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4 Argentine

(Mathilde Sainte-Marie, Virginie Houde, Alexandre Gauthier)

Profil du pays

L’Argentine est un pays avec une population de 45 479 118 habitants situé en Amérique du Sud. La capitale Buenos Aires a 15 154 millions habitants, 1 573 millions habitants à Cordoba, 1 532 millions habitants à Rosario, 1 173 millions habitants à Mendoza, 986 000 habitants à San Miguel de Tucuman et 884 000 habitants à La Plata. La population se rassemble à 92 % en milieu urbain. Les enfants de 0 à 14 ans sont à 24.02 % présents dans le pays avec 5 629 188 hommes et 5 294 723 femmes. Les jeunes adultes de 15 à 24 ans sont aussi nombreux avec 15.19 % de la population répartie avec 3 539 021 hommes et 3 367 321 femmes. Les adultes de 25 ans à 54 ans représentent 39.6 % de la population avec 9 005 758 hommes et 9 002 931 femmes. Les personnes de 55 et 64 ans sont moins présentes dans la population à 9.07 % et les aînés de 65 ans et plus sont à 12.13 % dans le pays. L’âge médian total est de 32.4 ans. Pour les hommes, il est de 31.1 ans. Les femmes sont plus vieilles en général en Argentine avec 33.6 ans. Sur un territoire de 2 780 400 kilomètres carrés, des groupes ethniques sont divisés avec des Européens avec des origines espagnoles, italiennes, amérindiennes et américaines.

La langue officielle est l’espagnol. D’autres langues telles que l’italien, l’anglais, l’allemand, le français, le Mapudungun et le Quechua qui sont des langues amérindiennes sont parlées dans le pays. 92 % sont catholiques avec 20 % de pratiquant, 2 % sont protestants, 2 % sont juifs et 4 % sont d’autres religions (Central Intelligence Agency, 2020).

Histoire

L’ouverture pour le public de la Bibliothèque royale d’Espagne (Madrid) a fait beaucoup réfléchir les administrateurs des colonies sud-américaines. Habituellement, les bibliothèques existantes en Amérique du Sud étaient administrées par l’Église catholique ou par des ordres jésuites. Peu à peu, plusieurs villes majeures situées le long du Rio de la Plata ont instauré des bibliothèques publiques administrées par la Couronne. L’administrateur colonial de Buenos Aires, Francisco de Paula Bucarelli, impressionné par le concept des bibliothèques publiques, fut un des premiers à signaler l’importance d’établir une « bibliothèque ouverte » à Buenos Aires. C’est en 1810 que l’administration coloniale de Buenos Aires définit la « bibliothèque publique » comme étant une institution soutenue et administrée par l’État. Par l’initiative de Mariano Moreno, la Bibliothèque Publique de Buenos Aires fut inaugurée en 1812. On y retrouvait plus de 4000 volumes, provenant surtout de dons particuliers, de legs de l’évêque Azamor y Ramirez (recteur du Collège San Carlos), et de l’ordre jésuite de Cordoba (Ripodas, 1994). Les bibliothèques administratives d’entreprises étrangères y ont aussi contribué des documents, notamment la British Commercial Room, qui a effectué un don de 600 volumes et fournit un bibliothécaire (Sabor, 1974). La fédéralisation de Buenos Aires en 1880 a eu pour conséquence la nationalisation de sa Bibliothèque Publique, rebaptisée Bibliothèque Nationale Mariano Moreno en 1884. En 1822, la Bibliothèque Publique du Général San Martin fut inaugurée à Mendoza. Elle demeure la seule bibliothèque d’Argentine dont l’administration est provinciale plutôt que fédérale ou municipale.

Types de bibliothèques

Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale Mariano Moreno

Fondée le 13 septembre 1810 durant la Révolution de Mai, la Bibliothèque nationale Mariano Moreno de la République argentine est située sur les terrains de l’ancien palais Unzué sur les rues Austria et Agüero et les avenues del Libertator et Las Heras. La construction de la bibliothèque nationale a été réalisée par les architectes Francisco Bullrich, Clorindo Testa et Alicia Cazzaniga. Son architecture de style brutaliste emploie le béton armé et une géométrie forte. L’édifice a trois sous-sols d’entrepôts d’une superficie de 19 000 mètres carrés pour entreposer les livres et les journaux. Elle a des salles d’expositions, un auditorium, un bar, une photothèque, une cartothèque, une audiothèque et une médiathèque. Elle dispose également d’une salle de commande de livres, des salles de lecture et des box pour les chercheurs.

Au niveau H et PB, l’École nationale des bibliothécaires a trois salles de classe pour accueillir les étudiantes et les étudiants, la salle Augusto Raúl Cortazar et une bibliothèque. Le Centre argentin d’histoire de la psychanalyse, de la psychologie et de la psychiatrie est à proximité des locaux de l’école.

Deux autres bâtiments historiques occupent une place importante dans l’histoire de la bibliothèque nationale. Le bâtiment d’origine fut construit à Manzana de las Luces et son siège classique dans le quartier de San Telmo sur la Calle México. Il a été inauguré par le directeur Paul Girouac au début du XXe siècle. L’édifice peut abriter des résidences d’écrivains et des salles d’expositions et de recherche. Ce bâtiment sera restauré pour aménager le futur Centre d’études et de documentation Jorge Luis Borge (Bibliotheca National Mariano Moreno, 2020). Jorge Luis Borge était un homme de lettres, professeur de langue anglaise et américaine à l’Université de Buenos Aires, mais aussi un ancien directeur de la Bibliothèque nationale Mariano Moreno de la République argentine (Monegal, s.d.).

Bibliothèques universitaires

En 1853, au moment de la réorganisation politique en Argentine et de l’instauration de la Constitution argentine, le pays ne comptait que deux universités: l’Université de Córdoba et l’Université de Buenos Aires (Peruchena Zimmermann, 2004). Durant les années 1980 et 1990, le ministère de la Culture et de l’Éducation, par l’entremise du Secrétariat des politiques universitaires (Secretaría de Politicas Universitarias – SPU), a favorisé l’implantation d’une infrastructure nationale qui allait permettre aux universités de l’Argentine de former un réseau (Peruchena Zimmermann, 2004). C’est en novembre 1994 que le Secrétariat des politiques universitaires, de concert avec les universités argentines, adhère à un accord pour créer le Réseau d’Interconnexion Universitaire (Red de Interconexión Universitaria – RIU). En 2004, ce réseau regroupait les 35 universités nationales et les 39 universités privées d’Argentine (Peruchena Zimmermann, 2004). Les bibliothèques universitaires d’Argentine peuvent ainsi faire partie de différents réseaux. En 2008, le Réseau interuniversitaire argentin de bibliothèques (Red Interuniversitaria Argentina de Bibliotecas – RedIAB) est créé. Ce réseau est rattaché au Conseil interuniversitaire national (CIN) et il a été formé dans le but d’aider à la mise en œuvre et à l’application de politiques concernant la bibliothéconomie et l’information dans les bibliothèques universitaires (RedIAB, 2020a). Le RedIAB chapeaute entre autres le Cycle de réflexion sur l’évaluation des bibliothèques universitaires (RedIAB, 2020b). En plus du RIU et du RedIAB, il existe également le Réseau des bibliothèques d’Universités privées qui se nomme “Amicus”. Ce réseau a été créé en 1997 dans le but de construire des relations de coopération entre les bibliothèques du réseau pour permettre un meilleur accès aux collections des bibliothèques membres (Universidad de Palermo, 2020a).

Bibliothèques scolaires

En Argentine, le statut de bibliothèque scolaire est défini selon trois critères: offrir des services à toutes les parties prenantes du système d’éducation, avoir une collection centralisée et posséder un espace identifiable. De plus, un responsable doit être en charge de la bibliothèque scolaire et celle-ci doit s’impliquer dans la vie scolaire (Ministerio de Educación et Organización de Estados Iberoamericanos Argentina, 2010). Les bibliothèques scolaires en Argentine sont entre autres soutenues par le programme BERA (Programa Bibliotecas Escolares y Especializadas de la República Argentina). Ce programme est coordonné par la direction de la Bibliothèque nationale des enseignants et il est soutenu par des politiques publiques relatives à l’éducation. Le BERA est donc un programme national au niveau fédéral qui facilite la coopération entre les réseaux locaux, provinciaux et régionaux dans le but de fusionner les actions des bibliothèques scolaires de tout le pays (Biblioteca Nacional de Maestros, 2009). Ensuite, l’un des enjeux importants concernant les bibliothèques scolaires en Argentine est le manque de bibliothèques scolaires en zone rurale (Ministerio de Educación et Organización de Estados Iberoamericanos Argentina, 2010).

Un autre fait intéressant sur les bibliothèques scolaires en Argentine est que le 26 novembre 2020 a eu lieu la première journée nationale des bibliothèques scolaires et des unités de formation pédagogique, qui est une initiative du sous-secrétariat à l’éducation sociale et culturelle du ministère de l’Éducation nationale (Argentina.gob.ar, 2020). Cette activité a également pour but de célébrer le 150e anniversaire de la Bibliothèque nationale des enseignants et de mettre en valeur le Système national des bibliothèques scolaires et des unités d’information pédagogique (SNBEyUIE) (Argentina.gob.ar, 2020). Le Système national des bibliothèques scolaires regroupe toutes les bibliothèques scolaires, peu importe le niveau, la forme d’enseignement, le caractère privé ou public de l’école, et ce, dans toutes les provinces d’Argentine ainsi que dans la ville autonome de Buenos Aires. Le système est sous l’autorité de la direction de la Bibliothèque nationale des enseignants (Argentina.gob.ar, s.d.). En terminant, Fernando López, le directeur de la Bibliothèque nationale des enseignants, a annoncé que celle-ci réalisera un recensement des bibliothèques scolaires au courant de l’année 2021 afin de dresser le bilan des bibliothèques scolaires (Biblioteca Nacional de Maestros, 2020).

Bibliothèques publiques

En Argentine, les bibliothèques publiques sont des bibliothèques créées et gérées par des entités gouvernementales qui offrent des services au public général. Elles peuvent être administrées au niveau fédéral, au niveau provincial, au niveau municipal, ou par une entité étatique, ministérielle, parlementaire, juridique, commissionnaire, scolaire, communautaire, muséale ou régionale. La législation argentine, en s’appuyant sur le Manifeste de l’UNESCO, nous informe que les bibliothèques publiques sont dans l’obligation d’offrir leurs services à l’ensemble des membres de la communauté, sans discriminer en raison de l’identité d’un individu (race, nationalité, âge, sexe, religion, langue parlée, handicap, condition économique, état d’emploi, niveau d’éducation). La mission prioritaire des bibliothèques publiques argentines est de contribuer à l’éducation des citoyens par l’entremise d’un service gratuit et sans restriction d’accès. En tant qu’acteur social, les bibliothèques publiques se doivent d’être des espaces d’apprentissage, de rencontre et d’insertion sociale (Parada, 2017).

Bibliothèques populaires

Les bibliothèques populaires sont des bibliothèques créées et gérées par des institutions privées ou par des organismes à but non lucratif. Elles sont organisées dans des contextes communautaires variés, tels que les clubs sociaux, les coopératives d’habitation, les institutions religieuses, les commissions de quartier, etc. Leur but premier est d’améliorer l’accès à l’information de la population locale. Bien que certaines bibliothèques populaires bénéficient d’un support financier gouvernemental par l’entremise du Ministère de la Culture ou du Ministère de l’Éducation, de la Science et de la Technologie, elles demeurent des institutions autonomes. Les bibliothèques populaires sont souvent établies dans le but de répondre à un besoin précis d’une communauté, ou dans le but de combler l’absence d’une bibliothèque publique dans une région. C’est justement le nombre limité de bibliothèques publiques qui a provoqué l’émergence du concept de bibliothèque populaire. C’est la communauté locale qui reçoit et maintient les services offerts par une bibliothèque populaire. L’organisation des bibliothèques populaires en Argentine est parfois faite sur une base bénévole, par des membres de la communauté. Le terme « bibliothèque populaire » s’applique à une multitude d’initiatives locales autonomes, ce qui en fait une institution hétérogène, qui s’adapte aux couleurs des communautés au sein desquelles elle s’épanouit. La première bibliothèque populaire d’Argentine, la Sociedad Franklin, voit le jour le 15 avril 1866, dans la province de San Juan. À la suite de la création de la commission nationale de protection des bibliothèques populaires (CONABIP), un réseau de bibliothèques populaires se forme en Argentine. La CONABIP est responsable pour :

  • L’établissement et le maintien du réseau de bibliothèques populaires;
  • La reconnaissance et l’intégration au réseau des bibliothèques populaires conformément au manuel de procédures;
  • L’allocation des fonds aux bibliothèques populaires;
  • La distribution des subventions pour les dépenses ou les projets spéciaux;
  • La réalisation d’activités de promotion de la lecture et du livre à l’échelle nationale;
  • La mise en œuvre de formations spécifiques pour assurer la capacité d’action communautaire et informationnelle des intervenants en bibliothèques populaires et maintenir l’autonomie des bibliothèques populaires.

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Tout d’abord, l’Argentine est considérée comme un pays pionnier dans l’enseignement et la formation en sciences de l’information et en bibliothéconomie en Amérique latine (Peruchena Zimmermann, 2004). Dans le cadre du plan d’action de la section Amérique latine et Caraïbes de l’IFLA, un répertoire des écoles de bibliothéconomie de cette région a été réalisé et publié en 2018 (Rodríguez Salas, 2018). Ce répertoire est amené à être mis à jour et amélioré au fil des années. L’objectif est de faciliter les contacts entre les établissements d’enseignement supérieur qui offrent des programmes en bibliothéconomie et/ou en sciences de l’information (Rodríguez Salas, 2018). En complément au répertoire créé par Karla Rodríguez Salas, membre permanente de l’IFLA, l’Association des bibliothécaires diplômés de la République d’Argentine (ABGRA: http://abgra.org.ar/) a mis sur pied une carte géoréférencée des écoles de bibliothéconomie et de sciences de l’information présentes en Argentine (ABGRA, 2020).

Les études en bibliothéconomie et en sciences de l’information en Argentine sont possibles par l’entremise de nombreux programmes dispensés dans plusieurs universités et écoles. La durée de ses programmes varie de 3 à 5 ans. La licence en bibliothéconomie et/ou en sciences de l’information en Argentine est généralement d’une durée de 4 ou 5 ans (Rodríguez Salas, 2018). Il existe aussi des programmes universitaires pour former des professeur.es en bibliothéconomie et/ou en sciences de l’information. Ceux-ci durent de 4 à 5 ans, dépendamment des universités (Rodríguez Salas, 2018). On retrouve également une technique universitaire en bibliothéconomie et une technique permettant de devenir technicien.ne bibliothécaire documentaliste. Ce type de programme est d’une durée de 3 ans (Rodríguez Salas, 2018). Certaines universités offrent aussi des programmes plus spécifiques qui permettent d’obtenir le titre de bibliothécaire scolaire ou bibliothécaire documentaire. Ceux-ci durent habituellement 3 ans (Rodríguez Salas, 2018).

Afin de favoriser la continuation des apprentissages après les études, l’ABGRA a contribué à la mise sur pied d’un programme de mentorat en ligne qui se nomme « Biblionetwork” (Biblionetwork, 2020). Ce programme vise à aider les bibliothécaires de l’Amérique latine à développer un réseau professionnel, à approfondir leurs connaissances en bibliothéconomie et à favoriser le partage d’idées et d’expériences. Les étudiant.es en bibliothéconomie et en sciences de l’information peuvent aussi participer s’ils possèdent suffisamment d’expérience dans le domaine. Les participant.es à Biblionetwork sont rassemblés en équipe de trois personnes. Un cycle de mentorat dure trois mois durant lequel le programme envoie à chaque deux semaines un point de discussion à aborder dans chacune des équipes. Le premier contact s’effectue par courriel, mais par la suite, les membres d’une équipe peuvent décider d’utiliser d’autres outils de communication tels que Facebook ou Skype. Lorsque le programme se termine, les équipes sont dissoutes, mais les participant.es peuvent décider de rester en contact et ainsi agrandir leur réseau professionnel (Biblionetwork, 2020).

Association de bibliothèques

L’Association des bibliothèques nationales ibéro-américains

L’Association des États ibéro-américains pour le développement des bibliothèques nationales ibéro-américaines (ABINIA) est une organisation internationale fondée le 14 décembre 1989 de 22 bibliothèques nationales ibéro-américaines. Le nom a changé en octobre 1999 pour l’Association des bibliothèques nationales ibéro-américaines traduit de Asociación de Bibliotecas Nacionales de Iberoamérica.

L’organisation internationale a pour objectifs d’amener une liaison entre les différentes bibliothèques et les systèmes d’informations, puis de procéder à la compilation et la mise à jour des informations sur les bibliothèques nationales ibéro-américaines. Elle permet de développer des sources de référence nationale et internationale dans un but de favoriser les échanges, l’étude ainsi que la recherche. Elle assure la gestion matérielle, financière et humaine pour l’amélioration des services des bibliothèques nationales. L’association diffuse les collections par des expositions, des éditions et les catalogues (UNESCO, 2019).

L’Association des bibliothécaires diplômés de la République d’Argentine

L’Association des bibliothécaires diplômés de la République d’Argentine traduit de Asociación de Bibliotecarios Graduados de la República Argentina est une association qui regroupe l’ensemble des bibliothécaires dans un but de collaboration entre les différents membres. Plusieurs avantages sont accessibles aux membres. Les membres peuvent bénéficier d’un encadrement juridique et syndical dans le cas d’un problème dans le milieu de travail. L’association propose des cours, des ateliers et des conférences pour les membres à des coûts préférentiels. Elle envoie par courriel une infolettre sur les derniers avancements dans le milieu professionnel et sur les nouvelles activités.

L’association a été fondée le 5 novembre 1953 dans l’objectif de faire la promotion et une reconnaissance sociale du travail de bibliothécaire en Argentine. Sous l’ancien nom de l’Association des bibliothécaires diplômés de la capitale fédérale, elle est devenue membre de la Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) en 1962.

Chaque année, l’association organise les « Rencontres nationales des Bibliothécaires » qui regroupent l’ensemble des bibliothécaires d’Argentine pour réfléchir sur la valorisation des bibliothèques et sur les nombreux rôles des bibliothécaires. L’événement est un espace de rencontre dans le but d’améliorer la cohésion entre les membres et permet de dresser une liste des besoins des utilisateurs dans leur milieu de travail. L’objectif général des rencontres est de bonifier les services en bibliothèque et de positionner les bibliothèques dans le pays, mais aussi dans le monde (ABGRA, 2020).

Cadre législatif

Lois fédérales sur les bibliothèques populaires (Loi 419 et loi 23.351)

La loi 419, promue le 23 septembre 1870 par le président Domingo Faustino Sarmiento, donne naissance à la Commission nationale de protection des bibliothèques populaires (CONABIP). La CONABIP s’appelle maintenant la Commission nationale des bibliothèques populaires. En 1986, suite à l’expansion de la CONABIP, la loi 23.351 sur les bibliothèques populaires a vu le jour. La loi 23.351 fixe les objectifs nationaux de la CONABIP, définit son fonctionnement et assure la création du Fond spécial pour les bibliothèques.

Loi fédérale sur le système national de bibliothèques scolaires et d’unités d’information pédagogique (Loi 26.917).

Cette loi décrit le mandat des bibliothèques scolaires et des unités d’information pédagogique comme suit : la création et la gestion du patrimoine scolaire argentin. Le terme “unité d’information pédagogique” regroupe l’ensemble des bibliothèques du pays (publiques, scolaires, académiques, spécialisées, etc.), les centres de documentation, les centres d’archives ainsi que les musées (Naranjo, 2005). Toutes ces institutions font partie du réseau éducatif et culturel fédéral. La loi reconnaît aussi le rôle fondamental des institutions scolaires

Loi fédérale sur l’éducation (Loi 26.206, article 91)

Précise que la création de bibliothèques scolaires et le maintien de leurs fonctions relèvent du Ministère de l’éducation, de la science et de la technologie. Ces tâches, ainsi que la planification et l’implantation de programmes permanents pour la promotion du livre et de la lecture, doivent être exécutées en accord avec le Conseil Fédéral de l’Éducation, qui régit les politiques éducatives, la rémunération des enseignants et la standardisation du système éducatif national. (Loi 26.206, article 85). Précise que, pour assurer la qualité de l’enseignement, le Ministère de l’Éducation, de la Science et de la Technologie se doit de fournir les ressources matérielles nécessaires à toutes les écoles du territoire. Ces ressources matérielles incluent les bibliothèques scolaires et les ressources pédagogiques qu’elles contiennent.

Loi fédérale sur le droit à l’information (Loi 27.275)

Cette loi décrit les bibliothèques et les bibliothécaires comme les piliers du droit à l’information. En s’appuyant sur la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies et sur les écrits de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, cette loi explicite le droit des citoyens argentins à l’information. En s’appuyant sur la Loi fédérale sur la propriété intellectuelle (Loi 11.723) et sur la Convention de Berne, la loi sur le droit à l’information décrit la tension qui existe entre la législation du droit à l’information et celle du droit d’auteur. Dans le contexte législatif argentin, il est clair que le droit à l’information affecte les tâches quotidiennes des bibliothécaires. La loi décrit les bibliothèques comme un pont entre le droit d’auteur et le droit à l’information. Dans l’optique d’obtenir un équilibre entre la propriété intellectuelle et l’accès à l’information par le Fair Use, comme décrit par l’IFLA, la loi 27.275 débarrasse les bibliothécaires de cette responsabilité en leur permettant de ne pas prendre parti entre les deux. Cette législation est similaire à celles d’autres pays, où un équilibre est recherché, malgré les contraintes possibles sur l’accès à l’information.

Références

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