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6 Autriche

(Pierre-Emmanuel Roy, Audrée Frappier, Camille Archambault)

Profil du pays

La République d’Autriche (Republik Österreich) se situe au cœur de l’Europe, environnée par l’Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, l’Italie et la Suisse. Membre de l’Union européenne depuis 1995, l’Autriche compte près de neuf millions d’habitants, dont une majorité de catholiques. L’allemand y est la langue officielle.

L’Autriche est un État fédéral doué, comme le Canada, d’un régime parlementaire. Elle se divise en neuf régions administratives (Bundesländer) dont la plus populeuse, l’État fédéré de Vienne, abrite la capitale du même nom (CIA, 2020). Le jeune chancelier Sebastian Kurz, chef du Parti populaire autrichien (Österreichische Volkspartei ou ÖVP), assume depuis 2020 les fonctions de chancelier fédéral. Ses politiques sont généralement assimilées à la droite conservatrice. Il prône notamment, sur le plan économique, la diminution des charges fiscales, et sur le plan social, des mesures sévères contre l’immigration illégale (France Diplomatie, 2019).

L’Autriche se démarque dans la zone euro par son économie robuste : un taux de chômage parmi les plus faibles d’Europe, une croissance stable du PIB, une dette publique bien maîtrisée. Le niveau de vie y est généralement élevé : seulement 3 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 16,7 % pour l’Allemagne (CIA, 2020; France Diplomatie, 2019).

Histoire

Jusqu’au siècle des Lumières, l’histoire des bibliothèques en Autriche offre peu de particularités. Comme dans plusieurs régions d’Europe, les premières bibliothèques autrichiennes se forment en milieu ecclésiastique dès le début du 8e siècle. On compte ainsi, à la fin du Moyen Âge, plus de 100 bibliothèques monastiques dans le territoire qu’on nomme aujourd’hui l’Autriche. La première université autrichienne, celle de Vienne, se constitue également une bibliothèque en 1384, suivie par les universités de Graz au 16e siècle, et de Salzbourg et d’Innsbruck au 17e siècle (Fiedler, 1980; Vosodek, 1994a). La bibliothèque royale (Bibliotheca Regia) est fondée au courant du 16e siècle et se développe progressivement pour devenir en 1920 la Bibliothèque nationale d’Autriche (Österreichische Nationalbibliothek, s. d.-a).

Le milieu du 18e siècle marque un tournant décisif dans l’histoire des bibliothèques autrichiennes. L’impératrice Marie-Thérèse et son fils Joseph II, deux représentants caractéristiques du despotisme éclairé des Lumières, mettent en œuvre une politique de développement et de centralisation des bibliothèques. Les heures d’ouverture, les règles d’utilisation, les systèmes de catalogage sont normalisés dans tout l’État. Un personnel spécialement formé est nommé à la tête des institutions. Enfin, les bibliothèques jésuites sont annexées à la collection nationale après la dissolution de la Compagnie de Jésus en 1773 (Fiedler, 1980).

Le 19e siècle voit la création de multiples bibliothèques scientifiques, généralement sous la tutelle d’institutions administratives ou savantes nouvellement fondées. Un mouvement de démocratisation des bibliothèques, remontant aux bibliothèques ambulantes du 18e siècle, fait d’importants progrès à compter des années 1860 sous l’impulsion de diverses sociétés privées (KRIBIBI, 2012; Vosodek, 1994a). En 1897, Eduard Reyer fonde la Société pour une bibliothèque centrale (Verein Zentralbibliothek). Cette association de bibliothèques populaires adhérant à un principe de neutralité idéologique connaîtra un grand rayonnement dans l’Europe de l’avant-guerre (Kolar, 2008; Vosodek, 1994a).

Les désordres occasionnés par les deux grandes guerres du 20e siècle ralentissent le développement des bibliothèques en Autriche (Vosodek, 1994a). L’annexion du pays par l’Allemagne nazie, en 1938, aura des suites particulièrement néfastes. Les bibliothèques populaires et ouvrières, qui fleurissaient au début du siècle, reçoivent leur coup de grâce. Un brutal régime de censure décime les collections. Les rapines nazies et les frappes aériennes des alliés ont des effets non moins destructeurs sur les bibliothèques autrichiennes (Stummvoll, 1950; Kolar, 2008). Après la Seconde Guerre mondiale, cependant, le milieu des bibliothèques renaît. On assiste à l’émergence des premiers programmes de formation universitaire en bibliothéconomie (Vosodek, 1994a). De multiples bibliothèques publiques et de nouvelles associations de bibliothèques voient le jour, bénéficiant dans plusieurs cas du soutien financier de l’État (KRIBIBI, 2012). L’histoire des bibliothèques autrichiennes amorce sa phase actuelle.

Types de bibliothèques

La plupart des auteurs qui s’intéressent à la bibliothéconomie autrichienne divisent ce champ en deux grandes catégories. D’une part, les bibliothèques publiques (öffentliche Bibliotheken), d’autre part, les bibliothèques scientifiques (wissenschaftliche Bibliotheken). Il existe bien sûr des bibliothèques qui s’insèrent difficilement dans ce paradigme : notamment les bibliothèques carcérales, les bibliothèques d’hôpitaux et les bibliothèques scolaires, qu’on tend à ranger en Autriche dans la catégorie marginale des « bibliothèques spéciales » (Büchereiverband Österreichs, 2009). La documentation sur ces bibliothèques est rare. Les articles qui prétendent donner un aperçu du paysage bibliothéconomique autrichien ne font souvent aucune référence à ces institutions (Feigl, 2019; Huditsch et Karall, 2015; KRIBIBI, 2012; Leitner et al., 2013). Faute de ressources, nous n’examinerons pas ces types de bibliothèques dans les prochaines pages.

Bibliothèques publiques

Les bibliothèques publiques, nommées jusque dans les années 1970 « bibliothèques populaires » (Volksbüchereien), comprennent la majeure partie des bibliothèques en Autriche. En 2018, l’Association des bibliothèques autrichiennes (BVÖ) dénombrait 1 383 bibliothèques publiques au pays, dont 652 bibliothèques communales, 373 bibliothèques coopératives et 225 bibliothèques confessionnelles (Feigl, 2019; Statistik Austria, 2020c). À la différence des bibliothèques scientifiques, les bibliothèques publiques autrichiennes se donnent pour but d’offrir au grand public un accès à une vaste gamme de ressources documentaires et culturelles : non seulement des livres de toutes sortes, mais aussi des DVD, des revues, ou encore des jeux vidéo (Huditsch et Karall, 2015). Sans but lucratif, elles se veulent aussi, selon les termes de la BVÖ, des centres de « formation continue, [de] promotion de la lecture et [de] divertissement pour un large public » (Büchereiverbandes Österreichs, s. d.; traduction libre).

Les bibliothèques publiques autrichiennes accueillent environ 9 millions de visiteurs chaque année, dont 43,6 % d’enfants et d’adolescents, et rassemblent dans leurs collections 9,1 millions d’unités documentaires. Ces chiffres laissent mesurer la différence de grandeur entre les bibliothèques publiques et scientifiques en Autriche : ces dernières sont près de vingt fois moins nombreuses, mais elles mettent trois fois plus de documents à la disposition des usagers (Feigl, 2019; Huditsch et Karall, 2015). En effet, les bibliothèques publiques sont généralement petites : plus de 80 % d’entre elles occupent une superficie inférieure à 100 mètres carrés (KRIBIBI, 2012).

Le personnel des bibliothèques publiques autrichiennes est composé d’une grande majorité de femmes : celles-ci ne forment pas moins de 87,7 % de la main d’œuvre, contre 12,3 % d’hommes. Ces bibliothécaires sont à plus de 80 % bénévoles, contrairement à ceux qui travaillent dans les bibliothèques scientifiques (Feigl, 2019; Hamann, 2015). Sur ce plan, l’Autriche fait figure d’exception dans le paysage bibliothéconomique européen, qui est, dans l’ensemble, beaucoup moins tributaire du travail bénévole (Leitner et al., 2013).

Comme il n’existe en Autriche aucune loi garantissant la mise en place ou le financement des bibliothèques publiques, ni aucune norme régissant leur fonctionnement, le milieu bibliothéconomique autrichien présente un aspect hétérogène (Leitner et al., 2013). Si les bibliothèques publiques sont toutes chapeautées par l’Association des bibliothèques autrichiennes (BVÖ), elles sont en revanche gérées sous des tutelles diverses : municipalités, églises, sociétés privées, cofinancements, etc. (Feigl, 2019; Leitner et al., 2013). Depuis quelques années, de plus en plus de voix s’élèvent pour que l’État réglemente les bibliothèques publiques et mette au point un plan directeur pour leur développement (Büchereiverband Österreichs, 2009; Hamann, 2015; Leitner et al., 2013). Certains y voient l’occasion de combler les plus graves lacunes des bibliothèques publiques en Autriche, notamment le manque de ressources humaines, la maigreur des collections et l’absence totale de bibliothèque dans 55 % des municipalités (KRIBIBI, 2012). Les questions de normalisation et d’unification du champ bibliothéconomique demeureront, dans les prochaines années, une préoccupation majeure pour les bibliothèques publiques autrichiennes.

Bibliothèques scientifiques

Les bibliothèques scientifiques regroupent 44 bibliothèques universitaires et d’enseignement supérieur, 7 bibliothèques d’État (Landesbibliothek), la Bibliothèque nationale autrichienne (appelée Bibliothèque de la cour jusqu’en 1920) , 8 bibliothèques administratives, ainsi que 17 bibliothèques des institutions de recherche. En tout, elles sont un peu plus de 70, réparties dans un millier d’emplacements. Toutes ces bibliothèques se trouvent sous l’égide du ministère de l’Éducation, de la Science et de la Recherche, ainsi que les différentes administrations régionales, qui gouvernent en partie les bibliothèques d’État. Au pays en 2019, ce sont plus de 10 000 000 visites dans ces bibliothèques qui ont été enregistrées, tout établissement confondu (Feigl, 2019; Leitner et al., 2013; Statistik Austria, 2020a). Bien qu’elles soient souvent associées à des institutions privées, les bibliothèques scientifiques restent tout de même, en général, accessibles au public (Hamann, 2015).

Les deux plus grandes bibliothèques du pays, à savoir la Bibliothèque nationale autrichienne et la Bibliothèque universitaire de Vienne possèdent à elles seules plus de 11 millions de volumes, soit environ le tiers de tous les documents de cette catégorie de bibliothèques (Statistik Austria, 2020b). Elles sont aussi en partie responsables des dépôts légaux: la Bibliothèque nationale récupère des copies de tout ce qui est imprimé ou édité sur le territoire autrichien (Österreichische Nationalbibliothek, s. d.; Roussel, 2010), tandis que la Bibliothèque universitaire de Vienne « reçoit le dépôt légal des Länder de Vienne, de Basse-Autriche et du Burgenland. » (Leitner et al., 2013)

La Bibliothèque nationale autrichienne publie aussi la Bibliographie nationale, grandement inspirée des ouvrages ayant fait l’objet d’un dépôt légal. Elle a mis sur pied et continue à alimenter, exploiter et gérer la base de données nationale. Afin de répondre à son rôle, défini par la loi, d’éduquer la population, elle organise différentes activités qui mettent de l’avant certaines pièces de leurs collections pour les faire découvrir au public. De plus, elle conçoit et gère un catalogue de référence, ainsi que des expositions – réalisées en coopération avec des acteurs des milieux de la culture et de l’éducation (Leitner et al., 2013; Österreichische Nationalbibliothek, s. d.-b).

D’ailleurs, la coopération est une méthode très présente dans les bibliothèques scientifiques. En effet, les bibliothèques scientifiques collaborent entre elles dans de nombreux projets dans le but d’améliorer l’accès aux documents et à l’information sur tout le territoire autrichien. Les différents établissements rendent disponibles, par des ententes interinstitutionnelles, des périodiques, des monographies, des articles numériques. C’est grâce à un réseau de coopération (Kooperation E-Medien Österreich) que les nombreuses institutions participantes réussissent à acquérir de nouveaux documents électroniques (Kooperation E-Medien Österreich, s. d.; Leitner et al., 2013).

Les objectifs des collections des bibliothèques scientifiques sont indiqués dans la Loi sur les médias. La disposition la plus importante est de fournir et soutenir la recherche et l’enseignement, notamment en mettant à disposition des employés et étudiants un large éventail de documents, disponibles sur une variété de supports d’information. Il y est aussi mentionné l’importance d’archiver et numériser les documents, afin de les conserver à long terme (Huditsch et Karall, 2015). De cet objectif découlent donc plusieurs projets de numérisation, dont celui de la Bibliothèque nationale fait partie et qui vise à numériser surtout des objets plus vieux et précieux de la collection (Leitner et al., 2013).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Tout d’abord, il faut savoir que la formation des bibliothécaires dépend du type de bibliothèque dans lequel le ou la professionnel.le fait carrière. Par cela, il est entendu qu’un bibliothécaire travaillant dans une bibliothèque publique ne recevra pas exactement la même formation, ou du moins, elle ne se fera pas dans les mêmes établissements, qu’un de ses collègues qui œuvre dans une bibliothèque universitaire, par exemple. L’Association des bibliothèques autrichiennes (ÖBV) s’assure cependant que les deux types de formations correspondent, afin que les professionnels qui travaillent dans les bibliothèques publiques, comme dans les bibliothèques scientifiques reçoivent une formation équivalente (Leitner et al., 2013).

Pour les bibliothèques publiques

Établissement d’enseignement

  • Bundesinstitut für Erwachsenenbildung St. Wolfgang (Institut fédéral d’éducation aux adultes St-Wolfgang)

Formation

L’Institut fédéral d’éducation aux adultes St. Wolfgang, situé en Haute-Autriche, est l’école où peuvent être formés les bibliothécaires travaillant dans les bibliothèques publiques. L’enseignement se fait de manière hybride; à la fois théorique et pratique (Feigl, 2019; Hensel et Holste-Flinspach, 2018). Les programmes de formation sont divisés selon les trois groupes de bibliothécaires publics, à savoir les bibliothécaires bénévoles (brièvement mentionnés plus haut), les professionnels à temps plein de niveau moyen (qui ont un certificat de fin d’études secondaires), ainsi que les bibliothécaires de niveau supérieur (qui possèdent un baccalauréat). Les trois différentes formations sont composées de 3 à 5 semaines de cours, selon le groupe auquel le bibliothécaire appartient, et « elles comportent un nombre important de devoirs d’enseignement à distance » (Leitner et al., 2013).

Pour les bibliothèques scientifiques

Établissements d’enseignement

  • Universität Graz
  • Universität Innsbruck
  • Universität Wien
  • Bibliothèque nationale autrichienne

Formation

L’éducation et la formation des bibliothécaires scientifiques se fait dans les 3 établissements universitaires mentionnés ci-dessus, ainsi qu’à la Bibliothèque nationale autrichienne. Le diplôme de maîtrise scientifique « Library and Information Studies » est offert par ces institutions depuis 2004-2005 et est ouvert à tout étudiant possédant un diplôme de premier cycle. Le programme, qui suit les normes internationales de formation dans le domaine, est d’une durée d’un an à temps plein et deux ans à temps partiel. En plus de la maîtrise en sciences de l’information, il est possible, pour les étudiants de premier cycle, de suivre deux cours sur les bibliothèques (Bibliotheksausbildung in Österreich, s. d.; Leitner et al., 2013).

Associations de bibliothèques

Comme mentionné plus haut, les types de bibliothèques sont principalement séparés entre les bibliothèques publiques et les bibliothèques scientifiques. Cela implique que la division des associations est faite de la même façon.

Association des bibliothécaires d’Autriche (VÖB)

La VÖB (Vereinigung Osterreichischer Bibliothekarinnen und Bibliothekare) est l’association à but non lucratif reliée aux bibliothèques scientifiques (Feigl, 2019). Elle est la plus grande association en Autriche, et également l’une des plus vieilles associations professionnelles des bibliothèques à travers le monde, fondée en 1896. Ses objectifs sont principalement de faire la promotion du secteur des bibliothèques, de l’information et de la documentation en Autriche, tout en encourageant la formation continue des professionnels, et en représentant leurs intérêts en Autriche ou ailleurs dans le monde (Meduni Vienna, 2019).

Un autre aspect central de la VÖB est d’offrir un espace de discussion pour les professionnels de l’information, pour échanger des idées ou discuter de problèmes éthiques, par exemple. Ses employés sont des bénévoles. Elle regroupe principalement des bibliothécaires universitaires ou de recherche, mais dans les dernières années des bibliothécaires publics et autres professionnels de l’information s’y sont joints. En 1993, le nom de l’association a changé pour y inclure les femmes bibliothécaires, en plus de changements au niveau de la structure dans le but de la rendre plus efficace et démocratique (Seissl, 1998).

Association des bibliothèques autrichiennes (BVÖ)

La BVÖ (Büchereiverband Österreichs), pour sa part, est l’organisation à but non lucratif qui représente les bibliothèques publiques. Comme le nom des associations l’indique, la VÖB a pour membres des bibliothécaires, et la BVÖ des bibliothèques.

À l’origine de l’association en 1948, les membres étaient les propriétaires ou les gardiens de bibliothèques publiques ayant minimalement 250 documents. L’idée derrière l’organisation était de rassembler les bibliothèques publiques sous une même association, ainsi que de produire une loi sur les bibliothèques autrichiennes (Feigl, 2019). Depuis ce temps, l’association a subi plusieurs changements, comme son nom, mais les objectifs sont restés semblables : offrir des services, des conseils et de l’information, par le soutien financier jusqu’à la promotion de la littérature, tout cela de façon gratuite (Library & Information Science Gateway, s. d.). Elle appuie autant de grands projets que certains moins ambitieux, comme la création d’un site Web pour une bibliothèque ou la promotion de la lecture scientifique (Feigl, 2019).

Depuis 2017, la BVÖ offre une opportunité spéciale pour les volontaires dans les bibliothèques, qui sont très nombreux. Ceux-ci peuvent voyager avec une bibliothèque mobile en Écosse, afin de découvrir le monde des bibliothèques écossaises et de vivre de nombreuses nouvelles expériences (Tretthahn, s. d.).

Cadre législatif

Bibliothèques scientifiques

Les nombreuses bibliothèques scientifiques sont sous la tutelle de deux ministères fédéraux, soit le ministère de la Science et de la Recherche, et le ministère de l’Éducation, des Arts et de la Culture. Ce dernier prend en charge les instituts supérieurs de pédagogie. Le ministère de la Science et de la Recherche englobe différents types d’établissements : les 21 universités nationales, l’Institut autrichien pour la science et la technologie, l’Université de formation continue de Krems, les 13 universités privées et les 19 instituts supérieurs de technologie (Leitner et al., 2013). Il y a donc essentiellement une séparation entre les établissements pédagogiques et ceux de recherche.

Par exemple, la Bibliothèque nationale d’Autriche (Österreichische Nationalbibliothek) est régie par la Loi sur les musées fédéraux autrichiens (Bundesmuseen-Gesetz 2002), ce qui lui accorde le statut légal d’une institution scientifique fédérale, tout comme les musées nationaux. Cela implique qu’elle n’est pas directement sous le contrôle du gouvernement fédéral, mais plutôt une entité légale autonome ayant un comité qui gère les aspects économiques (Österreichische Nationalbibliothek, s. d.-c).

Bibliothèques publiques

Le cas des bibliothèques publiques est particulier en Autriche. En effet, il n’y a aucune loi qui exige l’existence des bibliothèques publiques ni leur financement. Elles sont également très diversifiées, puisqu’aucune norme n’est établie pour leurs espaces ou leurs personnels. Comme mentionné plus haut, les bibliothèques publiques emploient principalement des bénévoles, et cette réalité en plus de l’absence de normes résulte que chacune des bibliothèques est unique (Leitner et al., 2013).

Cependant, les bibliothèques publiques ne sont pas entièrement laissées sans soutien. Même s’il n’y a aucune loi pour assurer la présence de bibliothèques dans chaque municipalité, il y en a une sur la promotion de celles-ci. Cette loi peut également soutenir financièrement les achats de documents, mais à condition d’atteindre et de respecter certains critères de qualité (Feigl, 2019). Cela engage les bibliothèques à redoubler les efforts liés à leurs services. La même loi offre une formation avancée gratuite à tous les bibliothécaires, incluant les bénévoles, et le logement et les repas sont offerts (Feigl, 2019).

Sources

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Büchereiverbandes Österreichs (BVÖ). (2009). Die Zukunft gestalten Chance Bibliothek. https://www.bvoe.at/sites/default/files/attachments/chance_bibliothek.pdf

Büchereiverbandes Österreichs (BVÖ). (s. d.). Definition ÖB. https://www.bvoe.at/inhalt/definition_oeb

Central Intelligence Agency (CIA). (2020). Austria. The World Factbook. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/au.html

Feigl, M. (2019). Insights into the Austrian library system. Electronic Platform for Adult Learning in Europe – European Commission. https://epale.ec.europa.eu/en/blog/insights-austrian-library-system

Fiedler, R. (1980). Das Bibliothekswesen Österreichs vom 19. Jahrhundert bis zur Gegenwart. Dans Unterkircher, F. (dir.), Die Bibliotheken Österreichs in Vergangenheit und Gegenwart. Dr. Ludwig Reichert Verlag.

France Diplomatie. (2019). Présentation de l’Autriche. https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/autriche/presentation-de-l-autriche/

Hamann, N. (2015). Vom Versuch, eins zu werden. Dans Niedermair, K. et Schuler, D. (dir.), Die Bibliothek in der Zukunft. Innsbruck University Press. https://www.uibk.ac.at/iup/buch_pdfs/bibliothek_in_der_zukunft.pdf

Hensel, A. T., et Holste-Flinspach, K. (2018). Ein zukunftsfähiger Beruf als Ziel. Ausbildung für Bibliotheken in Deutschland, Österreich und der Schweiz / Ein Vergleich. BuB : Forum Bibliothek und Information, 70(4), 206‑211.

Huditsch, R. et Karall, A. (2015). Das österreichische Bibliothekswesen. Landesverband Bibliotheken Burgenland. http://lvbb.bvoe.at/sites/lvbb.bvoe.at/files/docs/lvbb_das_oesterreichische_bibliothekswesen_0.pdf

Kolar, G. (2008). Ein „Vorspiel“: Die Wiener Arbeiterbüchereien im Austrofaschismus, thèse de « Magistra der Philosophie », Université de Vienne.

Kooperation E-Medien Österreich. (s. d.). About Austrian Academic Library Consortium. https://www.konsortien.at/about.asp

KRIBIBI Verein kritischer Bibliothekarinnen und Bibliothekare. (2012). Bibliothekswesen. https://www.kribibi.at/bibliothekswesen

Leitner, G., Smrzka, B., Bauer, B. et Nicol, M. (2013). Les bibliothèques en Autriche. Dans Blin, F. (dir.), Les bibliothèques en Europe. Éditions du Cercle de la Librairie.

Library & Information Science Gateway. (s. d.). Austrian Library Association (BVÖ). http://www.lisgateway.com/index.php?option=com_content&view=article&id=29%3Aaustrian-library-association-bvoe&catid=4%3Anational&Itemid=7

Meduni Vienna. (2019). Bruno Bauer is new President of the Austrian Library Association. https://www.meduniwien.ac.at/web/en/about-us/news/detailsite/2019/news-im-november-2019/bruno-bauer-is-new-president-of-the-austrian-library-association/

Österreichische Nationakbibliothek. (s. d.-a). 1500: Emperor Maximilian I and the Origins of the « Bibliotheca Regia ». https://www.onb.ac.at/en/about-us/650th-anniversary/timeline/1500-emperor-maximilian-i-and-the-origins-of-the-bibliotheca-regia

Österreichische Nationalbibliothek. (s. d.-b). Mission statement. https://www.onb.ac.at/en/about-us/mission-statement

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Roussel, G. (2010). Le dépôt légal et le droit d’auteur : État de situation et étude comparative. 257 pages.

Seissl, M. (1998). Publishing activities of the Austrian Librarians Association. University Library of Innsbruck.

Statistik Austria. (2020a). Benützung der wissenschaftlichen Bibliotheken und Spezialbibliotheken 2018. benuetzung_der_wissenschaftlichen_bibliotheken_und_spezialbibliotheken_201.pdf

Statistik Austria. (2020b). Medienbestand der wissenschaftlichen Bibliotheken und Spezialbibliotheken 2018. medienbestand_der_wissenschaftlichen_bibliotheken_und_spezialbibliotheken_.pdf

Statistik Austria. (2020c). Öffentliche Bibliotheken und Schulbibliotheken nach Trägerschaft 1995 bis 2018. http://statistik.at/web_de/statistiken/menschen_und_gesellschaft/kultur/bibliotheken/index.html

Stummvoll, J. (1950). Austrian Libraries, Past and Present. The Library Quarterly: Information, Community, Policy, 20(1), 33-38.

Tretthahn, S. (s. d.). The Austrian Library Association’s International Program. BVÖ. http://library.ifla.org/2318/1/p-102-tretthahn-en_poster.jpg

Vosodek, P. (1994a). Austria. Dans W. A. Wiegand et D.G. Davis (dir.), Encyclopedia of Library History. Taylor & Francis.

Vosodek, P. (1994b). Austrian National Library, Vienna. Dans W. A. Wiegand et D.G. Davis (dir.), Encyclopedia of Library History. Taylor & Francis.

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