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8 Brésil

(Lucile Bernard, Ilda Lopes, Julia Paquin Domingues)

Profil du pays

Le Brésil, officiellement appelé la République fédérative du Brésil, représente le cinquième plus grand pays au monde, tant par sa superficie que par sa démographie : il occupe en effet la moitié de la superficie de l’Amérique du Sud, tandis que ses 211 millions d’habitants (The World Factbook, juillet 2020) correspondent environ au tiers de la population sud-américaine. Un des facteurs justifiant l’existence d’un nombre d’habitants aussi élevé est l’immigration car, depuis des siècles, le pays accueille un nombre important d’immigrants en provenance des quatre coins du monde. En outre, le population du Brésil comptait environ 208 millions d’habitants en 2017, parmi lesquels figuraient presque deux millions d’étrangers. Plusieurs motifs poussent ces personnes à émigrer au Brésil, y compris la volonté de trouver un travail, les études universitaires et les demandes d’asile. (Loire, 2017)

Formé de vingt-six états et d’un district fédéral, le Brésil est indépendant depuis 1822. Ce sont les États de Rio de Janeiro, São Paulo et Minas Gerais, tous situés sur la côte sud-atlantique ou à proximité de cette dernière, qui regroupent la majorité de la population nationale (Milton Schneider, s.d.). Cependant, il faut noter que Brasilia, la capitale située dans la partie continentale du pays, continue d’attirer un nombre croissant de personnes, le pays étant d’ailleurs réputé pour la mobilité de sa population et l’évolution rapide de ses réseaux urbains (Droulers, s.d.). Enfin, au niveau économique et social, il importe de savoir que si le Brésil est un pays émergent en raison des profits que le pays tire de ses installations hydroélectriques ou industrielles et de ses ressources naturelles comme les minéraux, plusieurs problèmes le secouent. En effet, le Brésil est aux prises avec des inégalités sociales extrêmes, des crises financières intermittentes et un système politique parfois bloqué, ce qui ne l’a toutefois pas empêché de conserver son identité à travers les siècles et divers gouvernements. Le pays a ainsi gardé le portugais comme langue officielle, même si des langues autochtones y sont également parlées, notamment dans les régions les plus reculées du bassin amazonien (Milton Schneider, s.d.).

Histoire

Puisque le Brésil fut colonisé par le Portugal durant près de 300 ans (1500-1822), son histoire bibliothéconomique est fortement reliée à son passé colonial. La première grande collection de documents, en provenance de la bibliothèque royale de Lisbonne, fut ainsi amenée au Brésil dans les années 1810, alors que la cour portugaise fuyait l’invasion napoléonienne (Hallewell, 2015). Malgré la fondation d’une première bibliothèque publique en 1811 dans la ville de Salvador (Vergueiro, 1997), la colonisation ne fut pas un temps propice à leur développement: l’impression des livres était effectivement interdite puisqu’elle était perçue comme une menace par les autorités portugaises.

Ce n’est que bien des années plus tard que les premiers organes gouvernementaux œuvrant pour la protection des bibliothèques feront leur apparition. En 1937, l’INL (Institut National du Livre) est ainsi fondé pour soutenir l’implantation des bibliothèques publiques, jetant du même coup les bases du Système National de Bibliothèques publiques (SNBP), qui tentera de créer des règles et de systématiser les actions en commun entre les états fédéraux, les municipalités brésiliennes et la société civile. Aujourd’hui, le SNBP constitue le principal acteur dans la création et le soutien technique des bibliothèques publiques du Brésil (Machado et Negrini, 2015). Les bibliothèques universitaires seront également intégrées dans un système de réseau, les premiers Systèmes de bibliothèques universitaires apparaissant dans les années 1980, suite à la fin de la dictature militaire ayant régi le pays de 1964 à 1985 (Machado et Negrini, 2015). Il est à noter qu’avec les gouvernements conservateurs récemment élus à la tête du pays, les budgets alloués à la culture et aux bibliothèques ont été fortement menacés ces dernières années.

La formation en bibliothéconomie apparaît, quant à elle, vers 1911, grâce à une collaboration entre la Bibliothèque nationale du Brésil et l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Il s’agit alors du troisième programme de formation en bibliothéconomie créé dans le monde et le premier à exister en Amérique du Sud (Site du CFB/CRB, s.d.) Cette formation d’influence française, créée pour préparer les employés de la Bibliothèque Nationale, sera suivie par d’autres formations d’influence nord-américaine : elle seront notamment données à Sao Paulo, permettant ainsi l’expansion et la décentralisation de ce genre de formation (Paiva et Cunha, 2017, p.4-5).

Types de bibliothèques

Bibliothèque nationale (N.D.R. : un contenu similaire pourrait se retrouver dans l’article sur Wikipédia car celui-ci a été créé par les autrices du présent document.)

La Bibliothèque nationale du Brésil, située à Rio de Janeiro, est non seulement considérée comme celle ayant la plus grande collection en Amérique latine, mais aussi comme l’une des dix plus importantes bibliothèques au monde selon l’Unesco, avec plus de neuf millions de documents, dont deux millions sont répertoriés en ligne (Site de la Bibliothèque nationale du Brésil, 2020). En tant que bibliothèque nationale, elle a pour mission de rassembler et de conserver tout ce qui forme le patrimoine documentaire du pays au moyen du dépôt légal, ainsi que la responsabilité de publier la bibliographie nationale. La Bibliothèque nationale est également considérée comme la plus ancienne institution culturelle du pays, car ses origines remontent à 1755, lorsqu’un tremblement de terre survint dans la capitale portugaise, Lisbonne (Hallewell, 2015). Ce séisme détruisit en effet le Palais Royal abritant la bibliothèque Royale d’Ajuda et ses 70 mille documents, ce qui poussa le roi Joseph Ier à bâtir dans sa principale colonie américaine la Bibliothèque Nationale brésilienne que l’on connaît aujourd’hui, par crainte de perdre définitivement la collection de la bibliothèque royale (Swarcz et Marques da Costa, 2002). Ses collections comprennent de nos jours plusieurs types de documents, y compris des manuscrits, des cartes, des dessins, des partitions musicales et des photographies (Hallewell, 2015).

De telles collections sont sans nul doute précieuses: c’est pourquoi la Fundação Biblioteca Nacional de la Bibliothèque nationale du Brésil a beaucoup œuvré pour le développement et la protection de ses propres collections, mais aussi pour le maintien des valeurs culturelles bibliothéconomiques. Actuellement, la bibliothèque bénéficie ainsi d’un certain respect au sein de l’arène nationale et a même réussi à maintenir un budget décent lui permettant de mener des initiatives nationales comme le PNLL (Plan National du Livre et de la Lecture), qui a pour mandat d’encourager la lecture et l’utilisation des bibliothèques dans les régions et états où le taux d’analphabétisme est élevé (Adolphus, s.d.). En raison des coûts importants d’une telle campagne, cette initiative aurait difficilement pu être portée par une autre institution bibliothéconomique dans le pays (Ortega, 2004).

La Bibliothèque nationale du Brésil a également eu un rôle fondamental à jouer dans la formation académique des premiers bibliothécaires, car elle a offert, à partir de 1911, des cours en bibliothéconomie, qui furent néanmoins rapidement remplacés par une offre plus diversifiée dans les écoles de bibliothéconomie de plusieurs universités brésiliennes (Hallewell, 2015).

Bibliothèques publiques

L’ouverture des premières bibliothèques publiques remonte au XIXème siècle, époque où les migrants affluaient déjà au pays. En effet, la plupart de ces bibliothèques pionnières furent inaugurées par des immigrants, car elles devaient initialement servir à préserver la culture de leur(s) pays d’origine, tout en permettant à ses derniers de s’adapter à la culture et à la société de leur pays d’adoption. C’est dans cet esprit que la bibliothèque multilingue de la société Germania fut fondée en 1821 à Rio de Janeiro, par exemple. Elle dût toutefois fermer ses portes vers 1942, à la demande de l’organisation étudiante União Nacional dos Estudantes (UNE), qui combattait activement le fascisme: la bibliothèque dut alors lui rendre tous ses biens (Melo, 2011).

En dépit de leur ancienneté, plusieurs bibliothèques publiques brésiliennes existent toujours: l’une des plus célèbres est notamment le Real Gabinete Português de Leitura. Fondé vers 1837 à Rio de Janeiro, il devait, au départ, servir de refuge aux immigrants portugais du pays selon l’un de ses fondateurs, l’avocat et journaliste José Marcelino da Rocha Cabral, ayant lui-même fui sa terre natale (Loire, 2017). Cette bibliothèque publique détient la plus grande collection de documents provenant d’auteurs de la diaspora portugaise, car elle reçoit par dépôt légal une copie de la plupart des ouvrages publiés au Portugal. C’est aujourd’hui la seule institution qui se situe en dehors du Portugal à conserver ce privilège, si l’on exclut Macao (Lefebvre, 2013).

Quoi qu’il en soit, un constat se doit d’être effectué en ce qui concerne l’achalandage de ce type de bibliothèque. Malgré la diversité des origines ethniques au sein de la population du Brésil, la diversité culturelle n’est pas toujours au rendez-vous dans les bibliothèques publiques du pays, car elles ne semblent réunir sous un même toit qu’une partie d’une seule diaspora ou, à la rigueur, de deux diasporas dont les pays d’origine font partie du même continent. Parmi les exemples, citons la bibliothèque Adelpha-Figueiredo, principalement fréquentée par des immigrants d’origine bolivienne et péruvienne, ou encore la bibliothèque Anne-Frank, dont les usagers sont principalement en provenance d’Afrique.

En fait, les immigrants forment une partie si importante des utilisateurs des bibliothèques publiques brésiliennes qu’ils ont fait l’objet de divers programmes et activités conçus pour eux. C’est donc dans l’idée d’accompagner ces nouveaux habitants dans leur processus d’intégration de la société que l’institution SP Leituras, responsable de l’administration du réseau des bibliothèques de São Paulo, a notamment conçu le programme PraLer, abréviation de Prazeres da Leitura, ou Plaisirs de la lecture (Site du SP Leituras, s.d.). Le mandat de ce programme est effectivement “d’identifier des opportunités de pratiquer la lecture au sein de lieux qui n’ont pas été spécialement créés à cette fin […]”, avec des personnes considérées comme étant à risque d’être marginalisées de la société (Site du SP Leituras, s.d., traduction libre). Bien que les initiatives soient trop nombreuses pour pouvoir toutes les mentionner ici, il convient de citer l’exemple de la deuxième plus grande bibliothèque du pays, Mario-de-Andrade (BMA), qui met à disposition des usagers différents outils informatiques pour leur permettre de socialiser ou de contacter leur famille restée dans leur pays natal, en plus de les aider à compléter les démarches administratives relatives à leur établissement (Loire, 2017).

Malgré ce portrait plutôt glorieux, les bibliothèques publiques brésiliennes sont toutefois moins nombreuses qu’on pourrait le croire. En effet, le premier Recensement national des bibliothèques publiques, réalisé entre 2009 et 2010, a démontré que sur 5565 municipalités brésiliennes, environ 420 d’entre elles ne possédaient aucune bibliothèque sur son territoire (Piúba, 2015, p.17). Pour y remédier, quelques-unes d’entre elles ont formé un réseau commun: en dehors de celui de São Paulo, on peut notamment citer celui de Belo Horizonte (État de Minas Gerais), qui compte dix-neuf bibliothèques, ou encore celui d’Arapica (État d’Alagoas), qui en compte cinq (Machado et Negrini, 2015, p. 21, et Adolphus, s.d.). Le soutien financier de ces établissements demeure l’une des principales responsabilités des autorités locales, à savoir les gouvernements des états et les municipalités. (Machado et Negrini, 2015, p. 20-21)

Bibliothèques universitaires

Les bibliothèques universitaires détiennent plusieurs missions, puisqu’elles doivent supporter les activités d’enseignement mais aussi de recherche au sein de l’université à laquelle elle est rattachée. Une bibliothèque universitaire agit aussi parfois comme une bibliothèque publique à l’intérieur d’une municipalité, si elle n’en possède pas au moins une de ce dernier genre sur son territoire. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que les bibliothèques universitaires travaillent en coopération à l’aide de plusieurs réseaux dont elles font partie. Grâce à un tel système, elles peuvent ainsi s’entraider pour réduire au maximum les coûts de service et d’entretien des installations, tout en s’assurant que les habitants du maximum de municipalités possible puissent profiter de leurs services. Pourtant, malgré tous les avantages potentiels proposés par ces réseaux, les premiers d’entre eux ne firent leur apparition que durant les années 1980, alors que le fonctionnement de toutes les bibliothèques avait déjà été fortement perturbé par une dictature militaire ayant laissé les ressources matérielles et humaines utilisées par ces milieux en ruines. Bien que des réseaux efficaces prirent alors le relais, comme le Système intégré des bibliothèques de l’Université de São Paulo de 1981, ce n’est seulement qu’en 1986 que l’on put constater un réel vent de changement pour les bibliothèques universitaires, grâce au Plan national des Bibliothèques universitaires. En obligeant les universités à partager leurs ressources, les réseaux purent alors réellement aider à améliorer le sort de leurs bibliothèques, à un point tel qu’elles formèrent alors, à elles-seules, quarante pour-cent de l’ensemble des bibliothèques du Brésil. (Machado et Negrini, 2015, p. 21-22)

Enfin, les bibliothèques des plus importantes et renommées d’universités accueillent elles aussi un nombre grandissant d’immigrants dans ses locaux. Ils y vont principalement pour lire et réaliser des devoirs donnés durant les cours, mais aussi pour obtenir des informations au sujet des conditions requises pour pouvoir s’inscrire à un cours, décrocher un diplôme spécifique, se renseigner sur les choix de carrière envisageables suite à la détention de ce diplôme, etc. (Loire, 2017).

Bibliothèque spéciale

Pour élaborer sur la protection du patrimoine culturel des individus émigrant au Brésil assurée à travers le travail des bibliothèques, il importe de ne pas oublier les efforts de la BibliAspa. La Bibliothèque et centre de recherche Amérique du Sud – pays Arabes, Afrique a, en effet, été fondée en 2003 pour soutenir les nouveaux arrivants au Brésil d’origine arabe, africaine et sud-américaine dans leur apprentissage de la culture brésilienne et de la langue portugaise, une compétence essentielle à maîtriser pour espérer pouvoir se tailler une place au sein de la société brésilienne. Cependant, l’un de ses mandats consiste également en la protection du patrimoine culturel de leur territoire natal, et en la diffusion de ce dernier auprès du reste de la population du Brésil, y compris auprès de ceux et celles n’ayant jamais quitté le pays (Loire, 2017).

Bien que moins connues que les précédentes mentionnées, plusieurs bibliothèques jeunesse ont, elles aussi, visé à offrir des collections et des services répondant aux besoins des communautés étrangères du pays. La Biblioteca Infantil Multilingue, ouverte en 2013, offre, par exemple, des services particulièrement adaptés aux familles d’origine non brésilienne, en raison de la pluralité et de la diversité linguistique proposée au sein de ses collections. Cependant, sa véritable force reste son contenu colossal : on dénombre en 2017 pas moins de 20 000 documents rédigés en 20 langues (Loire, 2017).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Depuis la réglementation de la profession établie par la loi brésilienne numéro 4084 de juin 1962, il est obligatoire de posséder un Baccalauréat en sciences de l’information pour travailler en tant que bibliothécaire au Brésil. Pour l’obtenir, il s’agit de suivre une formation d’une durée de quatre ans, soit l’équivalent d’environ 2700 heures d’étude : c’est donc le ministère de l’Éducation et de la Culture qui est responsable de l’accréditation de la profession. Pour être bibliothécaire au Brésil, le diplômé doit aussi s’être enregistré auprès d’un des quinze conseils régionaux de bibliothéconomie du pays (Site du Ministère de l’Éducation [MEC], s.d.).

Il existe actuellement un total de trente-neuf cours de premier cycle en bibliothéconomie que l’on peut suivre au Brésil : ils sont offerts dans vingt-six universités publiques et treize universités privées. Parmi ces dernières, deux universités sont situées dans la région Nord, huit dans la région Nord-est, cinq dans la région Centre-ouest, dix-sept dans la région Sud-est et enfin, sept dans la région Sud (Assis, 2018, p.17). En ce qui concerne les programmes de deuxième cycle, il en existe quarante, parmi lesquels 19 programmes de maîtrise en recherche, 13 de doctorat et 8 de maîtrise professionnelle (Sucupira/Capes, s.d.).

En 2001, le Ministère de l’Éducation du Brésil a établi, à l’aide d’un document, les lignes directrices nationales pour le programme académique servant à être reconnu officiellement en tant que bibliothécaire. En plus de décrire le profil comportemental nécessaire pour devenir bibliothécaire au Brésil, le document rassemble les compétences et les habiletés requises chez un bibliothécaire (Site du MEC, CNE/CES n° 492, 2001, p.32). Les informations contenues dans le document ont pour but de guider les institutions à adapter leurs formations et cours à leur clientèle et à la réalité régionale. Le Ministère de l’Éducation met aussi l’accent dans ce document sur l’importance des stages et du travail interdisciplinaire. Les cours doivent contribuer au développement de la formation générale, pour donner au professionnel des références externes au domaine de la bibliothéconomie, mais aussi un contenu approprié à l’intervention du bibliothécaire dans un milieu spécifique (Site du MEC, CNE/CES n° 492, 2001, p.32-33).

Associations de bibliothèques

Associations

Dans un premier temps, l’Association Brésilienne d’Éducation en sciences de l’information (ABECIN) a pour but d’assurer la discussion portant sur la formation d’individus engagés dans la maintenance et l’expansion du nombre de professionnels œuvrant dans le domaine des sciences de l’information. Sa mission est ainsi de « renforcer de manière particulière le groupe de professionnels au sein du champ des professions de l’information, pour produire une articulation de base afin de guider l’école à consolider les différents segments constitutifs du champ d’action des professionnels du domaine » (Site de l’ABECIN, s.d., traduction libre).

Ensuite, la Fédération brésilienne des Associations des Bibliothécaires (Febab), fondée en 1959 à São Paulo, a pour mandat de protéger et de favoriser l’épanouissement de la profession de bibliothécaire dans le pays. Parmi ses objectifs se trouvent ainsi celui de coordonner et de développer des activités permettant la valorisation des bibliothèques et de leur personnel, ainsi que celui d’appuyer les activités de leurs associés. Les différents états brésiliens ont leurs propres associations professionnelles, parmi lesquelles dix-sept sont affiliées à Febab. (Site de la Febab, s.d.)

Enfin, le Brésil fait également partie de l’Associação de Estados Ibero-Americanos para o Desenvolvimento das Bibliotecas Nacionais da Ibero-América (ABINIA). Fondée le 14 décembre 1989 au Mexique, l’ABINIA est une association internationale et régionale regroupant vingt-deux bibliothèques nationales de la zone Ibéro-américaine. Un de ses objectifs est, en outre, de créer un catalogue réunissant des monographies datant de la période allant du XVIème au XIXème siècle, qui sont présentes à l’intérieur des collections des bibliothèques nationales ibéro-américaines. (Site du Planor, s.d.)

Conseils

Au Brésil, il existe également un système appelé CFB/CRB, qui est composé du Conseil Fédéral de Bibliothéconomie (CFB) et de ses quinze divisions régionales, les conseils Régionaux de Bibliothéconomie (CRBs). Fondé en 1966, le CFB correspond à l’organe central du système, qui est responsable de la coordination générale des activités des conseils; les CRBs, quant à eux, sont les organes régionaux du système responsables de la fiscalisation professionnelle. Le but ultime du CFB/CRB est de fiscaliser l’exercice professionnel du bibliothécaire. Pour exercer la profession, le bibliothécaire doit, en conséquence, s’être enregistré auprès du conseil responsable de la région où il habite et payer une cotisation annuelle (Site du CFB/CRB, s.d.). Des progrès pour la bibliothéconomie au Brésil ont eu lieu grâce à une forte mobilisation du CFB, dont la loi nº12.244 (loi d’universalisation des bibliothèques publiques dans les écoles) approuvée par l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva en 2010 (Spudeit et Führ, 2011).

Syndicats

Actuellement, il existe huit syndicats de bibliothécaires au Brésil. Leurs quartiers généraux sont localisés différemment selon les régions, car deux d’entre eux se trouvent dans la région Sud (états de Paraná et de Santa Catarina), trois sont situés dans la région Sud-est (états de São Paulo, de Minas Gerais et de Rio de Janeiro), deux autres se trouvent dans la région Nord-est (états de Bahia et de Maranhão) et un dernier existe dans la région Nord (états du Pará, d’Amapá et de Tocantins)

Le premier Syndicat de bibliothécaire du Brésil a été fondé vers 1970 dans l’État de Bahia. Ce syndicat a été créé grâce à Antônio Gabriel qui était le président de la Febab à ce moment-là. Dans les années 1980 ceux de Sao Paulo, Minas Gerais et Rio de Janeiro furent créés : d’autres suivront dans les années 2000. (Spudeit et Führ, 2011)

Cadre législatif

Comme mentionné précédemment, la loi numéro 4084 du 30 juin 1962 est l’une des principales entités juridiques régissant la profession de bibliothécaire au Brésil, car elle détaille les exigences à suivre pour exercer la profession. Elle y décrit, entre autres, le processus débouchant à l’obtention du diplôme, la description des fonctions attribuées au bibliothécaire professionnel ainsi que sur les conseils régionaux de bibliothéconomie. Néanmoins, d’autres lois et règlements (par exemple, la loi n°7504 ou le décret n°56.725) furent créés au fil du temps afin de compléter la loi principale (Site de la Chambre des députés, s.d.). En 1998, le président du pays sanctionne la loi 9674, qui porte elle aussi sur l’exercice de la profession de bibliothécaire. Des résolutions furent aussi créées au besoin, la dernière en date étant celle de 2018, qui approuve le code d’éthique et déontologie du bibliothécaire brésilien (Site Portal da Legislação, s.d.).

En 2010, l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a sanctionné la loi sur l’universalisation des bibliothèques scolaires par l’intermédiaire de la loi n°12.244 du 24 mai 2010, obligeant du même coup toutes les institutions d’enseignement (publiques ou privées) à implanter une bibliothèque dans leur environnement, et ce, dans un délai de dix ans. Cette loi stipule également que le nombre de documents possédés par une bibliothèque de ce genre devrait équivaloir au nombre d’élèves inscrits à l’école, ce qui signifie qu’elles devraient être en mesure de fournir au moins un titre par étudiant (Site Portal da Legislação, s.d.). Dix ans plus tard, la loi n’a cependant pas été totalement respectée. Plusieurs écoles manquent encore de bibliothèques, et ce constat est encore plus frappant dans les écoles publiques. Actuellement, les chiffres sont insatisfaisants, car seulement 45,7% des écoles primaires et secondaires possèdent une bibliothèque ou une salle de lecture. Seules 48% des écoles primaires du pays ont une bibliothèque ou une salle de lecture : plus précisément 27,3% d’entre elles ont seulement une bibliothèque, 14,5% d’entre elles ont seulement une salle de lecture et 6,3% d’entre elles ont les deux. Dans les écoles secondaires, le portrait de la situation n’est pas plus reluisant puisque 87,7% d’entre elles ont une bibliothèque ou une salle de lecture : plus précisément, 53,8% d’entre elles possèdent une bibliothèque, 20,6% d’entre elles ont une salle de lecture et 11,3% d’entre elles ont les deux.

Plus récemment, le texte final du projet de loi numéro 9484/18 a été approuvé afin de créer le Système National de Bibliothèques Scolaires (SNBE). En plus de la création du SNBE lui-même, ce projet a pour but de donner un nouveau délai pour le respect de la loi 12.244, fixé à 2024. Un autre aspect important abordé par ce projet de loi est le changement de nom d’un des concepts d’une de bibliothèque scolaire : le projet suggère ainsi le remplacement du mot « collection » par « équipement culturel » (Chambre des députés, 2019).

Information complémentaire/particularités

La ville de São Paulo est reconnue pour ses initiatives culturelles originales, comme le Musée de la Personne (Museu da Pessoa), dont la collection documentaire est composée de multiples témoignages de la population brésilienne. Il s’agit d’un projet si novateur qu’il a inspiré la création de projets similaires aux États-Unis et au Québec. Par ailleurs, la version brésilienne du projet de Bicyclothèque (bibliothèque mobile à vélo) provient également de São Paulo. De par son objectif de rendre ses livres accessibles aux gens nomades non-éligibles à l’abonnement en bibliothèque en raison de leur absence d’adresse postale, le projet est également innovant d’un point de vue écologique et pour la démocratisation de la lecture (Lefebvre, 2013).

Sources consultées

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 1 Droit d'auteur © 2025 par Lina Angers; Olivier A.-Savoie; Camille Archambault; Alexis Baribeault St-Germain; Lucile Bernard; Sarah Bissonnette; Patricia Bossé; Cristina Cernopolc; Irina Buian; Élisabeth Chiasson; Mariette Cliche-Galarza; Caroline Corbières; Valérie Corriveau; Audrey-Anne Côté; Antoine Cotnoir; Sophie Courchesne; Diana Maude Couture; Camille Demers; Nellie Demers; Karine Desroches; Patricia Duchesne; Isabelle Fontaine; Caroline Fortin; Audrée Frappier; Charles-Antoine Fugère; Audrey Gan-Ganowicz; Alexandre Gauthier; Rahel Hadzi; Wahida Haouaoussa; Anabel Hébert; Nathan Herbaut; Virginie Houde; Sara Itani; Laurie Jetten-Vigeant; Sandrine Julien; Ariane Labelle; Joanie Lacas; Jordan Lajeunesse; Philippe Lamontagne; Charlie Laviolette; Christelle Magalie Louamba-Louzolo; Marie-Pier Landry; Julie Langlois Côté; Vicky Laporte-Torres; Gemma Lavoie; Jessica Legault; Olivier Lirette Teoli; Carl-Éric Magnan; Clabèle Julie Noutchitou Mbom; Romy Otayek; Marc-André Ouellette; Constance Poitras; Thomas Poulin; Gabriel Reid; Julia Elisa Reyes-Cerritos; Karine Robertson; Pierre-Emmanuel Roy; Mathilde Sainte-Marie; Véronique Savoie; Gregory Sides; Julie Lise Simard; Guyllaume Soucy-Jalbert; Marie-Hélène Tanguay-Bérubé; Rosine Tétreault; Hélène Théoret; Philippe Antoine Tremblay; Alexandre Trépanier; Sammie Wilcox-Gélinas; Ilda Carmélia Lopes; Julia Paquin-Domingues; Julie Morin; Mathieu Bureau Meunier; Mégane Ollivier; Seeun Kim Chung; et Emmanuelle Roy est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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