le diploma exit (Lowe, 2006).
Cependant, outre le secteur universitaire, il n’y a pas de structure fixe sur la formation dans les collèges. Certains collèges offrent des programmes pour obtenir les qualifications nécessaires, mais ils ne sont pas reconnus pour tous les emplois, le poste et le salaire étant le facteur principal du refus. Récemment, la CILIP a créé un certificat qui attribue le titre de «membre associé» de l’association à sa complétion. Cela fait partie de son cadre éducatif pour les travailleurs du milieu qui ne possèdent pas une éducation complète en bibliothéconomie (Lowe, 2006).
De plus, avec les changements constants des technologies de l’information, un apprentissage continu est nécessaire en bibliothéconomie. La CILIP intervient dans ce développement professionnel en offrant des formations données par ses membres. Les bibliothécaires reconnus par l’association peuvent avoir accès à ces événements par leurs branches régionales (Lowe, 2006).
Le futur de l’éducation des sciences de l’information est incertain en Angleterre, puisque les départements ont vu une baisse du nombre d’étudiants dans les dernières années. Certains postes de bibliothécaires ne demandent désormais plus la formation professionnelle, obligeant donc la CILIP et les départements à prouver la valeur de l’enseignement qui est donnée. En conséquence, des programmes des sciences de l’information ont été éliminés de certaines universités (Lowe, 2006).
Association de bibliothèques
L’Independent Libraries Association a été fondée en 1989. Son objectif vise la conservation, la restauration et la sensibilisation du public au patrimoine culturel. L’association forme un lien entre les membres qui établit un réseau de coopération. De plus, en adhérant à l’ILA, les membres reçoivent des bulletins d’information, des invitations aux rassemblements, aux séminaires et aux ateliers. (ILA, s. d.) Les bibliothèques indépendantes existent depuis 1768 avant l’apparition des bibliothèques publiques. Aujourd’hui, la plupart de ces bibliothèques ont conservé leur statut indépendant et elles sont des charités. Ces bibliothèques fournissent un accès aux collections historiques, mais aussi aux collections récentes de livres et de périodiques. Des locaux pour la recherche et des services personnalisés pour les membres sont aussi offerts dans ces lieux. (ILA, s. d.)
La School library association a pour mission d’apporter leur soutien à toutes les personnes qui participent au fonctionnement des bibliothèques scolaires. Ce soutien peut être émotionnel, éducatif ou visant le développement des bibliothèques. L’association a été fondée en 1937 pour soutenir le personnel des bibliothèques scolaires. La SLA offre différents services à ses membres. Elle produit un journal, des livres, des conseils et un bulletin d’information pour tous ses membres. De plus, l’association encourage l’éducation et l’apprentissage des adhérents. Par exemple, elle offre des cours en ligne, des recommandations de lecture, un service de mentorat et des rabais exclusifs. (SLA, s. d.)
The Society of College, National and University Libraries fondée en 1950 est une association qui représente toutes les bibliothèques universitaires du Royaume-Uni et d’Irlande. La mission du SCONUL est de faire la promotion du rôle des bibliothèques universitaires pour le soutien à la recherche et des étudiants. L’association composée de 182 membres défend les intérêts et les valeurs des membres face au gouvernement. Elle aide les bibliothèques à maintenir le service de coopération. Elle encourage aussi le partage du savoir et de la bonne pratique professionnelle entre les membres. (SCONUL, s. d.)
La Chartered Institute of Library and Information Professionals formé en 2002 est une association qui vise le développement de la profession et l’amélioration des services. Leur mission est de développer l’expertise de leurs membres pour mieux servir la société. Tous les professionnels de l’information peuvent devenir membres. Il y a plusieurs avantages pour les membres. L’occasion d’établir un réseau professionnel, défendre les causes importantes pour la profession, l’association agit comme représentant face à l’employeur, d’offrir un soutien professionnel et une formation continue pour le développement de carrière et une reconnaissance professionnelle est des services offerts par la CILIP. (CILIP, s. d.)
Cadre législatif
L’Angleterre possède plusieurs législations qui entourent le fonctionnement des bibliothèques, certaines étant spécifiques à des types de bibliothèques. La première de celles-ci est la Public Libraries Act, qui a été écrite en 1850 et a permis le développement des bibliothèques (Gardner, 1971). Toutefois, elle est aujourd’hui devenue la Public Libraries and Musems Act, qui a été créée en 1964. La loi a été modifiée à plusieurs reprises, le dernier changement remontant à 2015. Son objectif est d’intégrer les bibliothèques publiques dans le giron gouvernemental, où elles seront à la charge du Secrétaire d’État. Son travail est d’en faire la promotion alors que les conseils des library regions assureront le fonctionnement des bibliothèques. Les Library regions sont des entités géographiques qui séparent le territoire de l’Angleterre, chaque secteur devant gérer ses bibliothèques publiques. En somme, la loi sert à créer les library regions et délimiter la juridiction des différentes instances dans ce domaine (UK Gov, n.d.).
On retrouve aussi dans le cadre des bibliothèques publiques la Library Taskforce, un organe gouvernemental formé suite au Independant Library Report for England. Ce rapport, rédigé en 2014, a fait une étude approfondie de la situation des bibliothèques publiques en Angleterre pour y trouver les problèmes et incorporer des aspects de la bibliothéconomie moderne dans ces institutions (Culture Media and Sport Department, 2014). Une des conséquences de ce rapport fut la Library Taskforce, qui a pour objectif de faire la promotion des bibliothèques aux gouvernements locaux et centraux. Également, elle a le rôle de supporter les bibliothèques dans leur processus de décision à l’aide de guides et de données diverses. Le groupe est composé de 14 membres, qui sont tous des décideurs dans le domaine de la bibliothéconomie (UK Gov, n.d.).
On retrouve aussi la British Library Act de 1972, qui sert de cadre de création de la British Library, une des bibliothèques nationales du pays. Elle établit le nom de l’établissement ainsi que l’organe décisionnel qui la gérera, soit le British Library Board. Ses membres sont choisis par le secrétaire d’État et le roi ou la reine. Le rôle de la bibliothèque nationale est également décrit, expliquant le prêt d’ouvrages et le travail de référence de l’institution. Finalement, il est déterminé qu’elle sera financée par le ministère des Finances (UK Gov, n.d.).
La British Library porte aussi le rôle du dépôt légal de la nation britannique. Cette loi existe depuis 1610 et oblige tous les éditeurs du pays à remettre une copie de leurs créations aux institutions indiquées, qui est aujourd’hui la bibliothèque nationale. La loi a fait l’objet de nombreux débats depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, en partie par rapport à l’inclusion de matériel non imprimé dans le système du dépôt légal (Price and Stephens, 2010).
Finalement, certaines législations transversales ont un impact sur les bibliothèques britanniques, telles que le Equality Act, le Localism Act et le Human Rights Act (UK Gov, n.d.).
Information complémentaire
L’emprunt de livres électroniques pose problème au Royaume-Uni. Les éditeurs craignent un impact négatif sur l’industrie du livre. La possibilité de lire un livre gratuitement sans se déplacer dans la bibliothèque pour la location pourrait ne plus donner envie aux usagers d’acheter des livres. Les éditeurs ont aussi du mal à avoir confiance au système de partage de document et la capacité de la bibliothèque à gérer les retours d’emprunt électronique. De plus, plusieurs personnes remettent en question les lieux physiques de la bibliothèque puisque l’emprunt peut se faire en ligne. (Sieghart, 2013, p. 6-7) Bref, les bibliothèques doivent trouver un moyen de satisfaire les éditeurs s’ils veulent pouvoir offrir des livres électroniques aux usagers. Cela pourrait signifier de restreindre l’utilisation des livres en ligne par un utilisateur à la fois, de retirer de façon sécuritaire l’emprunt après une date limite ou de détériorer le livre selon le nombre d’emprunts jusqu’à son remplacement éventuel comme un livre physique. Une solution serait possible avec l’évaluation de la technologie et avec des ententes entre les bibliothèques et les éditeurs. (Sieghart, 2013, p. 13)
Bibliographie
Barnett, G. K. (1975, octobre). Les bibliothèques en Angleterre [communication
orale]. Conférence aux bibliothécaires français de l’A.B.F., Angleterre. https://core.ac.uk/download/pdf/12432476.pdf
Black, A. and Hoare, P. (dir.). (2006). The Cambridge History of Libraries in Britain and Ireland (vol. 3). Cambridge : Cambridge University Press.
BMG Research. (2019, avril). National survey to scope school library provision in
England, Northern Ireland, and Wales pour Great School Libraries. https://d824397c-0ce2-4fc6-b5c4-8d2e4de5b242.filesusr.com/ugd/8d6dfb_
British Library. Special libraries in London. British Library.
http://vll-minos.bl.uk/reshelp/inrrooms/stp/readerbulletin/libguide/special/special.html
CILIP The library and information association. (s. d.) [page web]. https://www.cilip.org.uk/
Gardner, F. M. (1971). Public library legislation: a comparative study. Unesco Paris.
Imrie, M. (2017, décembre). School libraries in the UK. Information Today Europe.
Lemonnier, B, et Marx, R. (s. d.) « ROYAUME-UNI – Histoire », Encyclopædia Universalis. http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/royaume-uni-histoire/
Lowe, M. (2006, octobre). LIS Education in Britain: an overview. Textox universitaris
de biblioteconomia i documentacio.
Poulain, M. (1992). Le Royaume-Uni. Dans : Martine Poulain éd., Les Bibliothèques publiques en Europe (pp. 331-367). Paris: Éditions du Cercle de la Librairie.
Price R. et Stephens A. (2010). Le dépôt légal au Royaume-Uni. Les cahiers de
propriété intellectuelle, 23(1), 313-329.
Roberts, S. (2013). Les bibliothèques au Royaume-Uni et en République d’Irlande. Dans : Frédéric Blin éd., Les bibliothèques en Europe: Organisation, projets, perspectives (pp. 299-320). Paris: Éditions du Cercle de la Librairie.
School Library Association. (s. d.) [page web]. https://www.sla.org.uk/
SCONUL. (s. d.) [page web]. https://www.sconul.ac.uk/
Semertzaki, E. (2011, juin). Special Libraries as Knowledge Management Centres. Chandos Publishing.
Sieghart, W. (2013, mars). An Independent Review of E-Lending in Public Libraries in England. Department for culture, media and sport. https://www.iow.gov.uk/azservices/documents/2791-E-Lending%20in%20Public%20Libraries.pdf
The Independent Libraries Association. (s. d.) [page web]. https://www.independentlibraries.co.uk/
United Kingdom Government. (1964). Public Libraries and Museums Act 1964.
https://www.legislation.gov.uk/ukpga/1964/75/crossheading/the-public-library-service/2015-03-17
United Kingdom Government. Libraries Taskforce. UK Government.
https://www.gov.uk/government/groups/libraries-taskforce
United Kingdom Government. (1972). British Library Act 1972.
https://www.legislation.gov.uk/ukpga/1972/54/contents
United Kingdom Government. Libraries as a statutory service. UK Government.
William Sieghart and Panel. (2014, décembre). Independant Library Report for
England pour Department for culture, media and sport. https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/388989/Independent_Library_Report-_18_December.pdf