13 Jordanie
(Danick Plante, Lan Song et Mathieu Denis)
Profil
La Jordanie est un pays de 89 342 km2, situé dans le Proche-Orient, plus précisément dans la région historique du Croissant fertile. Elle partage ses frontières avec la Syrie au nord, l’Irak au nord-est, l’Arabie saoudite à l’est et Israël et la Cisjordanie à l’ouest. Depuis des siècles, plusieurs empires ont possédé ces territoires : Macédoniens, Romains, Byzantins et Ottomans. Dès les premiers siècles suivants, la naissance de l’Islam, la région s’est arabisée et est devenue majoritairement musulmane. C’est en 1923 que l’Empire britannique définit le territoire de la Transjordanie et y place à sa tête le roi Abdallah bin al-Hussein. Le pays obtient son indépendance en 1946 et devient le Royaume Hachémite de Jordanie (Jordanie, 2021). Le pays s’est distingué par une ouverture à la modernité et par un rapprochement avec les États-Unis et Israël. Son territoire, par sa position géographique, a souvent servi de terre d’accueil pour les réfugiés de la région. En 2016, on estime que près de 60 % de la population d’Amman, la capitale, est composée de réfugiés ou de descendants de réfugiés (Nabli, 2013). Le pays s’est engagé dans un régime de Monarchie constitutionnelle et parlementaire, même si le roi actuel, Abdallah II, possède encore la majorité du pouvoir.
Histoire des bibliothèques
La Jordanie est un pays relativement jeune si on le compare à d’autres pays de la région. Son territoire a fait partie de nombreux empires pendant des siècles. Ce n’est que depuis le 20e siècle qu’elle existe, son histoire bibliothéconomique est donc aussi jeune qu’elle, mais si elle provient d’une culture riche en bibliothèques, son territoire ayant fait partie des empires musulmans. L’empire abbasside est notamment responsable de la création de la Bayt al-hikma, la maison de la sagesse à Bagdad aux 9e et 10e siècles. Cette bibliothèque était un centre réputé pour accumuler et traduire des savoirs grecs, perses, arabes, etc. Par ailleurs, les mosquées servaient en quelque sorte de bibliothèque (Asali, 1974).
Dans le cas plus concret de la Jordanie, les bibliothèques ont commencé à se développer à partir des années 1950 et 1960, soit dans la première décennie suivant l’indépendance du pays. En 1956, le ministère de l’Éducation étudie la bibliothéconomie et forme le département des bibliothèques en 1958 (Younis, 1992). Auparavant, les activités en bibliothèque étaient surtout le catalogage et l’indexation, sans personnel qualifié pour comprendre les besoins dans cette matière.
La bibliothéconomie s’est développée conjointement au développement des universités et à la formation professionnelle des bibliothécaires. L’Université de la Jordanie est créée en 1962 et elle ouvre sa bibliothèque en même temps. Le Jordan Library Association (JLA) est fondé une année plus tard, en 1963. Dans les années qui ont suivi, de nombreuses bibliothèques à caractères scientifiques ont émergées. Dans les années 1980, les bibliothèques ont commencé à s’informatiser pour pouvoir suivre le courant et répondre aux demandes de la clientèle.
En 1992, le ministère de la Culture s’est doté d’une loi sur le droit d’auteur et en 1994, il a défini la forme et les responsabilités d’une Bibliothèque Nationale. Sa forme a peu évolué depuis, même si elle a subi quelques modifications vers 2017 et 2018 (Department of National Library [DNL], s.d.). Les bibliothèques jordaniennes sont très modernes dans leur administration malgré leur jeunesse.
Types de bibliothèques
Bibliothèques nationales
Comme beaucoup de pays, la Jordanie a conscience de l’importance d’avoir une bibliothèque nationale, car elle représente la mémoire de la nation, la bibliothèque d’état et la référence pour les personnes intéressées, soit les chercheurs et ceux qui souhaitent s’informer sur les produits culturels nationaux et l’histoire de la Jordanie sous tous ses aspects (DNL, s.d.).
La première manifestation d’une bibliothèque nationale est le Centre national de documentation de Jordanie qui a été créé en vertu du règlement n° 85 en 1975. Le Département de la bibliothèque nationale de Jordanie (Departement of the National Library), situé à Amman, est devenu la bibliothèque nationale en 1994 (DNL, s.d.).
Les principaux services offerts par la bibliothèque nationale sont les suivants :
● l’acquisition, l’organisation et la diffusion des productions intellectuelles nationales émises dans le Royaume ou à l’étranger ;
● la collection et la conservation des documents liés au patrimoine national et au monde arabe ;
● la gestion du dépôt légal ;
● la supervision et la coordination des bibliothèques publiques ;
● la référence ;
● la construction des relations de coopération avec les bibliothèques nationales et les centres de documentation arabes, islamiques et étrangers ; etc. (DNL, s.d.)
Le site Internet de la bibliothèque nationale de Jordanie (https://www.nl.gov.jo/) est arabophone avec une version de base en anglais. Cependant, l’interface de son catalogue en ligne (http://opac.nl.gov.jo/) est trilingue français, anglais et arabe. La collection de la bibliothèque nationale comprend les publications publiées en Jordanie et sur la Jordanie, en plus des archives nationales, y compris les correspondances officielles, les lois et règlements, les enregistrements audio, etc.
Bibliothèques publiques
La première bibliothèque publique de Jordanie a été créée en 1957, c’était la Bibliothèque municipale d’Irbid. Au cours des 10 années suivantes, 10 bibliothèques publiques ont été créées. Il y avait 13 bibliothèques publiques en 1995. Les collections des bibliothèques étaient principalement en sciences humaines. Les documentations scientifiques et technologiques étaient en déficit. Comme les autres pays en développement, les bibliothèques publiques de Jordanie étaient généralement confrontées à des difficultés de financement et de personnel. En 1995, les 13 bibliothèques publiques avaient seulement une collection totale de plus de 80 000 documents. Puis, la plus grande bibliothèque publique en Jordanie était la Bibliothèque publique du conseil municipal d’Amman (Amman Municipal Council Public Library), avec une collection de 28 000 documents, située au 3e étage du bâtiment municipal, avec une salle de lecture, une bibliothèque des jeunes, une salle d’exposition d’arts et une salle de conférence (Lin, 1995 ; Younis, 2002). Selon le Rapport mondial 2007 (Rapports des pays) publié par la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA), la Jordanie comptait 135 bibliothèques publiques, les points de services et les succursales sont inclus.
Certaines bibliothèques publiques se démarquent par leur esprit d’ouverture. Par exemple, la bibliothèque publique d’Amman (Amman Public Library) de Jordanie abrite une collection spéciale pour les aveugles (Meho et Nsouli, 1999) ou la bibliothèque publique et centre d’information d’Abdel-Hameed Shouman. Cette dernière a été nommée par l’IFLA (2021) grâce à ses efforts en sensibilisation communautaire pour l’inclusion culturelle. Cette bibliothèque fait aussi le sujet d’étude par ses implications aux Objectifs de développement durable dans l’article « Jordanian public libraries in relation to achieving sdgs: shoman library in action » de Tbaishat (2021).
La Jordanie avait connu une amélioration des taux d’alphabétisme jusqu’en 2003, depuis, la situation est devenue moins stable. Cependant, le taux d’alphabétisme de la Jordanie demeure le plus élevé du monde arabe. Le gouvernement jordanien a fait beaucoup d’efforts pour s’attaquer à ce grand enjeu et les bibliothèques publiques sont en première ligne. Le programme « We Love Reading », lancé en 2006, par Taghyeer, une organisation non gouvernementale jordanienne, qui vise à apporter une transformation positive de la société en Jordanie et dans le monde arabe en faisant émerger une nouvelle génération qui aime lire, a reçu le Prix international d’alphabétisation de l’UNESCO 2017. « Ce programme cherche à atteindre ses objectifs en ouvrant une bibliothèque dans chaque quartier en Jordanie, tout en formant et en faisant collaborer les adultes, en particulier les femmes, à la lecture à haute voix pour un public d’enfants, et ainsi promouvoir la lecture comme valeur partagée entre les générations » (Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, 2014, 2017).
Bibliothèques scolaires
Selon le ministère de l’Éducation jordanien (2018), le système d’éducation est basé sur un modèle d’accès universel pour ses étudiants de niveau primaire et secondaire. Bien que la scolarisation soit obligatoire entre l’âge de six et quinze ans, l’UNESCO (2020) recense un taux net de participation au primaire à 79,8 % et à 66,5 % au niveau secondaire. Depuis les dernières années, le système d’éducation est confronté à une hausse significative de la demande d’accès due à la croissance de la population et de la crise en Syrie (ministère de l’éducation jordanien, 2018). Dès lors, le manque de ressources professionnelles et d’infrastructures occasionne des impacts négatifs sur la qualité de l’éducation en réduisant notamment le nombre d’heures en classe. De plus, le gouvernement jordanien a créé des écoles temporaires qui ne correspondent guère au standard habituel des institutions scolaires du pays. Cela tend ainsi à affecter la qualité des services offerts par les bibliothèques scolaires.
Historiquement, les premières bibliothèques à voir le jour en Jordanie se trouvaient au sein d’établissements scolaires. En effet, l’école secondaire d’Al-Salt a inauguré la toute première bibliothèque du pays en 1926 (Younis, 1992). Le réseau scolaire est demeuré le seul à offrir ce service jusqu’en 1957. Depuis, le ministère de l’Éducation (2013) chiffre à 4811 le nombre d’écoles primaires et secondaires sur son territoire desservant une bibliothèque au sein de leur établissement (Sulieman, 2016). Selon les statistiques disponibles, ces bibliothèques scolaires ont été fréquentées par près de 1 726 831 étudiants jordaniens entre 2012 et 2013 (Sulieman, 2016). Bien que ces données nous apparaissent obsolètes, elles témoignent tout de même de l’importance accordée aux bibliothèques scolaires, et ce, depuis l’obtention de la souveraineté du pays.
Malgré tout, des enjeux subsistent quant au développement des bibliothèques scolaires, puisque les leaders politiques réduisent ces institutions à des lieux de préservation des documents et des espaces récréatifs (Sulieman, 2016). Ainsi, les dirigeants tendent à sous-estimer l’importance du rôle que jouent les bibliothèques dans le processus d’apprentissage des jeunes Jordaniens, ce qui empêche l’élaboration d’activités et de programmes favorisant le développement de compétences spécialisées en bibliothéconomie. En ce sens, le plan stratégique du ministère de l’éducation jordanien de 2018 à 2022 rapporte peu d’éléments associés aux bibliothèques scolaires. Ce manque de compréhension et de valorisation de l’État envers les bibliothèques académiques est de plus en plus critiqué dans la littérature scientifique.
Par ailleurs, il nous apparaît pertinent de souligner une initiative commune de Bibliothèque sans Frontière (BSF) et de la Jordanian Hashemite Fund for Human Development (JOHUD) qui ont installé des Ideas Box dans le centre de Marka depuis 2018. Sommairement, il s’agit d’une médiathèque mobile ayant pour mission d’accueillir des enfants et des adolescents déscolarisés, lesquels sont principalement des réfugiés syriens. Cette initiative permet ainsi de favoriser l’intégration sociale et scolaire de ces jeunes marginalisés.
Bibliothèques universitaires
À compter de 1962, les bibliothèques universitaires furent introduites au sein de la société jordanienne (Ahmed et Suleiman, 2013). À ce moment, le Roi Hussein avait ordonné la construction de la première université au pays, soit la University of Jordan (UOJ). La bibliothèque de la UOJ possède encore aujourd’hui la plus importante collection universitaire du pays avec plus d’un million de documents offerts en format manuscrit et numérique. Sa collection est intimement liée aux domaines d’étude offerts au sein des facultés de la UOJ, soit notamment la médecine, les Sciences de la nature et les Sciences humaines. Bien que la bibliothèque soit de prime abord destinée aux étudiants et au personnel de l’établissement, son accès universel permet à l’ensemble de la population de profiter de ses installations. Concrètement, la bibliothèque de la UOJ accueille en moyenne près de 11 000 usagers par jour. Parallèlement, en 2009, la UOJ a amorcé un projet de préservation de documents historiques via la numérisation. En 2018, on dénombrait un total de 84 043 documents historiques numérisés (Tbaishat, 2018).
Selon le site web du Ministry of Higher Education & Scientific Research (2017), 31 universités sont présentes sur le territoire jordanien et celles-ci sont de type publique (10), privée (19) ou régionale (2). Contrairement aux institutions privées qui profitent de fonds offerts par des donateurs et diverses entreprises, les limitations financières des universités publiques ont entraîné des répercussions négatives dans la gestion de leurs bibliothèques. Pendant plusieurs années, celles-ci se sont confrontées à un manque de coopération interuniversitaire attribuable à l’absence de procédures et de politiques communes. Dans ce contexte, en 2004, l’État a investi une somme de 65 millions de dollars afin de centraliser les systèmes d’exploitation et les procédures des bibliothèques universitaires (Ahmed et Suleiman, 2013). Cela a notamment mené à l’unification de la gestion des collections sous un même logiciel nommé Horizon. Cette transformation a permis de sauver des sommes considérables et d’offrir un plus vaste contenu aux usagers.
Bibliothèques spécialisées
Il existe de nombreuses bibliothèques spécialisées en Jordanie. Plusieurs semblent d’ailleurs se concentrer sur l’archéologie, probablement due à la richesse historique du territoire. Les plus importantes sont l’American center of research (ACOR), la bibliothèque du british institute ou la bibliothèque de l’Institut allemand protestant d’archéologie.
L’ACOR est une « institution académique internationale sans but lucratif » [Traduction libre] (https://acorjordan.org/). Ses activités se concentrent sur les recherches archéologiques sur la région et le partage de ces connaissances. Plusieurs chercheurs, étudiants et professionnels enrichissent la bibliothèque avec leurs recherches. Dans le même ordre d’idée, la British Institute in Amman (BIA) se spécialise dans le développement de collections et de connaissances sur l’archéologie de la région (Learning from the Levant, 2021). La bibliothèque de l’Institut allemand protestant d’archéologie se concentre sur l’archéologie biblique. Il est intéressant de constater que toutes ces bibliothèques sont des antennes de centres de recherches internationales ou sont issues d’intérêts conjoints entre une autre nation et la Jordanie.
Dans un autre ordre d’idée, il existe d’autres types de bibliothèques spécialisées, comme la médiathèque de l’Institut français de Jordanie. C’est une bibliothèque axée sur le contenu culturel français et jordanien et proposant une collection favorisant la communication entre le français et l’arabe (Ambassade de France en Jordanie, 2021).
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
En 1956, le ministère de l’Éducation de Jordanie a commencé à envoyer des étudiants en Angleterre pour étudier la maîtrise en bibliothéconomie. La formation en bibliothéconomie en Jordanie a été dispensée en trois niveaux d’études : formation de courte durée, formation professionnelle intermédiaire et formation professionnelle. Cependant, la plupart des leaders jordaniens en bibliothéconomie et sciences de l’information ont été formés au niveau du doctorat et de la maîtrise à l’étranger, principalement aux États-Unis et en Grande-Bretagne (Younis, 2002).
Les formations de courte durée sont données et gérées par des institutions jordaniennes, notamment l’Association des bibliothèques de Jordanie (JLA) et le ministère de l’Éducation. Ces cours ont débuté dans les années 1960 pour répondre aux besoins urgents des bibliothèques publiques et scolaires en matière de personnel qualifié. Les sujets et la durée de la formation ont été sujets au changement depuis pour s’adapter aux nouvelles réalités (Younis, 2002). En 2006, la JLA avait offert plus de 218 cours auprès de 4309 participants, et ce, dans le but précis de former des travailleurs dans le domaine (Ibrahem et al., 2006).
Les formations professionnelles intermédiaires sont données par les collèges communautaires et sont d’une durée de 2 ans. Elles sont de niveau postsecondaire. Lors de la création de cette formation en 1977, deux parcours permettaient d’exercer un métier en double profil : enseignant et bibliothécaire. Pour ce qui est du premier, la formation qui comptait 48 crédits permettait la qualification en enseignement et la gestion de bibliothèque scolaire. Le second parcours comptait 46 crédits était orienté vers l’enseignement des sciences sociales. Il permettait de pratiquer le métier d’aide-bibliothécaire. En 1988, ces deux programmes ont fusionné avec le programme Technologies en éducation et un nouveau programme, Ressources éducatives et bibliothèques (Educational Ressources and Libraries), a été créé (Younis, 2002). Depuis, il existe peu de sources pour pouvoir attester que cette formation est toujours d’actualité.
L’enseignement de la bibliothéconomie et des sciences de l’information au niveau du baccalauréat a commencé en 1999 à l’Université appliquée d’Al-Balqa (Al-Balqa Applied University). L’université de Jordanie a adopté en 2007 l’ouverture du premier programme de maîtrise en sciences de l’information en Jordanie, dans le but de former des personnels spécialisés et d’offrir un programme d’études supérieures au sein de la Jordanie (Al Jaradat, 2021). Le département de bibliothèque et information de l’université de Jordanie offre en 2021 sur son site officiel des programmes de 1er et 2e cycle universitaire, y compris un programme court de 24 crédits (The university of Jordan, s.d.).
Association des bibliothèques
Fondée en 1963, la Jordan Libraries and Information Association (JLA) constitue la première et seule véritable association de bibliothèques existante en Jordanie (Younis, 1992). Elle fut notamment membre de l’International Federation of Libraries Association (IFLA) et membre fondateur de l’Arab Federation of Libraries and Information Centres (AFLI) (Al-Shorbaji, 1994). Selon le Guide du Civil Society Organizations in Jordan (CSO), la JLA compte actuellement 1557 membres actifs. Sa mission consiste globalement à unifier les efforts des individus travaillant dans le domaine des sciences de l’information afin de développer l’expertise et les services des bibliothèques en Jordanie (Al-Shorbaji, 1994). À plus grande échelle, son rôle est de contribuer au développement des bibliothèques au sein des pays arabes et à l’international. Les membres du conseil d’administration occupent leur poste pour une période de deux années, mais nous comprenons que l’association n’aurait pas tenu d’élection depuis 2012 (CSO, 2021). Cela soulève un doute quant au maintien de ses activités, puisque nous n’avons trouvé aucune source permettant de valider son statut actuel.
Cette association a également contribué à la recherche en s’impliquant dans la publication d’articles scientifiques ainsi que dans l’organisation de séminaires en collaboration avec des associations internationales. À cet égard, en 1965, la JLA publiait le premier périodique spécialisé en sciences de l’information sous le nom de Rislat al-Maktabah ( Al Jaradat, 2021). Enfin, soulignons que la JLA a été une actrice importante dans l’implantation d’un cadre législatif en matière d’information. À titre d’exemple, ce regroupement a permis d’instaurer, à partir de 1991, des normes gouvernementales visant à standardiser la gestion des documents via le International Standard Book Number (ISBN) (Al-Shorbaji, 1994). Par conséquent, il appert que la JLA a joué un rôle déterminant dans le développement des bibliothèques et de l’information en Jordanie.
Législation entourant les bibliothèques
Comme l’histoire de la bibliothéconomie en Jordanie est tout de même récente, il est intéressant de constater qu’il existe des lois actuellement qui traitent directement des bibliothèques, plus particulièrement la bibliothèque nationale. Plusieurs départements ont existé et ont eu la charge d’agir directement avec les bibliothèques. La première entité politique qui s’est préoccupée des bibliothèques est le department of libraries, créé en 1958 au sein du ministère de l’Éducation (Younis, 1992). Il a été formé suite au constat que les bibliothèques publiques et universitaires manquaient de moyens pour réaliser leurs objectifs.
En 1964, l’Education act no.16 of 1964 définit les responsabilités du department of School Libraries (Sulieman, 2016). Celles-ci doivent proposer des périodes d’utilisation de la bibliothèque de façon hebdomadaire et inclure des activités de promotion. C’est d’ailleurs vers cette période et dans les années 1970 que les bibliothèques scolaires ont commencé à se développer et à s’unifier afin de créer par la suite un système plus uniforme. En 1975, la Jordanie a créé le « Centre national de documentation […] en vertu du règlement n° (85) pour l’année 1975, qui était liée au ministère de la Culture et de l’Information » (https://www.nl.gov.jo/Default/Ar). Ce centre a fusionné avec la Direction des bibliothèques en 1977 suite à un nouveau règlement. D’autres modifications ont été apportées dans la décennie suivante, preuve d’un engouement et d’une volonté d’organiser les bibliothèques et plus particulièrement de mettre en place une bibliothèque nationale.
La forme et le nom légal actuel ont été définis en 1994 par le règlement no.5 ; le département de la bibliothèque nationale (https://www.nl.gov.jo/Default/Ar). Le système a été légèrement modifié en 1996, puis a conservé cette forme jusqu’en 2017, la loi sur les documents no.9 modifiant quelque peu la loi précédente (https://www.nl.gov.jo/Default/Ar). Elle décrit maintenant les responsabilités de la bibliothèque nationale dans l’article 4 en matière de communication, de diffusion entre bibliothèques, de préservation du dépôt légal et de conservation d’exemplaires d’œuvres jordaniennes (Official Journal of the Hashemite Kingdom of Jordan, 1992).
Parallèlement aux lois impliquant directement les bibliothèques, la Jordanie s’est dotée dès 1992 d’une loi sur le droit d’auteur (copyright), la loi no.22 (Al-Shorbaji, 1994). La Jordan libraries association a ensuite travaillé pour ajouter le dépôt légal dans la loi sur le droit d’auteur. Cette loi a été amendée en 2005 et il s’agit de la forme actuelle (Mehawesh, 2014). La responsabilité de cette loi appartient au département de la bibliothèque nationale, puisque la protection du droit d’auteur et la préservation d’exemplaires de toutes œuvres produites font partie de ses objectifs et mandat. Le centre de dépôt est même défini comme étant la « Bibliothèque Nationale et autres endroits accrédités par le gouvernement » (Ministry of Culture, 2005).
Références bibliographiques
Ahmed, M. H. et Suleiman, R. J. (2013). Academic library consortium in Jordan: An evaluation study. The Journal of academic librarianship, 39(2), 138-143.
Al Jaradat, O. (2021). Libraries and Intellectual production in the field of Library & Libraries and Intellectual production in the field of Library & Information in the centennial of the Jordanian state: An Analytical Information in the centennial of the Jordanian state: An Analytical Study. Library Philosophy and Practice (e-journal). https://digitalcommons.unl.edu/libphilprac/6419/
Al-Shorbaji, N. (1994). Focus on… the Jordan library association. Information development, 10(1), 38-40.
Ambassade de France en Jordanie. (2021). Institut français de Jordanie. https://jo.ambafrance.org/Institut-francais-de-Jordanie
Asali, K. (1974). (2) Libraries in Jordan. International Library Review, 6(2), 171 183. https://doi.org/10.1016/0020-7837(74)90023-5
Bibliothèque Sans Frontière (2018). Action. https://www.bibliosansfrontieres.org/pays/jordanie/#1591954072188-075e9e96-264b
Civil Society Organizations in Jordan (2021). Jordan Libraries and Information Association. http://www.civilsociety-jo.net/en/organization/597/jordan-libraries-and-information-association
Department of National library. (2021). نبذة عن المكتبة [à propos de la bibliothèque]. https://www.nl.gov.jo/Ar/Pages/%D9%86%D8%A8%D8%B0%D8%A9_%D8%B9%D9%86_%D8%A7%D9%84%D8%AF%D8%A7%D8%A6%D8%B1%D8%A9
Ibrahem, M., Al-ahmad, N., Ahmed, A. et Mark, T. (2006). Jordan Library and Information Association (JLIA) and its Role in the Continuous Training in the Field of Library and Informatics. Journal of Social Sciences, 2(1), 27-34.
International Federation of Library Associations and Institutions. (2007). World Report 2007 Country Reports – Jordan. https://cdn.ifla.org/wp-content/uploads/2019/05/assets/faife/publications/ifla-world-report/69_ifla-faife_2007_cr_-_jordan.pdf
International Federation of Library Associations and Institutions. (2021, 20 august). Community outreach for cultural inclusiveness: going beyond the physical walls of Abdul Hameed Shoman Foundation’s Public Library. https://www.ifla.org/news/community-outreach-for-cultural-inclusiveness-going-beyond-the-physical-walls-of-abdul-hameed-shoman-foundations-public-library/
Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie. (2014, 18 septembre). We Love Reading, Jordanie.
Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie. (2017, 8 septembre). Reconnaître l’excellence : partage des bonnes pratiques d’alphabétisation. https://uil.unesco.org/fr/alphabetisation-competences-base/reconnaitre-lexcellence-partage-bonnes-pratiques-dalphabetisation
Jordanie. (2021, 5 novembre). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jordanie
Learning from the Levant. (2021). British Institute in Amman. https://cbrl.ac.uk/where-we-work/british-institute-in-amman/
Lin, Q.M. (1995, december). Libraries in Jordan. National academy for educational research[Taiwan]. https://terms.naer.edu.tw/detail/1681835/
Mehawesh, M. I. (2014). Translation, Copyright, and Copyright Laws in Jordan. US-China Foreign Language, 12(2), 129-136. https://doi.org/10.17265/1539-8080/2014.02.004
Meho, L. I. et Nsouli, M. A. (Eds.). (1999). Libraries and information in the arab world : an annotated bibliography (Ser. Bibliographies and indexes in library and information science, 12). Greenwood Press.
Ministry of Culture. (2005). Law No. 22 of 1992 on Copyright Protection (as amended up to Law No. 9 of 2005) (Nabel Law Office., Trad.). https://wipolex.wipo.int/en/text/339495
Ministry of Education of the Hashemite Kingdom of Jordan. (2018). Education Strategic Plan 2018 – 2022. https://moe.gov.jo/sites/default/files/esp_english_final.pdf
Ministry of Higher Education & Scientific Research. (2017). Study in Jordan. https://rce.mohe.gov.jo/StudyInJordan/en/
Nabli, B. (2013). Comprendre le monde arabe (French Edition). ARMAND COLIN. 125-127.
Official Journal of the Hashemite Kingdom of Jordan. (1992). Law on the Protection of Copyright 1992 (No.22 of 1992). (International Bureau of WIPO., Trad.). https://wipolex.wipo.int/en/text/128301
Sulieman, R. J. (2016). Understanding School Library Education and Library User Education in Jordan. Athens Journal of Mediterranean Studies, 247-270.
Tbaishat, D. (2018). Ensuring access to theses in the Arab speaking world–University of Jordan initiatives. Digital Library Perspectives.
Tbaishat, D. (2021). Jordanian public libraries in relation to achieving sdgs: shoman library in action. Public Library Quarterly, 40(2), 125-143.
https://doi.org/10.1080/01616846.2020.1738836
The university of Jordan. (s.d.). Department’s Study Plans.
UNESCO. (2020). Éducation et Alphabétisme. http://uis.unesco.org/fr/country/jo
University of Jordan. (2017). About the library. http://library.ju.edu.jo/EN-library/ENAboutLibrary.aspx
Younis, A. R. (1992). Professional library development, manpower education and training in Jordan. The International Information & Library Review, 24(1), 15-43.
Younis, A.R. (2002). Standards for library education in private universities in Jordan. International Information and Library Review, 34(4), 369–394. https://doi.org/10.1006/iilr.2002.0216