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36 Taïwan

(Marc-André Ouellette, Antoine Cotnoir)

Profil du pays

Taïwan, aussi connu sous le nom de République de Chine, est un petit État insulaire au sud-est de la Chine continentale et au nord des Philippines. Le territoire du pays comprend notamment l’île de Formose, qui compose l’essentiel de la masse terrestre, et plusieurs petits archipels tels que celui des Pescadores, l’archipel de Kimmen au large de la province Chinoise de Fujian ainsi que plusieurs petites îles au large de la Chine continentale. Le relief de l’île de Formose est composé au 2⁄3 de montagnes particulièrement sur la face Est de l’île. Le reste du territoire est formé en grande partie de plaines. (CIA World Factbook, 2020) Taïwan n’a pas toujours été une société démocratique. Après la défaite du Kuomintang, le parti nationaliste chinois, Chiang Kai-Chek et ses compatriotes s’exilent de la Chine continentale pour s’établir sur l’île de Formose. Une fois sur l’île, les nationalistes reproduisent les institutions politiques qui existaient dans l’éphémère République de Chine (1912-1949) mais le Kuomintang, qui règne par le biais de la loi martiale, est le seul parti légal jusqu’aux années 1980. Au milieu des années 1970, le pays fait partie des quatre “Dragons asiatiques” c’est-à-dire, l’un des quatre nations qui connaissent une forte croissance économique à la suite du miracle économique Japonais. (Scott, 2017, Taiwan, p.665) Il faut attendre le milieu des années 1980 avec l’impulsion de forces internes et externes et des revirements sur la scène internationale pour que la démocratie soit implantée à Taïwan. Depuis 1986, les partis d’opposition sont autorisés et se présentent aux élections (P. Chevalérias et al. (s.d.) Taïwan [T’ai-wan] (Formose), Encyclopédia Universalis). Depuis 2016, c’est Tsai Ing-Wen, cheffe du parti démocrate progressiste qui est élue au Yuan législatif, le parlement taïwanais.

Histoire

Avant de parler des bibliothèques de Taïwan, il importe de comprendre quelques notions sur l’histoire de Formose. Habitée depuis des millénaires par des aborigènes austronésiens, l’île est probablement connue des Chinois depuis les premières dynasties. À partir du 17e siècle, elle est occupée par diverses puissances coloniales européennes qui s’en servent comme base commerciale. Puis, à partir de 1662, l’île est intégrée à la Chine et elle le demeurera pendant près de deux siècles. D’abord sous la dynastie Ming (1368-1662) puis sous la dynastie Qing (1644-1912) et ce, jusqu’en 1895. Cette année-là, l’île ainsi que des possessions chinoises environnantes sont intégrées à l’Empire du Japon par le traité de Shimonoseki (Scott, 2017, Taiwan, p.664-665). Le règne du Japon sur l’île dure jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période, le Japon modernise grandement les infrastructures de Taïwan contre de nombreuses résistances des populations Han et les aborigènes. Des écoles, des chemins de fer, des industries sont bâties durant cette période. Cette période est toutefois marquée par des discriminations envers les populations locales où les écarts de salaires entre Japonais et coloniaux sont grands et où la connaissance de la langue japonaise est un prérequis pour accéder à l’éducation supérieure (Chou, 2016, Taiwan under Japanese rule (1895-1945), p.26-31). En 1945, le Japon restitue Taïwan et les Pescadores à la République de Chine (1912-1949). En 1949, le Kuomintang vaincu lors de la guerre civile chinoise se réfugie sur l’île. Chiang Kai-Chek continuera de se présenter comme le président de la République de Chine en maintenant la loi martiale sur l’île. Jusqu’en 1971, Taïwan est reconnue comme la seule Chine et occupe un siège au conseil permanent de sécurité de l’ONU. L’année suivante, la République populaire de Chine acquiert le siège de Taïwan à ce conseil et elle est reconnue comme la seule Chine, ce qui éclipse Taïwan de la sphère internationale.

En 1941, pour protéger certains livres rares qui pouvaient avoir jusqu’à 2000 ans, des caisses de ces livres furent envoyées aux États-Unis (Campbell, 2017, Libraries, p.396). Peu de temps avant l’exode du Kuomintang à Taïwan, la National Central Library qui était la bibliothèque nationale de la République de Chine (1912-1949) quitte Nanjing pour s’installer à Taipei. En 1960, il fut découvert par le directeur-général de la bibliothèque nationale que les États-Unis possédaient d’anciens livres de la Chine dans leurs entrepôts. Ces livres furent restitués à Taïwan en 1965, leur permettant d’avoir une grande collection de plusieurs milliers de documents sur les anciennes dynasties de Chine. (National Central Library, (s.d.) History of the National Central Library).

Types de bibliothèques

Bibliothèques nationales.

L’une des particularités de Taïwan est le fait qu’il y ait, en théorie, 3 bibliothèques nationales. Toutefois, seule l’une d’entre elles exerce pleinement le rôle de bibliothèque nationale, la National Central Library dont nous avons parlé un peu plus haut. Les deux autres sont la National Taiwan Library et la National Taichung Library. Ces deux dernières sont davantage de très grosses bibliothèques publiques plutôt que d’actuelles bibliothèques nationales, mais leur rôle dans le réseau public est tout de même très intéressant. Dans le cas de la National Taiwan Library, elle a été construite en 1912 sous le régime japonais et elle fonctionnait majoritairement comme une bibliothèque gouvernementale (Hickok, 2019, p.236). Elle est basée à Nouveau Taipei et, de nos jours, elle agit comme une immense bibliothèque publique qui offre une grande variété de services et donne accès à de grandes collections. La National Taichung Library, elle, agit davantage comme un modèle pour les bibliothèques publiques à travers le pays. Fondée en 1923, également sous le régime japonais, elle est le centre de nombreux projets en lien avec le dynamisme du réseau public et avec l’amélioration des plus petites bibliothèques publiques (Hickok, 2019, p.236). Enfin, la vraie bibliothèque nationale Taïwanaise, la National Central Library est à la fois le noyau du réseau public et la gardienne du patrimoine de Taïwan et de l’ancienne Chine. D’un côté, elle est responsable de la conservation de plus de 20 000 documents des dynasties anciennes telles que la dynastie Song (960 à 1279), Qin (-221 av J-C à -206 av J-C) et Ming (1368-1644) ainsi que des ouvrages bouddhistes, confucéens et même des ouvrages d’autres civilisations (Taiwan Today, 1966, Room for improvement). De l’autre, elle poursuit de nombreux objectifs visant à améliorer les services des bibliothèques publiques en plus de promouvoir l’amélioration de la littératie dans la population. Parmi les stratégies mises en place par cette dernière pour accomplir ces missions, on peut nommer la collaboration avec toutes les bibliothèques de Taïwan et la mise en place de standards nationaux de qualité pour les services à l’usager. (National Central Library, (s.d.), Important policies.)

Bibliothèques publiques.

L’une des choses les plus fascinantes des bibliothèques publiques de Taïwan est leur caractère original. La première bibliothèque publique de Taïwan a ouvert ses portes en 1901 en pleine occupation japonaise. Depuis, ce nombre a gonflé jusqu’à atteindre un total de 562 en date de 2006. Au sein de ces centaines de bibliothèques, on retrouve près de 27,6 millions d’ouvrages en tout genre. Des bandes-dessinées, des romans, des périodiques, etc. (Yang. 2009. Asia : Public Libraries, p.148-149) On retrouve deux grandes catégories de bibliothèques publiques à Taïwan: les bibliothèques municipales et les bibliothèques de comté et de cité. Dans le premier cas, il s’agit des bibliothèques que l’on retrouve dans les grandes villes comme Taipei. Ce sont des bibliothèques de taille importante ayant souvent des branches multiformes. La Taipei Public Library, par exemple, offre une très large brochette de services et ce, en de multiples langues dont plusieurs langues d’Asie. Les branches de cette grande bibliothèque prennent la forme de succursales spécialisées dans la bande-dessinée, de bibliothèques écoresponsables, de machines distributrices pleines de livres dans les stations de métro et de salons de lecture dans les quartiers, pour ne nommer que quelques exemples. (Hickok. 2019. Serving Library Users, p.236-237) Les bibliothèques de comté, elles, peuvent être de tailles assez conséquentes mais n’ont pas de réseau de succursales tentaculaires. Elles ont en général des collections qu’elles partagent avec d’autres bibliothèques et une bonne variété de services adaptés à leur financement qui est très variable selon la taille de la cité. Ce type de bibliothèque publique peut être aussi petite qu’une bibliothèque de village et aussi grande que la bibliothèque de Nouveau Taipei, haute de 13 étages. (Hickok. 2019. Serving Library Users, p.236-237)

Bibliothèques scolaires.

Le système d’éducation taïwanais comprend douze années d’études parmi lesquelles les neuf premières années sont obligatoires. Les six premières années sont des études primaires . Les six années suivantes sont séparées en deux parties distinctes. Les trois premières années sont des études secondaires junior (obligatoires) et les trois années suivantes sont des années d’études secondaires sénior qui préparent l’élève au collège ou à l’université principalement. Le réseau de bibliothèques scolaires (publiques et privés) comptait, en date de 2010, 3 978 bibliothèques dont la majorité sont des bibliothèques d’écoles primaires (2720 bibliothèques primaires et 743 secondaires junior, 323 sénior et 192 d’autres types d’écoles). Les conditions sont très variables d’une institution à l’autre en fonction du milieu et des budgets (Hickok, 2019, p.237). À titre d’exemple, les bibliothèques d’écoles secondaires sénior privées en milieu urbain ont généralement plus de ressources matérielles et humaines que les bibliothèques d’écoles primaires en milieu rural. Une autre problématique auxquelles doivent faire face ces bibliothèques est le manque de main d’œuvre qualifiée en sciences de l’information (1,4% des bibliothécaires en milieu scolaire primaire et secondaire junior étaient formés en sciences de l’information en date de 2013) (Hickok, 2019, p.238). Nous reviendrons sur cette problématique dans la section concernant le cadre éducatif des sciences de l’information à Taïwan.

Bibliothèques académiques.

Le secteur d’études tertiaires de Taïwan regroupe autant les universités publiques et privées que les écoles spécialisées comme les écoles techniques, les écoles de médecine et les écoles militaires. Encore en date de 2010, on comptait 183 bibliothèques académiques qui offrent majoritairement des collections et des ressources assez développées (Hickok, 2019, p.239). Une des plus importantes du réseau est la bibliothèque de l’université nationale de Taïwan (NTU). Bâtie en 1928 sous l’occupation japonaise, l’université alors connue sous le nom de la Taihoku Imperial University fut rendue à Taïwan en 1945 et prit le nom de National Taiwan University. La bibliothèque de cette université publique fut rénovée à la fin du 20e siècle afin de respecter l’esprit original du bâtiment. Elle fut rouverte au public, telle qu’on la connaît aujourd’hui, en 1998 après 12 ans de rénovations (National Taiwan University Library, s.d., History). Elle possède une collection de 4.2 millions de volumes ce qui en fait la bibliothèque universitaire la plus importante de Taïwan en termes de collection (Hickok, 2019, p.239). La majorité des bibliothécaires qui œuvre dans ce réseau possèdent une formation en sciences de l’information.

Bibliothèques spécialisées.

Les bibliothèques spécialisées sont des « organismes d’information financés par des compagnies privées, agences gouvernementales, des organismes à but non lucratif ou des associations professionnelles. » (Mount cité par Ferguson & Lin dans Global library and information science, 2009, p.179). Ces bibliothèques, qui servent à « mettre les connaissances au travail » (Ferguson & Lin, 2019, p.179), sont nombreuses à Taiwan. Selon les chiffres de 2006 de la bibliothèque nationale de la République de Chine (National Central Library) on comptait à ce moment 680 bibliothèques spécialisées à Taïwan (Ferguson & Lin, 2009, p. 184). Les trois secteurs les plus importants sont les bibliothèques gouvernementales/parlementaires (196), les bibliothèques médicales/d’hôpitaux (163) et les bibliothèques théologiques (127) (Ferguson & Lin, 2009, p.184). Ces types de bibliothèques doivent toutefois faire face à des problèmes de qualification de main-d’œuvre et de support financier (Ferguson & Lin, 2009, p.184). Une enquête de 2006 démontre qu’à Taïwan, moins de la moitié (41.77%) des bibliothécaires engagés à temps plein dans les bibliothèques spécialisées ont une formation en sciences de l’information (Ferguson & Lin, 2009, p. 185)

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Le premier programme taÏwanais d’études universitaires en bibliothéconomie et en sciences de l’information est apparu en 1955 à la National Taiwan Normal University (NTNU) (National Taiwan Normal University, s.d., Graduate Institute of Library and Information Sciences). Ce programme de 1er cycle était l’une des trois branches d’études (avec le travail social et le journalisme) que l’on retrouvait dans le département d’éducation sociale (Department of Social Education). Le programme était une formation de quatre ans avec trois ans de cours et une année de travail sur le terrain, c’est donc dire que les premiers diplômés l’ont été à partir 1959 (Lai, 1966, p.277). Depuis l’apparition du programme de maîtrise en 2002, la formation s’est séparée du département d’études sociales et fait maintenant partie du College of Education de la NTNU sous le nom de Graduate Institute of Libraries & Information Studies (National Taiwan Normal University, s.d., Graduate Institute of Library and Information Sciences). C’est cependant en 1961 qu’eut lieu l’ouverture de la première faculté des sciences de l’information à TaÏwan. C’est sous la tutelle de l’American Library Association (ALA) que fut mis sur pied le Department of Library Science de la National Taiwan University (NTU) (Lai, 1966, p.274). Dans les premières années, seule la formation de 1er cycle y était offerte. Dans les années 1960, on retrouvait aussi le World College of Journalism qui offrait une formation de niveau collégiale et cinq autres universités qui offraient un ou deux cours d’introduction au domaine, mais la NTNU et la NTU étaient les deux seules instances à décerner des diplômes universitaires en sciences de l’information (Lai, 1966, p. 274). Déjà en 1966, Yung-Hsiang Lai, alors directeur du Department of Library Sciences de la NTU, écrivait dans une revue spécialisée (Journal of Education for Librarianship), être en train de travailler à mettre sur pied un programme de maîtrise qu’il souhaitait voir débuter dès 1967 (Lai, 1966, p.277). Cela prendra plus de temps que prévu et le programme de maîtrise en SI de la NTU n’ouvrira ses portes qu’en 1980 (Hu, 1996, p.367). Entre-temps, deux autres universités ont commencé à offrir la formation au 1er cycle (Hsu, 1996, p. 366). En 1989, le département change de nom pour devenir seulement le Library and Information Science et, la même année, commence à offrir le doctorat en sciences de l’information (Lin, 2014, p.89). La NTU a longtemps été la seule université à offrir la formation au 3e cycle universitaire (Hu, 1996, p.367). Depuis 2011 cependant, on compte trois universités qui offrent le doctorat en sciences de l’information (NTU depuis 1989, NTNU depuis 2010 et NCCU depuis 2011) (Lin, 2014, p. 91). Parmi les 9 universités offrant un diplôme en SI, la NTU et la NTNU sont les deux seules universités à offrir les 3 cycles (baccalauréat, maîtrise, doctorat) (Lin, 2014, p.91). Il est intéressant de noter qu’une des particularités de l’enseignement de la bibliothéconomie à Taïwan est que les professionnels sont formés pour connaître autant le système oriental qu’occidental (Lai, 1966, p.275).Tel que mentionné plus tôt, certains types de bibliothèques peinent encore à trouver de la main d’œuvre qualifiée en sciences de l’information. Selon une étude de 2013 réalisée auprès des bibliothèques d’écoles primaires et secondaires juniors, seulement 26% des employés avaient une formation pour travailler en bibliothèque et seulement 1,4% des employés avaient une formation en sciences de l’information (Hickok, 2019, p.238). Selon les chiffres de 2006 en bibliothèques spécialisées, 41,77% des employés à temps-plein possédaient une formation en SI et 21% des employés à temps-partiel. Inversement, c’est donc 37,23% des employés des bibliothèques spécialisés en 2006 qui n’avaient pas de formation en sciences de l’information (Ferguson & Lin, 2009, p.185).

Association des bibliothèques

Déjà en fonction dans les années 1950 (Lai, 1966, p.279), la Library Association of China a été rebaptisée en 1994 pour être renommée la Société des bibliothèques de la République de Chine (Library Association of the Republic of China ou LAROC). L’association est une organisation sociale à but non-lucratif qui a pour but de promouvoir la culture chinoise, d’étudier les livres et l’information, de fédérer les employés des bibliothèques et des unités d’informations ainsi que de développer les livres et les entreprises d’information sur l’île de Taiwan (LAROC, 2020, Constitution). La constitution de la LAROC comprends une liste de 10 tâches établies parmi lesquelles on retrouve la recherche sur la théorie et la pratique en bibliothéconomie et en sciences de l’information, la promotion d’une atmosphère nationale de lecture et la création d’une société savante ainsi que l’établissement de normes pour les livres et les professionnels de l’information (LAROC, 2020, Constitution). Une autre tâche importante de la LAROC est la formation continue des professionnels. Cette activité permet notamment de combler en partie les besoins de formation des employés de bibliothèques qui n’ont pas de formation en sciences de l’information, un besoin lié davantage aux bibliothèques en milieux ruraux (Lin, 2014, p.98)

Cadre législatif

Le 17 janvier 2001, Taïwan se dote d’une loi encadrant le développement des bibliothèques (Library Act). Il s’agit d’un document publié par le ministère de l’éducation et composé de vingt articles dont un seul qui a été abrogé. À l’heure actuelle, la version la plus récente de la loi date du 4 février 2015. On peut subdiviser cette législation en trois sous-sections importantes: Les définitions et les missions des bibliothèques; La typologie des bibliothèques de Taïwan et; Les pouvoirs et obligations de ces institutions.

Définitions et missions.

Tout d’abord, le ministère de l’éducation de Taïwan explique l’importance du rôle des bibliothèques de tous types. En effet, l’objectif de ces institutions est de contribuer au développement culturel et scientifique du pays et de jouer un rôle dans l’éducation et l’apprentissage à long terme des Taïwanais.e.s. La loi prévoit que toutes les bibliothèques accumulent un patrimoine informationnel important. Cela comprend, entre autres, des livres, des périodiques, des films, des ouvrages numériques, de la musique et des ressources informatiques. De plus, la loi explicite l’identité de ce qu’elle appelle les «autorités compétentes». Tout dépendant du type de bibliothèque et de sa portée, il peut s’agir du gouvernement citadin, du gouvernement d’une municipalité ou encore, le gouvernement de la République de Chine s’il s’agit, par exemple, de la bibliothèque nationale. Bref, cette première section sert à expliciter les missions des bibliothèques en général et qui sont les responsables de leur évaluation et de leur encadrement.

Typologie légale des bibliothèques.

Le quatrième article du Library Act décrit les cinq types de bibliothèques que l’on retrouve à travers Taïwan. Comme nous avons déjà abordé la question des différentes bibliothèques plus haut, nous nous limiterons à présenter la typologie telle que décrite dans la loi ainsi que quelques détails additionnels. Les bibliothèques à Taïwan sont classées dans cinq catégories: Bibliothèque nationale, bibliothèque publique, bibliothèque académique, bibliothèque scolaire et bibliothèque spécialisée. Les fondateur.trice.s potentiel.le.s de ces différents types de bibliothèques sont présentés dans cette section. En effet, les écoles sont les fondatrices des bibliothèques académiques et scolaires, dans le cas des bibliothèques publiques et spécialisées c’est beaucoup plus hétérogène. Ces deux dernières sont parfois fondées par des individus riches, des compagnies privées ou des organismes à but non lucratif. Bref, l’article quatre de la loi définit les grandes catégories des bibliothèques taïwanaises et nous donne des renseignements sur les initiatives qui les génèrent.

Les pouvoirs et les obligations des bibliothèques.

Les articles cinq à dix-huit forment une série de pouvoirs que possèdent chacune des bibliothèques mais aussi des règles à respecter. Certains articles ne sont pas exhaustifs parce qu’ils renvoient à d’autres lois qui traitent de la question, mais cela nous donne une idée du cadre d’action des bibliothèques. On sait par les articles 5 et 6 que la bibliothèque est fortement soumise à l’autorité centrale supérieure en ce qui concerne la formation du personnel. Autrement dit, pour toutes les questions de structure globale et de personnel, les bibliothèques se réfèrent au gouvernement ou à la structure décisionnelle supérieure. L’article 7 est intéressant parce qu’il nous dit essentiellement, que chaque usager.e taïwanais.e a le droit à un accès “juste”, “sans limites” et “rapide” à la collection dans le respect du droit d’auteur et des règles de la bibliothèque. Les articles 8 à 13 concernent principalement des pouvoirs sur le fonctionnement interne. Ces pouvoirs ne sont pas particulièrement différents de ceux de l’Occident. Pour leur part, les articles 14 à 18 concernent le développement de collection. À l’instar de BAnQ au Québec, en vertu de l’article 15 de la loi, la bibliothèque nationale ainsi que la bibliothèque du parlement doivent recevoir une copie de chaque publication nationale qu’elle soit publiée par une compagnie, un organisme, une compagnie, et cetera. Toute faute de le faire dans les délais impartis résulte en une amende équivalente à 10 fois le prix du document, selon l’article 18. Les autres articles de cette section, concernent plus spécialement l’élagage, l’organisation et la performance de la bibliothèque. Enfin, l’article 19 concerne sa mise en application par le Yuan exécutif, l’organisme gouvernemental chargé de l’application des lois.

Bibliographie

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