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9 Cameroun

(Laurie Jetten-Vigeant et Philippe Lamontagne)

Profil du pays

Le Cameroun — ou République du Cameroun — est un pays d’Afrique francophone subsaharienne. Il partage ses frontières avec le Nigéria, le Tchad, la République centrafricaine, la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. Le pays dispose également d’un accès au golfe de Guinée au sud-ouest. Le Cameroun est divisé en dix régions et 58 départements (Wikipédia, 2020). La capitale du pays, Yaoundé, se situe à l’intérieur des terres et compte environ 3,9 millions d’habitants (Central Intelligence Agency [CIA], 2020). La ville de Douala, elle aussi densément peuplée (environ 3,6 millions d’habitants), est souvent considérée comme la capitale économique du pays en raison de son port sur l’Atlantique (Manning, 1999, p. 117). La population totale du Cameroun est estimée à environ 27 millions d’habitants, dont plus de 60% ont moins de 25 ans (CIA, 2020). Si le taux d’alphabétisation est élevé dans les grands centres urbains, certaines régions éloignées sont sous-alphabétisées (Desrichard dans Kamdem Poeghela, 2011, p. 51).

Le Cameroun présente une grande diversité humaine, linguistique et écologique. Les principales religions sont le catholicisme, le protestantisme, l’islam et l’animisme (CIA, 2020). Les langues officielles sont le français et l’anglais, mais on y parle plus de 200 langues (Desrichard dans Kamdem Poeghela, 2011, p. 51). L’environnement est très varié, avec des savanes, des plateaux forestiers, des plaines côtières ainsi que des montagnes. Le Cameroun doit ses frontières actuelles à Mbwé-Mbwé, grand roi conquérant de la dynastie Baboum (Engueleguele et al., 2020).

Histoire

L’histoire du livre et des bibliothèques en Afrique francophone subsaharienne est étroitement liée à la mise en place des structures coloniales au XXe siècle (Dione, 2015, p. 2). En effet, les cultures africaines sont traditionnellement orales (Manning, 1999, p. 105). Kamdem Poeghla (2011) précise qu’encore aujourd’hui, le livre représente plus un objet de promotion sociale qu’un objet culturel au Cameroun.

Le Cameroun sous tutelle française (1919 à 1960)

L’histoire récente du Cameroun, comme bien d’autres pays africains, est marquée par la colonisation. Lors de la Conférence de Berlin, en 1884, le Cameroun est placé sous l’influence de l’Allemagne, qui administre la région comme une colonie jusqu’en 1916. Durant la Deuxième Guerre mondiale, cependant, la France et la Grande-Bretagne s’emparent du Cameroun allemand. De 1919 à 1945, la plus grande partie du Cameroun est placée sous la tutelle de la France, qui dispose d’un mandat international de la Société des Nations. À partir de 1946, sous la direction de l’Organisation des Nations Unies, les deux puissances préparent l’accession à l’autonomie des territoires dont elles ont la charge (Engueleguele et al., 2020).

Durant les premières années de la colonisation française, un grand nombre d’histoires, de contes, de poèmes et de chansons africaines sont traduites en français, puis mises par écrit. Ces traductions sont largement l’œuvre des Européens, car les populations africaines, dont la littérature est majoritairement orale, ne voient alors pas l’intérêt d’un tel processus. Le français est très tôt imposé, tant dans l’administration que dans l’enseignement et la littérature (Manning, 1999, p.105). Sans surprise, la littérature française portant sur l’Afrique est dominée par des auteurs européens pendant cette période (Manning, 1999, p. 107).

La flexibilité de la culture africaine permet toutefois aux Africains de présenter une réponse culturelle originale aux tentatives d’assimilation des colonisateurs. Plutôt que de disparaître, la culture africaine a adopté et adapté certaines traditions occidentales, menant à la création d’une « nouvelle culture africaine » (New African Culture). Ainsi, pendant l’entre-deux guerres, émerge en Afrique francophone subsaharienne une littérature qui, bien que reprenant certains standards de la littérature française, est écrite par et pour les Africains (Manning, 1999, p. 109).

Avec la colonisation française vient également le développement des premières bibliothèques qui, à l’époque, trouvent leur raison d’être dans la présence d’une nouvelle culture manuscrite. Les bibliothécaires professionnels sont presque tous des Européens formés dans la métropole, car aucune formation en bibliothéconomie n’est offerte dans les colonies. Dione (2015) souligne également que peu de bibliothèques publiques semblent avoir bénéficié de la présence d’un professionnel qualifié durant la période coloniale.

Après l’indépendance (1960 à aujourd’hui)

Le Cameroun francophone obtient son indépendance en 1960 dans la plus grande violence. En 1961, l’un des deux territoires qui composent le Cameroun anglophone vote son union à la République du Cameroun. La même année, la Constitution met en place une fédération forte et centralisée dirigée par un président et un vice-président élus au suffrage universel (Engueleguele et al., 2020). Durant cette période mouvementée, mettre en place une politique de développement des services en bibliothèques ne figure pas dans la liste des priorités de la nouvelle administration camerounaise. Plusieurs spécialistes mentionnent que, contrairement aux pays africains de langue anglaise, l’Afrique francophone n’a pas bénéficié du soutien de fondations telles que la fondation Carnegie afin de développer des bibliothèques et les capacités des bibliothécaires (Dione, 2015, p. 11 ; Johnson, 2007, p. 66). En l’absence de politiques publiques, ces pays ont donc souffert d’un grand désavantage.

C’est en grande partie grâce à l’UNESCO que l’enjeu de la formation des bibliothécaires et de la création de bibliothèques a pu progresser de façon significative en Afrique francophone subsaharienne. L’organisation insiste en effet sur la nécessité de créer un grand nombre de bibliothèques en Afrique afin de favoriser le développement de l’éducation et de répondre aux besoins d’information des populations (Dione, 2015, p. 4). La mise en place d’un programme de formations de bibliothécaire au Cameroun, en 1991, a pour objectif de pallier le manque de personnel qualifié dans les bibliothèques camerounaises. Dans son rapport de 1990, Vaughan estime qu’il manque entre 300 et 350 spécialistes formés au Cameroun.

Depuis 1990, de nombreuses initiatives pour stimuler le goût de la lecture et le développement des bibliothèques ont été créées avec le soutien de divers partenaires. Certaines initiatives, comme le projet de lecture publique des gouvernements camerounais et français, ont connu une fin lente et incertaine (Kamdem Poeghla, 2011, p. 50). À ce sujet, Kamdem Poeghla (2011) souligne que les initiatives privées sont souvent beaucoup plus dynamiques et pérennes que les initiatives du secteur public. Or, l’avenir des bibliothèques au Cameroun ne pourra s’ouvrir sans une collaboration entre le secteur privé, les pouvoirs publics, les associations de bibliothèques et l’école de documentation camerounaise, nous dit-il.

Types de bibliothèques

Le Cameroun présente une typologie variée de bibliothèques. Celle-ci inclut la bibliothèque nationale, les bibliothèques scolaires, les bibliothèques universitaires, les bibliothèques municipales, les bibliothèques privées, les bibliothèques issues de la coopération diplomatique ainsi que les bibliothèques spécialisées. La réalité, toutefois, présente une complexité certaine où les frontières typologiques sont parfois poreuses.

Bibliothèque nationale du Cameroun

La Bibliothèque nationale du Cameroun est créée par le décret du 17 août 1966, bien qu’elle soit établie depuis 1952 à Yaoundé (Lajeunesse, 2008, p. 24). Son rôle est de préserver le patrimoine culturel en collectionnant et en conservant la littérature camerounaise faisant partie du patrimoine national (Vaughan, 1990). Jusqu’en 1978, la Bibliothèque nationale partage les mêmes locaux que les Archives nationales, ce qui engendre de la confusion (Vaughan, 1990). Mbami Ngassa (1978) rapporte que l’expression « Bibliothèque et Archives nationales » est parfois utilisée à tort pour désigner ces institutions, qui sont pourtant distinctes dès leur création en 1966 (Lajeunesse, 2008, p. 24).

Déjà, dans un rapport publié par l’UNESCO en 1976, des inquiétudes étaient émises quant à l’absence d’une « vraie » bibliothèque nationale au Cameroun, c’est-à-dire une bibliothèque qui collecterait toute la documentation camerounaise et publierait une bibliographie nationale (Cité par Vaughan, 1990). En 1990, Vaughan, consultant pour l’ONU au Cameroun, émet de nouveau de telles préoccupations. Il écrit alors : « La Bibliothèque nationale existe plus dans les rapports administratifs que dans la réalité ». Il fait état d’un non-respect du dépôt légal et d’un petit bâtiment à l’intérieur duquel se trouvent une salle de lecture de quarante places et un maigre fonds documentaire, constitué en grande partie de dons sans grande valeur. A l’époque, la Bibliothèque nationale du Cameroun ne peut être considérée ni comme le centre d’un réseau de bibliothèques ni comme la représentante de toutes les bibliothèques du pays sur le plan international, nous dit Vaughan (1990).

La Bibliothèque nationale connaît plusieurs restructurations, notamment en 1989 et en 1998. Elle est séparée en trois sections distinctes : acquisition et dépôt légal, classification et catalogage ainsi que bibliographie nationale et histoire du Cameroun (consultation) (Lajeunesse, 2008, p. 24 ; Vaughan, 1990). Elle est également nommée établissement public et placée sous la responsabilité du Service central des livres et des bibliothèques, qui fait partie du Ministère de la Culture (Lajeunesse, 2008, p. 24). En 2008, on trouve à la Bibliothèque nationale du Cameroun 64 000 volumes au total (Lajeunesse, 2008, p. 24). Au moment d’écrire ces lignes, la Bibliothèque nationale du Cameroun n’a pas de site web.

Bibliothèques scolaires

Il existe, au Cameroun, des établissements scolaires publics ainsi que des établissements scolaires privés laïcs ou confessionnels. Bien que la loi oblige tous les établissements à disposer d’une bibliothèque, la situation est catastrophique. Quiñones (2016) pose la question à savoir où vont les frais de scolarité destinés au maintien des bibliothèques scolaires. Kamdem Poeghla (2011) abonde dans ce sens, précisant que les subventions offertes par le Ministère de l’Éducation pour soutenir les bibliothèques se reflètent rarement dans la réalité.

Les bibliothèques scolaires dans les établissements publics sont souvent inexistantes malgré le fait que les élèves paient un montant symbolique pour leur entretien. Lorsqu’elles existent, leur fonds est souvent très réduit et presque jamais renouvelé. Certains établissements, comme le lycée Général Leclerc de Yaoundé, s’en sortent mieux que les autres (Kamdem Poeghla, 2011, p. 49). La situation dans les établissements privés, et plus particulièrement les établissements confessionnels, est beaucoup plus reluisante. Kamdem Poeghla (2011) mentionne en effet que les bibliothèques des collèges Vogt, Jean Tabi, Liberman et La Retraite sont « acceptables pour les besoins de formation de leurs élèves ». Or, les frais de scolarité dans ces établissements sont environ dix fois plus élevés que dans les établissements publics.

Bibliothèques universitaires

On retrouve au Cameroun sept universités publiques et une dizaine d’universités privées réparties sur le territoire (Desrichard dans Kamdem Poeghela, 2011, p. 51). Les bibliothèques universitaires souffrent d’un manque de financement qui les empêche bien souvent de donner accès à des équipements récents et de renouveler leurs fonds (Kamdem Poeghla, 2011, p. 49).

Bibliothèques universitaires publiques

La bibliothèque centrale de l’Université de Yaoundé I est la plus ancienne au pays. Son fonds est constitué d’environ 1 million de volumes, soixante-huit personnes y travaillent et 680 places assises sont mises à la disposition des membres de l’université. Selon Kamdem Poeghla (2011), ces chiffres sont à peine dignes d’une bibliothèque universitaire. Or, le budget d’acquisition de la bibliothèque de l’Université de Yaoundé I est extrêmement variable et parfois même inexistant, ce qui l’empêche de renouveler ses collections. La situation dans les autres bibliothèques universitaires est plutôt semblable, sinon pire. La bibliothèque centrale de l’Université de Dschang, par exemple, possède un fonds de 120 000 volumes et met 500 places assises à la disposition de ses membres (Kamdem Poeghela, 2011, p. 49).

Plusieurs bibliothèques universitaires publiques, notamment celle de l’Université de Buéa, bénéficient du soutien de partenaires étrangers : services français de coopération, ambassade des États-Unis, British Council ou encore l’université du Maryland aux États-Unis et le campus de Menheim en Allemagne en sont quelques-uns (Kamdem Poeghla, 2011, p. 49).

Bibliothèques universitaires privées

La bibliothèque de l’Université catholique d’Afrique centrale (UCAC) est l’une des plus fournies du secteur privé au Cameroun (Bekolle, 2015, p. 4). Créée en 1991, elle dispose d’un fonds de 70 000 volumes en date de 2011 et est une des rares bibliothèques universitaires présentes sur le Web (Kamdem Poeghla, 2011, p. 49). Organisée en réseau, sa bibliothèque centrale se trouve sur le campus Nkolbisson et sa principale annexe, sur le campus Ekounou. Le personnel est composé de quatorze personnes qualifiées et des salles de lectures « spacieuses et aérées » sont mises à la disposition des étudiants et des professeurs. De plus, la bibliothèque offre un accès à Internet à un coût symbolique (Bekolle, 2015, p. 4).

L’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) dispose elle aussi d’une bibliothèque, qui se trouve dans un état embryonnaire. Sa collection ne contient que 30 155 ouvrages, mais elle offre une section de formation en informatique documentaire. Elle bénéficie aussi du soutien de la Centrale de littérature chrétienne francophone (CLCF) (Kamdem Poeghla, 2011, p. 49).

Bibliothèques municipales

Peu de villes au Cameroun peuvent compter sur la présence d’une bibliothèque municipale sur leur territoire. De fait, les municipalités elles-mêmes sont « très peu enclines à [en] créer » (Kamdem Poeghela, 2011, p. 49). Comme le souligne Christophe Tatdja Tchuingue, coordonnateur à l’association Solidarité pour l’Environnement et le Développement Durable (SEDD), « chaque mairie devrait avoir une bibliothèque municipale » (Quiñones, 2016). Toutefois, sur 350 communes et communautés urbaines, seules cinq ont effectivement une bibliothèque (Quiñones, 2016). La commune principale de Yaoundé ne dispose pas de bibliothèque municipale. En outre, ce type de bibliothèque, marqué par un processus de décentralisation, dépend des efforts de coopération avec des partenaires extérieurs à la municipalité, qui peuvent provenir par exemple d’autres villes, de pays européens ou des États-Unis (Kamdem Poeghela, 2011, p. 49). Tatdja Tchuingue remarque que les bibliothèques municipales manquent grandement de ressources – les conseils municipaux ne leur accordent aucun budget –, et leur développement est tributaire des efforts fournis par ceux et celles qui y œuvrent (Quiñones, 2016).

Bibliothèques privées

Il convient d’abord d’apporter une précision quant au sens du mot « privé ». D’après l’analyse des textes de Kamdem Poeghela, de Thierry et de Quiñones, ce terme renvoie au fait que les organisations responsables de la création, du maintien et du développement de ces bibliothèques ne relèvent pas des instances gouvernementales camerounaises. En outre, une bibliothèque peut être privée, mais participer de la « lecture publique » . Tatdja Tchuingue explique en effet que les bibliothèques de lecture publique comprennent à la fois les bibliothèques municipales, et un ensemble hétéroclite de centres de documentation privés et de bibliothèques associatives (Quiñones, 2016). Les bibliothèques de lecture publique « allient respect du patrimoine et recherche de la modernité » et ont un public varié (Quiñones, 2016).

Les bibliothèques privées du Cameroun résultent de « l’investissement d’ONG, d’associations locales ou étrangères, de fondations et parfois d’opérateurs privés » (Thierry, 2008). Ces bibliothèques fonctionnent avec des ressources financières limitées, mais elles affichent une détermination à répondre aux besoins des populations qu’elles desservent (Kamdem Poeghela, 2011, p. 50). La bibliothèque Lucioles, située à Yaoundé, constitue un exemple de bibliothèque privée. Fondée par une association internationale de laïcs catholiques, elle est destinée aux enfants et aux adolescents. Elles offrent d’ailleurs des services aux jeunes vivant dans la rue, et à ceux et celles des centres d’accueil de la capitale camerounaise (Kamdem Poeghela, 2011, p. 50). Un autre exemple de bibliothèque privée est le Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC), fondé à Yaoundé en 2007 par Charles Kamdem Poeghela en partenariat avec l’association Bibliothèques Sans Frontières, notamment. Le CLAC a été créé pour favoriser l’accès à la lecture, au savoir et à l’information. Ouvert à toute la population, il présente une collection d’environ 10 000 volumes et offre divers services pour les populations défavorisées (Bibliothèques Sans Frontières, 2017). La bibliothèque Cheikh Anta Diop, pour sa part, propose une collection scientifique pluridisciplinaire de plus de 7 000 ouvrages portant sur les questions africaines. La documentation est disponible en français, en anglais, en allemand ou dans une des 81 langues nationales camerounaise. La bibliothèque de la fondation AfricAvenir International a gagné le prix de la meilleure bibliothèque privée au Cameroun en 2015 (Journal du Cameroun, 2015). D’autres bibliothèques privées incluent, entre autres, la Maison des Savoirs, la bibliothèque de l’orphelinat la Bonne Case, et le centre culturel Francis Bebey (Kamdem Poeghela, 2011, p. 50).

Bibliothèques issues de la coopération diplomatique

Le Cameroun compte un certain nombre de bibliothèques qui existent en raison de la coopération diplomatique avec d’autres pays (Quiñones, 2016). C’est le cas des bibliothèques des ambassades et de celles des organisations internationales présentes au Cameroun. La bibliothèque de l’ambassade des États-Unis, du British Council, du Goethe-Institut ainsi que celles des organisations associées aux Nations Unies en sont des exemples (Kamdem Poeghela, 2011, p. 50). De même, l’Institut français du Cameroun, comprend une médiathèque dans ses locaux tant à Yaoundé qu’à Douala (http://www.ifcameroun.com/).

Les bibliothèques des réseaux de lecture publique appartiennent aussi à ce type particulier de bibliothèques. Selon Kamdem Poeghela (2011), il existe plusieurs réseaux de lecture publique au Cameroun, le plus vaste étant celui du réseau des alliances franco-camerounaises, « association de droit local soutenue par la Fondation Alliance de Paris et les centres culturels français (CCF) de Yaoundé et Douala ». Cinq bibliothèques faisaient partie du réseau jusqu’au début des années 2000 (Kamdem Poeghela, 2011, p. 50). En 2016, seule celle de Garoua n’était pas encore fermée ou en cours de fermeture (Quiñones). En dépit des difficultés rencontrées dans la mise en place de ce réseau, la bibliothèque de Garoua occupe aujourd’hui une place non négligeable dans le paysage des bibliothèques camerounaises. Désignée comme une médiathèque, elle affirme être la plus grande bibliothèque du Grand Nord Cameroun avec ses 15 000 ouvrages. Elle soutient également les bibliothèques municipales et scolaires en leur offrant des documents. Enfin, son centre de ressources de l’audiovisuel participe à la préservation du patrimoine de la région (Alliance française de Garoua, 2019).

Un autre réseau de lecture publique est né d’une collaboration entre les gouvernements du Cameroun et de la France. Il a fait l’objet d’une convention de partenariat en 1987, et d’une autre en 1993 (Thierry, 2008). « Ce projet ambitieux entendait alors bâtir des bibliothèques pilotes provinciales ainsi que tout un réseau de bibliothèque municipales à travers le pays en suivant le modèle français des Bibliothèque départementales de prêt » (Thierry, 2008). La Centrale de Lecture Publique tenait lieu d’établissement pilote pour l’implantation du réseau. Toutefois, après une dizaine d’années, le projet n’a pas connu l’essor souhaité, car les ressources financières ont manqué (Thierry, 2008). Kamdem Poeghela (2011) affirme d’ailleurs que la Centrale de Lecture Publique demeure la seule « face visible » de ce réseau.

Bibliothèques spécialisées

Les bibliothèques privées englobent aussi des bibliothèques spécialisées. Par exemple, le Barreau du Cameroun possède une bibliothèque dont le fonds comprend des codes de lois français, et l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) possède une bibliothèque spécialisée dans le droit des affaires (Bekolle, 2015, pp. 6-7). Une bibliothèque spécialisée pour les personnes malvoyantes a également vu le jour en 2016 à Douala. Elle met à la disposition de ses usagers, moyennant un accès à faible coût et parfois gratuit, une importante collection de livres en braille ainsi que des logiciels adaptés permettant, entre autres, de grossir la taille des caractères (Journal du Cameroun, 2016).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

La formation des bibliothécaires au Cameroun est née de l’évolution postcoloniale du pays. Avant l’indépendance, le Cameroun, comme les autres colonies subsahariennes de langue française, n’offrait pas de « programme formel de formation professionnelle [pour les] bibliothécaires » (Dione, 2015, p. 2). Au début des années 1960, une disparité apparaît relativement à la formation en bibliothéconomie entre les anciennes colonies de langue anglaise et celles de langue française, à la défaveur de ces dernières. Pour pallier cette disparité, l’UNESCO s’associe au gouvernement du Sénégal pour fonder à Dakar, en 1962, le Centre Régional de Formation de Bibliothécaires (CRFB), ouvert aux étudiants de nombreux pays africains, dont le Cameroun (Dione, 2015, p. 4). En 1967, le CRFB est rattaché à l’Université de Dakar et devient l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD) (Dione, 2015, p. 5). Les bibliothécaires camerounais ont donc dû, pendant plusieurs dizaines d’années, s’expatrier afin de recevoir une formation.

Le premier programme de formation en bibliothéconomie au Cameroun apparaît dans les années 1970. Il est issu d’une consultation menée en 1975 par le Centre Régional de Promotion du Livre en Afrique et est offert par l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC). L’ESSTIC puise ses origines dans la nationalisation et la transformation de l’École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé (ESIJY) dans les années 1980 et 1990 (Dione, 2015, p. 7). L’ESSTIC est aujourd’hui rattachée à l’Université de Yaoundé II. Elle offre une licence professionnelle en information documentaire, une maîtrise professionnelle en ingénierie documentaire et archivistique, une maîtrise de recherche et un doctorat en sciences de l’information et de la communication (s. d.).

Outre l’ESSTIC, d’autres institutions dispensent aujourd’hui des formations en sciences de l’information, comme l’Institut panafricain pour le développement en Afrique centrale (IPD-AC), situé à Douala et créé en 1965, et l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) (Desrichard dans Kamdem Poeghela, 2011, p. 51). Cette dernière propose des programmes de licence et de maîtrise dans le domaine (Université protestante d’Afrique centrale, s. d.).

Enfin, la formation en bibliothéconomie se fait aussi à plus petite échelle, avec les ateliers offerts par l’association SEDD pour les bibliothécaires en milieux scolaire et municipal (Quiñones, 2016).

Association de bibliothèques

Au niveau national, la plus grande association de professionnels de l’information est l’Association des bibliothécaires, archivistes, documentalistes et muséographes du Cameroun, aussi appelée Abadcam (Kamdem Poeghla, 2011, p. 52). Créée en 1973, l’association a longtemps été dans un état latent. Or, récemment, un groupe de jeunes professionnels s’est impliqué afin de la faire revivre (IFLA, 2016).

L’Abadcam bénéficie notamment du soutien de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèque (IFLA) à travers son programme Building Strong Library Associations (BSLA). Alim Garga, en plus de s’impliquer dans de nombreuses associations documentaires, agit à titre de coordonnateur de l’IFLA au Cameroun (IFLA, 2016). L’objectif du programme BSLA est d’offrir des opportunités d’implication aux professionnels de l’information tout en valorisant la profession. Un premier atelier de formation, offert en janvier 2011 au Cameroun, a permis de faire renaître l’Abadcam, alors constituée de 25 membres. Un deuxième atelier s’est déroulé en novembre de la même année et a aussi rencontré un beau succès. Lors de ces ateliers, les professionnels de l’information camerounais ont pu discuter des problèmes et des solutions propres à leur situation. Les ateliers de formation, tout comme la visite de la présidente de l’IFLA au Cameroun en février 2011, ont grandement contribué à visibiliser la profession de bibliothécaire au pays. En juillet 2011, une cinquantaine de personnes ont participé à l’assemblée générale de l’Abadcam (Were, 2011). L’association a vu croître le nombre de ses membres depuis le début du programme BSLA (IFLA, 2011). Selon Dione, de telles associations jouent un rôle très important dans la valorisation et la mise en lumière de la profession de bibliothécaire auprès des décideurs et des populations (Dione, 2015, p. 12).

Durant la pandémie de COVID-19, l’Abadcam a gardé le contact avec ses membres en organisant des discussions sur l’application WhatsApp. Les priorités futures de l’association, entre autres, ont été discutées. Une collaboration a également été mise en place avec le ministère de la Culture ainsi que l’Université de Bamenda afin de coordonner l’archivage des documents traitant de la pandémie (IFLA, 2020).

Toujours au niveau national, mentionnons également « Kalati, on lit au Cameroun », une association basée en France mais œuvrant dans les deux pays avec « pour objectifs d’aider à la création et à l’équipement de bibliothèques dans les villages, les écoles et lycées, les villages d’enfants, les prisons…, et de former à la gestion et à l’animation les personnes responsables des bibliothèques créées » (Kamdem Poeghla, 2011, p. 50). Cette association très dynamique contribue de façon importante à la création et au soutien des bibliothèques au Cameroun (Kamdem Poeghla, 2011, p. 50). Pendant la pandémie, elle a offert, en collaboration avec l’Alliance Franco-camerounaise (AFC) de Dschang, des ateliers ayant pour but de développer le goût de la lecture chez les enfants (Labou, 2020). L’association dispose d’un site web où elle publie régulièrement des articles et des nouvelles (https://www.munakalati.org/).

Au niveau international, des professionnels de l’information camerounais s’impliquent dans l’IFLA et dans l’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD). La présidente actuelle de l’AIFBD est la Camerounaise Marie Sophie Dibounje Madiba, qui travaille également à l’OHADA (Bonilla de la Plata, 2020).

Cadre législatif

La recherche d’informations relatives au cadre législatif des bibliothèques du Cameroun n’a produit que des résultats fragmentaires. Kamdem Poeghela (2011) explique que les bibliothèques du Cameroun sont « relativement jeunes », tout comme la chaîne du livre, et que la présence des bibliothèques est loin d’être généralisée sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, en 2011, il n’existait toujours aucune loi qui définissait les différents métiers associés aux bibliothèques (Kamdem Poeghela, p. 52). Malgré tout, il existe quelques éléments législatifs, ou à tout le moins gouvernementaux, qui sous-tendent l’action des bibliothèques.

Ainsi, la bibliothèque nationale a été créée, puis réorganisée, par différents décrets au fil du siècle dernier. De même, les modalités entourant le dépôt légal ont été définies par les « [décrets] du 17 juillet 1946 et du 17 août 1966 modifiés le 3 janvier 1973 et complétés par la loi nº 90.52 du 19 décembre 1990 relative à la communication sociale » (Lajeunesse, 2008, p. 24). Une autre loi, la n° 2000-5 adoptée le 17 avril 2000, encadre aussi le dépôt légal (Journal officiel de la République du Cameroun, 2000). Du côté des bibliothèques scolaires, Christian Elongué (2020) explique que la loi oblige chaque école à posséder une bibliothèque, et que le ministère de l’Éducation nationale accorde annuellement des subventions aux établissements d’enseignements pour soutenir leurs bibliothèques. En outre, des décisions gouvernementales façonnent le développement des bibliothèques municipales. Dans la description typologique, il était question de la décentralisation opérée par l’État camerounais. Celle-ci « fait obligation aux mairies de s’occuper de la culture et donc de créer des bibliothèques et de recruter des professionnels pour s’en occuper » (Kamdem Poeghela, 2011, p. 52).

Enfin, il convient de souligner les efforts déployés par le ministère des Arts et de la Culture (2020) pour développer les bibliothèques avec la création d’une Direction du livre et de la lecture, qui comprend la Sous-direction du livre et des bibliothèques. Cette sous-direction a notamment pour mission de mettre en œuvre la modernisation des bibliothèques. S’il ne s’agit pas d’un cadre législatif à proprement parler, il s’agit tout de même d’un cadre décisionnel qui vient chapeauter les bibliothèques camerounaises.

Informations complémentaires/particularités

La bibliothéconomie au Cameroun est confrontée à de nombreux défis sociaux, professionnels et politiques. Par exemple, les livres coûtent cher, leur accès est difficile, et le public lit surtout pour répondre à un besoin lié au travail, à l’école (Kamdem Poeghela, 2011, p. 48). En outre, la profession de bibliothécaire n’est pas suffisamment valorisée, et les programmes de formations ne répondent pas à la réalité africaine (Johnson, 2007, p. 69). Par ailleurs, les bibliothèques camerounaises ont une présence plutôt effacée sur les réseaux sociaux (Bekolle, 2015, p. 11). Enfin, les gouvernements apportent un soutien limité aux bibliothèques (Bibliothèques Sans Frontières, 2017).

Pourtant, certains éléments s’avèrent positifs pour assurer le développement de la bibliothéconomie camerounaise. Tel que décrit plus haut, le ministère des Arts et de la Culture cherche à valoriser la lecture et les bibliothèques avec la création d’une sous-direction relative à ces enjeux. De même, en novembre 2020, le gouvernement du Cameroun a lancé un appel d’offres afin de construire des bibliothèques spécialisées et d’aménager des salles de classes sur les campus de l’École Nationale Supérieure des Postes, des Télécommunications et des Technologies de l’Information et de la Communication (SUP’PTIC) à Yaoundé et à Buéa (Banque africaine de développement). Les activités récentes de l’Abadcam témoignent également de l’engagement de nombreux bibliothécaires camerounais envers leur profession. Ces actions apportent de l’espoir quant à l’évolution de la bibliothéconomie au Cameroun.

Références

Alliance française de Garoua. (2019). Médiathèque. http://alliancefrancaisegaroua.org/mediatheque/

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