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1 Australie

(Justine Caron, Diana Nistor, Julien Quevillon et Justin Roy)

Profil du pays

Le Commonwealth d’Australie occupe l’île continentale du même nom, la Tasmanie et d’autres îles des océans Austral, Indien et Pacifique. Sa population compte environ 26 millions de personnes, pour la plupart de descendance européenne malgré une affluence continue d’immigrants asiatiques. Plus de la moitié d’entre elle s’agglomère dans les États de Victoria et du New South Wales, où se situe Canberra, la capitale du pays (Europa World Plus, 2021).

L’anglais est la langue officielle de l’Australie et la plus parlée par ses habitants. Le territoire du Commonwealth héberge aussi 120 langues autochtones, en majorité menacées d’extinction. Celles-ci sont parlées par les Aborigènes et les Indigènes du détroit de Torrès, soit 2,8% de la population nationale (Europa World Plus, 2021). En 2008, le premier ministre a présenté des excuses officielles à ces peuples pour les torts que leur a infligés l’État australien au cours de son histoire (Bongiorno, 2021).

L’Australie a pour régime politique une monarchie constitutionnelle parlementaire. Son chef d’État est le détenteur de la Couronne australienne, représenté par un gouverneur général et six gouverneurs. Le pouvoir législatif est exercé par un parlement élu, qui comprend une chambre des représentants et un sénat. Le pouvoir exécutif appartient au gouvernement et à son chef, le premier ministre (World Factbook, 2021). La division du pays en six États et trois territoires fédérés cause une multiplication de ces institutions, chacun possédant son propre système législatif, exécutif et judiciaire (Europa World Plus, 2021).

Histoire

Les premières personnes à peupler le continent australien sont arrivées par bateaux il y a au moins 40 000 ans (World Factbook, 2021). Ceux que l’on nomme aujourd’hui les Aborigènes sont parvenus à s’adapter à un environnement hostile, développant des routes commerciales, des outils de pierre sophistiqués, plus de 250 langues, un ordre social complexe et un système de croyances (Bongiorno, 2021).

L’occupation du territoire par les Européens a commencé après l’accession des Treize colonies d’Amérique du Nord à l’indépendance. Privée de ces dernières, la Couronne britannique souhaitait trouver un nouvel endroit où envoyer ses prisonniers. Elle connaissait l’existence d’une masse de terre dans la mer du Pacifique, explorée et cartographiée par le navigateur James Cook en 1770. La croyant presque déserte, elle a décidé de se l’approprier. C’est ainsi qu’en 1788, un premier pénitencier a été construit sur les berges de ce qui deviendrait le New South Wales. Si les premiers gouverneurs de la colonie ont manifesté une certaine volonté d’entretenir des relations pacifiques avec les Autochtones, leurs successeurs ont rapidement autorisé la poursuite d’expéditions militaires contre eux (Bongiorno, 2021). La découverte d’or sur le continent en 1850 y a attiré davantage d’Européens, accélérant l’assimilation des Aborigènes et des Indigènes du détroit de Torrès.

En tout, six colonies européennes ont été implantées sur le continent australien durant la seconde moitié du 19e siècle. En 1901, elles se sont fédérées pour donner naissance au Commonwealth d’Australie. La participation de ses forces armées à la Première Guerre mondiale a consacré sa reconnaissance à l’international. Depuis, le pays s’est progressivement affirmé comme un acteur politique et économique majeur du Pacifique. La situation de sa population autochtone, moins nantie et éduquée que sa population de descendance européenne, nourrit toutefois encore de vifs débats de société (Bongiorno, 2021).

Types de bibliothèques

Les bibliothèques publiques

Selon le dernier rapport (2019-2020) présenté par la National and State Libraries Australia (NSLA), les bibliothèques publiques totalisaient 1 407 points de desserte (2021, p. 3). Avec un réseau utilisé par 60% de la population, l’Australie se positionne aujourd’hui parmi les dix meilleurs pays en termes d’offre de service (Bundy, 2010, p. 325). C’est près du double en comparaison du Québec, où seulement 28,9% de la population est inscrite à une bibliothèque publique autonome (Institut de la statistique du Québec, 2021).

La typologie des bibliothèques publiques comprend notamment la Bibliothèque nationale, six bibliothèques d’État, deux bibliothèques territoriales, et de multiples bibliothèques locales (Bundy, 2011, p. 62). Bien que leur nombre paraît aujourd’hui important, l’histoire des bibliothèques publiques – gratuites et accessibles – demeure assez récente. Jusqu’au début des années 1980, les principales bibliothèques ouvertes au grand public étaient gérées par des écoles de métiers (mechanics’ institutes), et les usagers étaient tenus de payer un abonnement pour y accéder (Bundy, 2010, p. 324). Un changement s’est opéré au moment où des groupes de pression se sont formés, réclamant de meilleures bibliothèques publiques pour les communautés australiennes. Friends of Library a joué un rôle particulièrement important dans cette redéfinition, au moment de leur création dans les années 1990 (Bundy, 2010, p. 325).

Depuis le début des années 2000, les missions des bibliothèques locales australiennes suivent de près les valeurs défendues par des organismes internationaux telles que l’IFLA/UNESCO. De manière générale, Bundy soutient que le rôle des bibliothèques locales est de rendre les communautés meilleures. Elles y parviennent notamment en informant les citoyens, en offrant un espace où les usagers se sentent égaux, en alimentant la créativité des membres – et surtout des enfants – des communautés desservies. De manière plus large, elles veulent stimuler le sentiment d’appartenance communautaire (2010, p. 332). Ces bibliothèques se voient aussi désignées depuis peu par des titres comme « bâtiment de capital social » et « troisième lieu » (Bundy, 2011, p. 63). On comprend dès lors que les bibliothèques publiques se positionnent progressivement comme des lieux de rassemblement et de socialisation importants pour les communautés, ce qui constitue une avancée importante par rapport au rôle qu’elles avaient dans les années 1980.

En sus des bibliothèques locales, le réseau des bibliothèques publiques comprend aussi la Bibliothèque nationale (BN), située à Canberra. À la différence des autres types de bibliothèques publiques, c’est la seule qui bénéficie d’un financement du gouvernement fédéral. Les gouvernements des États, des territoires et des municipalités s’occupent respectivement de subvenir aux besoins des bibliothèques sous leur juridiction.

À l’image des bibliothèques locales, la BN est somme toute assez jeune. Anciennement intégrée à la bibliothèque du Parlement, elle acquiert son indépendance en 1960, au lendemain du National Library Act. Il faut néanmoins attendre huit ans pour que s’achève la construction de son bâtiment, dont les colonnes rappellent celles du Parthénon, sur un terrain donnant sur le Lac Burley Griffin (National Library of Australia, s. d.). Son rôle consiste à assurer l’accessibilité et la conservation des documents ayant une valeur historique nationale pour l’Australie, mais aussi concernant les autres pays (National Library of Australia, s. d.).

En ce qui a trait aux bibliothèques d’État, on en dénombre six, réparties dans chaque État du pays : l’Australie-Méridionale (State Library of South Australia), l’Australie occidentale (State Library of Western Australia), la Nouvelle Galle du Sud (State Library of New South Wales), le Queensland (State Library of Queensland), la Tasmanie (State Reference Library) et le Victoria (State Library Victoria). Leur particularité s’exprime surtout par la rareté des documents qu’elles abritent et leur architecture impressionnante, dont certaines remontent au XIXe siècle. Elles sont pour cette raison visitées par un grand nombre de touristes chaque année. Du côté des bibliothèques territoriales, on compte notamment la Northern Territory Library. Bien que les missions propres à ces bibliothèques sont davantage axées sur le développement de collection, certaines d’entre elles aspirent à devenir des lieux de collaboration et de rencontre pour les membres de la communauté dans les années à venir (State Library of South Australia, 2021, p. 16-17).

Les bibliothèques universitaires

Les bibliothèques universitaires (BU) australiennes constituent un réseau de 39 institutions, administré par le Council of Australian University Librarians (CAUL). Les membres qui y siègent sont principalement des bibliothécaires professionnels, qui veillent à ce que les services soient uniformisés dans les BU sur la base de valeurs communes dont ils font la promotion (Rolf, 2021). Dans l’ensemble, les activités du CAUL consistent à proposer des politiques publiques, participer à l’éducation continue des bibliothécaires universitaires, produire des rapports statistiques sur les BU, rendre accessibles les ressources documentaires numériques et encourager le partage de connaissances et la collaboration communautaire. Comme le mentionnent Mamtora et al., un rôle qui revient aujourd’hui aux bibliothèques universitaires – et qui est assumé par le CAUL – consiste à soutenir la réconciliation avec les peuples autochtones dans leurs services (2021, p. 352).

En date de 2011, Bundy soulignait que les bibliothèques universitaires venaient de connaître des évolutions considérables, susceptibles d’être « […] déterminantes pour leur avenir » (p. 60). Parmi celles-ci, on relève notamment le début d’une collaboration étroite entre les bibliothécaires et le corps professoral, la modernisation et la construction de nouveaux bâtiments, l’automatisation des prêts grâce à la Radio frequency IDentification (RFID), un support accru aux étudiants de la maîtrise et du doctorat et finalement, la promotion de l’idée voulant que les BU doivent être des « learning centers », c’est-à-dire des espaces visant à stimuler l’apprentissage des étudiants (Bundy, 2011, p.60).

Les bibliothèques scolaires

En 2020, on comptait 9542 écoles de niveaux primaire et secondaire sur l’ensemble du territoire australien (Australian Bureau of Statistics, 2021). Selon Maureen Nimon (2003, p. 71), il est juste d’affirmer que chacune d’entre elles comprend aujourd’hui une bibliothèque, et que chacune de ces bibliothèques comprend une personne responsable de son fonctionnement. Néanmoins, avant 1960, très peu de bibliothèques avaient la prétention d’occuper une place importante dans l’apprentissage des enfants et des adolescents. Cela était principalement attribuable à un manque de soutien financier et à une reconnaissance très limitée de la part du gouvernement fédéral. Dès 1934 et la publication du Munn-Pitt Report, on concluait déjà que l’Australie cumulait un retard important par rapport aux autres pays développés sur la question des bibliothèques scolaires ; qu’il n’était pas possible pour les enfants d’expérimenter les avantages que pouvait leur fournir ce type d’institution (Ryan, 2018, p. 155).

À vrai dire, c’est en partie grâce à la publication du rapport Fenwick (1966) que l’intérêt des gouvernements fédéraux succédant à Robert Menzies a réellement été suscité. On y dépeignait notamment le manque de services offerts, en mettant en évidence le sentiment d’urgence qui en résultait (Ryan, 2018, p. 155). Au cours des années suivantes, plusieurs subventions ont été accordées aux bibliothèques de niveaux primaire et secondaire publiques, et l’État fédéral s’est posé comme la principale source de financement pour les années suivantes (Bundy, 2011, p. 62).

Les bibliothécaires scolaires – qui obtiennent le titre de « library teachers » lorsqu’ils sont adéquatement formés – ont des missions bien définies. Ils doivent surtout veiller à ce que les enfants acquièrent des compétences suffisantes en lecture et qu’ils soient confiants dans leur usage des technologies numériques (ALIA, ASLA et AEU, 2020). Sans la présence d’un bibliothécaire scolaire qualifié, les organismes susmentionnés défendent que la réussite des élèves s’amenuise. Leur dernier rapport collaboratif (2020) intitulé Joint Statement on School Libraries incite donc le gouvernement fédéral à délier les cordons de sa bourse, afin d’obtenir un meilleur financement dans les années à venir.

Les bibliothèques spécialisées

Les bibliothèques spécialisées d’Australie, au nombre d’à peu près 1200, composent souvent avec de petites équipes et peu de ressources. Cette carence en effectif a eu pour effet de retarder, dans les dernières années, leur adoption de mesures costaudes visant à développer la maîtrise de l’information de leurs clientèles. En fait, seules les institutions reliées aux domaines du commerce, de l’industrie et du gouvernement disposent actuellement de services et de politiques allant dans cette direction. S’ajoute à cela une importante fréquence des restructurations et des fermetures dans les secteurs gouvernementaux, du commerce et de l’industrie. Ces difficultés n’ont pourtant jamais empêché les bibliothèques spécialisées, particulièrement en droit et en médecine, d’attirer certains des professionnels des sciences de l’information les mieux qualifiés et les plus engagés dans le réseautage au pays (Bundy, 2021).

La bibliothèque législative du Parlement fédéral, localisée à Canberra, illustre le mieux cette résilience des bibliothèques spécialisées. Mondialement reconnue pour la qualité des analyses de problèmes et de tendances publiées par son personnel (Bundy, 2021), elle est aussi l’une des premières bibliothèques parlementaires où les technologies numériques ont été implantées de façon à rendre l’accès à l’information « direct et prévisible » (Buteau, 2001, p. 172). Dès le début du XXIe siècle, douze de ses employés s’affairaient continuellement à indexer un vaste éventail de documents – coupures de presse, articles de revues, livres, rapports, brochures, sites internet et plus encore – dans un système informatisé, ParlInfo, selon un cadre prédéfini et à l’aide d’un thésaurus. Bref, en dépit des multiples obstacles auxquels elles font face, les bibliothèques spécialisées d’Australie forment un milieu innovant et hautement compétent.

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Le sujet des sciences de l’information et des bibliothèques alimente des discussions depuis plusieurs années. En effet, l’absence d’un tronc commun pour la discipline ou bien le fossé perçu entre l’enseignement et la pratique des sciences de l’information et des bibliothèques sont certainement source de débat. Alors que dans certains pays la formation professionnelle formelle pour les bibliothécaires voit le jour dans les années 1880, la situation est beaucoup plus complexe en Australie. En effet, Le Munn-Pitt report publié en 1934 souligne le besoin urgent d’un organisme professionnel qui pourrait encourager l’enseignement des sciences de l’information et des bibliothèques en Australie. Ce rapport aboutira finalement à la fondation de l’Australian Institute of Librarians (AIL) en 1937. L’AIL deviendra le Library Association of Australia (LAA) en 1949 et adoptera un nouveau nom en 2000, soit l’Australian Library and Information Association (ALIA) que l’on connaît aujourd’hui.

L’ALIA agit en tant qu’organisme de normalisation pour la profession de bibliothécaire. L’association est responsable de l’accréditation des cours qui mènent à la qualification en bibliothéconomie et sciences de l’information, à la fois les programmes professionnels qui sont offerts par les universités que les programmes offerts par les collèges d’enseignement technique (TAFE).

En Australie, il existe différents cheminements scolaires qui mènent au secteur des sciences de l’information et des bibliothèques. Cela signifie qu’il n’existe pas qu’une seule qualification professionnelle comme le Master of Library and Information Science (MLIS) aux États-Unis et au Canada. En effet, en Australie, il faut compléter un diplôme de premier cycle ou de troisième cycle en sciences de l’information, qui est accrédité par l’ALIA. Les programmes de troisième cycle durent généralement un à deux ans à temps plein.

L’Australian School Library Association (ASLA) est une organisation sans but lucratif qui fait la promotion des bibliothèques scolaires et de la profession de bibliothécaire scolaire en Australie.

Association de bibliothèques

L’Australian Library and Information Association (ALIA)

Fondée en 1937, l’Australian Library and Information Association (ALIA) est la plus importante organisation professionnelle du secteur australien des services de bibliothèque et d’information et compte aujourd’hui 5000 membres. L’adhésion à l’ALIA est ouverte aux professionnels, aux non-professionnels, aux particuliers et aux organisations qui portent un intérêt pour le secteur.

Anciennement Australian Institute of Librarians, l’Association prend en 1949 le titre de Library Association of Australia et en 1989 adopte le nouveau nom de l’Australian Library and Information Association en reconnaissance de l’élargissement de la portée de la profession (ALIA, s. d.).

ALIA est régie par une constitution et gouvernée par sa vision, sa mission, ses objets et ses valeurs. C’est le Conseil d’administration élu par le bureau national de l’ALIA qui élabore les déclarations de politiques de l’Association. Le bureau national est situé à ALIA House dans la capitale nationale de Canberra. Il faut mentionner que les politiques et les lignes directrices de l’ALIA expriment l’orientation de l’Association dans le domaine des bibliothèques et de l’information et fournissent des conseils et des stratégies à ceux qui les appliquent.

L’Association publie régulièrement une revue évaluée par les pairs, le Journal of the Australian and Information Association, une publication trimestrielle qui comporte des articles de recherche reliés à la bibliothéconomie et aux sciences de l’information (Journal information, s. d.). Depuis 1980, l’Association publie six fois par année l’INCITE, un magazine d’information pour les membres et aux abonnés du monde entier (ALIA, s. d.).

Pour récompenser les membres de la communauté des bibliothèques et de l’information et pour souligner leurs efforts, ALIA décerne chaque année des prix régionaux et nationaux.

L’Australian School Library Association (ASLA)

L’Australian School Library Association (ASLA) est une organisation à but non lucratif qui se positionne comme l’autorité nationale pour la promotion du domaine de la bibliothéconomie des enseignants et des bibliothèques scolaires (IFLA, 2021). Elle encourage notamment la mise en valeur et l’importance éducative des bibliothèques scolaires ainsi que le fait d’établir et de tenir à jour des normes et des lignes directrices nationales relatives à ces bibliothèques (ASLA, 2021). Ses objectifs sont de promouvoir la recherche et le perfectionnement professionnel continu des enseignants bibliothécaires et du personnel des bibliothèques scolaires et d’élaborer, rédiger et publier des documents qui favorisent le développement des bibliothèques scolaires. De plus, l’Association sensibilise les organismes gouvernementaux aux besoins et à l’importance éducative des bibliothèques scolaires et établit des liens avec d’autres associations et organismes ayant des objectifs similaires (ASLA, 2021).

Council of Australian University Librarians (CAUL)

Fondé en 1965, le Council of Australian University Librarians (CAUL) est une organisation de direction des bibliothèques universitaires en Australie. CAUL est représenté par les membres de 39 institutions universitaires australiennes et 8 institutions universitaires néo-zélandaises (Rolf, 2021). L’objectif de cette organisation est de transformer la manière dont les gens perçoivent, découvrent, utilisent et partagent les connaissances. Pour atteindre cet objectif, CAUL contribue de façon significative à la stratégie, à la politique et aux résultats de l’enseignement supérieur (Rolf, 2021).

En 2016, CAUL est devenue membre de l’Alliance internationale des associations de bibliothèques de recherche (IARLA). IARLA est un groupe informel d’associations de bibliothèques d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada, d’Europe, du Royaume-Uni et des États-Unis, qui partagent un fond d’idées commun et qui travaillent ensemble sur des programmes qui concernent les bourses ouvertes et les bibliothèques de recherche internationales (Sutherland, 2021).

National and State Libraries Australia (NSLA)

La National and State Libraries Australia (NSLA), anciennement appelée National and State Libraries Australasia, est l’organisation nationale d’orientation pour les bibliothèques nationales, d’État et de territoire d’Australie. Afin d’accroître les capacités professionnelles du personnel œuvrant dans le domaine, la NSLA contribue à l’élaboration de politiques publiques affectant le secteur des bibliothèques en partageant son expertise et ses connaissances. De plus, cette organisation offre une vaste gamme de solutions relatives à l’expérience des clients aux bibliothèques, qui ne peuvent assumer ce rôle individuellement (NSLA, s. d.).

La NSLA participe aussi à la gestion des différents groupes consultatifs et gère le Programme des bibliothèques culturellement sûres qui vise « à fournir des espaces publics et des services culturellement sûrs dans les bibliothèques pour les peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres » (NSLA, s. d.).

Cadre législatif

Sous les termes de la National Library Act 1960, la bibliothèque nationale est responsable de maintenir et développer une collection nationale incluant une collection complète de documents de bibliothèque relatifs à l’Australie et son peuple. Le National Library Act de 1960 prévoit qu’un conseil dirige les affaires de la bibliothèque. Le conseil, connu sous le nom de Council of the National Library of Australia, est composé de 12 membres, dont le directeur général, un sénateur élu par le Sénat et un membre de la chambre des représentants élus. Les 9 membres restants sont nommés par le gouverneur général en fonction de leurs connaissances et leur expérience dans le domaine afin de faire progresser le développement de la bibliothèque.

En Australie, le Copyright Act de 1968 oblige le dépôt de chaque livre publié à la Bibliothèque nationale d’Australie, à la bibliothèque de l’État et un troisième à la bibliothèque parlementaire.

En Australie, la situation varie en fonction des lois gouvernementales locales de chaque État. Toutefois, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la majorité des bibliothèques dépendait des fonds collectés par les abonnements à leurs services de prêts. Comme mentionné précédemment, le Munn-Pitt Report et les activités du mouvement des bibliothèques gratuites en 1935 ont mené à une prise de conscience sur le besoin urgent d’investissement dans les bibliothèques publiques. Lentement, les États australiens ont adopté une législation appropriée pour permettre la mise en place de services de bibliothèque, dont la gratuité du prêt. Le soutien de l’État aux services des bibliothèques municipales s’est développé en deux systèmes différents en Australie : les bibliothèques publiques en New South Wales, Queensland et Victoria relèvent de la responsabilité des autorités gouvernementales locales et sont financées par les tarifs locaux. Elles reçoivent une allocation du gouvernement de l’État. En Australie du Sud et en Australie occidentale, les municipalités ne sont responsables que du personnel, du bâtiment et des frais accessoires. Les bibliothèques d’État fournissent et maintiennent le l’approvisionnement de livres catalogués et traités de manière centralisée. En Tasmanie, la bibliothèque d’État fournit les locaux et le personnel. La bibliothèque nationale d’Australie a tenté de fournir des services de base entre 1936 et 1973, mais fut interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Après 1947, de nombreux progrès s’observent en termes d’approvisionnement de livres, de bâtiments, mais aussi avec l’aide à l’éducation et à la formation du personnel de la bibliothèque locale. Jusqu’en 1966, la bibliothèque Nationale se procurait et traitait tous les livres acquis au nom du département des territoires.

La loi de 1960 sur la bibliothèque nationale d’Australie et ses amendements de 1973 définissent la fonction de l’institution en des termes si larges qu’il n’y a essentiellement aucune activité bibliographique qu’elle ne puisse légitimement entreprendre. La bibliothèque National est sous le contrôle d’un conseil formé de neuf membres dont deux sont nommés par le parlement et sept par le Gouverneur général d’Australie. La bibliothèque reçoit son approvisionnement directement du Trésor, mais ses intérêts sont représentés au Parlement par un ministre. Bien qu’il n’y ait pas de devoirs spécifiques concernant les services des bibliothèques dans les États, elles sont toutefois chargées, en vertu de la loi, de fournir des services pour le parlement pour les départements et autorités du Commonwealth et pour les territoires de la République. En vertu de la loi sur le droit d’auteur de 1968, la bibliothèque nationale reçoit un exemplaire pour tous livres publiés en Australie.

Information complémentaire/particularités

En 2004, la Bibliothèque d’État d’Australie-Occidentale a mis en place le programme d’alphabétisation familiale Better Beginnings. Ce programme vise à « soutenir les parents en tant que premier enseignant de leur enfant et renforcer les compétences d’alphabétisation précoce dont les enfants ont besoin pour devenir de bons lecteurs et réussir à l’école » (IFLA, 2020).

Grâce à ce programme, « les bibliothèques font partie intégrante de la construction, contribuant à améliorer les niveaux d’alphabétisation et à créer une main-d’œuvre qualifiée pour le futur développement économique du pays » (IFLA, 2020).

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