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5 Colombie

(Laïka Jean, Marie-Christine Jeanty, Raphaële St-Cyr Brousseau, Salima Dine)

Profil du pays

La Colombie est un pays de l’Amérique latine, situé au nord-ouest de l’Amérique du Sud. Elle s’étale sur une superficie de 1 140 970 kilomètres. Bogota est la capitale nationale du pays.

Une population de plus de 50 882 884 habitants a classé la Colombie en troisième position des pays le plus peuplés de l’Amérique latine. La population colombienne est composée de cinq différentes ethnies; les métis, les afro-colombiens, les caucasiens ainsi que les indigènes.

Vers les années 1500, les espagnols arrivent sur le territoire, ce qu’on appelle communément la conquête espagnole. En 1550, le nouveau royaume de Grenade est créé et la ville de Bogota devient son centre politique et administratif. Le 7 août 1819, la Colombie obtient son indépendance.

L’avènement de la constitution du 5 juillet 1991, a défini la Colombie comme un État social de droit. Ceci a facilité la réforme du système gouvernemental qui était très centralisé à l’époque. Le pouvoir exécutif est détenu par le Président. Le pays est réparti en 32 départements et un chef-lieu d’arrondissement (district), ce découpage administratif est représenté par des entités territoriales que sont les communes, les territoires autochtones, les régions et les provinces.

La Colombie a vécu pendant des décennies dans un conflit interne qui impliquait des guérillas de gauche, représentées par les forces armées révolutionnaires de Colombie, l’armée de libération nationale, et les forces armées. Le 26 août 2016, le gouvernement colombien et la guérilla des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) signent un accord de paix historique mettant fin à l’un des plus anciens conflits armés du monde.

Histoire

L’histoire des bibliothèques en Colombie, reflète un défi qui a persisté pendant des années pour promouvoir la connaissance et le savoir. Manuel Guiror vice-roi qui s’est distingué par son intérêt à l’économie et la culture, a donné l’ordre de fonder la première bibliothèque royale de Santafé de Bogota le 09 janvier 1777. Son premier fond bibliographique était constitué des collections qui appartenaient aux pères jésuites, expulsés de l’Espagne par Carlos III.(Arévalo, 2016) Quelques années plus tard, le général Santander ordonne de réorganiser cet établissement et lui donne le nom de bibliothèque Nationale. Celle-ci devient l’institution officielle de protection de patrimoine bibliographique national. Ainsi, lorsque la première loi sur le dépôt légal voit le jour en 1834, les imprimeurs se voient obligés d’envoyer à la bibliothèque Nationale toutes les catégories des écrits imprimés. Le réseau des bibliothèques publiques s’est développé en parallèle avec l’évolution historique du pays. À la fin du XX éme siècle, à part quelques initiatives timides soutenues par des particuliers ou des institutions, on assistait à l’inexistence de bibliothèques ouvertes à la communauté.

En 1928, la bibliothèque du conseil de Bogota fut créée, C’est en 1930 que la bibliothèque publique est devenue une institution qui œuvre pour la promotion de l’idéologie libéral, on lui attribue une fonction principale dans les politiques culturelles.(Melo, 2001) En 1945, cinq succursales de la bibliothèque du conseil furent créées avec pour mission le service public dans les différents secteurs de la capitale. En 1982, le pouvoir du district de Bogota a créé le programme de bibliothèques publiques municipales, qui visait plusieurs objectifs notamment le développement du réseau des bibliothèques. En 1989, la caisse des allocations familiales a mis en place une stratégie pour le développement de bibliothèques mobiles pour les régions éloignées, et en 1995, les premières bibliothèques ont été créées afin de répondre à la mission éducative des caisses d’allocation.

Entre 1998 et 2001, le programme de développement de bibliothèques a intégré le plan de développement économique et social et des travaux publics, pour entamer la construction de quatre grandes bibliothèques dans les différentes zones de la ville de Bogota.(IFLA)

Malheureusement le contexte politique très agité, n’as pas favorisé le développement des bibliothèques au rythme escompté, malgré leur naissance précoce. Néanmoins le gouvernement colombien a instauré en 2003 un plan national de lecture et de bibliothèques, qui a pour objectif d’améliorer les standards de lecture et de renforcer les services fournis par les bibliothèques en Colombie.

Types de bibliothèques

Bibliothèque Nationale

La bibliothèque Nationale de Colombie a été fondée en 1777, tel que citée précédemment. Elle est l’une des plus anciennes bibliothèques publiques de l’Amérique latine. La majorité des manuscrits proviennent des biens de la communauté jésuite, ses fonds se sont étoffés grâce aux livres de grandes imprimeries hispano-américaines situées à Bogota, à la Havane, à Mexico, au Lima et à Quito.( Barbé, 2016)

Le dépôt légal a été d’une importance primordiale pour l’enrichissement des collections actuelles. Par le biais d’envois des exemplaires de tous les documents imprimés sur le territoire national, les donateurs ont participé également à la richesse des collections. Les pays invités à l’inauguration du bâtiment, tels que la France, le Japon, et l’Allemagne, ont offert des dons de 2000 volumes. C’est d’ici que proviennent les ouvrages de la promotion de l’idéologie nationale-socialiste. Sans négliger le nombre important d’écrivains, de scientifiques et d’intellectuels qui ont légué leurs bibliothèques personnelles.

Le développement des bibliothèques publiques colombiennes a été attribué à la bibliothèque Nationale, mais il a fallu attendre de nombreuses années avant que l’État lui permette d’assurer pleinement son rôle, et de mettre en œuvre une vraie politique au profit de l’éducation de la culture et la lecture.

La mission principale de la Bibliothèque Nationale est de garantir la récupération, la préservation et l’accès à la mémoire collective du pays, représentée par le patrimoine bibliographique.

Comme l’a cité le décret du Sénat de la Colombie, les fonctions sont :

  • «Conseiller le ministère de la culture en ce qui concerne la formulation des politiques sur le patrimoine national bibliographique et périodique.
  • Guider les plans et programmes de création, de promotion et de renforcement des bibliothèques publiques et ses services.
  • Diriger et coordonner le réseau national des bibliothèques publiques
  • Collecter, organiser, augmenter, conserver, préserver, protéger, enregistrer et diffuser le patrimoine bibliographique et périodique de la nation.
  • Planifier et concevoir des politiques liées à la lecture et sa contribution au développement de l’éducation du peuple colombien
  • Établir et entretenir des relations avec des organisations nationales et internationales dans le but de promouvoir et de développer ensemble des programmes de culture populaire et d’échanges culturels
  • Fournir des conseils et collaborer avec différentes organisations scientifiques, culturelles et éducatives qui développent des programmes d’investigation et de diffusion culturelle.»

Toutes les actions et les activités encadrées et conçues par la bibliothèque nationale sont orientées par une reconnaissance de la diversité culturelle du pays, et le droit des citoyens à l’information et à la connaissance comme base de leur développement individuel et collectif.

Bibliothèques publiques

Les bibliothèques publiques de la Colombie fournissent des services liés aux sciences de l’information au grand public et sont accessibles par tous les membres de la société. Le réseau national est un système centralisé comprenant les bibliothèques publiques et fournissant des services de bibliothèque aux niveaux national, départemental et municipal. En date de 2016, l’on pouvait compter 1702 bibliothèques publiques et quelque 3500 professionnels de l’information y travaillant. (IFLA)

Le développement du réseau des bibliothèques publiques de la Colombie est de la responsabilité de la Bibliothèque nationale, et ce, dès sa création en 1777. (Sagaert, 2011) Toutefois, ce n’est qu’en 1934 qu’un véritable projet de développement est mis sur pied afin d’établir le réseau. Sous l’influence de l’action formelle du Ministère de l’Éducation nationale, 1250 collections de bibliothèques villageoises sont constituées dans tout le pays. (Jaramillo, 2006) Ces collections ont par la suite servi de tremplin à la création du système national de bibliothèques publiques en Colombie.

Deux décennies en particulier ont été des points tournants dans le développement du réseau. Les politiques relatives aux sciences de l’information émises dans les années 70 par les organisations internationales telles que l’UNESCO et NATIS ont grandement influencé les modèles et les plans du réseau des bibliothèques publiques à l’époque mais, aussi plus récemment. (Jaramillo, 2006) Ici entre en jeu le Plan national de lecture et bibliothèque (PNLB) du gouvernement colombien en 2003. Le Plan promeut l’amélioration de l’équipement, de l’infrastructure et des collections, la formation du personnel ainsi que la promotion et le développement de la lecture. (Sagaert, 2011) Grâce à ce plan, l’on compte la construction de 101 bibliothèques, la formation de 12 000 professionnels ainsi que 90 programmes de promotion de la lecture en date de 2016. (Sagaert, 2011) Puis, dans les années 90, la bibliothèque publique se voit déclarée une partie intégrale de l’infrastructure des villes par le gouvernement colombien. En tant que telle, le Ministère de la Culture est dorénavant responsable du développement du réseau, toujours par l’entremise de la Bibliothèque nationale. Ainsi, elle se voit inscrite dans les politiques culturelles et la promulgation de normes et ce, jusqu’à présent. (Jaramillo, 2006) Le PNLB, par exemple, est un projet du ministère colombien de la culture.

Bibliothèques scolaires

À sa création, la bibliothèque scolaire était perçue comme un simple entrepôt de livres et de collections (Bedoya Mazo, S. P., 2017). Son rôle a heureusement évolué avec le temps et une reconnaissance grandissante de son importance dans le secteur de l’éducation s’est installée. Aujourd’hui, elle est considérée comme étant un outil pédagogique essentiel et complémentaire aux programmes d’enseignements (Bedoya Mazo, S. P., 2017). La bibliothèque favorise le développement des compétences informationnelles, essentielles pour devenir un(e) citoyen(enne) averti(e) (Bedoya Mazo, S. P., 2017). Ses collections sont maintenant perçues comme étant complémentaires à ce nouveau rôle. Comme mentionné par Bedoya Mazo (2017), plusieurs éléments depuis le début du siècle ont mené à l’essor de ce rôle, dont :

  • Le programme de bibliothèques éducatives, résultant en la création de bibliothèques spécialisées dans les écoles secondaires techniques ou académiques;
  • « La lecture est mon histoire », le Plan national de lecture et d’écriture du ministère de l’éducation;
  • Création du Réseau des bibliothèques scolaires, ouvrant les portes à une collaboration entre les différentes bibliothèques et au déploiement de meilleurs services;
  • Formation des bibliothécaires pour les accompagner dans l’implantation de ces projets, pour ne nommer que ceux-ci (liste non exhaustive).

Toutefois, les bibliothèques scolaires sont encore très peu nombreuses en Colombie. Selon une étude de 2018, 41.6% des écoles secondaires se situant dans les zones urbaines ne possèdent pas de bibliothèque (Radinger, T. et al., 2018). En zones rurales, ce taux augmente à 55%. Ces taux semblent être notamment reliés à l’espace physique trop restreint des établissements scolaires publics proportionnellement à la grande population étudiante (Radinger, T. et al., 2018).

Bibliothèques universitaires

Parmi les bibliothèques universitaires colombiennes, notons le Sistema Nacional de Bibliotecas (SINAB) de l’Université nationale de Colombie, importante université publique du pays. Les autres bibliothèques universitaires, dont le nombre s’élève à environ 164 (Colombian University Libraries, UniRank), se retrouvent autant dans les universités privées, tel que le Sistema de Bibliotecas de l’Université des Andes (https://biblioteca.uniandes.edu.co/es), que dans les universités publiques, tel que le Sistema de Bibliotecas de l’Université d’Antioquia (Sistema de bibliotecas, Universidad de Antioquia). Les bibliothèques universitaires, en plus de leurs fonctions pédagogiques et de préservation du patrimoine, ont l’importante tâche d’accompagner les chercheurs dans leurs démarches, contribuant par le fait même au développement de la recherche (Rodríguez A., do Amaral, S. A., 2002). Ainsi, la plupart des bibliothèques universitaires offrent un accompagnement et des formations de base dans l’utilisation de différents outils de recherche de même qu’un service de référence sur place ou en ligne (Arciniegas Tinjacá, E. C., Gómez Gutiérrez, Y. M., Gregorio-Chaviano, O., 2018). Notons également un certain mouvement vers une plus grande spécialisation de la bibliothèque universitaire dans ce champ d’expertise, se manifestant entre autres par la présence de plus en plus fréquente d’un dépôt institutionnel et par l’offre, quoiqu’encore peu fréquente, de services bibliométriques, comme des outils d’évaluation de l’impact des connaissances scientifiques publiées sur la communauté (Herramientas de evaluación, Universidad de los Andes|Sistema de bibliotecas).

De plus, Consortio Colombia (https://www.consorciocolombia.co/) est un consortium rassemblant notamment 57 établissements d’enseignement supérieur, privé ou public, quelques centres de recherche et l’Association Colombienne des Universités (ASCUN). Ce consortium a comme objectif d’améliorer l’accessibilité des données de recherche et ce, par le truchement de négociations avec de grands éditeurs de ressources scientifiques. Il sert ainsi de service d’achats regroupés pour ses membres.

Le prêt entre bibliothèque est également pratiqué, grâce à des systèmes de bibliothèques, des mises en réseaux, dont l’Accord du G8 à Medellín (https://www.g8bibliotecas.com/) et RUMBO à Bogotá (https://www.rumbo.edu.co/eng/), ainsi que différents accords entre bibliothèques (Convenios y redes, Universidad national de Colombia).

Finalement, il est intéressant de noter que les portes des bibliothèques universitaires publiques colombiennes sont généralement grandement ouvertes pour le public externe, c’est-à-dire les utilisateurs n’appartenant pas à la communauté universitaire. Toutefois, cela n’est pas le cas pour les bibliothèques universitaires privées, lesquelles offrent un accès à l’information plus limité à ce groupe d’utilisateurs (Nureña, C. R., 2019).

Bibliothèques privées

En 1957, avec le décret législatif 118 du 21 juin, l’allocation familiale a été mise en place à travers la Colombie. C’est ainsi que les Cajas de Compensación Familiar (caisses de compensation familiale) ont été créées. Grâce à ce système, les travailleurs à faibles et moyens revenus reçoivent des subventions versées en espèces et des services de base dans des domaines tels que l’éducation, le logement, les loisirs, le tourisme social et les services culturels et de bibliothèque. En 1974, la première bibliothèque a été ouverte dans une caisse de compensation familiale. Depuis, d’autres fonds se sont joints à l’effort pour incorporer dans leur offre de services des programmes autour de la lecture, du partage du savoir, en les considérant comme des facteurs de bien-être qui visent le développement et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et citoyennes du territoire tel que stipulé dans par l’UNESCO.

En 1983, avec la collaboration de COLCULTURA (ministère de la Culture), des représentants des entités où les programmes de bibliothèques existaient déjà de manière indépendantes, se sont réunis dans la ville de cela a mené à la création du Réseau national des bibliothèques des caisses de compensation familiales (ttps://culturaybibliotecas.comfamiliar.com/red-de-bibliotecas/), dont les objectifs initiaux comprennent la promotion de la création de services de bibliothèques dans les caisses, ainsi que le développement et le renforcement des services publiques existants. Aujourd’hui s’y ajoute la promotion du libre accès à la culture, à l’information et à la science en général.

Le degré de développement et la variété des services et des programmes offerts par les bibliothèques publiques des Cajas varient , du leadership des personnes qui en ont la charge, de la présence d’autres types de services de bibliothèque dans la ville ou la zone, et du degré de sensibilisation et de sensibilité de la direction actuelle à ce type de programme (Forero, 2007). Colsubsidio par exemple a connu un grand développement au cours des dix dernières années et dispose d’un solide programme de bibliothèques mobiles et gère actuellement le réseau de bibliothèques du district de Bogota – Bibliored – Ces Bibliothèques ont en général des collections actualisées, des heures d’ouverture étendues, un personnel professionnel, des installations confortables, de nouvelles technologies, et ont montré à la communauté un visage moderne des services offerts. Le développement est donc inégal ; il n’existe pas de mandat ou de législation obligeant les caisses d’épargne à développer des services de bibliothèque (Forero, 2007).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Le cadre éducatif entourant la profession de bibliothécaire en Colombie a débuté en 1956 (Martinez-Arellano, F. F., 2013), afin de combler un besoin de personnel apte à assurer la bonne gestion technique des différents types de bibliothèques existantes. Les premiers programmes étaient ainsi axés sur des cours techniques afin d’enseigner les bases à acquérir pour faire fonctionner une bibliothèque (Vallejo-Sierra, R. H., 2009). Par la suite, la durée de la formation s’est prolongée et son contenu s’est élargi (Vallejo-Sierra, R. H., 2009) pour que la profession puisse mieux répondre aux besoins du grand public. Aujourd’hui, bien que les formations techniques et technologiques soient toujours offertes, il existe également des formations professionnelles universitaires d’une durée de 4 à 5 ans (Zapata Cárdenas, C.A., 2007).

Les formations techniques professionnelles, technologiques et professionnelles universitaires sont des programmes de l’enseignement supérieur, de type « Pregrado » (Wikipedia, Système éducatif en Colombie). Deux autres programmes universitaires, de type « Posgrado« , sont offerts pour ceux qui souhaitent obtenir une spécialisation en gestion des services de l’information (Zapata Cárdenas, C.A., 2007; Martinez-Arellano, F. F., 2013) ou encore une maîtrise dans la gestion des documents et archives (Martinez-Arellano, F. F., 2013).

Il existe une forme d’éducation dite « non formelle », représentant des enseignements visant soit à compléter les formations universitaires « Pregrado » et « Posgrado », qualifiées d’éducation « formelle », ou soit à servir de formation continue pour les diplômés de l’éducation formelle. Celle-ci est offerte par une variété d’institutions, telles que les universités, la Bibliothèque nationale, la Banque de la République et des associations professionnelles. Dans certains cas, l’éducation non formelle peut être préférée à l’éducation formelle puisqu’elle est moins longue et moins coûteuse tout en procurant les compétences de base nécessaires à l’emploi. Elle peut être donnée sous forme de formation avec diplôme, de cours de courte durée, d’ateliers et de séminaires (Zapata Cárdenas, C.A., 2007).

Selon les résultats d’une étude décrivant la profession en Colombie en 2005 et 2006 (Zapata et al., 2006, cité dans Zapata Cárdenas, C. A., 2007), les bibliothécaires pratiquant en milieu scolaire et public avaient, de façon générale, reçu un enseignement sous forme de séminaires ou de cours de courte durée alors que les bibliothécaires universitaires détenaient majoritairement soit une formation avec diplôme (non formelle) ou soit une spécialisation ou maîtrise (« Posgrado« ).

Enfin, le pays s’est doté d’un système d’accréditation des programmes de l’enseignement supérieur afin d’en assurer leur qualité (Arakaki, M., 2014). Celle-ci est octroyée par le ministère de l’éducation nationale, en fonction des rapports d’évaluation que lui remettent le National Commission of Quality Assurance in Higher Education (CONACES) et le National Council of Accreditation (CNA). CONACES a le devoir d’évaluer si tout nouveau programme d’étude, ainsi que ceux ayant modifié leur structure et contenu, répond à leurs critères de base d’une éducation de qualité. Cette première accréditation est obligatoire pour que le programme puisse être offert. La deuxième accréditation, relevant du CNA, est un processus volontaire. Elle permet toutefois d’obtenir une reconnaissance quant à l’atteinte de critères optimaux à une éducation de haute qualité. Cette accréditation doit être renouvelée aux 4 à 9 ans. Il est possible d’obtenir les informations relatives aux universités accréditées, ou en voie de l’être, en consultant la page web Système national d’information pour l’enseignement supérieur en Colombie (SNIES) (Consulta de Programas, SNIES). Quatre universités offrent un ou des programme(s) de formation pour devenir bibliothécaire : Javeriana, Antioquia, La Salle et Quindio (Martinez-Arellano, F. F., 2013). Les trois premières ont obtenu l’accréditation CNA pour l’un ou l’autre de ses programmes (Arakaki, M., 2014).

Association de bibliothèques

L’ASCOLBI, l’Asociación Colombiana De Bibliotecólogos Y Documentalistas soit l’association des bibliothécaires et des archivistes de Colombie, est une association privée sans but lucratif. (Delgado, 2010) Le Colegio Colombiano de Bibliotecología, l’université colombienne de bibliothéconomie dont l’acronyme est également ASCOLBI, créée l’association en 1958. La mission principale de l’association est d’unir, de renforcer et de représenter tous les professionnels de la bibliothéconomie en Colombie. (IFLA) Parmi ses fonctions se trouvent: conseiller les institutions publiques et privées dans la création de politiques, plans ou programmes liés aux sciences de l’information, créer des alliances avec des institutions nationales et internationales afin de consolider la représentation du pays et de promouvoir la recherche en bibliothéconomie. (ASCOLBI, 2016)

Depuis ses débuts, l’ASCOLBI a un rôle décisif dans le développement des bibliothèques et de la culture du pays. Elle regroupe et représente toutes les plus petites associations de bibliothéconomie en Colombie. C’est également la seule association colombienne du domaine des sciences de l’information qui est membre de l’IFLA. Afin d’étendre sa présence nationale, elle a créé plusieurs succursales, notamment dans la région centrale colombienne telles que Boyacá et Meta, ainsi que des sections et des divisions telles que la division des bibliothèques agricoles colombiennes et la division des bibliothèques scolaires. (ASCOLBI, 2016) L’ASCOLBI a favorisé la création et le développement de nombreuses bibliothèques en Colombie. Notamment par la gestion de collection des bibliothèques de prisons, le développement d’actions pour le renforcement des bibliothèques publiques, l’allocation des postes budgétaires, l’acquisition de meubles et la nomination de bibliothécaires à travers les bibliothèques. (ASCOLBI, 2016)

L’ASCOLBI travaille de concert avec une autre association ; le Conseil national de la bibliothéconomie, le Consejo Nacional de Bibliotecologia, qui fut créé par la loi 11 de 1979 afin de réglementer la profession. Le Conseil est responsable de veiller au respect du code d’éthique et de déontologie ainsi que de signaler aux autorités toute violation des dispositions légales régissant l’exercice professionnel de la bibliothéconomie en Colombie. (Delgado, 2008) Les conseils d’administration de ces deux institutions changent tous les trois ans lors d’assemblées générales où tous les membres des associations sont invités à voter. (IFLA)

Au fil des années, l’association a utilisé plusieurs moyens de communication afin de rester en contact avec ses membres et son public. En 1957, l’ASCOLBI crée le Boletín de la Asociación Colombiana de Bibliotecarios, un bulletin d’information mensuel s’adressant à tous les professionnels en bibliothéconomie de la Colombie. En 1988, la revue ASCOLBI voit également le jour. (ASCOLBI, 2016) Dans l’ère numérique, les communications de l’association sont devenues plus interactives; elle s’est dotée d’un site web, d’un blog ainsi que d’un bulletin de nouvelles en ligne. Elle est également active sur les réseaux sociaux dont Facebook, Twitter et Youtube.

Cadre législatif

Ce n’est qu’en 1934, que l’État Colombie mettra en place une politique permettant à la Bibliothèque Nationale de jouer pleinement son rôle de développement avec le projet

« bibliothèques de villages » (Jaramillo 2006). Mais ce n’est que des décennies plus tard, avec le Plan national de lecture et bibliothèque (PNLB) que la Colombie se dote d’un cadre législatif ambitieux avec des assises solides: « Une politique publique, mais surtout un mouvement social. Les bibliothécaires sont les chefs d’orchestre communautaires capables de promouvoir des processus culturels à long terme, engagés dans le partage et pluralisme, et les bibliothèques le cadre de participation citadine où se gèrent les grandes transformations sociales » (Rajai, 2007)

Le Plan mis en place en 2003 est coordonné par la Bibliothèque nationale, tête de pont du réseau des bibliothèques publiques. Il s’agit d’un projet majeur du ministère colombien de la culture. Il a bénéficié de l’appui de nombreux ministères, il s’agit d’un effort concerté : notamment du ministère des Relations extérieures, du ministère de l’Éducation, ainsi que de grands organismes tels la Banque de la République 13 et bien sûr Funda Lectura. L’idée est d’inciter les autorités locales à mettre à disposition des usagers des installations et du personnel dédiés, par bien sûr le développement de collection mais aussi de l’appui à la formation et la contribution à l’organisation de réseaux départementaux, et enfin par la mise en place de campagnes de communication pour la valorisation de la lecture. Malgré ces avancées importantes, le PNBL se heurte à certains problèmes qu’il a identifiés tels que la forte rotation des bibliothécaires, l’implication irrégulière des municipalités, les connexions internet limitées qui ne permettent pas le déploiement des catalogues en ligne tel que souhaité. (Sagaert, 2011).

Information complémentaire/particularités

Le développement des Bibliothèques en Colombie suite à la signature de l’accord historique du 21 novembre 2016 entre le Gouvernement et les FARC a joué un rôle dans la préservation et la transmission des cultures indigènes en Colombie. Le gouvernement a alors misé sur la Culture comme élément central de la réconciliation nationale. La Biblioteca Nacional de Colombia (Bibliothèque nationale de Colombie) a été chargée de la mise en œuvre de l’accord. Elle a ainsi été chargée de mettre en place des bibliothèques dans les territoires de démobilisation des FARC. La Biblioteca Nacional de Colombia s’est alors associée à BSF pour la conception du projet Bibliotecas Públicas Móviles (bibliothèques publiques mobiles) et la mise en œuvre des 20 bibliothèques à travers le pays. Cette intervention s’est concentrée sur des territoires négligés par le gouvernement et où les conflits, doublés des inégalités sociales, ont affecté de manière indéniable les communautés locales.

Les populations indigènes colombiennes représentent 3,4% de la population. (1.5 M d’individus). Il est estimé qu’il existe 65 langues différentes parlées dans le pays par les communautés indigènes. Les nombreux déplacements forcés pendant le conflit ont dispersé les communautés et certaines langues disparaissent peu à peu. La tradition orale est par ricochet, elle aussi mise en péril. C’est pourquoi, le projet de Biblioteca Publica Mobiles (BPM) (Construire la paix : le rôle des bibliothèques pour la préservation et la transmission des cultures indigènes), porté par la Bibliothèque Nationale de Colombie et Bibliothèques Sans Frontières, s’est donné comme objectif de valoriser les cultures locales et de promouvoir la création et la diffusion de ces contenus ancrés dans les traditions.

Devenues des lieux d’échanges et de mixité entre communauté indigène et communauté rurale colombienne, les bibliothèques ont permis de renforcer le sentiment d’appartenance et de tisser des liens tout en favorisant la découverte de cultures souvent méconnues. Cela a aussi permis aux populations locales de découvrir la richesse des cultures indigènes et de créer un sentiment de fierté chez les indigènes.

Références

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Arciniegas Tinjacá, E. C., Gómez Gutiérrez, Y. M., Gregorio-Chaviano, O. (2018). La biblioteca universitaria y su rol en los procesos de investigación: una mirada desde los servicios de información con enfoque bibliométrico en colombia. Biblios, 72, 113–129. https://doi.org/10.5195/114biblios.2018.439

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