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15 Pakistan

(Edith Champagne, Ophélie Debien-Lupien, Enrique Pilco Paz, Marie-Catherine Picard)

Profil du pays

Le Pakistan est une République fédérale de l’Asie du Sud faisant près de 800 000 km2. Le pays est entouré de l’Afghanistan, de l’Iran, de la Chine, de l’Inde et de la mer Arabe. La République Islamique du Pakistan est fondée en 1947 au terme de la décolonisation de l’Inde par les Britanniques et est actuellement une République fédérale. Le Pakistan est dirigé par le président Arif Alvi et le premier ministre Imran Khan depuis la capitale Islamabad située dans le nord du pays. La population pakistanaise se regroupe dans quatre provinces, soit le Pendjab, le Sind, le Baloutchistan et le Khyber Pakhtunkhwa, mais aussi dans trois territoires : le territoire fédéral d’Islamabad, l’Azad Cachemire et le Gilgit-Baltistan. Les différentes provinces regroupent chacun des quatre grands groupes linguistiques présents au Pakistan, cela étant dit, la langue officielle est l’ourdou. Or, cette langue n’est pas originaire du Pakistan, mais plutôt de l’Inde et n’est seulement parlée que par une minorité de la population pakistanaise (Ziring et Burki, 2021). Du fait de son nom complet, la République islamique du Pakistan énonce de façon claire la religion pratiquée par la majorité de la population. En effet, en 2010, 96,4 % (Ziring et Burki, 2021) des habitants du Pakistan s’associaient à la religion musulmane. Malgré cette homogénéité religieuse, le Pakistan reste un pays multiethnique composé de 229 907 000 habitants dont 52,6 % s’identifient comme punjabi (Ziring et Burki, 2021).

Histoire

L’histoire du Pakistan est complexe et intimement liée à celle de l’Inde, ancienne colonie britannique. Dès 1937, la lutte pour la création de la République islamique du Pakistan débute avec l’influence de la Ligue musulmane représentée par Muhammad Ali Jinnah. Il devient le premier gouverneur général en août 1947 avec l’entrée en vigueur de L’Indian Independant Act, et est également considéré comme le véritable fondateur du Pakistan (s. d. Larousse en ligne). Le pays est alors constitué d’un état divisé en deux parties, séparées d’une distance de 1700 km (s. d. Larousse en ligne). En 1947, peu de temps après la partition des Indes, un conflit éclate au Cachemire entre l’Inde et le Pakistan. Au terme du conflit, le Pakistan conservera l’Azad Kashmir. La proclamation de la République islamique du Pakistan aura lieu 9 ans plus tard, le 29 février 1956. Un contexte d’instabilité social et économique domine, et la situation ne cesse de dégénérer jusqu’à la proclamation de la loi martiale le 7 octobre 1958 (s. d. Larousse en ligne). La deuxième guerre du Cachemire éclate deux années plus tard, et se prolongera pendant 5 ans. Le 10 janvier 1966, une déclaration qui normalise les relations entre les deux pays est ratifiée, mais le problème du Cachemire subsiste. En 1971, un conflit armé s’installe entre l’Inde et le Pakistan au sujet de l’indépendance du Bangladesh. Au terme de l’affrontement en décembre 1971, le Pakistan est amputé de son territoire oriental. La dictature militaire s’installe de nouveau en 1978 dans un contexte d’islamisation, alors que l’islam est le seul point rassembleur de ce pays très divisé (s. d. Larousse en ligne). C’est seulement en décembre 1986 que la loi martiale sera levée.

En 1988, après la mort du président Zia-ul-Haq, le Pakistan connaît une période politique et démocratique instable, alors que les gouvernements de Benazir Bhutto et de Nawaz Sharif se succèdent sans parvenir à terminer leur mandat respectif. D’autre part, la période est caractérisée par les difficultés économiques, aggravées par les sanctions internationales liées aux essais nucléaires du pays, et les violences entre les sunnites et les chiites (s. d. Larousse en ligne).

Ce contexte permet l’émergence d’un troisième régime militaire qui subsistera jusqu’en 2008. Le Pakistan connaîtra alors une période politique plus stable jusqu’en 2013, malgré l’insurrection islamiste et l’antiaméricanisme qui la caractérise (s. d. Larousse en ligne). La campagne électorale de mars 2013 marque le retour de Nawaz Sharif qui est alors investi comme premier ministre pour la troisième fois. À la suite de la divulgation des Panama Papers en 2017, il sera accusé de corruption par ses adversaires et rapidement destitué. Les élections historiques de juillet 2018 mettent au pouvoir Imran Khan, alors que la Ligue musulmane est détrônée. En outre, les tensions entre l’Inde et le Pakistan sont toujours d’actualité. Le Cachemire demeure le principal sujet de discorde, et est la principale préoccupation de la politique étrangère du Pakistan (s. d. Larousse en ligne).

Types de bibliothèques

Bibliothèque nationale

La National Library of Pakistan est située dans la ville d’Islamabad, la capitale du pays. Cette bibliothèque de plus de 500 000 pieds carrés (Ahmad, 2008, p.92) est entourée de bâtiments fédéraux rendant son accès difficile pour la population pakistanaise. Fondée en 1947, mais ouverte au public en août 1993 (Ahmad, 2008, p.92), la National Library of Pakistan possède une collection de 70 000 volumes, dont 40 100 volumes reçus grâce au dépôt légal (Ahmad, 2008, p.92-93).

En 1968, des plans pour l’élaboration d’un bâtiment pour la National Library of Pakistan furent préparés et complétés en 1988 au coût de 2 172 millions de dollars américains (Ahmad, 2008, p.91). La bibliothèque peut accueillir jusqu’à un million de volumes, peut asseoir 500 personnes et possède un auditorium de 450 sièges (Ahmad, 2008, p.92).

Les fonctions principales de la bibliothèque nationale du Pakistan sont d’acquérir des ouvrages sur le Pakistan et sa population ; d’acquérir du matériel sous dépôt légal ; de promouvoir et d’encourager l’utilisation de ses services ; de produire une bibliographie nationale ; de participer dans la planification des services pour les bibliothèques à travers le pays ; d’agir comme un intermédiaire dans l’acquisition et le prêt de documents à l’international ; de mettre en valeur l’éducation des bibliothécaires et des étudiants en sciences de l’information avec des séminaires et des conférences ; d’augmenter les standards des services en bibliothèques et de faire de la recherche pour déterminer les besoins en sciences de l’information ; créer un catalogue et une base de données pour les ressources importantes dans les différentes bibliothèques du Pakistan ; de participer aux conférences de l’International Federation of Library Association (IFLA) et à la Conference of Directors of National Libraries (CDNL) ; et de promouvoir les points précédents auprès de la communauté pakistanaise (Ahmad, 2008, p.92).

La National Library of Pakistan possède de nombreux services dont la National Bibliographical Unit (NBU) et la Delivery of Book and Newspaper Branch (DBNB) lui permettant d’offrir plusieurs services à ces usagers. Or, le prêt de livre ne fait pas partie des services offerts par la National Library of Pakistan. En effet, cette bibliothèque est une bibliothèque de références où les usagers, membres ou non, peuvent venir utiliser les ouvrages, mais ne peuvent pas les emprunter (Ahmad, 2008, p.95).

Bibliothèque universitaire

L’histoire des bibliothèques universitaires au Pakistan remonte à la création de l’Université du Pendjab à Lahore, par une loi spéciale d’incorporation du gouvernement indien en 1882 (Akhtar, 2007, p.375). L’université du Sind, qui en était aux premiers stades de son organisation, est également tombée sous la juridiction du Pakistan lorsqu’elle est fondée le 14 août 1947 (Haider, 1986, p.195). La fonction des universités au Pakistan a été élargie par la loi sur les universités indiennes de 1904. La première bibliothèque universitaire créée a été celle de l’université du Pendjab en 1908 (Akhtar 2007, p.374).

Le nombre d’universités au Pakistan s’est surtout multiplié à la fin du XXe siècle. De dix universités qui existaient en 1981 elles sont passées à 90 en 1989 (Akhtar, 2007, p.3). Le pays compte actuellement 114 universités et instituts d’attribution de diplômes en sciences (Akhtar, 2007, p.1). L’introduction des programmes de doctorat dans les universités a rendu nécessaire une meilleure offre de bibliothèques. Les bibliothèques universitaires comptent parmi les bibliothèques les mieux organisées du pays (Akhtar, 2007, p.375). La collection totale des bibliothèques dépendant de ces institutions était de 3 296 517 volumes de livres, 4505 titres de périodiques, 32 360 manuscrits et 23 182 articles sur microformes. Tout ce matériel est consacré aux besoins d’étude et de recherche de 56 402 étudiants et de 8 708 membres du corps professoral (Akhtar, 2007, p.375).

Le service offert par les bibliothèques universitaires est organisé selon quatre modèles. Le premier est caractérisé par l’existence d’une bibliothèque centrale bien établie. Des exemples de ce modèle d’organisation se trouvent dans les universités professionnelles, telles que l’Université d’Agriculture, Faisalabad ainsi qu’à l’Université d’ingénierie et de technologie de Lahore (Akhtar, 2007, p.376). Le deuxième modèle est celui d’une bibliothèque centrale avec des succursales. La bibliothèque centrale acquiert et traite tous les documents, en conserve certains et en distribue d’autres aux autres bibliothèques. Un exemple de ce modèle se trouve à l’Université Islamia de Bahawalpur (Akhtar, 2007, p.377). Le troisième modèle, le plus répandu, se présente sous les traits d’un service de bibliothèque décentralisé. Dans ce modèle, tous les départements académiques de l’université ont leurs propres bibliothèques départementales, elles sont indépendantes de la bibliothèque centrale. Ce type d’organisation se trouve à l’Université du Pendjab en Lahore et dans l’Université Quaid-e-Azam d’Islamabad (Akhtar, 2007, p.377). Le quatrième modèle est représenté par une bibliothèque centrale qui fonctionne à côté des bibliothèques de département. Les bibliothèques des universités de Karachi et de Sind sont organisées selon ce modèle (Akhtar, 2007, p.377).

Bibliothèque publique

Les premières bibliothèques publiques remontent au XIXe siècle avec la création de bibliothèques de souscription dans les grandes villes (Haider, 1998, p. 48). Au XXe siècle, de nombreuses bibliothèques rurales et ambulantes sont créées à travers le territoire pour desservir la population (Haider, 1998, p. 49). Ces bibliothèques sont souvent liées aux écoles des villages, les professeurs s’occupant de la gestion des bibliothèques après les heures d’école (Haider, 1998, p. 49). Bien que les bibliothèques publiques aient été fragilisées par l’indépendance du Pakistan, le gouvernement met de l’avant l’importance du développement des bibliothèques publiques (Haider, 1998, p. 50). Plusieurs plans pour l’instauration d’un réseau des bibliothèques publiques sont présentés au gouvernement, mais ceux-ci ne se concrétiseront pas, faute d’infrastructures administratives inefficaces et d’incompréhension du rôle des bibliothèques dans le développement du pays (Haider, 1998, p. 50-51).

On compte, en 1996, 302 bibliothèques publiques à travers le Pakistan (Haider, 1998, p. 51). Parmi ces bibliothèques, seulement 16 d’entre elles ont une collection qui contient 25 000 volumes ou plus (Haider, 1998, p. 54). Une étude de 2018 (Warraich, Malik, et Ameen, p. 248) rapporte 176 bibliothèques publiques dans la province du Pendjab, dont 39 bibliothèques non fonctionnelles dues à la négligence des autorités (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 248). Parmi les bibliothèques fonctionnelles, plus de 70 % de celles-ci n’ont pas de bibliothécaires dûment formés (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 248). De plus, près de 45 % des bibliothèques du Pendjab ont seulement un employé (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 249).

Les bibliothèques publiques offrent des services de référence variés qui peuvent autant porter sur la circulation que sur la recherche documentaire, incluant des documents qui ne font pas partie de la collection trop souvent limitée. Peu de bibliothèques offrent le service de photocopie (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 250). En ce qui a trait aux technologies de l’information et des communications, les bibliothèques publiques en sont souvent dépourvues : près de 60 % des bibliothèques du Pendjab n’ont pas d’ordinateurs (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 251). Ainsi, les usagers ont peu souvent accès à Internet ou au Wifi en bibliothèque : environ 25 % des bibliothèques ont un accès à Internet et seulement 8 % d’entre elles ont une connexion Wifi (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 251). Cependant, la présence des bibliothécaires dans les bibliothèques publiques se fait sentir par l’amélioration de la gestion des bibliothèques et par le développement des services selon les besoins de la communauté (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 251).

Bibliothèque scolaire

Afin de comprendre la situation des bibliothèques scolaires au Pakistan, il est important de prendre connaissance de l’histoire de son système d’éducation. Celui-ci prend racine dans la réalité coloniale de l’Empire britannique, plus spécifiquement au milieu du XIXe siècle, et est directement lié aux besoins et aux intérêts de l’Empire. Ainsi, le système de l’époque ne considérait pas nécessaire l’utilisation de livres dans l’enseignement, peu importe le niveau scolaire (Haider, 2002, p.27). De plus, il n’encourageait pas les étudiants à être impliqués dans leur apprentissage, et cette vision se poursuit malgré l’indépendance du pays en 1947 (Bhatti, 2013, p.13 ; Haider, 2002, p.27).

Le système d’éducation est organisé sous deux niveaux : élémentaire (5 années de primaire, et 3 années de secondaire), et secondaire (4 années scolaires) (Haider, 2002, p.27). Il comprend des écoles publiques, nommées écoles gouvernementales, et plusieurs types d’écoles privées selon la classe sociale (Haider, 2002, p.27-28). Ce système connaît beaucoup de problèmes, tels que le manque de financement, de livres scolaires, de professeurs qualifiés, ainsi qu’un taux de décrochage scolaire alarmant, alors qu’il concerne 45 % des élèves du niveau primaire (Haider, 2002, p.28-30).

L’idée d’outiller les écoles de bibliothèques scolaires est apparue après la Première Guerre mondiale, mais les actions concrètes pour y parvenir ne sont prises que timidement dans les années 1930 (Haider, 2002, p.28). En outre, c’est seulement en 1955 qu’une étude est mise sur pied pour analyser la situation des bibliothèques scolaires. Le rapport conclut que celles-ci sont pratiquement inexistantes, et que très peu d’établissements scolaires se procurent des livres (Haider, 2002, p.28). Mais ce n’est qu’avec le rapport de la Commission on National Education de 1959 qu’une véritable position est prise en faveur des bibliothèques scolaires, alors que les auteurs y mentionnent le rôle central de celles-ci au sein d’une école et pour l’apprentissage (Haider, 2002, p.29).

Malgré ce coup de fouet, le développement des bibliothèques scolaires s’accélère seulement à partir des années 1980, mais cette évolution est concentrée dans trois grandes villes : Karachi, Lahore et Islamabad (Haider, 2002, p.29). La situation demeure généralement sombre, alors que les bibliothèques existantes dans les écoles de niveaux primaires et secondaires ne possèdent pas de collections de documents et n’utilisent pas de catalogues ni de systèmes de classement (Haider, 2002, p.29). Les services qu’elles offrent se limitent à la circulation de documents, souvent un livre pour 15 jours, et à des cabinets de lecture (Haider, 2002, p.29). De plus, certaines bibliothèques scolaires n’ont tout simplement pas de personnel attitré pour assurer le service (Haider, 2002, p.30).

En 2002, le ministère de l’Éducation reconnaît l’importance des bibliothèques scolaires afin d’améliorer l’éducation et la littératie dans le pays (Bhatti, 2013, p.13). Il constate en revanche que le travail à effectuer est énorme. Sur 171 000 écoles, seulement 481 d’entre elles possédaient une bibliothèque, et seulement 30 bibliothécaires dûment qualifiés y étaient employés (Bhatti, 2013, p.11). En somme, que ce soit au sein des écoles publiques ou privées, les bibliothèques scolaires pakistanaises sont inégales entre les milieux favorisés et défavorisés, en plus de l’être entre elles au sein d’un même milieu. Leurs services sont généralement faméliques, et cette réalité semble malheureusement toujours d’actualité (Tabassum, Batool, Ameen, Hassan, 2019, p.382-384).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

La première formation en bibliothéconomie au Pakistan remonte à 1915, lorsque le bibliothécaire américain Asa Don Dickinson organise un cours de formation en bibliothéconomie à l’université du Pendjab, à Lahore (Mahmood, 1997, p. 200). Asa Don Dickinson avait envisagé « d’organiser la bibliothèque universitaire et d’enseigner les méthodes bibliothécaires modernes aux bibliothécaires du Pendjab » (Akhtar, 2007, p.3). L’impact de l’école Dickinson a été énorme. Non seulement il crée la première école de bibliothéconomie en Asie, mais aussi ses enseignements vont influencer les développements ultérieurs des bibliothèques dans toute l’Inde britannique. La ville de Lahore devient, à partir de 1915, le centre des activités bibliothécaires. Cependant, après l’indépendance, le développement des bibliothèques a été largement négligé en raison d’autres problèmes beaucoup plus urgents (Akhtar, 2007, p.374).

Six universités pakistanaises proposent aujourd’hui des cours de troisième cycle en bibliothéconomie et sciences de l’information (LIS). Trois autres institutions, l’Université d’Azad Jammu et Cachemire à Muzaffarabad, l’Université ouverte Allama Iqbal d’Islamabad et l’Université Gomal, Dera Ismaïl Khan, prévoient de suivre le même chemin (Mahmood, 1997, p.201). La condition d’admission pour un programme d’un an menant à un diplôme est un baccalauréat. Le diplôme est requis pour le master d’un an. Les universités de Karachi et de Sind proposent ces cours selon un système semestriel. Le contenu de leurs cours est divisé en petites composantes. Les quatre autres universités délivrent le diplôme et la maîtrise sur la base d’un examen annuel. Le contenu de leurs cours est divisé en cinq ou six épreuves. Les étudiants en maîtrise ont également la possibilité de rédiger une thèse, mais celle-ci n’est pas obligatoire (Mahmood, 1997, p.201).

Le département de gestion de l’information de l’université du Pendjab reste l’école de bibliothéconomie la plus productive, avec 381 publications depuis 1957. Le département de la bibliothèque et des sciences de l’information de l’université de Karachi étant crédité de 171 publications et le département de la bibliothèque et des sciences de l’information de l’université Islamia de Bahâwalpur de 152 publications (Siddique, Khan et Altaf, 2021, p.92).

Association de bibliothèques

Alors que le Pakistan est séparé géographiquement entre l’Est et l’Ouest, le développement des associations de bibliothèques n’est pas homogène. À l’Est, aujourd’hui le territoire du Bangladesh, le Pakistan Bibliographical Working Group (PBWG) voit le jour en 1950, en réponse aux suggestions de l’UNESCO et sous le patronat gouvernemental (Library Association of Bangladesh, 2019-2021). Par la suite, en 1956, c’est au tour de la East Pakistan Library Association (EPLA) d’être fondée (Library Association of Bangladesh, 2019-2021).

Parallèlement, des démarches sont entreprises à l’Ouest pour mettre sur pied une association nationale, la Pakistan Library Association (PLA). Cependant, la date exacte de la création de celle-ci ne fait pas consensus. Alors que sur le site Internet de la LAB on mentionne le mois de juillet 1956, celui de la PLA affiche plutôt le mois de mars 1957 (Library Association of Bangladesh, 2019-2021 ; Pakistan Library Association, 2020). Cette contradiction expose les multiples divergences et conflits qui surviennent lors de sa création, entre les bibliothécaires de l’Est et de l’Ouest, alors que la EPLA n’a pas été consultée lors de l’élaboration de la constitution de l’association nationale. Ce manque de communication fait en sorte que les débuts de la PLA sont difficiles, particulièrement en raison de la non-adhésion des bibliothécaires de l’Est à cette association pendant plusieurs années (Anwar, 2008, p.15-17).

À la suite des élections de 1957, le conseil exécutif est composé de 15 membres, et le nombre total de bibliothécaires membres de la PLA est seulement de 35. Étant donné ces résultats décevants, beaucoup d’efforts ont été mis pour convaincre les bibliothécaires influents de l’Est de se joindre à la PLA (Anwar, 2008, p.16). De plus, beaucoup de plaintes sont rapportées sur la gestion de l’association nationale dans les deux premières années de son existence. Conséquemment, plusieurs personnes quitteront l’association (Anwar, 2008, p.18). Bien qu’un changement s’opère au niveau de la direction en 1960, une entente satisfaisante pour l’Est arrive seulement en 1961. C’est à ce moment que la PLA accepte la mouvance du siège social tous les deux ans, au sein de trois zones différentes : Karachi, Dacca, Lahore (Anwar, 2008, p.19-20).

Malgré ses débuts en dents de scie, la PLA joue un rôle de premier plan dans le développement des bibliothèques au Pakistan. Elle est particulièrement importante dans l’idée de la croissance des bibliothèques scolaires, alors qu’elle en fait sans cesse la promotion (Haider, 2002, p.29).

Cadre législatif

Au Pakistan, la législation en ce qui a trait aux bibliothèques publiques existe au niveau provincial plutôt qu’au niveau national (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 38). Bien souvent, la création des bibliothèques repose sur des ordonnances et des actes mis en place par les différents gouvernements locaux dans les districts, mais rien ne les oblige à le faire (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 38). Ainsi, sans la présence d’une législation des bibliothèques au niveau national, il est impossible d’avoir un réseau de bibliothèques (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 39). C’est justement le cas avec les bibliothèques publiques qui, régies par différentes instances gouvernementales, ont une gestion qui n’est ni unifiée, ni uniforme (Warraich, Malik, et Ameen, 2018, p. 248).

De nombreux documents légaux ont porté sur le développement des bibliothèques, et ce, même avant l’indépendance du Pakistan. En effet, en 1885, le Local Self-Government Act stipule qu’il est de la responsabilité des municipalités et des districts d’instaurer des bibliothèques publiques. Cet acte a donc participé au développement des bibliothèques publiques à travers le Pakistan (Haider, 1998, p. 48). Après l’indépendance du Pakistan, cette même tendance se poursuit, avec des actes et des ordonnances telles que la North West Frontier Province Local Government Ordinance (1979) (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 41) et le Baloutchistan Local Government Act (1979) (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 42), qui stipulent qu’il est de la responsabilité des municipalités de gérer et d’établir des bibliothèques. Bien souvent, les actes et les ordonnances s’inspirent fortement de ceux précédemment créés dans d’autres provinces, et ce, sans prendre en considération la diversité des réalités de leur milieu lors de leur création (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 43).

Durant les années 1960, deux ordonnances proposent des lignes directrices pour l’établissement d’une législation des bibliothèques, soit la Karachi Public Library Ordinance (1961) et le Public Library Act/Ordinance for East Pakistan (1966), mais celles-ci sont restées à l’état d’ébauche vu le manque d’intérêts des gouvernements à établir une législation des bibliothèques (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 40). D’autres propositions pour un cadre législatif des bibliothèques ont été faites par le Model Public Library Act for Provinces (1984), le Public Library Act (1989), le Pendjab Public Library Act (1994), le National Library Act (2010) et le National Library Foundation Act (2010) (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 42-43). Dans tous les cas, aucune de ces propositions ne s’est concrétisée (Ahmed, Sheikh, 2015, p. 43).

Information complémentaire/particularités

Au Pakistan, toutes les institutions académiques et les bibliothèques ont été fermées à partir du 14 mars 2020 en raison de la rapide propagation des cas de COVID-19 (Rafiqa, Batoola, Alib, Ulla, 2021, p.1). Contraintes de fermer leurs portes, comme tant d’autres institutions, les bibliothèques ont commencé à développer des mécanismes pour fournir du contenu et des services numériques aux usagers (Rafiqa, Batoola, Alib, Ulla, 2021, p. 4). Cependant, la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer une tendance déjà en cours au Pakistan. Avant la pandémie, les bibliothèques commençaient à passer de collections et services physiques à des collections et services numériques, si ce n’est entièrement, du moins partiellement. Les études réalisées sur le comportement en matière d’information soulignent que les comportements et les besoins des utilisateurs en matière de recherche d’information ont rapidement évolué en s’adaptant au rythme de la situation (Rafiqa, Batoola, Alib, Ulla, 2021, p. 6).

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 2 Droit d'auteur © 2021 par Alexandra Coutu; Alexandrine Levasseur; Anne Malloch; Annick L’Écuyer; Annie Desmeules; Audrey Gosselin-Levasseur; Bastien Fontaine; Chloé Sinotte; Cristel Silva Silva; Daniela Olia Naval; Diana Nistor; Edith Champagne; Élisabeth Tardif; Enrique Pilco Paz; Fannie Dubois; Farah Verret; Félix-Antoine Aubin; Félix Desbiens; Guillaume S. Thibodeau; Jade Forest; Jérémi Desjardins; Jérôme Létourneau; Jessica Guillemette; Jessica Tessier-Labre; Judith Marchand; Julien Quevillon; Justin Roy; Justine Caron; Justine Savoie; Laïka Jean; Lan Song; Linda Kai Lyn Kan; Mahshid Maleki; Marianne Bernier-Goudreault; Marie-Andrée Hamel; Marie-Catherine Picard; Marie-Christine Jeanty; Marie Boucher; Marie Hébert; Marion Fortin; Mathieu Dauphinais; Mathieu Denis; Ophélie Debien-Lupien; Principe de Victoire Ogolasho Osse; Raphaelle St-Cyr Brousseau; Rolman-James Gobeille-Valenzuela; Romane Savard-Guzman; Rose Carine Henriquez; Roxanne Quinn; Salima Dine; Sally Sue Beltran; Sandra Côté; Simone Beaudry-Pilotte; Sophie Fillion; Soumia El Jilali; Steve Rousseau-Cabana; Tanya Bolduc; Tatiana Bobeica Talpa; Thomas Duchesneau; Thomas Sieber; Tiphaine Hérault; et Xavier Joyal est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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