13 Grèce
(Sophie Courchesne, Jessica Legault et Rosine Tétreault)
Profil du pays
La Grèce est située dans la péninsule balkanique, en bordure de la méditerranée. Elle forme, pour l’Europe, un petit État, tant par son territoire que par sa population. En 2020, la Grèce compte 10,7 millions d’habitants (Université Sherbrooke, 2020), qui sont inégalement répartis sur 132 000 kilomètres carrés de territoire (Burgel, n.d.). Toutefois, sa petite taille ne reflète pas l’importance de sa signification historique et sa situation géographique.
L’attachement de la population grecque à sa langue et son orthodoxie lui a permis de survivre aux multiples invasions et aux occupations. Mais sa position territoriale l’a ensuite appelé à devenir une terre d’accueil pour beaucoup d’immigrants, clandestins ou légaux, venant d’Europe orientale ou d’Asie (Burgel, n.d.).
D’un point de vue politique, la Grèce s’engage dans le développement libéral à la suite de la période de reconstruction, issue de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre civile de 1946-1949 (Burgel, n.d.). Ce développement engendre une mutation des structures sociales et économiques du pays. La solidarité de la Grèce à l’Europe et au monde occidental se solidifie par le biais de deux évènements importants : la chute du régime des colonels en 1974, marquant le passage d’une dictature militaire à des régimes parlementaires, et l’adhésion du pays à la Communauté économique européenne (Marché commun) en 1981, faisant de lui un État fondateur de la zone euro (Burgel, n.d.).
Histoire
L’histoire des bibliothèques en Grèce prend racine dans l’antiquité. Le terme bibliothèque (bibliothèkè) est y attesté pour la première fois dans un texte de la seconde moitié du IVe siècle avant J.-C. (Martin, s.d.). Il s’agit alors de bibliothèques privées. C’est au début de l’époque hellénistique que les bibliothèques publiques firent leur apparition, grâce aux successeurs d’Alexandre le Grand, dans l’idée de répondre à une vocation mémorielle (Coqueugniot, 2008).
Les bibliothèques remplissent alors un rôle similaire aux bibliothèques contemporaines, celui de la conservation et de la transmission des textes et du savoir, et exposent une volonté encyclopédique. Conséquemment, les textes grecs accumulés dans les bibliothèques étaient accompagnés d’une importante activité d’édition et de commentaires (Coqueugniot, 2008). Parallèlement, un second rôle s’est développé, relié à la vocation mémorielle plus personnelle ou dynastique. Cette vocation est marquée d’une volonté politique, par la propagation de la culture hellène et la domination idéologique des dynasties fondatrices de l’époque hellénistique.
Suite à l’époque byzantine et la première domination turque, l’occupation ottomane de la Grèce prive la Grèce de toute bibliothèque : le pays n’a pas vécu l’éclosion de l’imprimerie, contrairement à ses voisins d’Europe (Poulain, 1992). La première imprimerie grecque est fondée qu’au XIXe siècle, suite au rejet de la domination ottomane et à la Libération du pays, mené par le mouvement des Lumières grec et conclu par l’indépendance de 1828. Le mouvement des Lumières a tenté de faire connaître les éléments de la culture imprimée en encourageant l’édition et l’éducation et en créant un certain nombre d’écoles équipées de bibliothèques (Poulain, 1992). Au milieu du XIXe siècle, la bibliothèque du Parlement et les premières bibliothèques municipales sont créées.
En 1949, l’État grec tente d’organiser un réseau de bibliothèques publiques par une loi (Loi 1360), vouée à munir les 52 circonscriptions administratives régionales d’une bibliothèque publique, en prenant en charge celles existantes et en créant les autres. C’est en 1951 que naît la première bibliothèque de prêt, avec le libre accès et la classification Dewey, incluant une section adulte et une section enfants. Mais seules 41 de ces bibliothèques furent finalement créées et seules quelques-unes commencèrent à adopter les principes de la lecture publique (Poulain, 1992).
De 1967 à 1974, la dictature en Grèce marque une période difficile pour les bibliothèques, marquée par la censure et la surveillance de l’édition, des lectures et des lecteurs. C’est au début des années 80 que des tentatives pour assimiler et mettre en œuvre quelques espaces, dans la tradition de la public library, sont effectuées (Poulain, 1992). Aujourd’hui, peu de statistiques fiables existent sur l’édition grecque, mais l’embellie éditoriale qui a suivi la chute de la dictature s’est trouvée confrontée à la récession économique des années 80 et à la concurrence des autres médias (Poulain, 1992). La crise économique qui a débuté en 2008 a contribué au climat d’austérité dans le milieu des bibliothèques. Entre autres, elles ont subi de nombreux licenciements, interruptions de services et coupes budgétaires importantes. (Katsirikou et Barret, 2013)
Types de bibliothèques
Bibliothèque nationale
La Bibliothèque nationale de Grèce se trouve à Athènes. C’est une institution publique financée par le ministère de l’Éducation et des Affaires religieuses (IFLA, s.d.). Les missions de la Bibliothèque nationale s’articulent ainsi (Katsirikou et Barret, 2013) :
- Collecter les documents imprimés et édités en Grèce au titre du dépôt légal.
- Élaborer et publier la Bibliographie nationale courante et rétrospective ainsi que les catalogues des diverses catégories de documents qui composent ses fonds.
- Assurer, en tant que centre bibliographique national, la définition des directives, des normes et des formats adoptés pour l’identification, la description et le catalogage des documents.
- Prendre en charge l’attribution des numéros ISBN, ISSN et ISMN.
- Définir les orientations et les directives en matière de conservation, numérisation et restauration des documents sur supports matériels et de leurs contenus.
- Coopérer avec d’autres organisations au plan national et international et participer à des projets de recherche et développement ; représenter la Grèce au sein d’entités internationales dans les domaines liés à ses missions et activités.
La Bibliothèque nationale de Grèce a été instaurée en 1832 (Keller, 1993). Elle existait alors depuis 1829, mais sous le nom de bibliothèque publique. Suite à l’indépendance de la Grèce, Ionannis Kapodistrias, gouverneur de la Grèce, décida de fusionner la bibliothèque, le musée national, l’école centrale et l’imprimerie nationale à Égine. C’est en 1834 que la Bibliothèque nationale sera relocalisée à Athènes, nouvellement capitale du pays. Le développement de la collection se fera rapidement. Dès 1842, 35 000 volumes s’ajoutent aux collections déjà existantes de 15 000, grâce à la fusion avec l’Université d’Athènes.
En 2014, la bibliothèque nationale a offert de nouveaux services numériques pour le réseau des bibliothèques grecques (IFLA, s.d.). Elle a aussi mis en œuvre un grand projet de numérisation. La base de données en libre accès offerte par la bibliothèque se nomme efimeris. Elle contient 22 000 pages de journaux et de manuscrits numérisés (Katsirikou et Barret, 2013).
En 2018, la bibliothèque nationale a déménagé au centre culturel de la Fondation Stavros Niarchos qui a financé le projet de 600 millions d’euros (IFLA, s.d.). La bibliothèque est sur 4 étages, s’étend sur 22 000 m2. Les équipements en matière de conservation et de préservation, ainsi que des outils technologiques sont plus modernes dans cet établissement. La conception et l’aménagement des locaux se sont faits en partenariat avec la British Library (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèque parlementaire
La Bibliothèque du parlement hellénique a été fondée en 1844 par le premier parlement à la suite de la création de la constitution (Parlement grec, 2020). La mission de cette bibliothèque est de soutenir le travail des députés grecs. Bien que sa mission soit relative aux élus, la bibliothèque est ouverte au public. Ses collections sont mises à la disposition des organisations publiques et scientifiques. Un effort a été déployé afin de créer une collection numérique constituée des archives du parlement, des journaux et des textes constitutionnels grecques, ainsi que des textes de lois et règlements (Katsirikou et Barret, 2013).
De 1875 à 1887, Timoleon Philemon, trésorier du parlement, fera un grand travail afin d’organiser et d’enrichir la collection de la bibliothèque parlementaire. La vaste collection de la bibliothèque est principalement due à ses demandes de dons qui permettront l’acquisition de 95 000 publications. Nikolaos Politis est chargé de la classification de la bibliothèque ; il utilisera le système de classification de la bibliothèque de Munich (Parlement grec, 2020). La bibliothèque a aussi le privilège du dépôt légal dans le cas des publications éditées et diffusées en Grèce (Katsirikou et Barret, 2013). Elle comprend aujourd’hui la bibliothèque centrale et la bibliothèque Benakeio. (Parlement grec, 2020).
Bibliothèques publiques
Le réseau des bibliothèques de Grèce est organisé selon trois types de bibliothèques : les dimosies bibliothikes (les bibliothèques publiques), les bibliothèques municipales et les bibliothèques pour les jeunes (Katsirikou et Barret, 2013).
Dimosies bibliothikes
Les bibliothèques publiques sont sous la supervision et financées par le ministère de l’Éducation, ce qui les positionne de façon avantageuse comparativement aux bibliothèques municipales. En effet, l’absence d’interférences des autorités et des événements politiques leur assure un climat plus favorable. La planification stratégique a permis de faire des changements en profondeur : amélioration de la gestion des budgets, modifications au niveau législatif et redéfinition du rôle culturel et économique des bibliothèques (Katsirikou et Barret, 2013).
Dans les années 2000, un service de référence en présentiel a pu être déployé, grâce au soutien de l’Union européenne. Le projet consistait à moderniser le catalogue, donner accès aux bases de données en lignes, développer les réseaux locaux et internationaux de prêt entre bibliothèques, évaluer en continu les besoins des usagers pour améliorer les services offerts, ainsi que d’offrir davantage de formation continue aux personnels des bibliothèques (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèques municipales
Les bibliothèques municipales sont les moins développées. Cette situation s’explique notamment par l’absence d’autorité régulatrice qui définirait une mission, des politiques ou un objectif commun, qui se traduit par un manque de cohésion et de cohérence à travers le réseau. Les grandes décisions relèvent de la volonté du maire et de leurs conseils municipaux, qui la plupart du temps, se préoccupent très peu de l’impact des bibliothèques dans leur collectivité. Ce sont les municipalités qui financent les bibliothèques publiques de leur secteur (IFLA, s.d.). Les budgets sont insuffisants, ce qui a pour résultat des collections appauvries, une pénurie de ressources, des heures d’ouverture restreintes, des locaux inadaptés et une absence d’équipement informatique ou même d’accès à internet (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèques pour enfants
L’Agence des bibliothèques pour enfants et adolescents (OPEB) s’occupe de mettre en place des bibliothèques pour enfants et adolescents, ainsi que des projets dédiés à cette catégorie d’âge. Les bibliothèques associées à l’OPEB proposent des activités et des programmes culturels et éducatifs (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèques scolaires
Ce type de bibliothèque est récent en Grèce. Dans l’article La réforme éducative conduite sous le nom d’Éducation 2000 (2001), Papazoglou et Semertzaki tentent de faire évoluer le modèle éducatif afin d’y inclure des choix variés de manuel par les professeurs et des choix de cours variés par les élèves. Ce programme met en lumière la recherche et l’esprit critique, et justifie le besoin de mettre en place 500 nouvelles bibliothèques dans les écoles secondaires de Grèce. Lors de la première phase, de 1999 à 2000, cinquante bibliothèques ont été ouvertes dans les régions d’Athènes, de Thessalonique, des Cyclades, d’Épire et du nord-est de la Grèce. Durant la deuxième phase, 450 bibliothèques ont été créées sur l’ensemble du territoire. Les bibliothèques de la phase 1 sont gérées par des bibliothécaires, alors que les 450 autres sont coordonnés par les enseignants. Dû à la crise économique, la plupart d’entre elles sont aujourd’hui fermées ou fortement ébranlées (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèques universitaires
Les bibliothèques universitaires de Grèce sont plus développées que les bibliothèques publiques (Poulain, 1992), notamment grâce aux financements du ministère de l’Éducation et des Affaires religieuses, des budgets alloués par les universités et des subventions de l’Union européenne. Elles offrent l’accès à plus de 15 000 journaux électroniques et plusieurs bases de données (IFLA, s.d.). Il y a 23 universités et 15 instituts d’enseignement technologique en Grèce, toutes équipées de bibliothèque centrale, département ou associé à un laboratoire. Les universités anciennes possèdent plusieurs bibliothèques départementales. Auparavant, la structure départementale des universités était organisée autour des professeurs, l’accès était alors très limité et les services étaient alors inadaptés, notamment à cause d’une mauvaise infrastructure technologique et des processus inexistants (Katsirikou et Barret, 2013). Les universités plus récentes ont des bibliothèques centrales, sauf si elles sont dispersées sur un territoire trop large ou même sur plusieurs îles (Katsirikou et Barret, 2013).
Un catalogue collectif des bibliothèques universitaires de Grèce a été implémenté grâce aux financements de l’Union européenne. Le catalogue collectif contient trois sous-catalogues : HEDI, EKT, ARGOS. Le catalogue collectif est un projet important qui donne accès aux utilisateurs à une base de données unique connectée à l’ensemble des bibliothèques grecques. Ce système facilite la recherche et la localisation des documents. Le consortium des bibliothèques universitaires grec est l’organisation qui fait la gestion du catalogue collectif (Katsirikou et Barret, 2013).
Grâce à la reconnaissance du rôle primordial de la bibliothèque par la Commission européenne, un plan d’action (1994-1999) visant à soutenir les avancées nécessaires en éducation et en science a été mis en place, notamment au niveau du développement et de la modernisation en enseignement et en recherche à l’échelle du pays. Il y a plusieurs améliorations au niveau des activités et des lieux : modernisation des bâtiments, bonification des services, numérisation des fonds anciens, accroissement des collections et développement du cyberapprentissage (Katsirikou et Barret, 2013).
Bibliothèques privées et spécialisées
Il y a 200 bibliothèques spécialisées et bibliothèques privées en Grèce, incluant les bibliothèques en milieu hospitalier (IFLA, s.d.). Elles sont en situation précaire : bâtiments détériorés, manque de personnel, budgets insuffisants et services numériques datés. Par exemple, l’hôpital Evangelismos fermera ses portes lorsque sa bibliothécaire prendra sa retraite, faute de trouver un remplacement.
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
La formation
Les premières tentatives pour l’instauration de programmes éducatifs en bibliothéconomie datent de 1957, par le biais de séminaires de formation, mais la première école de bibliothéconomie grecque est créée en 1961, dans les locaux et avec le financement du YWCA (Youth Women’s Christian Association) d’Athènes. L’école forme 288 bibliothécaires, sur un apprentissage de 6 mois, qui auront un impact déterminant sur l’évolution des bibliothèques, jusqu’alors influencé par la bibliothéconomie anglaise et américaine (Poulain, 1992).
Dans les années 1970, les instituts technologiques (TEI, Technologiko Ekpaideutiko Idryma, Technological Education Institution) sont créés, afin d’offrir plusieurs formations aux bacheliers. Deux écoles de bibliothéconomie sont ouvertes dans le cadre de ces instituts, une à Athènes en 1977, et une à Salonique en 1981 (Moreleli-Cacouris et Sitas, 2009). La formation est de trois années à l’école, suivie de dix mois de stages et de la présentation d’un mémoire. Les disciplines de la bibliothéconomie y sont enseignées, telles que le catalogage et la classification, la bibliographie, l’informatique et les nouvelles technologies et la gestion, mais également les disciplines périphériques, telles que la littérature grecque et internationale (Poulain, 1992).
En 1993, le département des Archives et Bibliothéconomie est fondé à l’Université Ionienne, à Corfou, permettant d’offrir la première formation doctorale. Depuis 2003, plusieurs programmes de maîtrise et doctorat sont offerts, en collaboration avec le département TEI d’Athènes (Moreleli-Cacouris et Sitas, 2009):
- Au département d’archivistique et de bibliothéconomie de l’Université Ionienne: ce département universitaire, créé en 1993, est le seul au pays spécialisé dans les aspects cognitifs des sciences de l’information et des bibliothèques, de l’archivistique et de la muséologie (Katsirikou et Barret, 2013).
- Au département de sciences des bibliothèques et systèmes d’information de l’Institut d’enseignement technologique d’Athènes (TEI-A): ce département a été le premier à proposer un cursus en bibliothéconomie, en 1977, qui a été actualisé et recentré sur la gestion de l’information en 2009 (Katsirikou et Barret, 2013).
- Au département de sciences des bibliothèques du TEI de Thessalonique: ce département a été créé en 1984 et se spécialise en services de conseil aux bibliothèques (Katsirikou et Barret, 2013).
D’autres universités proposent également des formations en bibliothéconomie et en sciences de l’information, au baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat:
- Le département des archives, de la bibliothéconomie et des systèmes d’information de l’Université de l’Attique occidentale (IFLA, s.d.).
- Le département des archives, de la bibliothéconomie et des systèmes d’information de l’Université internationale hellénique (IFLA, s.d.).
- Le département de l’information et des systèmes de communication de l’Université de Égéenne (ALA, s.d.).
Association de bibliothèques
L’Association des bibliothécaires grecs, l’EEB (Enosis Ellinon Bibliothikarion), est créée en 1968, mais la première association date de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La principale revendication de l’association concerne le développement des bibliothèques et l’exigence d’une professionnalisation pour les postes en direction. Les membres fondateurs sont majoritairement issus de la première école de bibliothéconomie ou formés à l’étranger (Poulain, 1992). Dans ses débuts, l’association acceptait toutes personnes travaillant en bibliothèque depuis plus de trois ans, professionnels ou non, mais depuis 1990, elle n’autorise que les diplômés en bibliothéconomie et distingue les divers types d’adhérents en fonction de leur statut. Il s’agissait alors d’un effort vers l’exigence de la professionnalisation des cadres. Avec ses quelque 600 membres, l’association peine encore à affirmer sa force, puisqu’elle n’a organisé que six congrès depuis sa création et sa dernière rencontre à Athènes, sur la question des nouvelles technologies, remonte à 1990 (Poulain, 1992).
L’association regroupe plusieurs types de membres, tant les professionnels et les stagiaires que les membres honoraires et les associés. Elle est organisée en sections régionales et travaille par commissions sectorielles, notamment les bibliothèques universitaires et scolaires, ou thématiques (Poulain, 1992). L’association publie sporadiquement le bulletin Bibliothèques et information (Bibliothikes kai Pliforisi) depuis 1984, et une lettre d’information, publiée 8 fois par année. Elle a notamment publié une adaptation grecque de sections de la classification de Dewey et des publications sur l’histoire des bibliothèques en Grèce (Poulain, 1992). Aujourd’hui, l’association inclut également les spécialistes de l’information en général et se nomme l’Association des bibliothécaires et des spécialistes de l’information grecs (EEBEP). Son pendant existe pour les archivistes, l’Association grecque des bibliothécaires et des archivistes (EABE) (Katsirikou et Barret, 2013).
Le Conseil général hellénique des bibliothèques (HGCL) travaille en collaboration avec la Bibliothèque nationale de Grèce pour développer et suggérer de nouvelles politiques et stratégies pouvant, entre autres, moderniser et améliorer les bibliothèques publiques et ses relations avec les bibliothèques d’autre type. L’association fait partie du ministère de l’Éducation, de la Recherche et des Affaires religieuses. (HGCL, 2018)
Cadre législatif
Créée en 2003, puis amendée en 2017, la loi « Bibliothèque nationale de Grèce, bibliothèques publiques et autres provisions »* concerne « le statut légal, les objectifs, la structure administrative, le financement et la gestion du personnel » de la Bibliothèque nationale et des bibliothèques publiques. La régulation et l’offre de service des bibliothèques publiques sont toutefois prévues par la loi « Régulation des bibliothèques publiques », mise en place en 2017. En 2018, la loi « Établissement du réseau de bibliothèques scolaires primaires et publiques » s’ajoute aux lois concernant les bibliothèques; elle détermine les objectifs, la régulation, ainsi que la gestion du personnel et du matériel des bibliothèques scolaires. (IFLA, s.d.)
En ce qui concerne le dépôt légal, la première loi le concernant fut adoptée en 1834. Cette loi ordonnait alors que les manuscrits et livres des monastères, églises et autres lieux publics dussent être transférés à la Bibliothèque publique. Cette loi donnait l’obligation aux éditeurs de déposer à la bibliothèque une copie de tous les livres, journaux et périodiques imprimés en Grèce. (Zachos, 2008)
La loi sur le dépôt légal fut modifiée en 2017. Les éditeurs et les auteurs qui publient de manière indépendante ont l’obligation de déposer quatre copies de tout type de publications (imprimée, audio, vidéo, digital…) à la Bibliothèque nationale de Grèce, et deux copies à la bibliothèque du parlement hellénique. En plus des copies imprimées, les éditeurs doivent remettre une copie électronique sans barrière d’accès. (IFLA, s.d.) C’est par cette loi que la Bibliothèque Nationale de Grèce est désignée l’organisation responsable d’archiver le web hellénique. (IFLA, s.d.)
La loi « Propriété intellectuelle, droits connexes et questions culturelles » prévoit des exceptions pour certains usages des bibliothèques et centres d’archives sans but lucratif. Par exemple, il leur est permis de faire une copie additionnelle d’un document pour l’offrir à une autre bibliothèque ou un service d’archive sans but lucratif, et ce, sans avoir besoin du consentement de l’auteur et sans dette à son encontre. La copie est permise s’il n’est pas possible de se procurer un exemplaire sur le marché.
*La traduction en français des titres de lois est de nous.
Références
American Library Association (s.d.). Education & Careers, Greece. http://www.ala.org/educationcareers/employment/foreigncredentialing/worldlist
Burgel, G. (s.d.). Grèce – Espace et société. Dans Encyclopædia Universalis. https://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-espace-et-societe/
Coqueugniot, G. (01 octobre 2008). Des mémoriaux de pierre et de papyrus : les fondations de bibliothèques dans l’Antiquité grecque, entre mémoire et propagande, Conserveries mémorielles, (5), http://journals.openedition.org/cm/96.
Greeka. (s.d.). Zakynthos Georgios Tertsetis. Greeka. https://www.greeka.com/ionian/zakynthos/history/georgios-tertsetis/
Hellenic General Council of Libraries. (2018). Page d’accueil. Hellenic General Council of Libraries https://hgcl.minedu.gov.gr/index.php/en/
IFLA. (s.d.). Greece. Library Map of the world. https://librarymap.ifla.org/countries/Greece
Katsirikou, A. Barret, E. (2013). Les bibliothèques en Grèce, à Chypre et à Malte. Dans Katsirikou, A. Barret, E. (dir.), Les bibliothèques publiques en Europe (p.61-79), Éditions du Cercle de la Librairie. https://doi.org/10.3917/elec.blin.2013.01.0061
Keller, D. (1993). Academic Libraries in Greece : The Present Situation and Future Prospect. Routledge. https://books.google.ca/books?id=aaYnxGfDXlEC&pg=PA26&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
Martin, H-J. (s.d.). Bibliothèques. Dans Encyclopædia Universalis, http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/bibliotheques/
Moreleli-Cacouris, M et A. Sitas (2009). Greece: Part I Libraries. Dans M. J. Bates (ed.), Encyclopedia of Library and Information Sciences.Taylor & Francis Group. https://doi.org/10.1201/9780203757635
Naidoo, J. (4 septembre 2018). Global Children’s Libraries, Literacy, and Programs: ALSC On the Road in Athens, Greece. ALSC Blog. https://www.alsc.ala.org/blog/2018/09/global-childrens-libraries-literacy-and-programs-alsc-on-the-road-in-athens-greece/
Parlement grec. (30 novembre 2020). Bibliothèque. Parlement grec. https://library.parliament.gr/
Poulain, M. (1992). La Grèce. Dans M. Poulain (dir.), Les bibliothèques publiques en Europe (p.193-212), Éditions du Cercle de la Librairie. https://doi.org/10.3917/elec.poul.1992.01.0193
Stamou, G. (25 avril 2014). Lyric and Library are delivered in 2016. (Traduit par Google) Ελευθεροτυπία. http://www.enet.gr/?i=news.el.article&id=427378
Université de Sherbrooke (5 novembre 2020). Perspective Monde, Grèce. https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/GRC/fr/SP.POP.TOTL.html
Zachos, G. (2008). « The National Library of Greece: Its Situation and Prospects for Development with a Note on Academic Libraries in Greece ». Journal of Modern Greek Studies, 26, 63‑77. https://doi.org/10.1353/mgs.0.0017