20 Luxembourg
(Gemma Lavoie, Vicky Laporte-Torres )
1. Profil du pays
Le Luxembourg est l’un des plus petits pays d’Europe, situé entre la Belgique, la France et l’Allemagne, qui a acquis son indépendance des Pays-Bas le 19 avril 1839, des suites de la Révolution belge de 1830 (Kreins, 2018, p.74-76). Sur le plan politique, le Luxembourg est le seul Grand-Duché au monde, formant une démocratie parlementaire au sein d’une monarchie constitutionnelle dont le chef d’État est le Grand-Duc. Ce dernier représente le Luxembourg à l’international et détient selon la Constitution le pouvoir exécutif, bien qu’il soit délégué au gouvernement. Le pouvoir législatif revient quant à lui à la Chambre des députés (Le gouvernement luxembourgeois, 2020). En date du 1er janvier 2019, la population totale du Luxembourg (d’une superficie de 2 587 km2) s’élevait à 613 894 personnes, dont 119 214 habitent la capitale, Luxembourg-Ville. Les langues officielles sont la langue locale, le luxembourgeois, ainsi que le français et l’allemand (Luxembourg for Tourism, 2020).
2. Histoire des bibliothèques
La première bibliothèque du Luxembourg a vu le jour alors que la France occupait le Grand-Duché, renommé le Département des Forêts, depuis 1794. Affiliée à l’École centrale, la bibliothèque centrale fondée en 1798 est à l’origine de la Bibliothèque nationale du Luxembourg (BnL) (Kieffer, 2012, p. 24). Dans le contexte de l’occupation française, la suppression des communautés religieuses força le transfert des documents conservés par celles-ci à la nouvelle bibliothèque centrale (Kreins, 2018, p. 70) qui constitua d’ailleurs la première bibliothèque municipale du pays en 1803, suivant la fermeture des écoles centrales (Reding, 2013a, p. 261). En 1815, Luxembourg-Ville reprend à la France la bibliothèque centrale et c’est en 1848 qu’elle est nationalisée par l’État, puis renommée « Bibliothèque du Luxembourg » et plus tard « Bibliothèque nationale » en 1899 (Kieffer, 2012, p. 24-25).
En parallèle de la Bibliothèque nationale, des bibliothèques publiques se développent sur le territoire du Luxembourg au cours du XIXe et XXe siècle. Ces bibliothèques ont eu des appellations et fonctions différentes, mais elles partageaient en commun le caractère public du lieu. En suivant l’exemple des cabinets de lecture, plusieurs bibliothèques publiques paroissiales ont été fondées au cours des années 1840, par une alliance du Luxembourg avec l’association catholique allemande Borromäusverein. Vers la fin du XIXe siècle, des bibliothèques d’enseignement primaire ont été mises en place partout au pays, qui était appelées « bibliothèques populaires », du fait d’être accessibles au grand public. Ces bibliothèques ont cependant disparu quelques années après la création des bibliothèques pour écoliers (Reding, 2013a, p. 263).
Le développement des bibliothèques du Luxembourg fut sinueux. D’une part, le faible taux d’urbanisation, l’absence d’université et de centres de recherche, ainsi que l’intérêt marqué des classes dirigeantes envers la culture des pays limitrophes ont freiné le développement de la Bibliothèque nationale jusque dans les années 1960, l’État n’ayant pas d’incitatif à la financer davantage (Kieffer, 2012a, p. 25). D’autre part, la position géographique et l’histoire politique du pays ont eu pour conséquence l’implication de l’Allemagne et de la France dans la création des bibliothèques publiques. L’Alliance française, qui fut fondée en 1905 au Luxembourg, mit sur pied une série de bibliothèques, qui ont été saisies par les nazis dans le contexte de l’occupation allemande du Grand-Duché entre 1940 et 1945. Après la Seconde Guerre mondiale, la gestion de ces bibliothèques fut confiée aux Amitiés françaises. Après un démantèlement progressif du réseau, la dernière de ces bibliothèques, celle d’Echternach, a fermé ses portes en juin 2006. Deux grandes bibliothèques de centres culturels européens furent également mises en place, soit la bibliothèque du Centre culturel français, créée en 1967, et celle du Goethe-Institut, fondée en 1972. Elles ont respectivement été fermées en 2010 et en 2001 (Reding, 2013a, p. 263).
Dans les années 1970, les collections de la Bibliothèque nationale augmentent considérablement dans un contexte où l’éducation supérieure est de plus en plus accessible et dans lequel la culture tend à se démocratiser. Ceci a culminé à l’adoption en 1985 du Système intégré des bibliothèques de Lausanne (SIBIL) dans le but d’informatiser le catalogue de la bibliothèque. Dès lors, de la volonté de la Bibliothèque nationale, les bibliothèques du Luxembourg ont commencé à implémenter SIBIL, amenant ainsi la création du réseau des bibliothèques luxembourgeoises bibnet.lu en 1985 (Kieffer, 2012, p. 25). Ce réseau assure la gestion commune des ressources et des processus de travail dans les bibliothèques membres (BnL, 2018, p. 12-13).
3. Types de bibliothèques
Le réseau des bibliothèques luxembourgeoises bibnet.lu a 88 bibliothèques membres de tous types: publiques, universitaires, d’enseignement secondaire et spécialisées (BnL, 2020a, p. 34). La dernière édition du Guide des bibliothèques de l’Association luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes présente cependant plus d’une centaine de bibliothèques, excluant les bibliothèques scolaires de niveau primaire et les bibliothèques privées (ALBAD, 2015)
Nationale
Fondée en 1798, la Bibliothèque nationale du Luxembourg est la plus grande bibliothèque du pays avec plus de 1.8 million de documents papier auxquels s’ajoute un grand nombre de documents numériques (BnL, 2020a, p. 7). Elle possède et rend accessible la plus vaste collection de publications scientifiques et conserve le plus grand fonds de livres anciens du pays (Reding, 2013a, p. 262), provenant en grande partie des documents saisis des communautés religieuses au moment de sa fondation (Kieffer, 2012, p. 24)
La Bibliothèque nationale est une institution à vocation patrimoniale, scientifique et encyclopédique, qui se présente comme « un outil pour le développement de la société de la connaissance » (BnL, 2018). Elle donne un accès pour tous aux collections patrimoniales et aux publications étrangères touchant à tous les champs de la connaissance, qu’elles soient papiers ou numériques (BnL, 2018, p. 5). Sa principale mission est d’assurer la compilation et le catalogage des Luxemburgensia, qui sont les publications éditées au pays et celles de l’étranger en lien avec le Luxembourg. L’institution est ainsi responsable du dépôt légal, lequel s’applique sur les imprimés, mais également sur les documents numériques, afin de remplir sa mission de sauvegarde du patrimoine luxembourgeois (Keiffer, 2012, p. 27). C’est pour répondre à cette mission qu’elle procède depuis 2002 à la numérisation des documents historiques nationaux (BnL, 2018, p. 11). Une autre mission de la Bibliothèque nationale est d’assurer la coordination du réseau bibnet.lu et du Consortium Luxembourg, en plus de veiller à la maintenance de leurs technologies et systèmes informatiques (Kieffer, 2013, p. 27-28). Toutes les bibliothèques du réseau bibnet.lu partagent un catalogue collectif disponible dans le moteur de recherche a-z.lu (BnL, 2018, p. 15). Le Consortium Luxembourg centralise la gestion des ressources numériques et développe la grande bibliothèque numérique findit.lu (BnL 2018, p. 14). Son catalogue partagé recueille 77 800 périodiques électroniques, 143 854 livres numériques, 776 livres audio, et 390 bases de données accessibles en ligne aux membres de la BnL (BnL, 2020b).
Les services de la Bibliothèque nationale souffraient depuis plusieurs années de leur dispersion dans plusieurs sites de Luxembourg-Ville. Les anciens bâtiments historiques ne suffisaient plus pour abriter ses collections grandissantes et pour répondre aux enjeux environnementaux et sociaux du XXIe siècle (Kieffer, 2012, p. 26). La construction de la nouvelle Bibliothèque nationale a donc débuté en 2014 et le public y est accueilli depuis 2019 (BnL, 2020a, p. 6). Les personnes qui la fréquentent et en utilisent les services sont des salariés, des étudiants de l’Université du Luxembourg, des élèves du primaire et du secondaire ainsi que des étudiants d’universités étrangères (BnL, 2020a, p. 14).
Universitaire
L’Université du Luxembourg, fondée en 2003, est la seule université du Grand-Duché, située à Luxembourg-Ville. Sa fondation a amené la fusion des bibliothèques d’instituts d’enseignements supérieurs (Reding, 2013a, p. 262) et fait partie du Luxembourg Learning Centre (LLC). Cette bibliothèque est un centre d’apprentissage offrant des espaces collaboratifs pour les étudiants et qui fournit un accès aux collections de publications scientifiques de la Bibliothèque nationale (Uni.lu, s.d.). Bien qu’il n’y ait qu’une seule bibliothèque universitaire, il existe des bibliothèques scientifiques de recherche, les plus connues étant les centres de recherche publics Luxembourg Institute of Health (LIH) et Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST), membres du Consortium Luxembourg (BnL, 2020b).
Scolaire
Les premières bibliothèques scolaires du Luxembourg voient le jour grâce à la loi du 10 août 1912 sur l’enseignement primaire (premier volet de la loi), qui oblige la création d’une bibliothèque scolaire dans chaque commune (Reding, 2013a, p. 263). Il n’y a pas de bibliothèques de niveau primaire intégrées au réseau bibnet.lu, ce qui est le cas cependant de certaines bibliothèques de lycées.
Les bibliothèques lycéennes relèvent pour la plupart du ministère de l’Éducation nationale selon le dernier Guide des bibliothèques (ALBAD, 2015). À la différence des autres types de bibliothèques, les bibliothèques scolaires jouissent d’une certaine liberté dans leur organisation, celles-ci n’ayant pas de missions spécifiques clairement définies pour les encadrer (Reding, 2013a, p. 262).
Publique
Parmi les bibliothèques publiques du Luxembourg, on compte les bibliothèques communales et associatives, faisant toutes parties du réseau bibnet.lu. L’intégration au réseau permet à ces bibliothèques de se prévaloir de l’approbation du ministère de la Culture et ainsi, d’obtenir du financement de l’État (Kieffer, 2012, p. 27-28). Au total, 14 bibliothèques publiques sont au service de plus de 40% de la population luxembourgeoise (Reding, 2013a, p. 264). Le Conseil supérieur des bibliothèques publiques (CSBP), présidé par la Bibliothèque nationale assume certaines missions envers les bibliothèques publiques, notamment promouvoir et encourager la lecture et donner accès à la connaissance pour tous (Ministère de la Culture, 2020). Pour ce faire, le CSBP a lancé en 2015 le service ebooks.lu, offrant ainsi aux membres des bibliothèques publiques l’emprunt gratuit de livres numériques et audio (BnL, 2020c).
Spécialisée
Dans tout le réseau des biliothèques luxembourgeoises, les bibliothèques spécialisées sont de loin les plus nombreuses, avec plus d’une soixantaine de bibliothèques réparties au pays. Selon le Guide des bibliothèques, certaines d’entre elles sont accessibles au grand public, dont le Centre d’Information Gay et Lesbien (CIGALE), le Centre de documentation pédagogique de l’Institut de Formation Continue, le Centre national de littérature, le Centre de psychologie et d’orientation scolaires et l’Institut national de langues. D’autres de ces bibliothèques offrent un accès plus limité au public, comme les bibliothèques du gouvernement, de sociétés d’histoire ou de l’Institut grand-ducal (ALBAD, 2015).
4. Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
Bien que les bibliothèques soient en grand nombre au Luxembourg, il s’avère que le pays n’a pas d’établissements d’enseignement en sciences de l’information. Le Luxembourg n’offre aucune formation universitaire dans les domaines de la bibliothéconomie, la gestion documentaire, l’archivistique ou les sciences de l’information. Ceux qui s’intéressent à ces domaines doivent poursuivre des études dans les pays étrangers voisins, comme la Belgique, l’Allemagne, la France, la Suisse, l’Autriche, les Pays-Bas, ou même la Grande-Bretagne (Texier, 2016). Cependant, ce ne sont pas tous les diplômes de l’étranger qui sont reconnus au Luxembourg, par exemple ceux accordés à la sortie des études de filières courtes professionnelles en France (Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur [CEDIES], 2011-12).
La majorité des professionnels de l’information travaillent dans le secteur public. Pour obtenir un poste de bibliothécaire dans la fonction publique ou au niveau municipal, le candidat doit avoir obtenu un diplôme de niveau bac+3 (baccalauréat) (Bibliothécaire, s.d.). Ceux qui aspirent à devenir conservateur ou conservatrice de bibliothèque doivent avoir obtenu un diplôme de niveau bac+5 (maîtrise) (Conservateur/trice de bibliothèque, s.d.).
Selon le guide Les métiers de bibliothécaire, archiviste et documentaliste du Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur, les étudiants souhaitant se lancer dans une profession de l’information au Luxembourg doivent choisir une formation scolaire qui leur fournit une bonne base de connaissance théorique et de l’expérience pratique portant sur les tâches bibliothéconomiques, les technologies de l’information et la gestion (CEDIES, 2011-12).
Au niveau de développement professionnel, le réseau des bibliothèques luxembourgeoises bibnet.lu organise des formations continues au personnel des bibliothèques membres. Sous la forme d’ateliers guidés, ces formations sont offertes afin d’approfondir et d’actualiser leurs connaissances techniques. Quelques exemples de sujets incluent l’indexation selon le Répertoire des Vedettes-Matières (RVM), les ressources numériques, la rédaction et la modification de notices d’autorité (Plan de formation, 2020). Selon le portail national des statistiques, 301 personnes ont participé à 27 ateliers en 2019, un nombre qui a presque doublé depuis 2012. (BnL, 2020d).
En outre, l’Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (ALBAD) se propose comme lieu de formation. Elle organise des visites guidées des bibliothèques et d’autres institutions « permettant à chacun d’élargir ses horizons professionnels » (ALBAD, s.d.-a). Elle déploie de grands efforts pour mettre en œuvre un système de formations continues en bibliothéconomie plus développé, ainsi qu’« une reconnaissance définitive des diplômes professionnels », au niveau national (Texier, 2016; ALBAD, s.d.-a). Au niveau international, les professionnels de l’information luxembourgeois participent à des activités de développement professionnel, telles que des conférences, qui ont surtout lieu en France et en Allemagne (Texier, 2016).
5. Association de bibliothèques
La principale association de bibliothèques au Luxembourg est l’Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (ALBAD). Fondée en 1991, l’association sans but lucratif regroupe les professionnels de l’information travaillant au pays (Reding, 2013b). En 2019, elle comptait 150 membres qui provenaient surtout du secteur public (Hansen, 2019). Elle agit comme porte-parole, conseillère, réseau d’information et comme lieu d’échanges, de rencontres et de formations afin de réaliser ses nombreux objectifs. Les principaux sont la promotion et la professionnalisation des trois métiers réunis par l’association, ainsi que « l’épanouissement du paysage bibliothéconomique, archivistique et documentaire du Grand-Duché » (ALBAD, s.d.-a).
Dans le but de défendre les intérêts des professions et de renforcer la compréhension du public et des autorités de ses rôles, l’association entreprend plusieurs projets de publication. D’abord, elle élabore des prises de position et des communiqués de presse, incluant « les recommandations en matière de législation et de standards » (ALBAD, s.d.-a). Récemment, au sujet de la nomination de la nouvelle direction de la Bibliothèque nationale de Luxembourg, l’ALBAD a écrit au ministre de la Culture pour préconiser le choix d’un candidat possédant « des qualifications adéquates, sanctionnées par un diplôme en bibliothéconomie » afin de mieux exercer sa fonction de « conseiller(ière) ministériel(lle) en matière de bibliothèques au niveau national » (ALBAD, 2020).
De plus, l’association dirige la publication quinquennale du Guide de bibliothèques, un recensement de bibliothèques nationales, publiques, universitaires, scolaires et spécialisées du pays. Le guide fournit une fiche descriptive de chaque bibliothèque, incluant des informations sur leurs conditions d’accès, l’accessibilité pour les personnes en mobilité réduite, en plus d’informations sur leurs collections spéciales et les points forts de leurs collections (ABLAD, 2015). La cinquième édition, qui porte sur l’année 2020, sera publiée en 2021. L’association a participé à la préparation du guide intitulé Les métiers de bibliothécaire, archiviste et documentaliste par le Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur (CEDIES). Il présente le panorama des métiers en sciences de l’information, les formations scolaires offertes en Europe, les témoignages des professionnels de l’information travaillant au Luxembourg et la législation luxembourgeoise qui régit ces professions (CEDIES, 2011-12). Elle publie aussi un bulletin régulier de ses activités (ALBAD, s.d.-a).
L’ALBAD collabore avec les associations partenaires l’Union Luxembourgeoise de Bibliothèques publiques (ULBP) et Fir ëffentlech Bibliothéiken, Lëtzebuerg (« Pour les bibliothèques publiques, Luxembourg »). L’ULBP favorise « la création, le maintien et le développement de bibliothèques de lecture publique au Grand-Duché de Luxembourg » (ULBP, 2007). Fir ëffentlech Bibliothéiken est une organisation sans but lucratif de collecte de fonds pour les bibliothèques publiques du pays (Fir ëffentlech Bibliothéiken, 2011). Elle a apporté du soutien financier à la publication du Guide de bibliothèques en 2015 (ABLAD, 2015). L’ALBAD fait aussi partie de plusieurs associations internationales, entre autres, The International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA), The European Bureau of Library, Information and Documentation Association (EBLIDA), et l’Association Internationale Francophone des Bibliothécaires et Documentalistes (AIFIBD) (ALBAD, s.d.-b).
6. Cadre législatif
D’abord, la Bibliothèque nationale du Luxembourg (BnL) est sous l’égide de la loi du 25 juin 2004 portant sur la réorganisation des instituts culturels de l’État. Elle définit ses missions, en tant que bibliothèque patrimoniale et bibliothèque scientifique et de recherche. La loi recense ainsi ses services au public, ses services bibliothéconomiques, et ses fonds relatifs à ses missions. Concernant le service du dépôt légal, l’article 10 stipule que « les publications de toute nature, imprimées, … éditées sur le territoire national et mises publiquement en vente, en distribution ou en location, ou cédées pour la reproduction, sont soumises à la formalité du dépôt légal en faveur de la Bibliothèque nationale ». Chaque ouvrage transféré à la BnL fait ainsi partie des collections auprès desquelles l’institution exerce ses missions (La ministre de la Culture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 2004).
En 2010, la loi du 24 juin relative aux bibliothèques publiques a été adoptée. Cela représente le premier élément d’un cadre légal définissant l’institution de la bibliothèque publique, ses missions et son fonctionnement (BnL, 2019a). La loi garantit au public luxembourgeois l’accès égal aux savoirs par le biais de ses services rendus au public gratuitement, incluant la consultation sur place et le prêt des documents. Chaque bibliothèque communale ou associative se conformant à ces conditions est ainsi désignée « publique ». Leur financement provient en partie de la commune, ou la personne morale ou physique dont elles relèvent, et en partie de l’État. Toutes les bibliothèques publiques du Luxembourg sont aussi déclarées membres du réseau national des bibliothèques luxembourgeoises coordonné par la BnL (La ministre de la Culture, 2010).
La loi du 25 juin 2004 portant sur l’organisation des lycées et lycées techniques impose la création auprès de chaque lycée d’un « centre de documentation et d’information », géré par un bibliothécaire-documentaliste, qui a pour mission de promouvoir la lecture (La ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et des Sports, 2004). De la même façon, la loi du 6 février 2009 (qui donne suite à la loi du 10 août 1912) portant sur l’organisation de l’enseignement fondamental ordonne que chaque école primaire se dote d’une bibliothèque scolaire et « assure l’accès des élèves aux technologies de l’information et de la communication » (La ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, 2009).
7. Informations complémentaires
La BnL est responsable du service national de bibliothèque circulante, un bibliobus intitulé « le Bicherbus » mis en service il y a 30 ans. Le Bircherbus est composé de deux autobus qui desservent ses membres dans plus de 100 localités de façon régulière (BnL, 2020b).
La BnL collabore à l’international avec d’autres bibliothèques numériques, notamment avec la bibliothèque Europeana, qui offre gratuitement un accès à plus de 45 millions de ressources numérisées provenant d’institutions culturelles éminentes européennes. La BnL est également l’une des fondatrices du Réseau francophone numérique (RFN), avec le Québec et d’autres institutions documentaires d’Europe, d’Afrique, d’Asie et des Antilles (BnL, 2019b)
Références bibliographiques
Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (2015).
Guides des bibliothèques 2015. https://www.albad.lu/guide-des-bibliotheques
Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes. (2020).
Communiqué de presse : Nomination de la nouvelle direction de la Bibliothèque
nationale.
Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes. (s.d.-a). Nos missions. https://www.albad.lu/missions.
Association Luxembourgeoise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes. (s.d.-b).
Liens. https://www.albad.lu/liens.
Bibliothèque nationale du Luxembourg (2020a). Rapport d’activités 2019.
Bibliothèque nationale du Luembourg. (2020b). Consortium Luxembourg.
https://bnl.public.lu/fr/decouvrir/reseaux/consortium.html
Bibliothèque nationale du Luxembourg.
(2020c). Ebooks.lu. https://bnl.public.lu/fr/rechercher/outils-recherche/ebookslu.html
Bibliothèque nationale du Luxembourg. (2020d,16 juillet). Bibliothèques membres du réseau bibnet.lu 2012 – 2019. Le portail des statistiques Grand-Duché de Luxembourg.
Bibliothèque nationale du Luxembourg. (2020e, 24 novembre). Service de Bicherbus.
https://bnl.public.lu/fr/rechercher/collections/bicherbus.html.
Bibliothèque nationale du Luxembourg.
(2019a). Collaborations/Réseaux. https://bnl.public.lu/fr/decouvrir/reseaux.html
Bibliothèque nationale du Luxebourg. (2019b). Collaborations internationales.
https://bnl.public.lu/fr/decouvrir/reseaux/Collaborations_internationales_associations.html
Bibliothèque nationale du Luxembourg. (2018, avril). La BnL – un outil pour le développement
de la société de la connaissance (ISBN 978-99959-928-0-4). https://bnl.public.lu/dam-assets/pictures/downloads/06241-BNL-BROCH-STRATEGIE-VIEW-web.pdf
Bibliothécaire. (s.d.). https://beruffer.anelo.lu/fr/jobs/bibliothecaire.
Bibnet.lu. (2020). Plan de formation. https://www.bibnet.lu/blog/?page_id=12208.
Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur. (2011-12). Les métiers de bibliothécaire, archiviste et documentaliste.
Conservateur/trice de bibliothèque. (s.d.).
https://beruffer.anelo.lu/fr/jobs/conservateur_trice-de-bibliotheque.
Fir ëffentlech Bibliothéiken. (2011, 29 novembre). Mission & Vision.
http://www.feblux.lu/deutsch/who-we-are/mission-vision/.
Hansen, J. (2019, 26 avril). Les bibliothèques ont changé de profil. Lëtzebuerger Land.
https://www.land.lu/page/article/381/335381/FRE/index.html.
Kieffer, M. (2012). Histoire de la Bibliothèque nationale du Luxembourg: The National Library of Luxembourg, Alexandria, vol. 23 (1), 24-35. https://doi.org/10.7227%2FALX.23.1.4.
Kreins, J-M. (2018) Histoire du Luxembourg. Des origines à nos jours. Presses Universitaires de France. https://www.cairn.info/histoire-du-luxembourg–9782130813804.htm.
Le ministère de la Culture. (2020, 9 décembre). Deborah Storn nommée nouvelle présidente du Conseil supérieur des bibliothèques publiques. Le gouvernement du Grand-Duché du
Luxembourg.
La ministre de la Culture. (2010, 24 juin). Loi du 24 juin 2010 relative aux bibliothèques
publiques. http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2010/06/24/n1/jo.
La ministre de la Culture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. (2004, 25 juin). Loi
du 25 juin 2004 portant réorganisation des instituts culturels de l’État.
http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2004/06/25/n7/jo.
La ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. (2009, 6 février). Loi du 6 février 2009 portant organisation de l’enseignement fondamental.
http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2009/02/06/n3/jo.
La ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle et des Sports. (2004, 25
juin). Loi du 25 juin 2004 portant organisation des lycées et lycées techniques.
http://data.legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2004/06/25/n9/jo.
Le gouvernement du Grand-Duché du Luxembourg. (2020). Système politique.
https://gouvernement.lu/fr/systeme-politique.html.
Luxembourg for tourism. (2020). Données clés en un coup d’œil. Visit Luxembourg.
https://www.visitluxembourg.com/fr/guide-du-voyageur/donnees-cles.
Reding, J-M. (2013a). Les bibliothèques au Luxembourg. Dans : Blin, F. Les bibliothèques en
Europe (p. 261-265). Paris: Éditions du Cercle de la Librairie.
Reding, J-M. (2013b). Librarianship in Luxembourg: An Overview. Focus on Information and
Library Work 44(1): 4-7.
Texier, B. (2016, 30 novembre). Au Luxembourg, les métiers de l’info sont en mal de formation
locale. Archimag. https://www.archimag.com/veille-documentation/2016/11/30/luxembourg-metiers-info-mal-formation-locale.
Union Luxembourgeoise de Bibliothèques Publiques. (2007, 31 janvier). Statuts.
https://ulbp.lu/about-us/constitution/index.html.
Université du Luxembourg. (s.d.). Bibliothèque universitaire – Luxembourg Learning Center