"

19 Liban

(Romy Otayek, Hélène Théoret, Diana Maude Couture)

Profil du pays

Géographie

Bordant la méditerranée, le Liban a pour voisin la Syrie au nord et Israël au sud, il est délimité par la chaîne de montagnes du Mont-Liban, de l’Anti-Liban et de la Bekaa au centre (Tohmé, Hakim, Kanaan-Atallah, 2016). Petit pays de 10 452 km2, sa riche histoire est parsemée de périodes troubles qui ont plusieurs fois mis à rude épreuve sa stabilité politique et territoriale. La dominance de la mer et du vent apporte un temps favorable aux terres proches du littoral alors que la température se transforme à l’intérieur du territoire provoquant des sécheresses en période estivale. Ainsi doté d’un climat favorable et de terres fertiles, le Liban a longtemps réussi à vivre de son agriculture jusqu’à ce que l’étalement urbain se prolonge sur ses étendues agricoles (Tohmé, Hakim, Kanaan-Atallah, 2016).

Histoire du pays

Le Liban s’est développé en dyade aux civilisations qui ont occupé son territoire avant d’obtenir son indépendance en 1943. Ainsi, l’histoire libanaise est ponctuée de plusieurs périodes distinctes soit ; l’antiquité, les conquêtes arabes, la domination de l’Empire ottoman, le protectorat français et l’après-guerre civile entre autres. Encore aujourd’hui, il est ardu d’unifier l’histoire du pays sans heurter les sensibilités des différentes confessions (Raymond, 2013). Malgré ses instabilités politiques et la cohabitation parfois houleuse entre ses 18 principales communautés, la Suisse du Moyen-Orient, surnom du Liban durant le XXe siècle (Wikipédia, n.d.), a développé un héritage culturel riche et unique dominé par une vie intellectuelle en ébullition qui ne cesse de se renouveler et ses bibliothèques ne font pas exception à la règle.

Histoire

À l’image de l’histoire du pays, les bibliothèques libanaises ont connu des hauts et des bas prouvant leur capacité à se renouveler constamment. Le Proche-Orient peut être considéré comme le berceau des premières bibliothèques en Égypte et en Mésopotamie. Les Phéniciens, premiers habitants de ce qui deviendra le Liban actuel, ont propagé leur alphabet de 22 signes à travers les civilisations (Deliwannes, Younan, 1975). Des récits relatent aussi la présence de bibliothèques au Moyen-Âge dans la région de Tripoli (Fattal, 1998). Malgré ce riche héritage, les bibliothèques libanaises ont dû surmonter des obstacles considérables, particulièrement imputables à la guerre civile qui sévit au cours du XXe siècle.

C’est, notamment le cas de la Bibliothèque Nationale détruite durant la guerre de 1975-1990 qui peine encore aujourd’hui à retrouver son statut d’antan. Sous le protectorat français des années 20, le Liban connaît une période d’intenses activités entre sur les plans industriels et littéraires (Perrin, 1999), ce qui permet l’ouverture de la Bibliothèque Nationale en 1921, grâce au don des collections du comte Philippe de Tarrazi. Il en sera nommé secrétaire général, mais quittera ses fonctions en 1939. En 1935, la bibliothèque devient un service du ministère de l’Éducation nationale (Silve, 2018). Le futur président Camille Chamoun y travaillera pendant deux ans à partir de 1922 et le système de classification qu’il mettra en place sera d’ailleurs utilisé durant les 30 années suivantes (Chamoun, 1963). Depuis les années 2000, un plaidoyer est mis en place pour la reconstruction de la Bibliothèque nationale du Liban et sa réhabilitation.

Les bibliothèques universitaires apparaissent et prolifèrent bien avant les bibliothèques publiques. Universités et bibliothèques sont indissociables, car interdépendantes, elles représentent le savoir et l’accessibilité à la connaissance (Deliwannes, Younan, 1975). Dès le XIXe siècle, les grandes universités libanaises comme l’université américaine de Beyrouth enrichissent leurs bibliothèques de nombreux documents et leur octroient un important budget pour l’enrichissement de leurs fonds (Deliwannes, Younan, 1975). En plus d’une bibliothèque centrale, les universités développent aussi des bibliothèques spécialisées en médecine, agriculture ou en droit annexé aux diverses facultés.

Après la guerre civile qui paralyse le pays, la reconstruction est imminente, dans le but de remettre à neuf les infrastructures. De nombreux projets d’ouverture de bibliothèques sont proposés dont une grande bibliothèque d’informations basée à Tripoli dans le nord du pays. Le Liban compte alors un réseau de 70 bibliothèques. Toutefois, l’agression armée de 2006 en détruira une trentaine obligeant le pays à se rebâtir encore une fois (Libanvision, 2006).

image

Ancien bâtiment de la Bibliothèque nationale du Liban — 1930. Image

Domaine public, auteur inconnu via Wikipedia Commons

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Biblioth%C3%A8que_nationale_du_Liban_1.jpg

Types de bibliothèques

Scolaires

Les institutions éducatives sont très diversifiées, notamment à cause de la diversité religieuse et sociale qui contribue à la mise en place de plusieurs écoles privées (Solidarité laïque, 2016) qui se distinguent des écoles publiques par leur budget et leur réglementation. Les écoles primaires et secondaires du Liban connaissent pour la plupart un déficit en termes de bibliothèques scolaires, particulièrement dû au manque de ressources, d’espace et de personnel qualifié. Ainsi, les jeunes ne sont pas mis en contact régulièrement avec les livres et la notion de bibliothèque, à moins de fréquenter les bibliothèques publiques. Les livres scolaires possédés par les écoles libanaises portent généralement sur l’histoire, les sciences naturelles et les traditions libanaises présentées simultanément en arabe, français et anglais. Les élèves ont donc peu de ressources en ce qui concerne la littérature jeunesse, et ce, même dans les bibliothèques publiques. En effet, les sections enfantines sont relativement nouvelles et sous-développées. Des activités sont toutefois proposées pour les plus jeunes : l’heure du conte, animations et expositions (Inayat Issa, 1981). Ces insuffisances se font encore sentir surtout dans les écoles publiques qui ne bénéficient pas d’accès à des ressources de base comme des bibliothèques scolaires étoffées (Deliwannes, Youman, 1975).

Universitaires

En ce qui concerne les bibliothèques universitaires, leur présence est moins sporadique que celles en milieu primaire et secondaire. Selon la norme, chaque université possède au minimum une bibliothèque. N’empêche qu’on remarque encore une fois des différences non négligeables entre les universités privées et publiques, particulièrement au niveau du budget, des ressources et des professionnels sur place. Selon l’emplacement au sein du pays, les livres sont majoritairement en anglais, en arabe ou encore en français. Les bibliothécaires s’occupent normalement de l’acquisition et de la classification des documents, il faut cependant selon, les universités l’approbation du chancelier de la faculté pour approuver les nouvelles demandes. Les bibliothèques des universités privées ont aussi généralement des heures d’ouverture plus longues que celles des universités publiques. Les bibliothèques universitaires publiques sont pour la plupart situées à même la capitale. La mise en réseau de leur différente collection est encore un projet qui apporterait beaucoup à la communauté universitaire puisqu’elle permettrait une plus large diffusion des différents ouvrages (Deliwannes, Youman, 1975).

– Université privée

La bibliothèque de Nami Jafet de l’université américaine de Beyrouth privée (AUB), est l’une des bibliothèques universitaires qui fût totalement informatisée à la fin des années 90, bien qu’elle ait conservé ses fiches microfilms. Fondée en 1869, elle accumule ses livres, au départ, grâce aux dons des missionnaires de l’AUB. La collection s’élargit grandement après la Deuxième Guerre mondiale et comprend aujourd’hui la plus importante collection d’affiches des partis politiques libanais, ainsi qu’une collection d’affiches de films égyptiens. Le succès de cette bibliothèque façonne la mise sur pied de la bibliothèque de la faculté d’agriculture, celle de la faculté d’ingénierie et d’architecture ainsi que la Bibliothèque Saab. Les quatre bibliothèques de l’AUB comptent 400 000 livres et 200 000 autres publications, au total 600 000 ouvrages imprimés. Elles possèdent également 1,3 million de livres électroniques, ont accès à 190 000 publications électroniques et sont abonnées à 350 000 banques de données. Cela fait de l’AUB l’une des rares universités du monde à avoir accès à un aussi grand nombre de publications en ligne (Khoder, Patricia, 2016).

– Université publique

La bibliothèque de l’Université publique Saint-Joseph est mise sur pieds en 1875 et se divise en plusieurs bibliothèques correspondant aux différents départements. Elle renferme près de 230 000 titres d’ouvrages anciens et rares :

1800 titres de revues et périodiques ; des journaux depuis le début de la presse arabe ; 3500 manuscrits arabes, principalement d’auteurs chrétiens ; 100 000 documents photographiques datant d’à partir du début du XXe siècle ; une cartothèque sur le Moyen-Orient d’environ 2000 cartes géographiques ; près de 50 000 nouvelles acquisitions d’ouvrages (La bibliothèque de l’Université Saint-Joseph, mis à jour régulièrement).

 

Le fonds bibliographique est principalement axé sur les disciplines suivantes : l’archéologie, les religions, l’histoire, la géographie, la philosophie, la linguistique, l’islamologie, la photographie, la littérature et l’art. Comme pour la bibliothèque de l’AUB, la collection a été majoritairement numérisée, ce qui permet la recherche sur catalogue web (La bibliothèque de l’Université Saint-Joseph, mis à jour régulièrement). Contrairement aux bibliothèques primaires et secondaires, les bibliothèques universitaires sont considérables fournies et possèdent des documents d’une richesse incroyable. Toutefois, le manque de personnel se fait également sentir dans ces milieux.

Municipales

Le Liban compte de nombreuses bibliothèques municipales, certaines de celles-ci font partie du réseau Assabil. Assabil est une organisation non gouvernementale libanaise à but non lucratif qui a pour objectif principal d’encourager la lecture et de la rendre accessible à tous. Les 25 bibliothèques du réseau possèdent un fond varié de documents : magazines, romans, BD, documentaires, etc., et ce, dans 3 langues (arabe, français et anglais). En parallèle, chacune tente de répondre aux besoins spécifiques du quartier où elle se trouve : la bibliothèque de Monot, par exemple, possède une collection d’ouvrages portant sur l’Art. À la suite de la guerre de 2006, un nouveau concept fait son apparition à Beyrouth, le Kotobus, soit les bibliobus ayant pour but d’aller à la rencontre des lecteurs. Cet autobus se déplace dans les écoles publiques, les banlieues et les camps de réfugiés. L’accès à ces bibliothèques et aux services qu’elles offrent (dont des ordinateurs connectés à internet) est gratuit. Le prêt à domicile est néanmoins réservé aux abonnés, mais le tarif d’abonnement ne consiste qu’en une cotisation symbolique qui est remboursable lors de l’arrêt du prêt (Kaaki, Douaa, 2016).

Nationales

La bibliothèque nationale du Liban a traversé plusieurs épreuves depuis sa création par le vicomte Philippe de Tarrazi en 1921 ; guerres, négligence, carence au niveau des structures administratives, etc. Philippe de Tarrazi, met à contribution sa propre collection pour ériger cette bibliothèque, soit près de 20 000 ouvrages. Nommé conservateur de la bibliothèque, il multipliera les voyages pour enrichir la collection, et lorsque celle-ci emménage dans le local qui restera le sien jusqu’à la guerre de 1975, la collection comprend près de 32 000 ouvrages. Entre-temps, l’État aura décrété le dépôt légal en 1924 et affecté huit employés relevant du ministère de l’Éducation, dont la bibliothèque est devenue un service. En 1939, Philippe de Tarrazi quitte, le bibliographe Youssef Assad Dagher, l’écrivain Abdel Latif Charara et d’autres personnalités occupent ainsi le poste de dirigeant de la bibliothèque. Malheureusement, le personnel ne détient pas toujours les formations nécessaires et comme il n’y a pas de catalogue mis en place, il est difficile d’évaluer l’importance de la collection. En 1975, les effets de la guerre se font sentir et une partie de la bibliothèque est victime des flammes. Puis, en 1982 et 1983, la collection moderne est mise en caisse et déposée dans un local, situé dans une zone qui sera à son tour bombardée. En 1999, la Bibliothèque nationale est enfin déclarée projet culturel national grâce aux efforts du ministre de la Culture. L’inventaire et le sauvetage des documents est effectué et ceux-ci sont déplacés dans de nouveaux locaux. Le projet de remise sur pieds comprend 5 composantes : l’édification de l’institution publique, la formation des cadres, la gestion des collections, le futur site ainsi que l’environnement culturel. En 2003, un contrat de subvention avec l’Union européenne permet de lancer un projet de réhabilitation de la Bibliothèque nationale du Liban et en 2006, le Qatar donne 25 millions au gouvernement libanais pour finaliser le projet. Toutes ces difficultés soulèvent les nombreuses problématiques que l’on retrouve dans le système complet des bibliothèques au Liban. En effet, la Bibliothèque nationale devrait, comme dans d’autres pays, être soutenue par un réseau de bibliothèques de service public qui partagerait avec elle la lourde tâche patrimoniale. En effet, l’absence d’une véritable tradition de lecture publique, la faiblesse du réseau des bibliothèques, la pauvreté des ressources documentaires scolaires et universitaires publiques, amplifie les attentes et aggrave les défis (Stéphan-Hachem, Maud, 2004). Aujourd’hui, la bibliothèque Nationale du Liban est toujours en reconstruction, mais possède un site web actif qui explique les étapes et met en valeur la collection peu à peu cataloguée.

Cadre éducatif en sciences de l’information des bibliothèques

Bien que le réseau de bibliothèques scolaires prenne de l’expansion et que les espaces jeunesse se multiplient dans les bibliothèques publiques depuis les années 2000, on y trouve très peu de bibliothécaires diplômés (Bastianelli, 2006). Leur profession est davantage reconnue, avec de meilleures conditions salariales, dans le réseau universitaire et dans les centres de documentation privés (Bastianelli, 2006). Cette situation perdure malgré l’initiative de l’Université libanaise d’offrir un programme de formation validée par une licence et une maîtrise en bibliothéconomie depuis 2006. En effet, encore peu d’attention est accordée à la lecture publique et à l’édition jeunesse (Bastianelli, 2006). De plus, le Ministère de la Culture, la Maison du livre et l’association Iqra’ proposent des formations sur le livre, l’animation et la littérature jeunesse, mais celles-ci ne sont pas validées par un diplôme (Bastianelli, 2006). Ainsi, le réseau des bibliothèques jeunesse et scolaire manque d’uniformité par la diversité des statuts des bibliothèques (public, associatif, privé) (Bastianelli, 2006). Pour pallier l’absence de structure et pour encourager les jeunes professionnels à intégrer les espaces jeunesse, l’Université libanaise : « a mis en place, dans le cadre de la licence de pédagogie, un module de 40 heures sur l’édition jeunesse et la bibliothèque scolaire » (Bastianelli, 2006). Le Ministère de la Culture prévoit également l’érigions, au sein de la nouvelle Bibliothèque Nationale, d’un espace de formation et un centre de documentation professionnelle, en plus d’instaurer la commission « Formation » dont l’objectif est de : « favoriser l’échange et la mise en réseau entre les différents intervenants dans la formation pour optimiser l’offre et mieux évaluer l’évolution des pratiques des bibliothécaires » ainsi que « de permettre la validation des acquis professionnels et des apports théoriques par un diplôme » (Bastianelli, 2006).

L’Université de Balamand a aussi récemment conçu une faculté de bibliothéconomie afin de contribuer à la meilleure reconnaissance professionnelle et à la spécialisation par des formations pertinentes (Nahas, G, 2012). Le doyen de l’université souligne que plusieurs institutions sont à la recherche d’employés plus spécialisés, qualifiés et habiles avec les outils utilisés en technologies de l’information (Nahas, G, 2012). La faculté offre une diversité de programmes notamment :

une licence en bibliothéconomie et sciences de l’information, une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information qui comprend trois spécialités : bibliothéconomie scolaire et centres médiatiques, communication et management des ressources électroniques, et bibliothéconomie et sciences de l’information, ainsi qu’une maîtrise en muséologie et management du patrimoine (Nahas, G, 2012).

 

Le département apparaît donc relativement adapté aux différentes réalités actuelles d’où une approche multimédia promouvant les ressources et outils numériques (Nahas, G, 2012).

Association de bibliothèques

Les associations prennent activement part dans la prise en charge des bibliothèques du Liban. On compte deux grandes associations au Liban soit ASSABIL et la Lebanese Library Association (LLA). Assabil, établie en 1997 est une association non gouvernementale qui regroupe les bibliothèques publiques du Liban (Assabil Association, 2020). Elle favorise la culture participative et le partage de connaissances à travers le réseau de bibliothèques publiques et l’accès aux espaces publics (assabil, 2020). Le rôle plus concret de l’association est d’établir, promouvoir, coordonner et soutenir :

 le réseau de bibliothèques publiques au Liban ; financer les activités sociales et culturelles afin d’encourager tous les publics à fréquenter les institutions ; établir un programme de formation ; encourager la production de livres et de matériel éducatif dans la langue arabe, en prêtant une attention particulière au matériel adressé aux enfants (assabil, 2020).

 

L’association travaille de près avec la municipalité de Beyrouth afin d’étendre le réseau des bibliothèques publiques à travers la ville (Assabil Association, 2020). Assabil : « a été commissionné par la municipalité de Beyrouth afin de gérer les opérations des bibliothèques publiques municipales » dans plusieurs quartiers et compte en ajouter neufs prochainement au réseau (Assabil Association, 2020). Assabil gère aussi deux bibliothèques mobiles qui se déplacent dans les écoles publiques de Beyrouth pour offrir des ateliers littéraires (Assabil Association, 2020).

L’association aide à bâtir le réseau en offrant les services, l’assistance et les ressources nécessaires pour tout professionnel du milieu ou association souhaitant mettre sur pied une bibliothèque (Assabil Association, 2020) ainsi que des ressources pour approfondir ses connaissances sur les bibliothèques, peu importe la profession primaire (bibliothécaires, enseignants, chercheurs, maisons d’édition, illustrateurs, travailleurs sociaux, etc.) (Assabil Association, 2020). Les ressources sont fournies via le Centre de ressources et de formations qui offre ressources et formations nécessaires gérées par Assabil. Il abrite une collection de :

références matérielles sur la gestion de bibliothèques, sur l’aménagement d’espaces de bibliothèques, sur la constitution de collections et sur les activités des bibliothèques ; des guides sur l’organisation d’activités pour les publics jeunesse ; des boîtes à outils et des ressources éducatives sur différentes difficultés du milieu, ainsi que des rapports sur les enjeux liés aux droits humains, à l’éducation et à l’enfance au Liban et autres régions arabes (Assabil, 2020)

 

tout en conservant des considérations éthiques, politiques et sociales (Assabil, 2020).

La LLA établie en 1960 est une association non gouvernementale qui regroupe quant à elle les bibliothèques nationales du Liban (LLA, 2017). Elle est membre de l’IFLA et assiste à ses rencontres annuelles ainsi qu’aux conférences tenues par l’Arab Federation for Libraries and Information (LLA. s. d.). Sa mission est d’enrichir les standards, d’améliorer les conditions générales et d’offrir les derniers développements de la pratique des bibliothèques et des bibliothécaires ; de faciliter l’accès et le droit à l’information à tous les citoyens et à encourager la lecture, et stimuler la recherche sur la bibliothéconomie et la recherche littéraire et scientifique au Liban (LLA, 2017). Elle encourage notamment le partage d’expériences et le partage d’informations entre les professionnels qui composent le réseau à l’échelle nationale, régionale et internationale tout en ayant au cœur de ses valeurs, la liberté de pensée et d’expression (LLA, 2017). Ses objectifs consistent en l’établissement d’une proximité dans le réseau des bibliothèques pour stimuler le partage de connaissances et de savoirs entre les membres. En plus, de définir proprement les rôles et fonctions des bibliothécaires afin de la mettre en lumière et collaborer avec d’autres organisations régionales et internationales aux missions similaires (LLA, 2017).

Cadre législatif

En 1924 est promulguée une des premières lois qui exige le dépôt légal de deux exemplaires de toute production éditée ou imprimée au Liban sous le contrôle du ministère de l’Économie (Fattal, 1998). Cependant, cette législation n’est pas toujours appliquée et seulement quelques centaines de documents seront enregistrés entre 1924 et 1975 (Bibliothèque nationale du Liban, 2012). C’est après la guerre civile de 1975-1990, soit en 1995, qu’est décrèté que le dépôt légal doit se faire aux Archives nationales. Lors de l’adoption de la loi N. 36 en 2008, la Bibliothèque Nationale est devenue un établissement public rattaché au ministre de la Culture et le Conseil d’administration qui doit mener à terme les objectifs de la bibliothèque est nommé par le Conseil des ministres. Depuis, le dépôt doit s’effectuer à la Bibliothèque Nationale sous la responsabilité des Archives nationales (Bibliothèque nationale du Liban, 2012).

Le catalogage suit les normes anglo-américaines adoptées notamment par les bibliothèques du Mashreq (qui comprend l’Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine) et a repris sans relâche depuis 2009. Comme il est mentionné sur le site web de la Bibliothèque nationale du Liban, ce n’est qu’en 2000 que le pays instaure le code ISBN qui est attribué par le ministère de la Culture. La mise en application du code ISSN pour sa part est toujours à l’étude (Bibliothèque nationale du Liban, 2012).

Malgré la réouverture de la Bibliothèque Nationale en 2018 comprenant un peu plus de 300 000 ouvrages (Silve, 2018), les dernières années ont été marquées par des troubles et de l’instabilité au sein du gouvernement. L’avenir encore incertain du pays rend laborieuse l’instauration de politiques entourant davantage la culture et les bibliothèques libanaises.

Information complémentaire/particularités

Dans le contexte de la Covid-19, l’IFLA a annoncé la fermeture de bibliothèques de plusieurs pays parmi lesquels on comptait le Liban (IFLA, 2020). Un protocole strict a été adopté par l’Université de la Sainte-Croix du Saint-Esprit au Liban stipulant une attente de 10 jours pour les documents plastifiés et de 72 heures pour les documents papier une fois qu’un prêt est retourné (IFLA, 2020). Pour ce qui est des activités en contact direct, l’Université de la Sainte-Croix Kaslik au Liban a insisté sur le port du masque par tout utilisateur et personnel présents (IFLA, 2020).

Il faut également souligner qu’un événement imprévu a ébranlé la communauté libanaise il y a peu de temps. En effet, une explosion survenue en plein cœur de Beyrouth s’est emparée de trois des bibliothèques publiques de la commune de Beyrouth prises en charge par ASSABIL, le 4 août 2020. ASSABIL a été très réactif et « a lancé un appel à soutiens et à financements pour reconstruire et réhabiliter les trois établissements » (IFLA, 2020). Le président de l’IFLA, Gerald Leitner, s’est également prononcé et a insisté sur l’urgence d’agir pour évaluer les dommages causés aux bibliothèques, en plus de l’évidente nécessité d’une réponse humanitaire : « Les espaces offerts par les bibliothèques ainsi que le patrimoine culturel du Liban et de la ville de Beyrouth qu’elles sauvegardent joueront un rôle important dans la restauration de l’esprit de la ville » (Jost, C, 2020).

Références

Assabil Association, Culture For All. (s. d.). À propos [page Facebook]. Facebook. Repéré le 30 novembre 2020 à https://www.facebook.com/assabilngo

ASSABIL (2020). Assabil. https://assabil.com/

ASSABIL (2020). Mission and vision. https://assabil.com/mission-and-vision/

ASSABIL (2020). Ressources and Training center. https://assabil.com/resources-training-center/

Baron, X. (2017). Histoire du Liban : des origines à nos jours. Tallandier.

Bastianelli, M. (2006). Enjeux de la formation des bibliothécaires au Liban. Takam Tikou, novembre (13). p. 31. Repéré à http://cnlj.bnf.fr/sites/default/files/revues_document_joint/PUBLICATION_7130.pdf

Chamoun, C. (1963). Crise au Moyen-Orient. Gallimard.

Deliwannes, Dolia et Youman, Samia, (1975), Les bibliothèques universitaires au Liban : situations et problèmes, [Mémoire, École Nationale Supérieure des bibliothèques], https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/62953-les-bibliotheques-universitaires-au-liban-situation-et-problemes.pdf

Dib, B. (Dir.) Histoire du Liban des origines au XXe siècle. Philippe Rey. 2016.

Fattal, J.-P. (1998). Plaidoyer pour une bibliothèque nationale du Liban. P.3. Repéré à https://ia800500.us.archive.org/23/items/Plaidoyer.bnl/Plaidoyer.pdf

Inayat Issa, (1981), La littérature enfantine au Liban et son évolution, [mémoire, École nationale supérieure des bibliothèques], https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/63083-litterature-enfantine-au-liban-et-son-evolution.pdf p.38

International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA). (2020). Le COVID-19 et les bibliothèques dans le monde. https://www.ifla.org/FR/node/92979

Jost, Clémence, (2020), Soutenir la reconstruction des bibliothèques publiques de Beyrouth, c’est possible ! Archimag, https://www.archimag.com/bibliotheque-edition/2020/08/20/soutenir-reconstruction-bibliotheques-publiques-beyrouth-possible

Kaaki, Douaa, (2016), Le Liban à ses bibliothèques publiques, Vivre à Beyrouth, https://lepetitjournal.com/vivre-a-beyrouth/assabil-le-liban-ses-bibliotheques-publiques-66565

Khoder, Patricia, (2016), Les bibliothèques de l’AUB : plus de 600 000 ouvrages et publications, et 1,3 million de livres électroniques, L’Orient-le jour, https://www.lorientlejour.com/article/1015577/les-bibliotheques-de-laub-plus-de-600-000-ouvrages-et-publications-et-13-million-de-livres-electroniques.html

La bibliothèque de l’Université Saint-Joseph, Université Saint-Jospeh, https://biblio.usj.edu.lb

Lebanese Library Association. (s. d.). À propos [page Facebook]. Facebook. Repéré le 30 novembre 2020 à https://www.facebook.com/LebaneseLibraryAssociation/about/?ref=page_internal

Lebanese Library association. (2017). À propos. http://lla.wildapricot.org/About-Us

Libanvision. (2006, août). Appel de bibliothécaires du Liban aux congressistes de l’IFLA réunis à Séoul du 20 au 24 août 2006. https://www.libanvision.com/bibliotheques-liban.htm

Nahas, G. (2012, 25 août). Une nouvelle faculté de bibliothéconomie et sciences de l’information à Balamand [entrevue]. Dans L’Orient le Jour. https://www.lorientlejour.com/article/774798/Une_nouvelle_faculte_de_bibliotheconomie_et_sciences_de_l%2527information_a_Balamand.html

Perrin, G. (1999). Pour une renaissance de la bibliothèque nationale du Liban. BBF, T. 44, no. 6. Repéré à https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2013-4-page-71.htm

http://bnl.gov.lb/french/institutionIntro.html

Publiques =32%, Privées = 51%, privées subventionnées =13%, écoles ouvertes et financées par les Nations Unies = 4%. https://www.solidarite-laique.org/app/uploads/2016/07/Dossier-pédagogique-rentrée-solidaire.pdf

Raymond, C. (2013). Revue Tiers monde. Vie, mort et résurrection de l’histoire du Liban, ou les vicissitudes du phénix. No. 216, p. 71-87.

Rozelier, M. (2020). Le quotidien de l’art. Au Liban, Culture et Agriculture associées en un seul ministère. Édition no. 1882. Repéré à https://www.lequotidiendelart.com/articles/17064-au-liban-culture-et-agriculture-associ%C3%A9es-en-un-seul-minist%C3%A8re.html

Silve, M. (2018, 6 décembre). France 24. La bibliothèque nationale du Liban renaît après 42 ans de fermeture. Repéré à https://www.france24.com/fr/20181206-moyen-orient-beyrouth-renaissance-bibliotheque-nationale-liban-bnl

Stéphan-Hachem, Maud, (2004), La bibliothèque nationale du Liban : entre les aléas de l’histoire et l’acharnement de quelques-uns, Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 2005, n° 1, p. 48-53. En ligne : https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2005-01-0048-012

Traboulsi, N, (2001), Les bibliothèques publiques et scolaires au Liban, IFLA professionnal reports, no.71, https://umontreal.on.worldcat.org/oclc/193569396

Un cahier, un crayon, (2016), Dossier pédagogique : La rentrée solidaire, ttps://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/63083-litterature-enfantine-au-liban-et-son-evolution.pdf p.38

Wikipédia. Liban. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liban

Wikipédia. Bibliothèque nationale du Liban.https://fr.wikipedia.org/wiki/Bibliothèque_nationale_du_Liban#cite_note-4

Zakaria, M., Chbarou, B. 1985. Mouvements communautaires et espaces urbains au Machreq. La transition des chiites vers Beyrouth : mutations sociales et mobilisation communautaire à la veille de 1975. Beyrouth. Presses de l’Ifpo. P.87-116.

https://www.lequotidiendelart.com/articles/17064-au-liban-culture-et-agriculture-associ%C3%A9es-en-un-seul-minist%C3%A8re.html

Licence

Symbole de License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International

Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 1 Droit d'auteur © 2025 par Lina Angers; Olivier A.-Savoie; Camille Archambault; Alexis Baribeault St-Germain; Lucile Bernard; Sarah Bissonnette; Patricia Bossé; Cristina Cernopolc; Irina Buian; Élisabeth Chiasson; Mariette Cliche-Galarza; Caroline Corbières; Valérie Corriveau; Audrey-Anne Côté; Antoine Cotnoir; Sophie Courchesne; Diana Maude Couture; Camille Demers; Nellie Demers; Karine Desroches; Patricia Duchesne; Isabelle Fontaine; Caroline Fortin; Audrée Frappier; Charles-Antoine Fugère; Audrey Gan-Ganowicz; Alexandre Gauthier; Rahel Hadzi; Wahida Haouaoussa; Anabel Hébert; Nathan Herbaut; Virginie Houde; Sara Itani; Laurie Jetten-Vigeant; Sandrine Julien; Ariane Labelle; Joanie Lacas; Jordan Lajeunesse; Philippe Lamontagne; Charlie Laviolette; Christelle Magalie Louamba-Louzolo; Marie-Pier Landry; Julie Langlois Côté; Vicky Laporte-Torres; Gemma Lavoie; Jessica Legault; Olivier Lirette Teoli; Carl-Éric Magnan; Clabèle Julie Noutchitou Mbom; Romy Otayek; Marc-André Ouellette; Constance Poitras; Thomas Poulin; Gabriel Reid; Julia Elisa Reyes-Cerritos; Karine Robertson; Pierre-Emmanuel Roy; Mathilde Sainte-Marie; Véronique Savoie; Gregory Sides; Julie Lise Simard; Guyllaume Soucy-Jalbert; Marie-Hélène Tanguay-Bérubé; Rosine Tétreault; Hélène Théoret; Philippe Antoine Tremblay; Alexandre Trépanier; Sammie Wilcox-Gélinas; Ilda Carmélia Lopes; Julia Paquin-Domingues; Julie Morin; Mathieu Bureau Meunier; Mégane Ollivier; Seeun Kim Chung; et Emmanuelle Roy est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

Partagez ce livre