10 Ghana
(Cristel Silva Silva, Soumia El Jilali, Principe de Victoire Ogolasho Osse)
Profil du pays
Le Ghana est un pays d’Afrique de l’Ouest situé au bord du Golfe de Guinée. Il est limité au nord par le Burkina Faso, à l’ouest par la Côte d’Ivoire et à l’est par le Togo. Le pays a une superficie de 238 533 km². (Bertrand et Hugon, s.d.) et sa capitale est Accra. La monnaie nationale est le : Cedi (₵), qui se divise en 100 pesewas. (Bertrand et Hugon, s.d.). D’après le Ghana Statistical Service (2021, p.2) le chiffre du recensement de la population du Ghana de 2021 est de 30,8 millions.
On compterait approximativement 100 groupes ethnolinguistiques subdivisés en de plusieurs unités culturelles et linguistiques. Parmi les principaux groupes ethniques on retrouve les Akan, les Ewe, les Mole-Dagbane, les Guan et les Ga-Adangbe. Les langues appartiennent soit à la sous-famille Kwa, soit à la sous-famille Gur de la famille linguistique Niger-Congo. L’anglais est la langue officielle couramment utilisée dans les instances gouvernementales ainsi que dans les grandes entreprises, les médias nationaux et les niveaux d’enseignement supérieurs (Bertrand et Hugon, s.d.). Depuis 2006, le Ghana est membre associé de l’Organisation internationale de la Francophonie et, d’après un rapport publié en 2014 par cet organisme (2014, p.17), 0.8% de la population au Ghana parlerait le français.
Le Ghana a intégré dans son budget les objectifs de développement durable proposés par l’ONU lors de l’adoption de l’Agenda 2030 en 2015. Différents acteurs du pays, tels que les Nations Unies, les chefs traditionnels, les organisations de la société civile, les universités et autres, participent à cet effort mondial grâce à la mise en place d’un système de planification décentralisée (United Nations, 2015).
Histoire
L’ancienne Côte de l’Or britannique (en anglais Gold Coast) fut une colonie officiellement instaurée dans les années 1820 et puis rebaptisée Ghana suite à un mouvement d’indépendance qui aboutit en 1957 et qui est mené par le panafricaniste Kwame Nkrumah (1909-1972), l’un des plus connus hommes politiques au pays (Bertrand et Hugon, s.d.).
Pendant la colonisation du Ghana par le Royaume-Uni, les principaux facteurs qui ont contribué au ravitaillement des bibliothèques publiques au Ghana furent l’impact des activités missionnaires sur la communauté, qui incluent l’alphabétisation de la population et la mise en place d’imprimeries pour assurer la publication rapide de matériels de lecture, afin de soutenir l’alphabétisation et l’introduction de l’éducation formelle dans le territoire (Agyen-Gyasi et Atta-Obeng, 2010, p.65-66). Plusieurs meneurs de cette réforme incluent l’évêque Orfeur Anglionby, qui était responsable de la promotion de la lecture précoce parmi les Ghanéens (Agyen-Gyasi et Atta-Obeng, 2010, p.65-66).
L’accroissement de la population alphabétisée a vu un développement sans précédent dans les années d’après-guerre, on assiste alors à l’aménagement des bibliothèques publiques dans le but de soutenir l’éducation et de fournir une base pour la poursuite des connaissances en tant que ressources informationnelles. Ceci entraîne également des progrès dans l’enseignement supérieur et universitaire qui résulte en la construction de plusieurs bibliothèques universitaires (Université du Ghana 1948, Université des sciences et Technologie 1952, Université de Cape Coast 1962) (Alemna, 1997, p.35). Il est cependant important à considérer que l’économie Ghanéenne a subi des vastes changements dans les décennies après l’indépendance ; il est ainsi documenté par de nombreux savants du milieu des sciences de l’information que les services des bibliothèques et d’information se sont détériorés depuis, entraînant conséquemment le problème de l’alphabétisation (Alemna, 1997, p.35) .
Types de bibliothèques
Bibliothèque nationale
L’Autorité des bibliothèques du Ghana (Ghana Library Authority ou GhLA) trace ses origines dans les années 1930 lorsque le révérend John Orfeur Anglionby, à ce moment-là évêque anglican d’Accra, décida de faire une donation de 1 000 £ afin de pouvoir mettre en pied une bibliothèque publique. Au fil du temps, cet organisme est alors devenu le service de bibliothèques publiques principal au Ghana, originalement étant installée dans le King George Memorial Hall avec une collection 27,000 en 1950. (Evans, 1964 p.8)
Cette institution, siégeant dans l’immeuble de la bibliothèque centrale d’Accra, est responsable de la gestion de 10 bibliothèques régionales (celles d’Accra, de Kumasi, de Sekondi, de Cape Coast, de Ho, de Tamale, de Bolgatanga, de Koforidua et de Sunyani ( Alemna, 1997, p,36). Quelques bibliothèques annexes ont été ouvertes dans des régions pour répondre aux besoins éducatifs et récréatifs de la population dans des endroits peu accessibles. Les services fournis par l’autorité des bibliothèques sont offerts aux lecteurs des régions éloignées du pays au moyen de différents services de vulgarisation (Alemna, 1997, p.36). On pourrait ainsi inclure la création de protocoles et de directives pour la création de bibliothèques publiques, communautaires et scolaires dans le but d’améliorer l’apprentissage chez la population comme une des principales missions de la GhLA.
La GhLA fait également un travail de la gestion d’informations de manière à augmenter les bonnes habitudes de lecture de la population en plus d’améliorer la capacité du public à acquérir des connaissances et à satisfaire ses besoins éducatifs spécifiques. Par la promotion de ce type de littératie, la GhLA dénombre comme mission principale de lutter contre l’analphabétisme, la pauvreté, la maladie et les problèmes liés au chômage (Ghana Library Authority, 2020).
Bibliothèques publiques
Comme mentionné dans les paragraphes précédents, les bibliothèques publiques au Ghana sont pour la plupart des succursales administrées par la Ghana Library Authority, cette dernière fournit politiques, soutien central et services économiques, en plus d’une logistique planifiée pour fournir des services à une vaste zone géographique (Alemna, 1997, p. 24). Les origines de plusieurs de celles-ci sont bien documentées dans les années 1950-1960, il est pourtant éminent de remarquer du manque de documentation récente concernant ces institutions et donc l’absence d’informations sur la plupart de ces bibliothèques et sur leurs fonds actuels.
En 1970, la loi 327 du Conseil des bibliothèques du Ghana est mise en exécution dans l’intention de renforcer les services de bibliothèque à travers de comités consultatifs régionaux et de district. Ceux-ci sont chargés de conseiller sur les politiques de bibliothèque dans chaque circonscription du Ghana ; on peut de cette façon fournir des services efficaces et réguliers sous réserve d’un financement adéquat et régulier. (Alemna, 1997, p.36)
La bibliothèque régionale Ashanti, située à Bantama, a été officiellement ouverte en 1954. C’était la première bibliothèque régionale à être construite dans le pays par le Ghana Library Board (Evans, 1964, p. 66). La bibliothèque régionale Ashanti comptait en 1954 d’un stock total de livres de 21 000 volumes. Le stock total de la bibliothèque au 30 novembre 2009 est de 8999 livres étant des prêts, 1480 livres de références et 4876 livres enfants. (K. Agyen-Gyasi, H. Atta-obeng, 2010)
La bibliothèque annexe de Keta est établie dans le pays vers 1957 et l’une des plus anciennes parmi les deux bibliothèques de la municipalité de Keta (bibliothèques Keta et Anloga). Le bâtiment que la bibliothèque occupe actuellement a été un don d’un ancien juge de la Cour d’appel, le juge Jiagge. Actuellement, la bibliothèque est parrainée par M. Mitch Woolams pour d’importants travaux de rénovation (Keta Municipal Library, 2016). Le fonds documentaire de la bibliothèque de Keta n’est constitué que de dons faits par plusieurs donateurs, ONG et même d’organisations religieuses, y compris des personnalités éminentes de la ville.
Bibliothèques scolaires
Vers la fin des années 1930, un certain nombre d’écoles secondaires et de collèges de formation avaient été établis au Ghana grâce aux efforts missionnaires et gouvernementaux. Or les bibliothèques mobiles furent les premières à desservir les écoles au Ghana. Dans le cadre du deuxième plan de développement du Ghana commençant en 1959 (Alemna, 1997, p.40), le ministère de l’éducation et le Ghana Library Board revendiquaient la disponibilité et l’accessibilité des bibliothèques pour les élèves au sein de leurs écoles suite au succès du livre jeunesse dans les bibliothèques publiques. Il est cité par le professeur Anaba A. Alemna en 1997 (p.40) que certaines écoles, en particulier dans les zones reculées, étaient encore abonnées au service de boîte à livres auprès duquel certains livres pour enfants étaient obtenus.
En 1950 et avec l’apparition de la Ghana Library Board, on constate la priorisation de la disponibilité de livres pour enfants plutôt que ceux pour adultes. On a, en outre, encouragé l’emprunt des livres, la gestion de ceux-ci était alors la responsabilité des écoles mais l’acquisition des ouvrages se faisait à travers la consultation des enseignants et des élèves (Alemna, 1983, p.223). Ce n’est qu’en juin 1992 que le département des écoles et collèges du Ghana Library Board a été créé et chargé de conseiller et d’aider au développement de bibliothèques dans les écoles secondaires et les collèges, sa mission étant de classer, cataloguer et traiter les matériaux.
La volonté d’instaurer une culture de lecture à la maison et à l’école doit encore faire face à des problèmes majeurs, comme la quantité et le type des livres. Un autre problème est le manque des bibliothécaires scolaires : les enseignants s’occupent de la gestion des bibliothèques scolaires (tâche est considérée comme une tâche parascolaire) (Alemna, 1983, p.222-223) .
Il est à noter que le développement, les rénovations ou les projets d’agrandissement des bibliothèques scolaires au Ghana se font parfois à travers le financement des entreprises ou autres des acteurs sociaux nationaux ou internationaux. Comme c’est le cas de l’entreprise Yinson Ghana qui, dans le cadre de sa responsabilité sociale, a rénové un bloc de classe de 4 unités et ainsi qu’une bibliothèque dans l’école primaire de Kejebril. Ils ont été inaugurés lors d’une cérémonie le 17 novembre 2021 (News fr 24, novembre 2021).Yinson Ghana a également collaboré avec la Ghana Library Authority pour fournir une bibliothèque dans l’école de la municipalité d’Ahanta West. La bibliothèque scolaire de Kejebril, qui est située près de la base d’opérations de Yinson dans la région de l’Ouest, desservira environ 2 000 étudiants qui habitent dans les communautés à proximité. Yinson encourage les étudiants de la communauté à utiliser la bibliothèque en sponsorisant les 100 premières inscriptions d’étudiants, la compagnie vise de même organiser des programmes d’alphabétisation et des concours de lecture trimestriels, dans lesquels elle prévoit aussi de parrainer des prix pour les gagnants (New fr 24, novembre 2021).
Bibliothèques universitaires
Ces bibliothèques sont souvent subventionnées par le gouvernement et visent le développement de la science, de la technologie, de l’éducation et de la recherche dans l’intérêt de la société et principalement des étudiants. Les ressources d’informations collectées sont librement accessibles et peu de restrictions sont imposées à la diffusion, les services de prêt et de photocopie sont souvent gratuits ou disponibles à des prix réduits. Entre eux, ils détiennent la plus grande collection de matériaux utilisés pour soutenir l’enseignement, l’apprentissage et la recherche (Alemna, 1997, p.36).
La principale bibliothèque universitaire au Ghana est la bibliothèque Balme, anciennement appelée University College Library. Elle a été créée en 1948 et est située sur le campus principal de l’Université du Ghana. Elle est la plus grande du système des bibliothèques de l’Université du Ghana (UGLS). Dès sa création, l’accent a été mis sur sa collection, près de 6 000 livres ont alors été empruntés à la bibliothèque du Collège Achimota. Des fonds généreux ont été ensuite fournis pour le développement de celle-ci et, entre 1948 et 1952, le stock de la bibliothèque universitaire s’élevait à 55 000 livres et 1 000 périodiques. » (Alemna, 1992, p.47). Actuellement, la collection comprend plus de 400 000 Volumes. Sa clientèle principale est constituée d’étudiants, de chercheurs et d’administrateurs de l’Université du Ghana. Plusieurs services y sont offerts, dont la reliure de livres, la reproduction, la consultation des thèses et des questions d’examens antérieurs, l’éducation et la formation des usagers, entre autres. De plus, la bibliothèque offre plusieurs ressources en ligne, notamment des bases de données en ligne, une collection de thèses en ligne, des livres numériques, des logiciels de gestion et de références.
La bibliothèque de la ville d’Accra a été créée en 1963 pour servir les étudiants de l’ancien Collège des travailleurs d’Accra. Sa collection est passée de 5 000 à 20 000 volumes dans les années 2000. La bibliothèque fait partie du système de bibliothèque de l’Université du Ghana (UGLS) qui se compose de la bibliothèque Balme, des bibliothèques des différents collèges, écoles, instituts, départements et salles. Elle offre différents types de services et des documents, tels que des documents de référence, des manuels, des bases de données de journaux, un index des journaux ghanéens, etc. Elle offre tout autant des espaces divers comme des carrels d’étude, la zone de lecture calme, une zone de collaboration pour les discussions de groupe, des services de photocopie privée et un Internet wifi environnement en réseau.
D’autres bibliothèques universitaires ont été implantées dans les années 1950 et 1960 mais le manque d’information sur celles-ci ne permet pas de confirmer l’état de leurs collections. Les chiffres mentionnés ci-dessus proviennent de l’ouvrage de Stizman publié en 1988 (p.187). :
- Government Institut technique, Sunyani. F.1967, 4500 volumes;
- Ho Institut technique, Ho. F.1968, 2000 volumes;
- Koforidua Institut technique, Koforidua. F. 1960, 2000 volumes;
- Kpandu Institut technique, Kpandu. F.1956, 4000 volumes;
- Institut national du film et de la télévision, Accra. F.1978
- Tamale Technical Institute: 24 000 volumes + abonnement à plusieurs revues scientifiques;
- Université de Cape Coast, Cape Coast. F.1962, 125 000 volumes, 2 000 périodiques Bibliothèque de la Faculté d’Éducation: 7 7000 volumes; Bibliothèque du Centre d’études du développement: 900 volumes.; Bibliothèque de la Faculté d’Arts: 4 000 volumes;
- Université des Sciences et Technologies, Kumasi. F.1951, 115 000 volumes; 1700 périodiques, 1 200 dissertations; Bibliothèque Africaine: 4 084 volumes; Bibliothèque d’art: 661 volumes; Bibliothèque d’ingénierie: 6036 volumes.; Bibliothèque de pharmacie: 620 volumes.; Bibliothèque des sciences: 2130 volumes.; Bibliothèque des sciences sociales: 2500 volumes.
Bibliothèques spécialisées
Durant l’administration coloniale du territoire, les gouvernements en place avaient fait installer des services d’information au sein des différents ministères afin de développer la recherche et les investigations scientifiques, des bibliothèques spécialisées ont commencé alors à s’étaler progressivement comme partie intégrante des organismes de recherche. (Alemna, 1997, p.35).
Il y existe diverses bibliothèques liées à l’agriculture dans le pays, une des plus anciennes bibliothèques étant la Bibliothèque de référence agricole qui se trouve au sein du ministère de l’Alimentation et qui remonte à la création du Jardin botanique d’Aburi en 1890. Sa mission principale est d’effectuer l’exploration exhaustive des ressources agricoles et de repérer des nouvelles stratégies d’importation et de conservation concernant les différents types de spécimens botaniques. (Alemna, 1997, p.39) Des actions ont été entreprises par le gouvernement pour mettre à niveau cette bibliothèque, qui comptait autour 20 000 volumes et plus de 100 titres de périodiques en 1997. Pour sa part, la bibliothèque de l’Institut Soil Research Institute (SRI) à Kumasi a été conçue pour répondre aux objectifs et aux programmes de cet institut. Lors du recensement d’Alemna (1997, p.39), sa collection s’élevait à plus de 11 000 volumes et était abonnée à plus de 50 revues sur divers aspects de la conservation, la classification, l’érosion et fertilité des sols (entre autres aspects chimiques de ceux-ci), d’autres sujets comprenaient aussi les sciences et la technologie alimentaires (Alemna, 1997, p.39). Établie en 1938, la bibliothèque de l’Institut de recherche sur le cacao de son côté possède des collections spéciales sous forme de monographies, de brochures et de revues. Son stock s’élevait (en 1997) à plus de 10 000 volumes et près de 1 000 brochures en plus d’être abonnée à environ 150 revues sur le cacao et ses sujets apparentés (Alemna, 1997, p.39).
D’autres instances publiques et privées ont des collections riches dans des sujets spécifiques. Tel est le cas de l’Institut de recherche animale (ARI) (créé en 1964) et dont la documentation se concentre en sciences animales et ses sujets connexes (Alemna, 1997, p.39). Par ailleurs, le Building and Road Research Institute (BRRI) pareillement situé à Kumasi, possède un stock de plus de 5 000 volumes, plus de 8 500 monographies et périodiques de 170 titres. Elle est particulièrement riche en génie civil, bâtiment, architecture et les sujets connexes (Alemna, 1997, p.39).
Parmi les institutions ayant eu la possibilité, grâce à l’administration coloniale, de bénéficier d’une bibliothèque au sein de leur infrastructure, nous avons la Banque du Ghana; elle fut créée en mars 1957 et ses activités furent entamées en août de la même année. La bibliothèque compte plus de 10 000 volumes servant essentiellement à des fins de référence et de recherche qui répondent aux besoins de la banque. Cette bibliothèque est abonnée à plus de 300 revues et magazines (Alemna, 1997, p.39). Tel fut aussi le cas de la Cour suprême en 1876. Sa bibliothèque, avec plus de 12 000 volumes, est spécialisée dans les lois, les recueils de lois, les manuels juridiques, mais également dans certains pays de la Common Law et dans les pays du Commonwealth. Elle a une collection de publications gouvernementales, c’est-à-dire des rapports, des commissions d’enquête et des rapports des ministères et le journal officiel datant de 1910 (Alemna, 1997, p.39).
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
On peut retracer les origines de la formation en bibliothéconomie au Ghana jusqu’à dans les années 1940. Achimota College a été établi en 1944 et desservait à ce moment-là trois colonies britanniques d’Afrique occidentale, dont la Sierra Leone, la Gold Coast (Ghana) et le Nigeria. Les étudiants alors inscrits étaient parrainés soit par une bourse du gouvernement, soit par un établissement d’enseignement et devaient réussir l’examen d’entrée de la British Library Association. Un premier groupe d’étudiants gradua en 1945, mais l’école ferma ses portes durant cette année en raison du manque d’emplois offerts à ceux-ci. (Dzokoto, 1972, p.41)
Dans les années qui suivent, la question de la formation des bibliothécaires se pose à nouveau lorsqu’il est devenu nécessaire de former du personnel pour gérer les nouvelles bibliothèques publiques ouvertes dans tout le pays. (Dzokoto, 1972, p.41) Conséquemment, le Gold Coast Library Board fut créé en 1949 (Evans, 1954 p.31) puis transfère ses responsabilités au Ghana Library Board (Conseil des bibliothèques du Ghana) en 1950. Une politique de formation pour le personnel bibliothécaire est mise en place conformément aux recommandations de la British Library Association. Les étudiants suivaient ainsi des cours donnés dans des salles indépendantes ou par correspondance afin de se préparer pour des examens élémentaires de la British Library Association. Les participants étaient admissibles à des bourses de mobilité sous condition de réussite à ces examens, ce qui leur permettait de terminer leur formation dans une école de bibliothéconomie à l’étranger (de préférence en Grande-Bretagne). Le conseil des bibliothèques a également mis en œuvre une série de cours de formation continue. (Akinyotu, 1976 p.139) Pendant les années 1960, la Ghana Library Board met en place une formation en bibliothéconomie et ce, sous les recommandations de J. C. Harrison, ancien directeur de la Manchester Library School, qui proposa la création d’une école non universitaire (pratique courante en Angleterre à cette époque) (Akinyotu, 1976 p.139). C’est de cette manière que le département des études de bibliothéconomie et d’archives (maintenant le département des études de l’information) est créé en 1961 et devient la première école de bibliothéconomie du Ghana; ceci est été transférée sur le campus principal de l’Université du Ghana et connaît plusieurs appellations différentes au cours des années suivantes. (Frank K. E., Zhangping L., Wencheng S., 2020)
En 1972, on assiste à l’instauration du School and College Library Department (département des bibliothèques scolaires et collégiales) en tant qu’unité spéciale du Ghana Library Board. Cette nouvelle unité, dont les bureaux se trouvaient à la bibliothèque centrale d’Accra, avait comme mission :
- D’offrir de l’assistance professionnelle (telle que des séminaires, des cours et des ateliers) aux enseignants et bibliothécaires des écoles secondaires et des collèges pour l’organisation de leurs bibliothèques scolaires;
- De mettre en place un service intermédiaire et central d’acquisition et de traitement des livres commandés par ces institutions ainsi qu’un service central de reliure;
- De constituer une collection de livres de référence et de produire des listes, des manuels, des bibliographies et d’autres publications pour les bibliothèques scolaires ;
- De conseiller les écoles et les architectes sur les besoins physiques des bibliothèques ;
- D’encourager la formation de la School Library Association en tant que section spéciale de la Ghana Library Association. (Sitzman, 1988 p. 185)
Une initiative de réorientation des programmes au sein du département des études de bibliothéconomie et d’archives est proposée en 2001. Les principaux changements survenus dans le cadre de cette structuration ont surtout été par rapport aux systèmes de gestion de bases de données et la maîtrise de l’informatique. Actuellement, l’école propose des programmes de niveau Degree (baccalauréat), MA et MPhil (maîtrise) en bibliothéconomie ainsi que des programmes menant des diplômes d’études supérieures (diplomas). Les bibliothécaires qualifiés au Ghana doivent avoir un diplôme d’études universitaires de niveau postgraduate en bibliothéconomie d’une école de bibliothéconomie et sciences de l’information. (Lamptey et Corletey, 2011)
Association de bibliothèques
Le Ghana a été un protagoniste important dans l’établissement de la bibliothéconomie publique en Afrique de l’Ouest. Suite à la création d’une entité autoritaire (Ghana Library Board) qui mettrait en place les fondements des premières bibliothèques au pays, il a également participé dans la création de l’ancienne Association des bibliothèques d’Afrique de l’Ouest (West African Library Association, WALA) qui a été fondée en 1954 à la suite de ce séminaire historique de l’UNESCO. Ce groupe associatif ne comprenait que les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest : le Ghana, le Nigeria, la Sierra Leone et la Gambie. Les objectifs de cette association étaient:1) de créer un réseau dans le milieu des bibliothèques par le biais des conférences, des réunions, des publications ou autre; 2) de sauvegarder et promouvoir les intérêts professionnels des bibliothécaires et le développement de bibliothèques; 3) de surveiller toute législation affectant les bibliothèques et de promouvoir celle-ci si cela s’avérait nécessaire; 4) de promouvoir et encourager l’étude, la recherche et la coopération des bibliothèques. (Agyei-Gyane,1986, p.113). En 1962, à la suite de l’indépendance du Ghana et du Nigeria en 1957 et 1960 respectivement, la West African Library Association s’est subdivisée en ce qui devient les associations nationales du Ghana et du Nigéria (Alemna, 1991).
Ultérieurement, l’Association des bibliothécaires du Ghana (Ghana Library Association) fut fondée en 1962. Depuis 1963, la GLA a été le principal organisme représentant formellement les bibliothèques et services d’information au Ghana (Oddoye, 1989); celle-ci reprend en partie les objectifs établis par la WALA. Selon Dowling et Feels (2009) la GLA compte de 400 membres et d’un conseil d’administration gouverné par le président de l’association et organise une Assemblée Générale Annuelle (AGA) ainsi qu’un ou deux ateliers chaque année. (Dowling et Feels 2009).
L’organisation gère le Ghana Library Journal (GLJ), qui se veut une publication trimestrielle et dont les objectifs, comme l’indique Oddoye (1989) étaient notamment de refléter les progrès et les reculs de la profession de bibliothécaire au Ghana en plus de servir à titre de liaison entre tous les acteurs concernés par les bibliothèques au niveau local et international. (Antwi, 2006)
Il est important de noter que du point de vue de plusieurs chercheurs et experts dans le domaine de la bibliothéconomie en Afrique, les efforts de la part des instances gouvernant la profession au Ghana ¨sont insuffisants¨ en matière de formation continue et de renouvellement des compétences entourant les enjeux entourant les nouvelles technologies et leur impact dans le milieu. (Dowling et Feels 2009), mais aussi (Lamptey et Corletey, 2011, p.4)
Cadre législatif
À la suite de la donation du révérend, la création d’un comité de gestion de la bibliothèque d’Aglionby en 1946 est mise en œuvre. On conçoit ensuite le comité consultatif du British Council au développement des bibliothèques sur la Gold Coast de l’époque (aujourd’hui Ghana). (Evans, 1954 P.29) Comme mentionné dans les paragraphes précédents, l’autorité (originellement appelée Ghana Library Board) subit plusieurs changements et restructurations dans ses débuts; il est cependant nécessaire de souligner que cette organisation découle de l’adoption, en 1950, du Ghana Library Board Ordinance (Ordonnance du conseil des bibliothèques du Ghana), ce qui est considéré comme le premier prototype de législation pour les bibliothèques dans plusieurs autres pays d’Afrique (Sitzman, 1988 p. 185).
Le pays dispose d’un dépôt légal depuis 1961, celui-ci est encadré par la GhLA et a été implanté lors de l’adoption de l’acte du parlement de la république du Ghana la même année et a été conçu en fonction des besoins de la république nouvellement indépendante. Ainsi, la loi sur l’enregistrement des livres et des journaux (approuvée le 10 août 1961) « est un acte codifiant avec modifications les textes législatifs prévoyant la conservation des copies des livres imprimés au Ghana et l’enregistrement des livres et des journaux. » (Book and newspaper registration act, 1961 (acte 73)). Cette loi cite une liste de dépositaires lesquels doivent recevoir, dans un délai d’un mois, des copies de chaque exemplaire déposé par les producteurs; ceux-ci étaient le Ghana Library Board, l’Université de la Côte de l’Or (maintenant l’Université du Ghana), le registraire général et, suite à un amendement en 1963, s’ajoutent les bibliothèques de l’université de Cape Coast, de l’Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah, de l’Institut des sciences économiques et politiques Kwame Nkrumah et de l’Académie des sciences du Ghana. (Kedem, 1990). D’une autre part, Tetteh (2015) démontre l’héritage d’un système législatif basé sur la loi britannique sur le droit d’auteur de 1911 et qui est reflété dans l’adoption des lois du droit d’auteur de 1914 (cap 126). Des nouvelles régulations gouvernant le droit d’auteur au Ghana ont été par la suite adoptées en 1961 et en 1969. Des nouvelles lois concernant le droit d’auteur sont mises en place en 1985 (P.N.D.C.110 de 1985) et en 2005 (loi 690) (Tetteh, 2015)
Information complémentaire/particularités
Dans son ouvrage, African Libraries (1988. p.186), Sitzman cite E. Y. Amedekey, qui maintenait que l’avenir des bibliothèques ghanéennes n’était « pas sombre » (1973 pour l’Encyclopédie de la bibliothéconomie et des sciences de l’information). Comme décrit plus haut dans le texte, la vaste documentation que l’on retrouve sur les origines de la bibliothéconomie ghanéenne est tout à fait remarquable. Malgré la détérioration de l’économie du pays dont on est témoin depuis les années 1970 et de ses effets sur le service des bibliothèques, il s’avère prometteur de savoir que le Ghana implante toujours des services innovateurs au sein de sa communauté en dépit des coupures budgétaires implantées. Il est aussi admirable de savoir que la ville d’Accra a été nommée capitale du livre 2023 par l’UNESCO.
Références bibliographiques
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