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3 Bulgarie

(Jade Forest, Audrey Gosselin-Levasseur, Jessica Guillemette et Annick L’Écuyer)

Profil du pays

La Bulgarie est un pays de l’Europe du sud-est situé dans les Balkans dont la capitale est la ville de Sofia. Le pays se trouve en bordure de la mer Noire à l’Est et partage ses frontières avec cinq pays: la Grèce, la Macédoine, la Roumanie, la Turquie et la Serbie. Le pays a une superficie de 110 879 km2 et est constitué de territoires montagneux et de plaines. Le nombre d’habitants s’élève à 6 919 180 millions. La langue officielle est le bulgare, langue parlée par 76% de la population selon les données de 2011 (CIA World Factbook, s/d). Les autres langues parlées sont le turque et le romani. La religion la plus largement pratiquée est celle de l’Église catholique orthodoxe (59.4%), bien que l’islam soit aussi pratiqué par un certain nombre d’habitants (7.8%) (CIA World Factbook, s/d). La Bulgarie fait partie de l’Empire ottoman jusqu’à la fin de la guerre russo-turque en 1878. Toutefois, cela prendra trois décennies avant que l’indépendance ne soit enfin reconnue à l’international. Le 22 septembre 1908 est la date officielle de l’indépendance de la Bulgarie. De 1908 à 1946, la Bulgarie est une monarchie constitutionnelle. Dès 1944, la Bulgarie devient un état communiste et le restera pendant plus de quatre décennies. En 1991, une nouvelle constitution est adoptée, à la suite de l’effondrement du mur de Berlin et le démantèlement de l’URSS, et la Bulgarie devient une république démocratique dotée d’un régime parlementaire (Bernard et al., s/d). Depuis 2017, le président de la République de Bulgarie est Roumen Radev (CIA World Factbook, s/d).

Histoire

Les premières bibliothèques recensées sont celles du IXe siècle. Ce sont des bibliothèques religieuses ou royales. Elles découlent de l’adoption d’une religion nationale, le christianisme et de l’invention de l’écriture cyrillique par les frères Cyrille et Méthode. Ils traduisent des textes religieux en langue slave (Nestorova, 2013). La culture bulgare est à plus d’une reprise menacée et elle l’est particulièrement lors de la conquête de la Bulgarie par les Turcs qui dure pendant cinq siècles. Toutefois, la culture bulgare persiste grâce aux écoles et aux églises qui continuent d’exister malgré la domination ottomane (Nestorova, 2013).

Chronologie de l’histoire des bibliothèques en Bulgarie et événements historiques importants :

Milieu du 19e siècle: Création des bibliothèques publiques en Bulgarie

  • 1869: Inauguration de l’Académie bulgare des sciences et du même coup des premières bibliothèques scientifiques et académiques au pays
  • 1878: Libération de la Bulgarie après cinq siècles sous l’emprise de l’Empire ottoman
  • 1878 : Création de la Bibliothèque publique de Sofia
  • 1879: Inauguration de la Bibliothèque nationale de Bulgarie connue depuis 1963 sous le nom de Bibliothèque nationale Saints-Cyrille-et-Méthode
  • 1888: Ouverture de la première université bulgare: L’université de Sofia et la création de la première bibliothèque universitaire au pays.
  • 1897: Instauration du dépôt légal. La bibliothèque nationale reçoit tous les écrits produits en Bulgarie
  • 1944: Implantation du régime communiste en Bulgarie
  • 1989: Chute du mur de Berlin et fin du régime communiste

Au courant du 20e siècle, l’idéologie communiste s’installe en Bulgarie avec la prise de pouvoir du parti communiste. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, le pays est occupé par l’Union soviétique et passe sous un régime communiste. Le système des bibliothèques est inévitablement affecté. Les bibliothèques sont gérées par l’État et l’information qui circule est contrôlée (Weliver, 2011). Ce régime reste en place jusqu’en 1989, année de la chute du mur de Berlin et du passage vers une économie libérale. Cette transition affecte l’économie du pays en entier, incluant les bibliothèques. Plusieurs d’entre elles se voient dans l’obligation de fermer leurs portes (Nestorova, 2013). L’Association des professionnels de l’information et des bibliothèques est créée en 1990. Les enjeux de l’histoire contemporaine des bibliothèques bulgares sont basés sur la reconstruction d’un système de bibliothèques fonctionnel dans un contexte postsoviétique. La création d’un nouveau système passe par une modernisation des savoir-faire et des pratiques bibliothéconomiques. Par exemple, on peut penser à la loi sur la protection de la culture adoptée en 1999 qui prend en compte les bibliothèques dans son élaboration ou encore l’amendement de la loi sur le dépôt légal en 2000. Il devient nécessaire d’adopter des procédures, de chercher du financement et de définir les besoins des diverses bibliothèques ce qui n’était pas nécessairement une priorité dans les décennies précédentes (Nestorova, 2013).

Types de bibliothèques

Bibliothèque nationale

La bibliothèque nationale Saints-Cyrille-et-Méthode est la bibliothèque la plus vaste du pays. Le projet a été lancé en avril 1878 par Mikhail Bobtinov qui était alors professeur et secrétaire au conseil municipal de la ville de Sofia. L’inauguration de la bibliothèque a lieu plus tard cette même année, le 10 décembre 1878 (The SS. Cyril and Methodius National Library, s/d). On peut noter que la création de la bibliothèque coïncide avec un événement historique majeur : la libération du pays de l’emprise de l’Empire ottoman. Cela en fait l’institution culturelle la plus ancienne d’après la Libération. Elle porte d’abord le nom de Bibliothèque publique de Sofia. Elle obtient le statut de bibliothèque nationale l’année suivante en 1879. Elle se nomme dès lors Bibliothèque nationale de Bulgarie. En 1897, le dépôt légal est instauré et c’est à la bibliothèque nationale de Bulgarie qu’un exemplaire de chaque livre imprimé au pays sera déposé. La Bibliothèque ne possédait pas de bâtiment propre jusqu’en 1900. C’est en 1924 qu’une aile dédiée aux Archives est inaugurée dans la Bibliothèque nationale. Elle abrite notamment le fonds d’archives national bulgare qui contient l’histoire du nationalisme bulgare jusqu’à son point culminant en 1878. À partir de 1939, un nouvel édifice est en construction pour la bibliothèque nationale. Toutefois, avec la Seconde Guerre mondiale et les bombardements qui ont touché la ville de Sofia en 1944, les bâtiments de la bibliothèque ont été complètement détruits. Un nouveau bâtiment est construit et inauguré en 1953 (The SS. Cyril and Methodius National Library, s/d). La bibliothèque porte le nom de Vasil Kolarov et le gardera jusqu’en 1963 où le nom sera encore une fois changé pour Bibliothèque Nationale Saints-Cyrille-et-Méthode en hommage aux créateurs de l’alphabet cyrillique (Nestorova, 2013). Les dernières données accessibles sur le site de la Bibliothèque Nationale concernant les collections datent de 2017. La bibliothèque compte un total de 8 040 804 documents (The SS. Cyril and Methodius National Library, s/d). Les collections sont composées de livres, de manuscrits, de documents d’archives, de cartes et de documents audiovisuels. On compte une collection spécialisée en bibliothéconomie, une collection de livres anciens en langue slave et étrangère, une collection de documents gouvernementaux officiels ainsi qu’une collection entièrement dédiée aux archives de la littérature bulgare. Depuis les années 1990, des bases de données électroniques sont accessibles aux usagers. Les ressources de la bibliothèque sont cataloguées selon un système traditionnel de catalogage et sont aussi numérisées. Un catalogue virtuel est disponible via les plateformes COBISS/OPAC (The SS. Cyril and Methodius National Library, s/d). Les documents peuvent être empruntés par les usagers, bien que plusieurs d’entre eux doivent être consultés sur place en raison de leur ancienneté. Il est toutefois possible de visiter la bibliothèque virtuellement et une importance particulière est accordée à la numérisation des documents anciens. Il est aussi possible d’effectuer un prêt entre bibliothèques. La Bibliothèque Nationale accorde une importance à l’acquisition de documents que ce soit via les échanges avec les autres bibliothèques à l’international, les dons qu’elle reçoit ou encore l’achat de livres. La mission principale de la bibliothèque est de conserver et de diffuser la mémoire nationale de la Bulgarie. Pour cette raison, une importance particulière est accordée à l’acquisition de documents publiés au pays, que ce soit en langue bulgare ou en langue étrangère (The SS. Cyrille and Methodius National Library, s/d).

Bibliothèques universitaires

En Bulgarie, les établissements d’enseignement universitaire sont tous munis d’une bibliothèque et le financement de celle-ci provient des fonds de l’université. Elles sont accessibles aux étudiants, aux professeurs et aux chercheurs leur étant affiliés (Nestorova, 2013). La plus ancienne bibliothèque universitaire bulgare est celle de l’Université de Sofia fondée en même temps que l’université en 1888. Il s’agit de la plus imposante bibliothèque universitaire, et la deuxième en Bulgarie, avec sa collection de plus de 2 650 000 monographies de littérature scientifique (University library  » St. Kliment Ohridski « , s. d. ; Nestorova, 2013). Elle est la première bibliothèque universitaire à avoir complété la conversion de ses catalogues traditionnels en catalogue électronique incluant plus de 1 170 000 notices bibliographiques. Un moment marquant dans l’histoire de cette bibliothèque, ainsi que pour l’avancement de la bibliothéconomie au pays, est la construction d’un bâtiment lui étant spécialement consacré; son inauguration a lieu en 1934 et il sera par la suite déclaré monument architectural et historique (University library  » St. Kliment Ohridski « , s. d.). En 1918, quelques mois après la fondation de la Faculté de médecine de l’Université de Sofia, la Bibliothèque médicale y étant rattachée voit le jour. La Faculté de médecine se sépare plus tard de l’université de Sofia pour devenir une institution universitaire à part entière et sa bibliothèque deviendra la Bibliothèque médicale centrale dont la collection compte maintenant plus de 334 000 livres. Elle possède la base de données Littérature médicale bulgare qui recense plus de 64 000 documents, elle soutient l’enseignement avec le département de Documentation scientifique et éducative. Le département d’Information médicale scientifique est, quant à lui, responsable de la publication de 11 journaux universitaires pour la communauté médicale bulgare (Central Medical Library, s. d.).

Bibliothèques publiques

Le réseau de bibliothèques publiques de la Bulgarie compte 27 bibliothèques régionales en plus d’un grand nombre de bibliothèques municipales, communales et spécialisées (Nestorova, 2013). La bibliothèque Ivan Vazov, située dans la ville de Plovdiv, est la plus importante : elle fait office de seconde bibliothèque nationale et épaule la bibliothèque Saints-Cyrille-et-Méthode dans sa mission de préservation de l’héritage culturel bulgare. Fondée en 1879 dans ce qui était à l’époque la Roumélie orientale, elle se voit accorder les mêmes droits et obligations que son homologue bulgare lors de l’unification des deux territoires (Kratchanov, 2020). De nos jours, elle se distingue par son fonds unique composé de livres rares et de publications manuscrites, par son parc informatique (elle met à la disposition de ses membres plus de 110 postes informatiques connectés à internet) et par l’importance accordée à la numérisation et à l’accessibilité de son catalogue.

La Bulgarie se distingue par l’existence sur son territoire de milliers de tchitalichta, institutions autogérées uniques en leur genre. Faisant partie du paysage bulgare depuis 1856, les tchitalichta sont des espaces communautaires à vocation culturelle, éducative et artistique comprenant généralement une bibliothèque, mais aussi des salles consacrées aux débats publics, aux conférences et à l’enseignement, des salles de concert et même des cinémas (Wikipédia, s/d). Elles jouent un rôle essentiel au sein des communautés en favorisant le partage des connaissances et l’accès à l’information, en sensibilisant les citoyens à l’importance de la science et de la culture, et en assurant la transmission de l’héritage culturel bulgare (UNESCO, s/d).

Parmi les défis actuels auxquels les bibliothèques publiques bulgares sont confrontées, nous pouvons noter la numérisation des fonds et le manque d’argent : la baisse croissante du budget qui leur est accordé fait en sorte qu’il est difficile pour les bibliothécaires d’accroître les collections et d’améliorer leur offre de services (Nestorova, 2013).

Bibliothèques scolaires

Il existe peu d’informations sur le réseau des bibliothèques scolaires bulgares. Ces dernières, malgré leur rôle essentiel dans le développement d’une culture informationnelle et d’une culture de la lecture chez les jeunes, sont dans une situation difficile dû à un manque criant de budget et du peu d’attention qui leur est accordée (Savova, 2012). En 1997, l’Association bulgare de l’information et des bibliothèques a établi une section consacrée aux bibliothèques scolaires afin de mettre en place plusieurs objectifs, dont la présence d’une bibliothèque dans chaque école, une meilleure formation pour les bibliothécaires scolaires (incluant de la formation continue), la mise en place de partenariats entre les bibliothèques et l’obtention d’un soutien public pour leur développement. (https://www.lib.bg/en/) En 2015, l’association a lancé le coup d’envoi d’un projet de trois ans visant à supporter les bibliothèques pour qu’elles puissent répondre aux besoins informationnels de la société bulgare; la conception de nouveaux modèles de bibliothèques scolaires, l’augmentation du nombre de bibliothèques scolaires et l’amélioration des services axés sur l’éducation figuraient parmi les objectifs visés. (https://www.lib.bg/en/)

Hors des murs des écoles, plusieurs bibliothèques publiques disposent d’une section jeunesse et mettent en place des initiatives visant à développer l’intérêt de la lecture chez les enfants et les adolescents. Parmi ces programmes, on peut mentionner « L’atelier des idées » de la bibliothèque régionale de Roussé, qui inclut une activité montrant aux jeunes comment prendre soin des livres abîmés; des marathons de lecture, des événements nocturnes et des ateliers où des plus vieux enseignent aux plus jeunes figurent aussi parmi les initiatives proposées (Nestorova, 2013). En 2012, la BLIA a aussi mis en place, avec le soutien de l’Institut Goethe, un projet pilote appelé « The Magic Room » au sein de 10 bibliothèques situées dans des villages ou des petites villes. Le projet incluait l’aménagement de coins lecture et l’achat de livres et de jeux favorisant l’amour de la lecture chez les enfants d’âge préscolaire (https://www.lib.bg/en/).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

En Bulgarie, deux pionniers ont joué un rôle important dans le développement de la formation en bibliothéconomie : Stoyan Arguirov et Todor Borov (Savova, 2008). Dès 1898, Stoyan Arguirov, alors le directeur de la Bibliothèque nationale de Plovdiv, affirme dans son Guide bibliothéconomique destiné aux bibliothèques nationales, municipales, scolaires et privées que « un bibliothécaire sans formation professionnelle ressemblerait à un scientifique sans titre». À l’origine de la formation des bibliothécaires en Bulgarie, Stoyan Arguilov mène une bataille afin de prouver le besoin de formation dans ce domaine auprès de l’université de Sofia, la plus ancienne école supérieure bulgare fondée en 1888. Il est le directeur de la bibliothèque de cet établissement de 1900 à 1936. C’est en 1920 qu’il commence son enseignement en sciences des bibliothèques à l’université de Sofia. Quant à Todor Borov, il se joint à l’université de Sofia en 1942 à titre de maître de conférences en bibliothèques et en bibliographie. Stoyan Arguirov et Todor Borov, bien que tous deux influencés dans leurs conceptions bibliothéconomiques par la formation allemande qu’ils ont reçue, montrent de l’ouverture à explorer d’autres théories et pratiques, qu’elles soient américaines, russes ou françaises (Savova, 2008).

Une caractéristique propre à la formation bibliothéconomique en Bulgarie est qu’elle aspire, dès ses débuts, à être institutionnalisée et à s’établir au niveau universitaire. Les compétences propres aux différents types de bibliothèques sont clairement définies. Contrairement à d’autres domaines qui voient leurs formations supprimées avec les changements politiques et l’instauration du socialisme en 1944, la formation bibliothéconomique n’est pas touchée, mais se poursuit sous l’influence soviétique (Savova, 2008). L’Institut bibliothéconomique d’État voit le jour à Sofia en 1950 dans le but de former des bibliothécaires pour les bibliothèques publiques. La formation se spécialise ensuite et s’ajoute le département de Bibliothéconomie et information scientifique à l’université de Sofia (Savova, 2008).

Dans les années 1990, la libéralisation dans le domaine de l’enseignement supérieur fait naître, à l’université de Véliko Tarnovo, la première formation universitaire en bibliothéconomie et sciences de l’information pouvant aspirer, elle aussi, à l’autonomie académique. Alors que cette formation débute en 1992, vient ensuite, en 1993, à l’université de Sofia, la création de la spécialité Sciences de l’information et des bibliothèques. L’Institut bibliothéconomique d’État se transforme en Institut des bibliothèques et poursuit sa vocation de formation de niveau professionnel. En 2004, à la suite d’une réforme dans le domaine de l’enseignement supérieur à la fin des années 1990, l’Institut des bibliothèques devient l’École supérieure spécialisée en bibliothéconomie et technologies de l’information (Savova, 2008). Finalement, en 2010, l’École supérieure spécialisée en bibliothéconomie et technologies de l’information acquiert le statut d’université et porte désormais le nom d’Université de bibliothéconomie et des technologies de l’information (Nestorova, 2013; University of Library Studies and Information Technologies, s. d.).

La formation actuelle est dispensée dans trois établissements distincts et permet l’obtention de différents diplômes (Bulgarian Library and Information Association, s. d.).

L’université de Sofia, à son département de Bibliothéconomie et sciences de l’information et politique culturelle, offre un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat. Le baccalauréat offert s’intitule Bibliothéconomie et sciences de l’information. Au niveau de la maîtrise, quatre programmes sont offerts : Bibliothéconomie et sciences de l’information et politique culturelle, Bibliothéconomie et technologie de l’information, Gestion de contenu numérique et Histoire des livres et de la lecture. Quant au doctorat, trois choix sont possibles : Étude du livre et bibliothéconomie et bibliographie, Théorie de l’information scientifique et Systèmes de recherche d’information (University of Library Studies and Information Technologies, s. d.).

À l’Université de bibliothéconomie et des technologies de l’information, il est possible de compléter un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat. Les deux facultés de l’établissement, soit la Faculté des sciences de l’information et la Faculté de bibliothéconomie et héritage culturel, offrent de nombreuses spécialisations pour tous les diplômes. Le baccalauréat se complète en quatre ans à temps plein et, en plus de la formation spécifique au domaine, les étudiants reçoivent une formation en technologies de l’information et des communications. La maîtrise s’étend sur trois semestres et peut se faire à temps plein ou partiel et quelques programmes offrent de la formation à distance. Pour le doctorat, l’université offre un programme à temps plein, temps partiel ou en autoapprentissage et en fin de parcours des stages sont offerts dans certaines institutions prestigieuses, organisations ou compagnies (University of Library Studies and Information Technologies, s. d.).

Du côté de l’université Veliko Tarnovo, il est actuellement possible d’y suivre une formation de niveau baccalauréat qui s’étend sur 8 semestres à temps plein (University of Veliko Turnovo St Cyril and St. Methodius, s. d.).

Associations de bibliothèques

Bulgarian Library and Information Association (BLIA)

La BLIA est une association non gouvernementale regroupant les bibliothèques bulgares publiques, scolaires, régionales et de recherche. Fondée en 1990 sous l’acronyme ULISO (Union of Library and Information Association), ce n’est que depuis 2008 qu’elle porte le nom de BLIA (Yankova et al., 2012). L’association est membre de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) et elle compte plusieurs partenaires à travers le monde tels que l’American Library Association (ALA), le European Bureau of Library Information and Documentation Associations (EBLIDA) ou encore la fondation America for Bulgaria (https://www.lib.bg/en/ ). Parmi ses membres, la BLIA compte une soixante-dizaine de bibliothèques ainsi que quelques organismes et compagnies. Les priorités de l’association visent, notamment à :

  • Développer et promouvoir des idées et des concepts pour l’implantation de politiques nationales au niveau des bibliothèques, des sciences de l’information et de la culture
  • Stimuler la coopération entre les bibliothèques
  • Soutenir le système afin de permettre l’amélioration ainsi que la continuité de l’enseignement des professionnels des bibliothèques et des sciences de l’information » (https://www.lib.bg/en/ – traduction libre)

Depuis sa création, la BLIA s’est progressivement subdivisée en différentes sections : les bibliothèques scolaires (depuis 1997), l’expérience américaine pour les bibliothèques (depuis 2003), le catalogage (depuis 2012), les bibliothèques de recherche (depuis 2012), les bibliothécaires jeunesse (depuis 2013), les bibliothèques régionales (depuis 2013) et la littératie informationnelle (depuis 2015). Ces sections ont chacune des objectifs qui leur sont propres afin de répondre adéquatement aux besoins spécifiques de leur domaine d’activité (https://www.lib.bg/en/). Chaque année, la BLIA honore les acteurs de la bibliothéconomie bulgare qui se sont démarqués en remettant des prix pour la bibliothèque de l’année, le bibliothécaire de l’année, le jeune bibliothécaire de l’année ainsi qu’une récompense pour le soutien aux bibliothèques. L’association tient également une conférence annuelle dont le thème varie d’année en année. Lors de l’événement, les participants sont invités à entendre des spécialistes de différents types de bibliothèques venant des quatre coins du pays (https://www.lib.bg/en/ )

Association of the university libraries (AUL)

L’AUL est un regroupement de bibliothèques universitaires bulgares qui est né en 2000 à la bibliothèque de l’université St-Clément d’Ohrid de Sofia (AUL, s.d. b). L’association contribue au développement de services d’information dans le domaine de l’enseignement supérieur en Bulgarie ainsi qu’à la consolidation de la communauté professionnelle en bibliothéconomie et sciences de l’information. Les priorités de l’AUL consistent principalement en la défense des intérêts des bibliothèques universitaires ainsi que l’aide à la transition numérique envers ces dernières (AUL, s.d. a)

Cadre législatif

L’une des plus anciennes lois concernant les bibliothèques est celle du dépôt légal, adoptée pour la première fois en 1897 et révisée pour la dernière fois en 2000 sous la recommandation de la BLIA (Nestorova, 2013). La loi exige que les éditeurs, les imprimeurs et les producteurs déposent deux copies de leur produit à la Bibliothèque nationale Saints-Cyrille-et-Méthode alors que les autres exemplaires sont distribués à travers les principales bibliothèques bulgares (Bibliothèque et archives nationales du Québec, s.d.). Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, peu de mesures législatives sont instaurées dans le milieu des bibliothèques, mais une fois la guerre terminée, le gouvernement prend le contrôle total sur les bibliothèques, et ce, à tous les niveaux:

Un système de bibliothèque unique sur le principe territorial et thématique a été construit pendant le totalitarisme. Le système était très hiérarchisé, dirigé par l’État, véritable instrument de propagande de l’idéologie communiste. […] L’État consacrait des moyens publics considérables aux bâtiments et au matériel, aux acquisitions, à la formation et la qualification des bibliothécaires, à la gestion méthodique, les bibliothèques étant considérées comme des institutions idéologiques essentielles, à la base des politiques éducatives, culturelles et scientifiques de la machine totalitaire. (Nestorova, 2013, p. 114)

Lorsque le régime totalitaire prend fin en 1989, la Bulgarie devient l’un des pays les plus pauvres de l’Europe et les bibliothèques connaissent une période dure : elles se retrouvent sans financement et sans outils pour gérer leurs réseaux (Krastev et Kazanski, 2015). Au cours des années 1990, la reconstruction du pays en une démocratie ainsi que l’avènement de la BLIA contribuent tranquillement au redressement des bibliothèques. En 1999, la loi de la protection de la culture, qui englobe les bibliothèques, entre en vigueur, ce qui symbolise une victoire au sein de la communauté bibliothéconomique. En effet, les bibliothèques se voient octroyer une « importance nationale », leur garantissant un financement prioritaire par le budget du Ministère de la Culture, comme stipulé par l’article 7.3 (Nestorova, 2013; https://www.lex.bg/mobile/ldoc/2134664704-). Une décennie plus tard, en 2009, le gouvernement bulgare adopte la Loi sur les bibliothèques publiques qui viendra encadrer les bibliothèques au niveau de la création, de la gouvernance ainsi que les interactions et les partenariats entre les bibliothèques (Compendium of Cultural Policies and Trends, s.d.; https://www.lex.bg/laws/ldoc/2135636021). La majorité des textes de lois n’étant disponibles qu’en langue bulgare, il nous est impossible d’approfondir davantage sur le sujet pour le moment.

Information complémentaire

Une bibliothèque de rue a été construite en 2017 dans la ville maritime de Varna. Il s’agit d’une construction en forme de coquille d’escargot de mer en hommage à la ville de Varna qui est considérée comme la capitale maritime de la Bulgarie. La bibliothèque a pour nom « Rapana » qui réfère à une espèce d’escargot de mer. La bibliothèque se présente sous la forme d’un demi-cercle. C’est un espace public à aire ouverte et les étagères pouvant contenir jusqu’à 1500 ouvrages se répartissent sur tous les murs du bâtiment (Wang, 2017). En plus des rayonnages, on y trouve des places assises pour les lecteurs, un salon ainsi qu’une scène pour les artistes de rue. L’objectif de la construction d’une telle bibliothèque sur la place publique est de donner aux gens le goût de redécouvrir le livre papier dans un monde où le numérique est omniprésent (Wang, 2017). Aussi près de Varna, en bordure de la mer Noire, on retrouve la station balnéaire d’Albena. Sur cette plage, une bibliothèque extérieure a été aménagée. Les 140 étagères sont faites de matériaux résistants au soleil et aux éléments. La bibliothèque contient 6000 ouvrages dans 15 langues différentes (Ellis, 2018). Les livres sont organisés par pays afin de faciliter le repérage. Le principe de cette bibliothèque est assez simple: en empruntant un livre, on s’engage à le rapporter. L’emprunt des livres est gratuit et les emprunteurs sont invités à laisser des livres de leur choix. Il s’agit d’un endroit touristique donc les livres proviennent des quatre coins du monde rendant l’offre très variée. L’objectif est d’encourager la lecture et de permettre aux vacanciers un accès à une panoplie de livres pour embellir leurs vacances. (Ellis, 2018)

Références

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Association of the University Libraries (s.d. b) History. http://aub-bg.org/about_history_en.html#

Bernard, R., Blanc, A., Chiclet, C., Christophorov, N., Feuillet, J., Kostov, V., Lhomel, E. et Philippot, R. (s./d). BULGARIE. Encyclopædia Universalis. http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/bulgarie/

Bibliothèques et Archives nationales du Québec (s.d.) Les bibliothèques nationales de la Francophonie (3eme édition). https://www.banq.qc.ca/documents/a_propos_banq/nos_publications/nos_publications_a_z/Bibliotheques_nationales_Francophonie.pdf

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Ellis, N. (2018, octobre). Exploring the pioneering “beach library” in Albena, Bulgaria. Far Out Magazine.https://faroutmagazine.co.uk/exploring-the-pioneering-beach-library-in-albena-bulgaria/

НБКМ. (s. d.). Home. St. St. Cyril and Methodius National Library. http://nationallibrary.bg/wp/?page_id=1417&lang=en

Krastev, D. et Kazanski, N. (2015). Democracy and Libraries: Modernizing and Rebuilding Bulgarian Libraries with US Support, 1990-2014.

Kratchanov, I. (2020) Sustainable development of the practices of digitization in National Library ”Ivan Vazov” – Plovdiv. ELPUB 2020 24rd edition of the International Conference on Electronic Publishing, Doha, Qatar. 10.4000/proceedings.elpub.2020.13

National Library Ivan Vazov in Plovdiv. (s/d) About us. https://www.libplovdiv.com/index.php/en/za-nas-en

Nestorova, M. (2008) Les bibliothèques bulgares dans le nouveau millénaire : Bulletin des bibliothèques de France (BBF). http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2008-01-0041-008

Nestorova, M. (2013). Les bibliothèques en Bulgarie. Dans F. Blin (dir.) Les bibliothèques en Europe (p. 113-126). Éditions du Cercle de la Librairie. Library Trends, 63(4), 756-765. doi:10.1353/lib.2015.0026.

Savova, J. (2008). La formation professionnelle en Bulgarie. Die Berufsausbildung in Bulgarien., (1), 48‑51.

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Yankova, I., Denchev, S. et Todorova, T. (2012). Bulgarian Library Associations and Lifelong Learning for LIS Professionals. Dans S. Kurbanoğlu, U. Al, P. Lepon Erdoğan, Y. Tonta et N. Uçak (dir.) E-Science and Information Management (Communications in Computer and Information Science 317, p. 174-182). Springer.

Wang, L. (2017, novembre). Gorgeous street library in Bulgaria offers 1,500 books for free. Inhabitat.https://inhabitat.com/gorgeous-street-library-in-bulgaria-for-1500-books-uses-parametric-design/

Weliver, E. (2011). Bulgarian Libraries: Before and After 1989, 8.

Wikipédia. (s/d) Tchitalichté. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchitalichté

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 2 Droit d'auteur © 2021 par Alexandra Coutu; Alexandrine Levasseur; Anne Malloch; Annick L’Écuyer; Annie Desmeules; Audrey Gosselin-Levasseur; Bastien Fontaine; Chloé Sinotte; Cristel Silva Silva; Daniela Olia Naval; Diana Nistor; Edith Champagne; Élisabeth Tardif; Enrique Pilco Paz; Fannie Dubois; Farah Verret; Félix-Antoine Aubin; Félix Desbiens; Guillaume S. Thibodeau; Jade Forest; Jérémi Desjardins; Jérôme Létourneau; Jessica Guillemette; Jessica Tessier-Labre; Judith Marchand; Julien Quevillon; Justin Roy; Justine Caron; Justine Savoie; Laïka Jean; Lan Song; Linda Kai Lyn Kan; Mahshid Maleki; Marianne Bernier-Goudreault; Marie-Andrée Hamel; Marie-Catherine Picard; Marie-Christine Jeanty; Marie Boucher; Marie Hébert; Marion Fortin; Mathieu Dauphinais; Mathieu Denis; Ophélie Debien-Lupien; Principe de Victoire Ogolasho Osse; Raphaelle St-Cyr Brousseau; Rolman-James Gobeille-Valenzuela; Romane Savard-Guzman; Rose Carine Henriquez; Roxanne Quinn; Salima Dine; Sally Sue Beltran; Sandra Côté; Simone Beaudry-Pilotte; Sophie Fillion; Soumia El Jilali; Steve Rousseau-Cabana; Tanya Bolduc; Tatiana Bobeica Talpa; Thomas Duchesneau; Thomas Sieber; Tiphaine Hérault; et Xavier Joyal est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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