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30 République tchèque

(Nathan Herbaut, Audrey Gan-Ganowicz)

1. Profil du pays

La République tchèque est un pays d’Europe centrale. Sa superficie est de 78 867 km2, sa capitale est Prague, sa devise monétaire est la couronne tchèque, elle adhère à l’OTAN en 1999 et elle est membre de l’Union européenne depuis 2004 (Central Intelligence Agency, s.d.; Machova, 2004, p.70).

La population tchèque s’élève à 10,7 millions d’habitants (Central Intelligence Agency, s.d.). Le tchèque est la seule langue officielle et il est parlé par 95% de la population du pays (Central Intelligence Agency, s.d.). La République tchèque est un pays urbanisé avec 74,1% de sa population vivant en ville (Central Intelligence Agency, s.d.). Le taux d’alphabétisation du pays est de 99% (Central Intelligence Agency, s.d.).

La République tchèque est une république parlementaire (Central Intelligence Agency, s.d.). Le Président de la République est le chef de l’État et il est élu pour cinq ans (Central Intelligence Agency, s.d.; Machova, 2004, p.70). En revanche, le chef du gouvernement est le Premier Ministre, il est nommé par le Président de la République pour un mandat de quatre ans (Central Intelligence Agency, s.d.).

2. Histoire

L’histoire des bibliothèques en République tchèque remonte au Moyen-Âge. En effet, ce sont dans les monastères de Bohême et de Moravie fondés au Xe et XIe siècles qu’on retrouve les premières bibliothèques religieuses regroupant des collections de manuscrits (Machova, 2004, p.69). Tout au long du Moyen-Âge, on trouve de riches fonds de livres dans les villes importantes, les centres religieux et au sein de la noblesse et de la riche bourgeoisie qui développent leurs propres bibliothèques comprenant des collections privées de livres (Machova, 2004, p.69; Balik, 1991, p.534). Les fonds de livres les plus importants furent ceux des bibliothèques rattachées à l’Université de Prague (ou Université Charles) fondée en 1348 (Machova, 2004, p.69; Bradley, Hauner, Odlozilik, Wiskemann, Zeman, s.d.; Preidel, s.d. ).

Les bibliothèques tchèques continuent à se développer pendant le XVIe et le XVIIe siècles grâce à une situation économique et politique favorable (Balik, 1991, p.534). Puis, au XVIIe siècle, la perte de l’indépendance tchèque, suivie de la contre-réforme et de la germanisation de l’appareil d’État tchèque vinrent ralentir ce développement (Balik, 1991, p.534). En parallèle, l’émergence d’une conscience nationale tchèque grâce à l’expansion de la littérature en langue tchèque marqua une nouvelle étape dans le développement des bibliothèques en République tchèque (Balik, 1991, p.534; Machova, 2004, p.69). En effet, à partir de la fin du XVIIIe siècle, des bibliothèques savantes importantes comme la bibliothèque universitaire de Prague, la bibliothèque du Musée national et la bibliothèque de la Société royale des sciences virent le jour (Balik, 1991, p.534). Ensuite, à partir de la période de la Renaissance nationale tchèque à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, les bibliothèques publiques facilitaient l’accès à l’éducation et à la culture (Balik, 1991, p.534; Bradley, Hauner, Odlozilik, Wiskemann, Zeman, s.d.; Preidel, s.d.). Il est important de noter que ces bibliothèques publiques contribuaient à la lutte pour le développement de la langue tchèque (Balik, 1991, p.534).

La création de la Tchécoslovaquie en 1918 eut d’importantes conséquences sur le développement des bibliothèques (Blin, 2013, p.127). Dès 1919, une première loi sur les bibliothèques fut promulguée (Blin, 2013, p.127). C’est aussi à cette époque que la bibliothèque du Parlement de Prague vit le jour, que le réseau de prêt entre bibliothèques fut instauré à travers le pays et que la bibliothéconomie fut enseignée comme discipline dans les universités tchécoslovaques (Blin, 2013, p.127-128).

La prise du pouvoir par le parti communiste en 1948 marqua en profondeur les bibliothèques avec des contrôles drastiques, des restrictions et même la suppression des acquisitions d’ouvrages provenant de la littérature occidentale (Balik, 1991, p.535). Une seconde loi sur les bibliothèques promulguée en 1959 met en place un contrôle idéologique sur les bibliothèques. Ces dernières devinrent des outils pour l’éducation socialiste des travailleurs (Blin, 2013, p.128).

En fin de compte, il faudra attendre la « Révolution de velours » de 1989 qui marque la fin du régime communiste en Tchécoslovaquie et, en 1993, la séparation du pays en deux États indépendants, soit la République tchèque et la Slovaquie, pour que le milieu des bibliothèques se transforme radicalement (Blin, 2013, p.128). En effet, au cours des années 1990, la censure des livres et de l’information est abolie, les bibliothèques et leurs services se modernisent (Balik, 1991, p.536; Blin, 2013, p.128; Machova, 2004, p.72-75). De nouveaux cadres juridiques entrent en vigueur, les orientations politiques changent également et les valeurs professionnelles sont retrouvées (Blin, 2013, p.128). Bref, les bibliothèques tchèques évoluent et l’information en République tchèque redevient libre d’accès.

3. Types de bibliothèques

3.1 Bibliothèques scolaires et universitaires

Le réseau des bibliothèques scolaires en République tchèque comprend les bibliothèques desservant les écoles primaires, les lycées et les écoles secondaires professionnels. Le réseau s’est principalement développé à partir de 1990 avec la loi sur les écoles primaires et secondaires (Balik, 1991, p.541). En effet, suite à cette loi, chaque école devait avoir sa propre bibliothèque. Cela a permis d’établir un réseau étendu de bibliothèques scolaires.

Cependant, c’est avec la loi de 1959 qu’un réseau de bibliothèque très spécialisé a été créé avec plusieurs types de bibliothèques divisés en plusieurs réseaux distincts (Blin, 2013, p.129). Le réseau des bibliothèques scolaires a ainsi été créé. Chaque réseau avait une bibliothèque centrale qui chapeautait la gestion de son réseau. C’est ainsi que s’est développée la coopération entre les bibliothèques en République tchèque et, plus spécifiquement, entre les bibliothèques scolaires (Blin, 2013, p.129).

Les bibliothèques universitaires font également partie de ce réseau assez développé. Ce type de bibliothèques comprend les bibliothèques des instituts d’enseignement supérieur, les bibliothèques de facultés et les bibliothèques de chaires (Balik, 1991, p.541). En 1991, l’élément central du réseau de bibliothèques scolaires en République tchèque était la bibliothèque pédagogique de l’État de Komensky (Balik, 1991, p.541). En 2013, on comptait en République tchèque 4000 bibliothèques scolaires et 104 bibliothèques universitaires (Blin, 2013, p.129).

3.2 Bibliothèques publiques

Les bibliothèques publiques de République tchèque ont considérablement évolué après la fin du régime communiste, c’est-à-dire dans les années 1990 et au début des années 2000 (Blin, 2013, p.128-129; Machova, 2004, p.74-75; Vasova, 1995, p.69). Les services en bibliothèques se sont modernisés; les bibliothèques, en tant que service public de l’information, sont reconnues comme des lieux centraux pour l’accès à l’information et à la connaissance; l’informatisation et les technologies de l’information (TIC) ont aussi fait leur apparition dans les bibliothèques publiques à cette époque (Blin, 2013, p.128-129 et 137; Machova, 2004, p.73; Vasova, 1995, p.70). Cependant, c’est la loi adoptée en 2001 sur « les bibliothèques et les conditions d’exécution des services publics de bibliothèque et d’information », laquelle s’appuie notamment sur le Manifeste de l’UNESCO sur les bibliothèques publiques, qui viendra changer et restaurer le milieu des bibliothèques publiques (Blin, 2013, p.128-129 et 137; Machova, 2004, p.74-75). Le cœur du système des bibliothèques publiques devient la bibliothèque nationale tchèque qui possède, grâce à cette loi, un rôle de coordination et de conseil (Blin, 2013, p.128-129).

Le virage vers les technologies de l’information a eu lieu à plus grande échelle dans les bibliothèques publiques tchèques en 2000 avec le programme VISK (Services publics d’information en bibliothèque), celui-ci se concentrait sur l’innovation dans les bibliothèques publiques par l’apprentissage et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) (Blin, 2013, p.137). Plus précisément, la formation des personnels des bibliothèques à l’usage des technologies de l’information a été développée grâce à ce programme (Blin, 2013, p.137). La République tchèque compte aujourd’hui plus de 5400 bibliothèques publiques, le nombre de visiteurs, d’usagers et de prêts, quant à lui, a continué d’augmenter au cours des dernières années (Blin, 2013, p.129; Public Libraries, 2014).

3.3 Bibliothèque parlementaire

La bibliothèque du Parlement tchèque sert avant tout les membres du Parlement et du Sénat (Blin, 2013, p.132). Sa collection est constituée d’environ 220 000 volumes portant sur le droit, l’histoire, les sciences politiques, la philosophie, la sociologie et l’économie, etc. (Blin, 2013, p.132; Chamber of Deputies Parliament of Czech Republic, s.d.). La collection comprend également des encyclopédies et des ouvrages de référence (Chamber of Deputies Parliament of Czech Republic, s.d.). La bibliothèque du Parlement tchèque donne aussi accès aux documents parlementaires tchèques, ainsi qu’aux rapports annuels et financiers des partis politiques du pays (Blin, 2013, p.132; Chamber of Deputies Parliament of Czech Republic, s.d.). En collaboration avec son partenaire slovaque, la bibliothèque mène un projet collaboratif de bibliothèque parlementaire numérique, cette dernière a pour objectif d’archiver et de donner accès à toutes les publications parlementaires depuis 1848 (Blin, 2013, p.132). La bibliothèque du Parlement tchèque administre et traduit aussi le thésaurus européen EUROVOC (Blin, 2013, p.132). Les services de la Bibliothèque du Parlement fournissent des services de prêts, des services de photoduplication (matériel de bibliothèque) et des services de référence (Chamber of Deputies Parliament of Czech Republic, s.d.).

3.4 Bibliothèques spécialisées

La République tchèque compte également plusieurs types de bibliothèques spécialisées. Parmi celles-ci, nommons les bibliothèques scientifiques, médicales, agricoles, de musées et techniques et des bibliothèques à mission très spécifique telles que les bibliothèques nationales pour les malvoyants (Balik, 1991, p.541; Blin, 2013, p. 132). En date de 1991, il existait huit bibliothèques scientifiques d’État dans le pays (Balik, 1991, p.538). Celles-ci comprennent entre autres la Bibliothèque scientifique d’État de Brno avec plus de 3 500 000 documents et la Bibliothèque scientifique d’État d’Olomouc qui propose 1500 000 titres (Balik, 1991, p.538). Parmi les bibliothèques scientifiques, on retrouve également l’Académie des sciences qui est une bibliothèque publique et qui propose ses services autant aux chercheurs scientifiques qu’au grand public (Blin, 2013, p.131-132).

Les bibliothèques médicales sont aussi présentes en République tchèque. Celles-ci sont mises à la disposition du personnel médical pour les accompagner dans leur pratique et leur recherche (Balik, 1991, p.540-541). De plus, la Bibliothèque nationale médicale tchèque a créé un portail collaboratif national et une bibliothèque numérique pour pouvoir mieux diffuser l’information (Blin, 2013, p.131). Les bibliothèques professionnelles desservant les institutions médicales comprennent également des bibliothèques d’organismes spécialisés dans la fabrication de produits médicaux (Balik, 1991, p.540-541). La République tchèque compte ainsi quelque 140 bibliothèques professionnelles spécialisées dans le domaine médical (Balik, 1991, p.540). De plus, les institutions médicales détiennent des bibliothèques mises à la disposition des malades.

En République tchèque, des bibliothèques professionnelles techniques d’entreprises existent également. Ces bibliothèques sont utilisées par différents milieux scientifiques, techniques ou économiques et agissent en tant que centre d’information (Balik, 1991, p.540). Cependant, selon V. Balik, ces bibliothèques sont vouées à disparaître en raison des grands changements dans le secteur des entreprises industrielles (Balik, 1991, p.540).

3.5 Bibliothèque nationale

La bibliothèque nationale de République tchèque est la plus grande bibliothèque du pays, et par son importance culturelle, informative et historique, elle est l’une des bibliothèques les plus importantes d’Europe et du monde (Bibliothèque nationale de République tchèque, 2012; Balik, 1991, p.539; Machova, 2004, p.72). Elle ressort du ministère de la culture tchèque, elle dirige le catalogue collectif de la République tchèque connu sous le nom du CASLIN et la bibliographie nationale tchèque, elle aussi responsable de la collection pérenne des documents publiés en République tchèque et de leur mise à disposition au public (Bibliothèque nationale de République tchèque, 2012; Blin, 2013, p.129-130; Machova, 2004, p.72). De plus, la bibliothèque nationale tchèque conserve en deux exemplaires une copie de dépôt à l’échelle nationale de toutes les publications parues dans le pays (Library Legislation, 2014). La bibliothèque nationale de République tchèque possède des collections comprenant plus de 6,5 millions de volumes, elle acquiert chaque année près 80 000 nouveaux volumes (Bibliothèque nationale de République tchèque, 2012; Blin, 2013, p.130; Machova, 2004, p.72). Sa collection la plus importante est celle des livres rares avec 14 000 manuscrits et de 200 000 imprimés anciens (Blin, 2013, p.130). Toutefois, là où se démarque la bibliothèque nationale de République tchèque, c’est avec sa collection de la bibliothèque slave qui compte près de 800 000 volumes, lesquels sont spécialisés et consacrés aux études slaves (ou slavistique): littérature des nations slaves, études sur la littérature slave et imprimés anciens issus des différents peuples slaves et des diverses nations slaves (Bibliothèque nationale de République tchèque, 2012; Blin, 2013, p.130; Machova, 2004, p.72). Elle conserve aussi la collection « Mozartiana » qui regroupe des documents de musique précieux, elle est l’une des collections les plus consultées de la bibliothèque nationale tchèque et appartient au département de musique de cette dernière (Bibliothèque nationale de République tchèque, 2012; Machova, 2004, p.72).

La bibliothèque nationale de République tchèque participe aux activités de l’UNESCO, elle prend part notamment au programme « Mémoire du monde » (Machova, 2004, p.72). Elle est membre de l’IFLA, ainsi que d’autres réseaux internationaux de bibliothèques (Blin, 2013, p.130; Machova, 2004, p.72). Enfin, en raison de son rôle central, la bibliothèque nationale tchèque s’occupe des activités liées à l’information spécialisée, à la normalisation, à la méthodologie, à la recherche, au conseil professionnel et à l’information professionnelle des bibliothécaires en République tchèque (Blin, 2013, p.129-130; Machova, 2004, p.72).

4. Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

En République tchèque, le cadre éducatif en sciences de l’information s’est surtout développé dans les années 1950 (Machova, 2004, p. 71). Celle-ci est assurée à la fois par le système d’éducation nationale et par le réseau des bibliothèques sous forme de formation permanente (Balik, 1991, p. 541). La formation fournie par le système d’éducation nationale débute au niveau secondaire. Des écoles de la ville de Prague et de Brno offrent ainsi des formations spécialisées en bibliothèque et en sciences de l’information (Machova, 2004, p.71). Les étudiants intéressés par cette discipline peuvent poursuivre leurs études au niveau universitaire.

En effet, la formation en sciences de l’information est offerte dans plusieurs universités de la République tchèque. La première à l’avoir intégré à son offre de programme est l’Université Charles à Prague au travers de l’Institut des sciences de l’information et bibliothéconomie (Blin, 2013, p.133). C’est également le programme le plus reconnu en sciences de l’information dans ce pays (Blin, 2013, p.133). La formation y est diversifiée et se divise en trois branches principales, soit la spécialisation scientifico-informatique, bibliothéconomique ou scientifico-bibliothéconomique (Balik, 1991, p.541). D’autres choix de formation s’offrent également aux étudiants intéressés par le domaine des sciences de l’information. En effet, l’Université Masaryk à Brno et l’Université de Silésie à Opava proposent également des programmes universitaires (Blin, 2013, p.133).

Ensuite, des formations permanentes ou postuniversitaires sont aussi proposées aux personnes travaillant déjà dans le domaine des sciences de l’information. Le système de formation est organisé au niveau régional par les grandes bibliothèques de la République tchèque (Blin, 2013, p.133). Ainsi, l’Institut de bibliothéconomie de la Bibliothèque nationale à Prague offre des cours de formation permanente dans le domaine (Blin, 2013, p.133). D’autres types de bibliothèques, telles que les bibliothèques scientifiques d’État ou les bibliothèques centrales des réseaux offrent également des formations (Balik, 1991, p. 542). Celles-ci sont données sous forme de stage ou de séminaires et sont souvent plus techniques que celles offertes dans le système scolaire national (Balik, 1991, p.542).

5. Association de bibliothèques

La République tchèque possède trois associations de bibliothécaires principales. La première est « l’Association des professionnels de bibliothèques et de l’information de la République tchèque » (SKIP) (Blin, 2013, p.134). Elle fut fondée en 1968, mais abolie par le ministère de l’intérieur tchécoslovaque dès 1970 pour des raisons politiques (Blin, 2013, p.134). Elle fut néanmoins rétablie en 1990 (Blin, 2013, p.134). La mission du SKIP est d’essayer d’améliorer de manière systématique les services de bibliothèque et d’information, ainsi que de défendre l’image de la profession (Blin, 2013, p.134; Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). Elle est membre de l’IFLA depuis 1990 et l’association a aussi participé à des projets nationaux, européens et internationaux (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). Elle organise les contacts professionnels et sociaux entre les professionnels des bibliothèques et de l’information, coopère avec les bibliothèques et les milieux de l’information, participe à la formation professionnelle des spécialistes de l’information et contribue à la formation permanente des professionnels des bibliothèques et de l’information (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic,2014). L’association organise aussi des activités professionnelles qui prennent place au sein de sections et de commissions (sections pour les bibliothèques publiques, les bibliothèques universitaires, les bibliothèques scolaires). L’association s’occupe également d’éducation, de publication et de comités d’affaires étrangères (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014).

La seconde est « l’Association des bibliothèques de la République tchèque » (SDRUK) (Blin, 2013, p.134). Elle fut fondée dans les années 1990 avec pour mission d’organiser des évènements professionnels destinés, en particulier, à la recherche et aux bibliothèques spécialisées (Blin, 2013, p.134; Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). L’association publie une série de sources d’information, laquelle comprend des répertoires de bibliothèques, des dictionnaires terminologiques et des aides méthodologiques (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). L’association agit dans plusieurs domaines: les acquisitions documentaires, la bibliographie, les collections patrimoniales, la formation à l’information, les technologies de l’information, le soutien aux fonctions régionales des bibliothèques, etc. (Blin, 2013, p.134).

La troisième est « l’Association des bibliothèques des universités tchèques » (AKVS) (Blin, 2013, p.135). Elle fut fondée en 2002 et ses membres proviennent des bibliothèques universitaires tchèques et des bibliothèques des institutions d’enseignement supérieur du pays (Blin, 2013, p.135; Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). Les activités de l’association sont menées par des groupes de travail qui s’occupent de l’éducation dans le milieu de l’information, de la maîtrise de l’information, des sources d’information électroniques, des mémoires et des thèses électroniques (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). L’association possède plusieurs missions et plusieurs objectifs. Elle promeut, elle développe et elle supporte les bibliothèques universitaires de la République tchèque (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). Elle facilite les négociations des bibliothèques universitaires tchèques avec leurs fournisseurs d’information afin d’améliorer leurs opportunités d’achat et d’octroi de licences rentables de ressources d’information électroniques (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014). Elle supporte la collaboration et le partenariat tant au niveau national qu’au niveau international, cela dans l’objectif d’aider l’avancement continuel et l’efficacité des activités et des services de bibliothèques, des milieux de l’éducation et de l’apprentissage, ainsi que de la diffusion d’activités de maîtrise de l’information, etc. (Library Associations: Associations of Libraries in the Czech Republic, 2014).

6. Cadre législatif

Le cadre législatif de la République tchèque s’explique en trois temps, soit avec la loi de 1919 sur les bibliothèques publiques municipales, la loi de 1959 sur le système unique des bibliothèques et la loi fondatrice des bibliothèques et de leurs conditions d’exécution de 2001.

Tout d’abord, la loi sur les bibliothèques publiques municipales ou loi sur les bibliothèques communales est adoptée en 1919. Elle vise à refléter la pluralité de minorités culturelles sur le territoire. Avec cette loi, chaque commune doit avoir une bibliothèque indépendante ou, du moins, créer au sein d’une bibliothèque des sections spécialisées pour représenter adéquatement ces minorités (Library Legislation, 2014). L’argent investi pour la création et la maintenance de la bibliothèque est calculé selon le taux de richesse par habitant de la municipalité (Library Legislation, 2014). L’obligation contenue dans la loi de soutenir ces bibliothèques financièrement permet de s’assurer de la pérennité du réseau (Balik, 1991, p.535). La loi encadre également la présence d’un bibliothécaire professionnel au sein des bibliothèques. Ainsi, chaque municipalité comptant plus de 10 000 habitants avait l’obligation d’engager un bibliothécaire professionnel (Library Legislation, 2014). La loi de 1919 encourage aussi la création de bibliothèques spécialisées et de bibliothèques universitaires (Blin, 2013, p.127). Ainsi, en dix ans, la Tchécoslovaquie comptait une bibliothèque par tranche de 813 habitants (Library Legislation, 2014). Ce réseau va se maintenir dans le pays jusque dans les années 1980 (Machova, 2004, p. 69).

Ensuite, une seconde loi entourant les sciences de l’information est adoptée en 1959, soit sous le régime communiste. Il s’agit de la loi sur le système unique des bibliothèques. Cette loi a créé une centralisation des bibliothèques. Ainsi, les différents types de bibliothèques sont placés sous l’égide d’une bibliothèque centrale (Va’Sǒva, 1995, p.69). C’est cette bibliothèque qui a la tâche d’acheter et de distribuer les livres au sein de bibliothèques de sa communauté (Va’Sǒva, 1995, p.69). Par l’application de la loi de 1959 qui met en place un système unifié de bibliothèques, ces dernières sont alors comprises au sein de réseaux séparés selon leur type: bibliothèques publiques, bibliothèques scolaires, bibliothèques scientifiques, bibliothèques universitaires, bibliothèques médicales, etc (Library Legislation, 2014). De plus, un Bureau central des bibliothèques est créé. Celui-ci permet entre autres au parti communiste d’assurer une censure (Blin, 2013, p.128). C’est d’ailleurs en raison de cette censure de l’État que des collections spécialisées de livres censurés font leur apparition en 1970 (Blin, 2013, p.128). Les bibliothèques deviennent à la fois un outil d’éducation qu’un outil politique. Ainsi, les bibliothécaires doivent avoir une accréditation politique pour pouvoir pratiquer leur métier (Blin, 2013, p.128). Cette loi doit aussi protéger l’emplacement des bibliothèques. Cependant, cette partie de la loi n’a pas été respectée dans de nombreux cas (Va’Sǒva, 1995, p.70). C’est toutefois grâce à celle-ci qu’une coopération va naître entre les bibliothèques et qu’une professionnalisation du domaine sera encouragée (Blin, 2013, p.128).

Finalement, la loi fondatrice pour les bibliothèques sera créée en 2001. Cette loi arrive après la Révolution de velours de 1989 qui apporte des changements importants pour le pays, dont de nouveaux cadres juridiques (Blin, 2013, p.128). La loi fondatrice pour les bibliothèques permet de contrôler les institutions qui souhaitent entrer dans un système centralisé de bibliothèques. Les services de la bibliothèque et l’accès à l’information doivent alors être accessibles à tous sans discrimination et la bibliothèque doit être inscrite au registre des bibliothèques du Ministère de la Culture (Library Legislation 2014). Suite à cette loi, quatorze nouvelles régions sont également créées et les bibliothèques régionales ont plus de pouvoir qu’auparavant (Machova, 2004, p. 74). Au centre de ce système, la Bibliothèque nationale soutient les autres bibliothèques du système entre autres en agissant en tant que représentant pour de la gestion des droits d’auteurs reliés à l’usage des livres (Machova, 2004, p. 72). Cette dernière loi est donc venue clarifier et renforcer le système des bibliothèques en République tchèque.

7. Information complémentaire/particularités

L’une des particularités de la bibliothéconomie tchèque, c’est que même sous le régime communiste (à l’époque de la Tchécoslovaquie), des réseaux spécialisés et hiérarchisés de différents types de bibliothèques (publiques, médicales, scientifiques, scolaires, universitaires, etc.) sont demeurés en vigueur (Blin, 2013, p.128).

8. Références

Balik, V. (1991). Les bibliothèques de la République tchèque. Bulletin des bibliothèques de France (BBF), (6), 534-542. https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1991-06-0534-005.

Bibliothèque nationale de République tchèque. (2012, 18 septembre). Some facts and figures. http://www.en.nkp.cz/about-us/about-nl/national-library-s-history/characteristics.

Bradley, J.F.N., Hauner, M., Odlozilik, O., Wiskemann, E. et Zeman, Z.A.B. (s.d.). Czechoslovak history. Dans Encyclopedia Britannica. https://www.britannica.com/topic/Czechoslovak-history.

Central Intelligence Agency. (s.d.) The World Factbook: Europe: Czechia https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ez.html.

Chamber of Deputies Parliament of Czech Republic. (s.d.). Parliamentary Library. https://public.psp.cz/en/sqw/hp.sqw?k=2000.

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Czech Library and Information Science Portal. (2014, 8 décembre). Library Legislation. http://ipk-en.nkp.cz/legislation/01_Legislation.htm.

Czech Library and Information Science Portal. (2014, 8 décembre). Public Libraries. http://ipk-en.nkp.cz/libraries-in-cr-and-their-organisation-library-statistics/03_Public.htm.

Les bibliothèques en République tchèque et en Slovaquie. (2013). Dans F. Blin (dir.), Les bibliothèques en Europe: Organisation, projets, perspectives (p. 127-139). Éditions du Cercle de la Librairie. https://doi.org/10.3917/elec.blin.2013.01.0127″

Machova, A. (2004). Les transformations du réseau des bibliothèques en République tchèque. Bulletin des bibliothèques de France (BBF), (3), 69-77. https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2004-04-0069-011.

Preidel, H. (s.d.). Charles IV Holy Roman emperor. Dans Encyclopedia Britannica. https://www.britannica.com/biography/Charles-IV-Holy-Roman-emperor.

Va’Sǒva, L. (1995). Public libraries in the Czech Republic. The International Information & Library Review, 27(1), 69-74. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1057231705800098.

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 1 Droit d'auteur © 2025 par Lina Angers; Olivier A.-Savoie; Camille Archambault; Alexis Baribeault St-Germain; Lucile Bernard; Sarah Bissonnette; Patricia Bossé; Cristina Cernopolc; Irina Buian; Élisabeth Chiasson; Mariette Cliche-Galarza; Caroline Corbières; Valérie Corriveau; Audrey-Anne Côté; Antoine Cotnoir; Sophie Courchesne; Diana Maude Couture; Camille Demers; Nellie Demers; Karine Desroches; Patricia Duchesne; Isabelle Fontaine; Caroline Fortin; Audrée Frappier; Charles-Antoine Fugère; Audrey Gan-Ganowicz; Alexandre Gauthier; Rahel Hadzi; Wahida Haouaoussa; Anabel Hébert; Nathan Herbaut; Virginie Houde; Sara Itani; Laurie Jetten-Vigeant; Sandrine Julien; Ariane Labelle; Joanie Lacas; Jordan Lajeunesse; Philippe Lamontagne; Charlie Laviolette; Christelle Magalie Louamba-Louzolo; Marie-Pier Landry; Julie Langlois Côté; Vicky Laporte-Torres; Gemma Lavoie; Jessica Legault; Olivier Lirette Teoli; Carl-Éric Magnan; Clabèle Julie Noutchitou Mbom; Romy Otayek; Marc-André Ouellette; Constance Poitras; Thomas Poulin; Gabriel Reid; Julia Elisa Reyes-Cerritos; Karine Robertson; Pierre-Emmanuel Roy; Mathilde Sainte-Marie; Véronique Savoie; Gregory Sides; Julie Lise Simard; Guyllaume Soucy-Jalbert; Marie-Hélène Tanguay-Bérubé; Rosine Tétreault; Hélène Théoret; Philippe Antoine Tremblay; Alexandre Trépanier; Sammie Wilcox-Gélinas; Ilda Carmélia Lopes; Julia Paquin-Domingues; Julie Morin; Mathieu Bureau Meunier; Mégane Ollivier; Seeun Kim Chung; et Emmanuelle Roy est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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