11 Danemark
(Charles-Antoine Fugère, Laurence Gauthier, Guillaume Bertrand))
Profil du pays
La région délimitée par le Danemark actuel a été peuplée il y a 10 000 ans. Les habitants de l’époque subsistaient principalement de poissons et de rennes (Larousse, s. d., 1.1 Temps préhistoriques). Parmi les premiers groupes à occuper le territoire, on compte les peuples germaniques puis les Vikings (Larousse, s. d., Résumé). Le pays possède également un passé colonial notamment au Groenland (Larousse, s. d., 6.2 Essor économique) qui, à la fin des années 70, acquiert une certaine liberté par référendum (École de politique appliquée, 2019). Différents régimes politiques ont marqué le Danemark : la monarchie et la monarchie constitutionnelle (Larousse, s. d., 1.1 Résumé). D’un point de vue politique, des changements significatifs surviennent dans la seconde moitié du 20e siècle. La droite gagne en popularité et une coalition s’installe après plusieurs années de gouvernance socio-démocrate (Darrobers, 1992 paragr. 3; Larousse, s. d., 12. La remise en cause du système socio-démocrate). Le Danemark entre dans l’Union européenne en 1973 (Union européenne, 2016). Fait intéressant, la devise utilisée n’est pas l’euro, mais bien la couronne danoise (Union européenne, 2016). L’exploitation pétrolière et agricole constituent des secteurs d’activité importants (École de politique appliquée, 2019). La capitale, Copenhague, est l’hôte en 2009 d’un événement important des dernières années, soit la Conférence internationale sur le climat (École de politique appliquée, 2019).
Histoire
La première bibliothèque publique au Danemark remonte à la fin du 18e siècle (Thorhauge, 2002a, p. 4). Située à Copenhague, elle provient de l’initiative d’un particulier nommé P. F. Suhm (Thorhauge, 2002a, p. 4). La Bibliothèque royale se retrouve également parmi les premières bibliothèques créées (Thorhauge, 2002a, p. 4). À la même époque, une institution en milieu rural voit le jour dans la localité de Maribo (Thorhauge, 2002a, p. 4). On note une généralisation des bibliothèques à l’ensemble du territoire à la fin du siècle suivant (Darrobers, 1992, paragr. 14-15; Thorhauge, 2002a, p. 4). Ce n’est pas l’amour de la littérature qui pousse le mouvement d’éducation populaire à instaurer des bibliothèques (Darrobers, 1992, paragr. 14). Ce sont plutôt les maîtres et maîtresses d’école, engagés grâce au mouvement, qui sont les instigateurs de projets de bibliothèques (Darrobers, 1992, paragr. 15). Les ressources étant constituées à partir de dons, la qualité des ouvrages dans les rayons varie énormément (Thorhauge, 2002a, p. 4). En campagne, toujours au 19e siècle, les collections sont liées au culte, mais des sujets profanes comme l’histoire sont abordés (Darrobers, 1992, paragr. 15). Les bibliothèques publiques sont appuyées par l’État dès 1882 à l’aide d’un financement (Thorhauge, 2002a, p. 4). Les pratiques américaines, mais aussi celles du Royaume-Uni exercent une influence sur les bibliothèques danoises du 20e siècle (Darrobers, 1992, paragr. 16; Thorhauge, 2002a, p. 5). Ces dernières sont soigneusement planifiées (Thorhauge, 2002a, p. 5). La collaboration est l’un des principes constitutifs de leur fonctionnement (Thorhauge, 2002a, p. 5). Des enjeux variés comme la démocratisation d’Internet amènent les décideurs danois à s’impliquer dans une stratégie de « développement systématique » (Thorhauge, 2002a, p. 5). Ces politiques débutent dans les années 60. Beaucoup de nouvelles bibliothèques sont mises en place dans les années 70 étant donné, entre autres, l’unification de plusieurs villes au niveau politique (Thorhauge, 2002a, p. 5). Une baisse des nouvelles constructions se fait sentir dans les années 80 et 90 (Darrobers, 1992, paragr. 71).
Types de bibliothèques
Les bibliothèques danoises sont des institutions modernes, reconnues en particulier pour leur riche éventail de services qui est l’un des meilleurs d’Europe (Schulz et Hape, 2005). Actuellement, les bibliothèques danoises visent principalement une plus grande exploitation des possibilités du numérique et de ses outils, notamment par l’automatisation et la centralisation des systèmes de gestion documentaire. Cette centralisation se fait également sentir dans la diminution du nombre de bibliothèques à la suite de fusions entre institutions. Nous serons à même d’observer ces caractéristiques dominantes tout au long de notre exploration des différents types de bibliothèques danoises.
Bibliothèques publiques
Depuis les dernières années, les bibliothèques publiques danoises subissent de profonds changements. En 2007, la structure municipale danoise s’est vue réformée, ce qui a fait passer le nombre de municipalités de 275 à 98. Puisque la responsabilité du service des bibliothèques publiques locales revient aux municipalités (Thorhauge, 2002b), cela a eu pour conséquence la fusion de nombreuses bibliothèques publiques. Pas moins de 1 000 bibliothèques publiques ont ainsi disparu, portant le total à 482 bibliothèques publiques actives en 2010 (Mäkinen, 2013). À la suite de cette réforme, le gouvernement danois a présenté le Public Libraries in the Knowledge Society (Danish agency for libraries and media, 2010), rapport qui offre aux bibliothèques publiques de nouveaux objectifs axés sur l’inclusion et les besoins sociaux des usagers, de même que sur l’innovation et le développement dans la sphère numérique. Inspirées par ce rapport, les bibliothèques publiques déploient de meilleurs services numériques et de proximité. Elles créent également des espaces physiques ouverts et propices aux rencontres en bibliothèque, s’ancrant par le fait même dans la philosophie du troisième lieu (Mäkinen, 2013). En d’autres mots, le rapport invite les bibliothèques à soutenir « l’automatisation, l’innovation, l’expérience et l’engagement des citoyens » (Thorhauge, 2018, p. 53). Nous verrons quelques exemples d’initiatives qui répondent à ces principes.
Aujourd’hui, les bibliothèques publiques s’insèrent dans le mouvement de transition numérique en mettant en place plusieurs services comme des postes d’accès à Internet, des postes en libre-service, des robots de tri et des OPAC interactifs (Schulz et Hape, 2005). Combinés à des formations virtuelles ou sur place portant sur les compétences numériques, ces services font en sorte que les usagers sont de plus en plus autonomes. On parle de « bibliothèques ouvertes » (Thorhauge, 2018, p. 55), accessibles 24h sur 24 en ligne. En effet, l’implémentation d’espaces virtuels en libre-service assure aux citoyens de trouver gratuitement et rapidement des réponses à leurs questions, de recevoir des notifications lorsqu’un livre est réservé, etc.
Mise à part cette forte implémentation du numérique dans les services offerts par les bibliothèques publiques, les espaces physiques demeurent importants et fréquentés, agissant comme des lieux de discussion sécuritaires où le jugement n’a pas sa place. On y retrouve des salles de travail d’équipe en accès libre et diverses activités sociales comme des conférences sur des thèmes variés (Schulz et Hape, 2005). Les bibliothèques publiques danoises ont également une vocation culturelle, rappelant dans un certain sens les maisons de la culture en France. Les gens s’y réunissent pour entrer en contact avec la culture, notamment lors de la tenue d’expositions, de concerts, de pièces de théâtre ou de ciné-clubs (Delaunay, 2000). Bref, les bibliothèques publiques danoises sont des institutions modernes et inclusives. Elles favorisent l’autogestion et l’autonomisation des citoyens par l’entremise d’une appropriation efficace du numérique et de ses potentialités. Elles assurent une grande sociabilité et convivialité, proposant des espaces où les gens discutent et prennent part librement et gratuitement à des activités sociales et culturelles. Ce faisant, elles cherchent ultimement à répondre aux aspirations et aux besoins de leurs communautés.
Bibliothèques académiques (bibliothèques de recherche et bibliothèques universitaires)
Tout comme les bibliothèques publiques, les bibliothèques académiques ont fait face à plusieurs changements au cours des dernières années, changements qui se traduisent essentiellement par une vague de fusion entre les bibliothèques. En 2016, le Ministère de la Culture et les universités danoises ont décidé de s’engager dans une politique de centralisation des bibliothèques de recherche (Larsen, 2019). Plusieurs bibliothèques, dont la Bibliothèque d’État et universitaire d’Aarhus et la Bibliothèque du Centre danois de recherche et d’information sur le genre, l’égalité et la diversité, ont alors été impliquées dans ce processus de fusion à destination d’une institution unique, soit la Bibliothèque royale danoise (BRD). Cette dernière est régie par le Ministère de la Culture danois. La BRD est à la fois une bibliothèque nationale et universitaire. Ses fonctions en tant que bibliothèque universitaire sont bien sûr de fournir de l’information pertinente pour les travaux des étudiants et des enseignants (Mäkinen, 2013). Elle s’efforce de faciliter cette recherche d’information par l’entremise d’un nouveau système centralisé de gestion documentaire. C’est grâce à ce SGBD unifié que les usagers peuvent accéder à une plus vaste et riche collection de documents provenant de cinq universités danoises (Aalborg, Aarhus, Copenhague, IT University et Roskilde). De plus, la mise en place d’un dispositif de transport entre les bibliothèques facilite une obtention rapide des documents. Par ailleurs, les fonctions universitaires de la BRD comprennent « des services de traitement de données, de gestion de droits d’auteur, des dépôts institutionnels » (Larsen, 2019, p. 17). Si l’accès aux documents devient plus aisé grâce à cette fusion, chaque bibliothèque universitaire propose tout de même des activités sur place, dont une grande partie correspond à des formations liées aux compétences informationnelles (Mäkinen, 2013).
Bibliothèques scolaires
Historiquement, les bibliothèques scolaires danoises se sont développées dans le même cadre législatif que les bibliothèques publiques (Messier, 1973). En 1996, les collections des bibliothèques scolaires comprennent un total de 27 millions de volumes à teneur éducative, mais aussi ayant trait au loisir (Poulain, 1997). Les bibliothèques scolaires sont considérées comme des centres pédagogiques au primaire et sont plus axées sur la maîtrise de l’information au secondaire. Alors que les bibliothèques sont obligatoires dans les écoles primaires, il y aurait environ 25% des écoles secondaires qui n’en auraient pas. En 2010, on compte en tout 1 700 bibliothèques scolaires danoises dont 250 d’entre elles font partie des écoles secondaires (Mäkinen, 2013).
Bibliothèques nationales
Au début des années 2000, le Danemark compte deux bibliothèques nationales qui se partagent le dépôt légal des documents numériques et imprimés du pays : la Bibliothèque royale de Copenhague et la Bibliothèque nationale et universitaire d’Aarhus (Mäkinen, 2013). Cependant, la vague de fusion des bibliothèques que nous avons notée au sein des bibliothèques publiques et académiques n’a pas épargné les bibliothèques nationales. En 2016, ces dernières sont fusionnées à une seule institution : la Bibliothèque royale du Danemark. Celle-ci a bien entendu en charge le dépôt légal des documents danois, mais elle gère aussi le site Netarkviet.dk, où les archives web du pays sont préservées. La BRD contient de très grandes collections de documents patrimoniaux qui sont accessibles à tous et fort utiles pour les chercheurs (Larsen, 2019).
Bibliothèques de comté
Les bibliothèques de comté sont l’équivalent des bibliothèques publiques municipales. Elles sont de grandes bibliothèques financées par l’État (Poulain, 1997) et ont pour missions principales d’agir en tant que superstructure régissant les bibliothèques d’une région en particulier et conseiller, coordonner, accompagner professionnellement de plus petites bibliothèques (Thorhauge, 2002a). Elles sont entre autres là pour former les professionnels des bibliothèques publiques afin de leur permettre d’acquérir des compétences importantes du métier, suivant les lignes directrices du développement des compétences de la Danish National Library Authority (2000).
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
Au début du 20e siècle, des cours de bibliothéconomie font leur apparition au Danemark (Darrobers, 1992, paragr. 111). Une partie technique est intégrée à la formation (Thorhauge, 2002a, p. 6). Afin de travailler en bibliothèque, les futurs professionnels de l’information doivent passer par l’École royale de bibliothéconomie et des sciences de l’information créée à la fin des années 50 (Darrobers, 1992, paragr. 111; Lørring, 2004, p. 4). Il n’existait pas d’autre institution d’enseignement dans le domaine (Darrobers, 1992, paragr. 111; Lørring, 2004, p. 4) et le parcours offert durait 4 ans (Darrobers, 1992, paragr. 111). Les programmes évoluent et maintenant, les sciences de l’information sont enseignées au premier cycle et aux cycles supérieurs (Lørring, 2004, p. 1). Depuis 2000, l’École royale de bibliothéconomie et des sciences de l’information a obtenu le statut d’université (Lørring, 2004, p. 1). C’est depuis ce temps l’Université de Copenhague qui prend en charge l’éducation en sciences de l’information (University of Copenhagen, 2013). À l’heure actuelle, les activités éducatives se déroulent dans un cadre universitaire et sont principalement de nature intellectuelle (Lørring, 2004, p.1). Elles se concentrent sur les fondements théoriques de la bibliothéconomie et des sciences de l’information (Lørring, 2004, p.1). L’éducation danoise dans le domaine n’est donc plus uniquement portée sur les spécificités techniques du travail (Lørring, 2004, p. 1).
Martine Darrobers dans Les bibliothèques publiques en Europe en 1992, nous informe d’une particularité en ce qui concerne les professionnels en poste dans les bibliothèques scolaires. En effet, quelques mois de formation qualifient les enseignants à occuper le poste de bibliothécaire scolaire (Darrobers, 1992, paragr. 25). Par ailleurs, il n’existe pas de certification officielle pour ce qui est du poste de technicien (Darrobers, 1992, paragr. 110)
Associations de bibliothèques
Le Danemark compte plusieurs associations regroupant des professionnels de l’information. La liste ci-dessous représente les organisations qui ont le plus de portée au sein du pays.
L’Association des bibliothèques danoises (Danish Library Association)
Cette association vise à influencer les décisions politiques des institutions gouvernementales du Danemark. En ce sens, elle fait du lobbyisme à l’égard de ces instances (Danmarks Biblioteksforening, s. d.). D’après l’organisation elle-même, l’Association des bibliothèques danoises est active depuis une centaine d’années. Ses premiers objectifs étaient de s’assurer que les bibliothèques publiques avaient les moyens d’accomplir leurs missions. Au cours des dernières années, en raison d’une hausse de l’utilisation des plateformes numériques au sein de la société, l’association a plutôt porté son attention vers la littératie numérique.
L’Union des universitaires de la culture et de l’information du Danemark (Danish Union of Cultural and Information Academics)
Cette association syndicale représente environ 90% de l’ensemble des bibliothécaires de formation du Danemark (Forbundet Kultur og Information, s. d.), soit environ 4300 personnes. Ses objectifs consistent à s’assurer que les bibliothécaires ont des conditions de travail acceptables au public et au privé. L’association fournit également des formations, des conférences et des ateliers à ses membres, de façon à améliorer leur développement professionnel. En plus de travailler en coopération avec les autres associations de bibliothécaires, l’organisation œuvre à l’international, notamment avec l’IFLA et avec des pays nordiques, dans l’objectif de représenter les intérêts de plus grands groupes d’individus.
L’Association des bibliothèques de recherche du Danemark (Danish Research Library Association)
Cette association, fondée en 1978, est une organisation qui regroupe les bibliothécaires des bibliothèques de recherche et des bibliothèques universitaires (Danske Fag-, Forsknings- og Uddannelsesbiblioteker, s. d.). Ses objectifs sont de promouvoir les avantages des bibliothèques universitaires et de recherche, de renforcer la coopération sur la diffusion de l’information et d’échanger à propos de la culture, tout en cherchant à coopérer avec des organisations similaires de niveau national et international. Ces objectifs s’expriment par l’entremise de conférences entre professionnels de l’information. L’Association des bibliothèques de recherche du Danemark publie également une revue d’articles variés, la REVY, qui est offerte en ligne en libre accès.
Cadre législatif
Bien que le Danemark ait rédigé plusieurs textes de loi en lien avec les bibliothèques publiques, dont le premier date de 1920 (Danish National Library Authority, 2000, p. 5), la majorité d’entre eux sont devenus obsolètes par l’arrivée de l’Acte concernant les services des bibliothèques (Act regarding library services). Cet acte visait essentiellement à redéfinir la structure du système des bibliothèques danois de façon à mieux répondre aux besoins de la population du Danemark, tout en s’offrant comme prolongement des traditions établies dans les actes précédents, notamment en ce qui a trait à la gratuité des services (DNLA, 2000, p. 5). C’est actuellement ce texte de loi qui régit les bibliothèques publiques danoises.
L’acte en lui-même se divise en quatre parties. Cependant, puisque la dernière partie comporte exclusivement des informations juridiques sur l’acte en lui-même, seulement les trois premières seront détaillées ci-dessous. La première d’entre elles, en lien avec les objectifs et les services, stipule que les bibliothèques doivent avoir comme but de promouvoir l’information, l’éducation et la culture grâce à l’accès aux ressources informationnelles (DNLA, 2000, art. 1). Elle établit également que les bibliothèques doivent, entre autres, avoir des sections pour les adultes et pour les enfants et que les bibliothèques publiques, par l’entremise des décisions des conseils municipaux, doivent être en mesure d’offrir du service aux citoyens étant incapables de se rendre sur place (DNLA, 2000, art. 3). Le troisième article de cette partie stipule aussi clairement que le directeur d’une bibliothèque publique doit avoir une formation professionnelle en lien avec son poste. Enfin, la première partie de la loi oblige les bibliothèques publiques à participer au service interbibliothèque de prêts (DNLA, 2000, art. 5) et à coopérer avec les bibliothèques scolaires, notamment en forçant l’usage d’un même système de catalogage (DNLA, 2000, art. 7).
La seconde section de l’acte concerne le rôle du gouvernement danois dans le système de bibliothèques. Les premiers articles établissent l’existence des bibliothèques de comté (county libraries), qui servent de point central d’échange de matériel entre les bibliothèques municipales et certaines d’entre elles sont gérées directement par le gouvernement à des fins de recherche, bien qu’elles demeurent ouvertes au public (DNLA, 2000, art. 9). L’article 14 du texte précise également le rôle de la Bibliothèque d’État et de l’Université d’Aarhus (State and University Library), ayant fusionné avec une autre institution en 2017 pour devenir la Bibliothèque royale du Danemark (Royal Danish Library) (Det Kgl. Bibliotek. s. d.), qui est responsable de l’ensemble des ressources informationnelles des bibliothèques.
La troisième partie fait état d’un certain nombre de détails techniques concernant les obligations des bibliothèques, notamment en ce qui concerne les prêts. Il est possible de remarquer dans cette section des détails sur les frais de retard. Le texte de loi établit que les bibliothèques, dans leur ensemble, doivent offrir leurs services gratuitement. Par contre, si un usager remet du matériel loué en retard, elles peuvent lui charger certains frais, établis selon certaines limites identifiées par les articles (DNLA, 2000, art. 21). De plus, l’article 31 stipule qu’une bibliothèque peut refuser d’accorder un prêt de matériel à un usager ayant omis de retourner du matériel précédemment prêté dans une condition acceptable. Elle peut également interdire l’accès au lieu à un usager ayant refusé de payer des frais de retard (DNLA, 2000, art. 31). En somme, le texte de loi permet d’établir les bases d’une vision des bibliothèques danoises en tant que bibliothèques multimédias hybrides (Thorhauge, 2002c, p. 44).
Informations complémentaires
Le matériel des bibliothèques
Les bibliothèques danoises comportent une grande variété de matériel pouvant être emprunté : livres, articles scientifiques, chansons, films et même des jeux vidéo (BibliotekDk, s. d.).
La plateforme BibliotekDk
Les ressources contenues par les bibliothèques du Danemark sont accessibles à la population par l’entremise de la plateforme BibliotekDk, disponible à l’adresse https://bibliotek.dk/eng. Cette plateforme, dont l’architecture est issue de la base de données DanBib (Thorhauge, 2002a), permet aux usagers de demander à ce qu’une ressource de n’importe quelle bibliothèque soit livrée à leur bibliothèque municipale (BibliotekDk, s. d.). Pour se faire livrer un ouvrage, les utilisateurs doivent avoir un enregistrement à leur bibliothèque locale, ce qui est gratuit. La plateforme compte aussi un nombre important de ressources disponibles en ligne.
Références
BibliotekDk. (s. d.). English. https://bibliotek.dk/eng
Danish agency for libraries and media (2010). Public Libraries in the Knowledge Society. https://slks.dk/fileadmin/publikationer/publikationer_engelske/Reports/The_public_libraries_in_the_knowledge_society._Summary.pdf
Danish National Library Authority (2000, 4 mai). Act regarding library services. https://slks.dk/fileadmin/publikationer/publikationer_engelske/andre/Act_regarding_library_services.pdf
Danmarks Biblioteksforening. (s. d.). English. https://www.db.dk/english
Danske Fag-, Forsknings- og Uddannelsesbiblioteker. (s. d.). Danish Research Library Association. https://dfdf.dk/english/
Darrobers, M. (1992). Le Danemark. Dans Les Bibliothèques publiques en Europe (p. 85‑128). Éditions du Cercle de la Librairie. 10.3917/elec.poul.1992.01.0085
Delaunay, E. (2000). Le rôle de la bibliothèque dans la politique culturelle au Danemark et en France – Droit d’auteur et bibliothèques. Bulletins d’information de l’Association des Bibliothécaires Français, (189), 154-160. https://core.ac.uk/download/pdf/12439808.pdf
Det Kgl. Bibliotek. (s. d.). The new Royal Danish Library. http://www5.kb.dk/en/kb/organisation/fusion/start.html
École de politique appliquée (2019). Danemark histoire. Perspective Monde. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMHistoriquePays?codePays=DNK
Forbundet Kultur og Information. (s. d.). The Danish Union of Cultural and Information Academics. https://kulturoginformation.dk/service/english/the-danish-union-of-cultural-and-information-academics
Larousse, É. (s. d.). Encyclopédie Larousse en ligne – Danemark : histoire. https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Danemark_histoire/187591
Larsen, S. (2019). Fusion des bibliothèques de recherche au Danemark. Ar(abes)ques, (94), 16-17. https://publications-prairial.fr/arabesques/index.php?id=599
Lørring, L. (2004). Derrière le curriculum des études de bibliothéconomie et de la science de l’information – des modèles pour des considérations didactiques sur un curriculum. World Library and Information Congress: 70th IFLA General Conference and Council, Buenos Aires, Argentine (p. 10). https://archive.ifla.org/IV/ifla70/papers/064f_trans-Lorring.pdf
Mäkinen, I. (2013). Les bibliothèques dans les pays scandinaves. Dans F. Blin (dir.), Les bibliothèques en Europe : Organisation, projets, perspectives (p. 181-209). Éditions du Cercle de la Librairie. https://doi.org/10.3917/elec.blin.2013.01.0181
Messier, R. (1973). Les bibliothèques publiques au Danemark. Documentation et bibliothèques, 19(4), 155–159. https://doi.org/10.7202/1055737ar
Poulain, M. (1997). L’iFLA à Copenhague. Bulletin des bibliothèques de France, (6), 86-88. https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1997-06-0086-001
Schulz, K. et Hape, R. (2005). Public Libraries in Denmark and the on-line and digital information service – what is it about? (traduction française de Françoise Hecquard). World Library and Information Congress: 71th IFLA General Conference and Council, Oslo. https://archive.ifla.org/IV/ifla71/papers/109f_trans-Hape.pdf
Thorhauge, J. (2002a). Nordic Public Libraries – Denmark. Dans J. Thorhauge (dir.), Danish Library Policy : A selection of recent articles and papers (p. 4-11). Danish National Library Authority. https://archive.ifla.org/VII/s8/annual/cr02-dk.pdf
Thorhauge, J. (2002b). The Danish National Library Authority. Dans J. Thorhauge (dir.), Danish Library Policy : A selection of recent articles and papers (p. 12-27). Danish National Library Authority. https://archive.ifla.org/VII/s8/annual/cr02-dk.pdf
Thorhauge, J. (2002c). Danish Research Libraries – Danish models. Dans J. Thorhauge (dir.), Danish Library Policy : A selection of recent articles and papers (p. 39-48). Danish National Library Authority. https://archive.ifla.org/VII/s8/annual/cr02-dk.pdf
Thorhauge, J. (2018). Le développement des bibliothèques publiques danoises : trois vagues de changement ayant mené à un modèle. Documentation et bibliothèques, 64(1), 50–55. https://doi.org/10.7202/1043723ar
Union européenne. (2016, 16 juin). Tous les pays membres de l’UE en bref. Union européenne. https://europa.eu/european-union/about-eu/countries/member-countries_fr
University of Copenhagen. (2013, 4 février). Master of Science (MSc) in Information Science and Cultural Communication. University of Copenhagen. University of Copenhagen. https://studies.ku.dk/masters/information-science-and-cultural-communication/