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6 Côte d’Ivoire

(Fannie Dubois, Sophie Fillion, Marie-Andrée Hamel, Linda Kai Lyn Kan)

 Profil du pays

La Côte d’Ivoire, officiellement nommée la république de Côte d’Ivoire, est un pays africain dont la population dépasse aujourd’hui les 28 millions d’habitants. Bien que la capitale politique et administrative du pays soit Yamoussoukro, le pouvoir économique fait en sorte que la majorité des institutions, dont les bibliothèques, se trouvent à Abidjan. La totalité du pays couvre un territoire de 322 462 km². La Côte d’Ivoire est entourée par le Mali, le Ghana, le Burkina Faso, le Libéria et la Guinée et la côte sud du pays donne sur l’océan atlantique. Malgré la présence d’un grand nombre de langues et dialectes, le français est la langue officielle du pays, puisque celui-ci a été jadis colonisé par la France (Universalis.edu, s.d.).

 

La Côte d’Ivoire obtient son indépendance de la France en 1960 et met dès lors en place un régime politique présidentiel dont le premier élu est Félix Houphouët-Boigny. L’économie du pays repose en majeure partie sur l’agriculture: deux ivoiriens sur trois œuvrent dans ce secteur. Suite à une crise économique dans les années 1970, le pays fait face à une nouvelle crise sociopolitique en 1990. La mort du président ne fait qu’empirer la situation avec l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo. Dès lors, les crises politiques et militaires se multiplient et bouleversent évidemment le secteur culturel de la Côte-d’Ivoire. La relance économique n’aura lieu qu’en 2015 sous la présidence d’Alassane Ouattara et ses politiques libérales (« Côte d’Ivoire » 2021).

  Histoire

La bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire était jadis connue sous le nom de « section ivoirienne de documentation » de l’Institut fondamental d’Afrique noire, lui-même fondé en 1924. En 1960, cette section ivoirienne de documentation a ensuite été rebaptisée le Centre National de Documentation. En 1966, le Centre National de Documentation devient la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire. Par la suite, en 1971 et avec l’aide financière du Canada, la première pierre de l’édifice était posée par le secrétaire d’État canadien aux affaires étrangères (BNCI.ci). C’est en 1974 que la bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire est officiellement inaugurée, d’une part grâce au décret du président de l’époque, Félix Houphouët-Boigny, d’autre part par la nomination de la première directrice de la bibliothèque, Liguert Lobouet. La bibliothèque est alors jointe aux services des bibliothèques et publications de la direction des affaires culturelles du ministère de l’éducation nationale. Totalisant 6 500 mètres carrés, la bibliothèque fait partie d’un édifice comptant aujourd’hui le ministère de la culture et de la francophonie ivoirienne.

 

Le premier président ivoirien Félix Houphouët-Boigny joue un rôle essentiel dans l’histoire des bibliothèques du pays. En effet, celui-ci a d’abord créé le CEDA (Centre d’édition et de diffusion africaine) dont la mission était la création d’une politique pour le livre scolaire et la littérature générale. Les NEA (Nouvelles Éditions Africaines) sont fondées quelques années plus tard avec des vocations similaires. Le président consacre presque la moitié de son budget à l’éducation et désire équiper tous les collèges de bibliothèques. Lors de son décès en 1993, le pays tombe dans un désordre socio-politique qui brise l’économie du pays en touchant par la même occasion le secteur académique. C’est seulement à la fin du règne du président Laurent Gbagbo en 2011 que l’industrie du livre recommence à prendre de l’importance (TV5 Monde, s.d.).

  Types de bibliothèques

En Côte d’Ivoire, l’accès aux livres n’est pas commun, à l’exception de la région urbaine d’Abidjan où le taux d’alphabétisation est plus élevé. En effet, la situation politique et sociale – en partie conséquence de la colonisation française – doublée des traditions et pratiques culturelles ivoiriennes, notamment la prépondérance de l’oralité dans la transmission des savoirs, font en sorte que les bibliothèques sont peu présentes en Côte d’Ivoire. (Tahiri-Zagret, 2015).

Le paysage ivoirien compte néanmoins quelques bibliothèques. Selon Cécile Coulibaly (2011), un recensement effectué en 2010 montre que la Côte d’Ivoire compterait 33 bibliothèques et 40 centres de documentation sur son territoire. Toutefois, en raison des nombreux pillages dans les bibliothèques qui survinrent lors des émeutes de 2011, ces données doivent être considérées comme approximatives. Notons néanmoins qu’au regard de ce sondage, il appert que les technologies de l’information et le matériel informatique sont peu utilisés dans les bibliothèques ivoiriennes. Les services en ligne y sont peu développés, l’accès physique aux ressources étant l’usage le plus répandu (Coulibaly, 2011).  Les types de bibliothèques que l’on retrouve sur le territoire de la Côte d’Ivoire sont : la bibliothèque nationale, les bibliothèques universitaires, les bibliothèques scolaires des écoles privées et les bibliothèques communautaires.

Bibliothèque nationale

Officiellement inaugurée le 9 janvier 1974, la BCNI occupe un bâtiment conçu par les architectes canadiens MM. Longpré, Marchand et associés (Bulletin des bibliothèques de France [BBF], 1974). La BCNI se situe à Abidjan, centre culturel et économique du pays, entre le Adjamé et le Plateau (BBF, 1974). La directrice de la BCNI, nommée le 7 février 2008 est Chantal Adjaman (Bibliothèque de la Côte d’Ivoire, 2020), l’institution est elle-même sous la tutelle administrative et technique du Ministère ivoirien de la Culture et de la francophonie (Kpan, 2018). La BCNI est membre de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (Lajeunesse, s.d.).

La BCNI, qui possède une capacité d’accueil de 300 places (BBF, 1974), se divise en deux services principaux: le Service de la Conservation et de la Gestion des Collections et le Service de la Diffusion et du Service au public (Bibliothèque de la Côte d’Ivoire, 2020). La mission de la BCNI est de “recueillir, conserver et diffuser toute production imprimée (livres, périodiques, gravures, cartes, plans, documents audiovisuels, photographies) et de constituer un centre national de documentation” (Kpan, 2018, p.182) .Ouverte au grand public, la BCNI offre un abonnement gratuit qui permet aux membres d’accéder aux différents services qui y sont offerts, et ce avec pour objectif de promouvoir les échanges interculturels et de renforcer la construction des structures de la société civile (Kpan, 2018). Les principaux services que l’on y retrouve sont les suivants : les prêts entre bibliothèques, le service de référence, le service de photocopie et la Bibliothèque Enfantine (BBF, 1974). Selon le site internet du Ministère de la Culture et de l’Industrie des Arts et du Spectacle de Côte d’Ivoire, la collection de la BCNI comprend environ 63 000 ouvrages. De plus, certaines collections y sont également  conservées, notamment des collections de livres et de brochures de l’édition nationale, des affiches, des cartes et des plans, des cartes postales, des disques, des enregistrements sonores, des estampes et des timbres-poste ainsi qu’une programmation culturelle comprenant des expositions, des conférences, des concours littéraires et des tables rondes (BBF, 1974).

La BCNI est reconnue pour sa Bibliothèque Enfantine, dont la mise sur pied en 2008 a été rendue possible grâce à un don de la compagnie japonaise Mitsubishi corporation (Quiñones, 2012). La Bibliothèque Enfantine de la BCNI accueille les enfants de 1 à 17 ans et leur offre une variété de services: un espace conte, un salon de lecture, des ateliers, un espace bébé, un espace informatique, un espace de projection, un service de prêt ainsi qu’un espace de service pour les parents (BBF, 1974).

La BCNI met également à la disposition du public la plateforme numérique AKWABA : une bibliothèque numérique accessible en ligne gratuitement (http://akwaba.bnci.ci/a-propos). Les documents du patrimoine culturel national conservés à la BCNI, mettent à la disposition des usagers certains des trésors de ses collections. AKWABA est le résultat d’un partenariat avec la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges. Avec le concours de cette bibliothèque européenne, la BCNI rend ainsi accessible 381 documents numérisés à la communauté ivoirienne disposant d’une connexion en ligne.

Bibliothèques universitaires

Si la Côte d’Ivoire possède plusieurs universités, il reste que les différentes crises politiques et sociales ont déstabilisé les institutions et affecté leur fonctionnement. Les bibliothèques de l’Université Félix Houphouët-Boigny, anciennement Université Cocody, à Abidjan, furent notamment pillées lors des émeutes de 2011, les laissant vides de documentation et vandalisées (Université Félix-Houphouët-Boigny, 2021). En 2015, on rapporte néanmoins que l’université possède une collection de 20 000 ouvrages (Diarra, 2015).

Une des plus importantes ressources pédagogiques documentaires accessible aux étudiants est la Bibliothèque virtuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique de Côte d’Ivoire (UVCI). Il s’agit d’un espace commun à plusieurs universités ivoiriennes, rendant accessible des ressources pour les étudiants. L’UVCI met à disposition des étudiants et chercheurs du pays une documentation accessible en ligne (https://bibliotheque.uvci.edu.ci/). Finalement, la bibliothèque virtuelle d’Afrique de l’Ouest, une initiative de l’Unesco, est à souligner dans le paysage des bibliothèques universitaires de Côte d’Ivoire. Créée en 2011, elle vise à lutter contre la fracture numérique en dotant les pays d’Afrique francophone (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Niger, Mali, Sénégal et Togo) d’une infrastructure à la fois matérielle et virtuelle à l’usage des universités (Carbone, 2017).

Bibliothèque muséale

La bibliothèque du musée des civilisations de Côte d’Ivoire située à Abidjan possède une collection regroupant 16 000 ouvrages. Cette documentation est classée en thématiques, soit musées et muséologie, art, sciences humaines, encyclopédies et mémoires et rapports de stages (Kpan, 2018).

Bibliothèques scolaires

Les bibliothèques scolaires sont presque inexistantes dans les écoles primaires et secondaires du pays. En 2020, une annonce de la secrétaire de la DRENET-FP d’Aboisso Wognin Jean rend publique la volonté des autorités de remédier à cette situation en rendant obligatoire les bibliothèques scolaires dans toutes les écoles de la Côte d’Ivoire (Bâ, 2020). Cette initiative permettra un accès plus important aux livres pour les jeunes de toutes les régions du pays. Il existe néanmoins aujourd’hui des bibliothèques dans certaines des écoles privées d’Abidjan, telles que l’École internationale Jules Verne et l’école la Pépinière des Plateaux. Notons également la bibliothèque de l’établissement privé Goethe Institut, accessible aux étudiants de cette école de langue.

Bibliothèques communautaires

La Côte d’Ivoire ne possède pas de réseau de bibliothèques publiques (Quiñones, 2012). Néanmoins, la population a mis sur pied quelques initiatives de bibliothèques communautaires dans le but de permettre l’accès aux livres, telles que la bibliothèque féministe 1949 (fondée par l’écrivaine ivoirienne Edwidge-Renée Dro), la Caravane du livre (de l’ONG Campagne inter-africaine) et les bibliothèques Magic (de la fondation Magic System en partenariat avec l’African Artists for Development).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Le système scolaire en Côte d’Ivoire est influencé par celui de la France. Il y a deux écoles au pays qui offrent la formation de bibliothéconomie et sciences de l’information. La formation est offerte en français, mais il y a encore plusieurs étudiants qui sortent du pays afin d’étudier dans ce programme. Celui-ci n’a débuté qu’au début des années 1960 dans l’Afrique de l’Ouest, alors la formation est assez récente (Mêgnigbêto, 2007, p.158).

L’UNESCO a eu une grande part à jouer dans la formation de programmes de bibliothéconomie et sciences de l’information dans la région. L’établissement du programme a été créé en 1991 à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC), plus spécifiquement à l’École Supérieure de Tourisme, d’Artisanat et d’Action Culturelle (ESTAAC) connue auparavant comme l’École de formation à l’action culturelle (EFAC) (Dione, 2014, p.37). Les spécialités de l’école sont nombreuses et comportent la bibliothéconomie, la science de la documentation et de l’information, ainsi que des spécialités comme la muséologie, l’artisanat et le tourisme (Filière de formation, 2018). Il est possible d’obtenir un master ou une licence en sciences de l’information documentaire. C’est aussi vrai pour l’archivistique.

À l’Université Virtuelle Panafricaine de technologie (UVPT), une formation en sciences de l’information comprend des cours en traitement de l’information documentaire, la gestion électronique des documents, mais aussi des cours de gestion et d’économie (Plaquette BTS SCIENCE DE L’INFORMATION UVPT, s.d). Le profil sciences de l’information va aussi souvent de pair avec la communication (Science de l’information et de la communication, 2021).

Il y a une distinction à faire dans les bibliothèques entre les différents métiers. Dans la catégorie des professionnels, il y a les conservateurs, qui ont besoin d’un BAC +6, ce qui est l’équivalent d’une maîtrise, les assistants-conservateurs, avec un BAC +4, et les bibliothécaires et documentalistes qui ont besoin d’un BAC +2. Les non-professionnels sont les aide-bibliothécaires et reçoivent leur formation sur le terrain par les bibliothécaires (Coulibaly, 2011).

Associations de bibliothèques

La Côte d’Ivoire a comme association l’APSID-CI, l’association pour la Promotion des Sciences de l’Information Documentaire qui regroupe les archivistes, bibliothécaires et documentalistes du pays. L’APSID-CI est en collaboration avec la CAIDP, la Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics. Une des missions de l’APSID-CI est de fournir un accès à l’information selon les besoins exprimés (CAIDP, 2018). Cécile Coulibaly est la personne responsable de la COBES, Consortium des Bibliothèques de l’Enseignement Supérieur de Côte d’Ivoire ainsi que de la bibliothèque UFR de sciences médicales à l’Université de Félix Houphouët-Boign.

Plusieurs groupes Facebook sont en place, qui existent comme communautés virtuelles et associations de bibliothèque, dont Actions Bibliothèques Côte d’Ivoire qui font notamment des ateliers de marque-page afin de favoriser la lecture (Actions Bibliothèques Côte-d’Ivoire, s.d).

Plusieurs associations régionales existent au sein de l’Afrique, dont la SCAULWA, la Standing Conference of African National and University Libraries of West Africa. Cette série de conférences est regroupée par région, ayant également une SCAULECSA pour l’Est, le Centre et le Sud de l’Afrique. Le pays a aussi un chapitre dans la AHILA, the Associaton for Health Information and Libraries in Africa, une association anglophone qui regroupe les pays en Afrique. La participation à cette association est minime. La Côte d’Ivoire a une antenne de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) de l’Afrique de l’Ouest, qui se situe au campus numérique francophone d’Abidjan. Le pays est également membre de l’African Library & Information Associations & Institutions (AfLIA) une organisation fondée en 2013 qui regroupe les associations anglophones, francophones et lusophones du continent. L’AfLIA cherche entre autres à créer des partenariats et des liens entre les différentes associations (AfLIA, 2019).

La Côte d’Ivoire est aussi membre de plusieurs associations internationales, dont l’IFLA, le programme Information pour tous de l’UNESCO et l’AIFBD, qui est l’Association Internationale Francophone des Bibliothécaires et Documentalistes. L’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF) est également présente en Côte d’Ivoire. Une des initiatives de l’Association est la Caravane du livre et de la lecture. Leur objectif est « de promouvoir la littérature francophone d’Afrique, d’organiser des animations hors les murs, de bonifier le prix du livre afin de toucher un plus grand nombre de lecteurs » (La Caravane du livre et de la lecture reprend sa route !, s.d.).  La Côte d’Ivoire a trois librairies, toutes à Abidjan qui contribuent à la littératie.

 Cadre législatif

Depuis 2016, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et des partenaires tel que l’Alliance mondiale du livre (AML) demandent l’adoption et « la mise en œuvre de Politiques nationales du livre et de la lecture dans les pays africains » (Association pour le développement de l’éducation en Afrique, 2019). La Côte d’Ivoire fait d’ailleurs partie des pays africains visés par l’association. Les politiques nationales du livre et de la lecture permettent de « susciter une prise de conscience quant à cet aspect important, mais négligé du développement national, transversal à tous les secteurs de l’économie parce qu’il fournit les informations et des connaissances dont le développement social et économique a tant besoin » (Association pour le développement de l’éducation en Afrique, 2019). Si les politiques nationales du livre et de la lecture étaient adoptées, cela aiderait à réglementer le secteur de l’édition afin de promouvoir l’éducation des générations futures. En juin 2019, l’AML, en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (CUA), a organisé un séminaire régional pour lequel les pays visés ont approuvé le Cadre continental pour « la formulation de Politiques nationales du livre et de la lecture. Ce séminaire a également encouragé les gouvernements africains et leurs partenaires clés à adopter le cadre comme guide pour l’élaboration de Politiques nationales du livre et de la lecture sur le continent » (Association pour le développement de l’éducation en Afrique, 2019).

Depuis 2015, le gouvernement de Côte d’Ivoire a commencé à renouveler ses lois afin de favoriser l’épanouissement du domaine du livre et de la lecture. Les lois mentionnées en exemple ont été publiées par la République Côte d’Ivoire Union-Discipline-Travail. La première loi qui nous intéresse est la Loi N 2016-555 du 26 juillet 2016 : Relative au droit d’auteur et aux droits voisins. Cette loi compte 54 pages, nous n’allons pas résumer tous les articles, mais plutôt mentionner quelques articles qui sont différents de la loi canadienne. Il y a :

L’Article 3 qui mentionne que la protection des œuvres ne s’applique qu’à quelques catégories. Tel que les œuvres créées par des Ivoiriens en Côte d’Ivoire ou dans d’autres pays, des œuvres créées et/ou publiées en Côte d’Ivoire ou des « œuvres littéraires et artistiques en vertu d’un traité international auquel la Côte d’Ivoire est partie » (République de Côte d’Ivoire, 2016, p.7).

L’Article 30 qui mentionne que l’auteur ne peut interdire « les reproductions présentant un caractère exceptionnel de documentation, ou la copie d’enregistrements ayant une valeur culturelle, destinées à être conservées dans les archives » (République de Côte d’Ivoire, 2016, p.17).

L’Article 35 qui porte sur l’importation licite « à but non lucratif d’au plus cinq exemplaires d’une œuvre par une personne physique, à des fins personnelles, est permise sans l’autorisation de l’auteur ou de tout titulaire de droit d’auteur sur l’œuvre » (République de Côte d’Ivoire, 2016, p.18).

L’Article 49 qui mentionne les droits patrimoniaux sur une œuvre. La durée était de 99 ans 1996 (UNESCO, 2017) et à partir de juillet 2016 la durée passe de 99 ans à 70 ans.

La deuxième, Loi N 2015-540 du 20 juillet 2015 : Relative à l’industrie du livre. Il compte 7 pages. Cette loi a pour « l’objectif principal de régir l’industrie du livre. Elle vise la professionnalisation de toute la chaîne du livre et son financement » (République de Côte d’Ivoire, 2015).

Au cours de notre recherche, nous avons remarqué l’existence de diverses lois et politiques qui concernent le domaine de la bibliothèque à travers des pages officielles et des articles, cependant nous n’avons pas pu les retrouver sur internet. Ces informations ne sont peut-être pas encore numérisées ou largement diffusées.

   Information complémentaire/particularités

Depuis l’indépendance du gouvernement de la Côte d’Ivoire en 1960, l’autorité a mis l’accent sur l’éducation et la promotion de la lecture de la nouvelle génération (Katharina Bader (s. d.). Malgré cela, en 1974, Fato Amao avait mentionné que le livre est absent de la vie de tous les jours des Ivoiriens. Treize ans plus tard, en 1983, la même situation s’applique toujours. Cela est causé par de nombreux enjeux socioculturels tels que « le poids de la tradition orale, l’analphabétisme, la non-habitude de lire et la perception de la lecture » (Tahiri-Zagret, 1990). Un autre enjeu est que la plupart des bibliothèques et des librairies sont en ville, laissant très peu de ressources en campagne. Bien qu’elles ne soient pas exactement des bibliothèques, quelques initiatives sont élaborées par des organismes et des maisons d’édition depuis quelques années afin de populariser la lecture. En juin 2012, la BNCI a proposé une bibliothèque ambulante qui se promène dans différents salons de coiffure pour sensibiliser et inciter les femmes à la lecture.  Les livres disponibles dans les salons de coiffure participants peuvent être utilisés par les gens qui les fréquentent (Bibliothèque Nationale de la Côte d’Ivoire. (s. d.). En 2013, dans le cadre des Journées nationales du livre pour enfants, des actions ont été faites pour la promotion de la lecture ; des ateliers et des tribunes permettait sa promotion (Katharina Bader (s. d.). Suivi en 2019 par la 11e édition du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA) pour la promotion de la culture et de la littérature (ENOH, 2019). En 2020, un nouveau concept émerge : l’Afro Book Box. Ce sont deux formats de boîte à prix différent que l’on peut commander en ligne. Ces boîtes contiennent de la littérature africaine et provenant des diasporas noires (Eboulé, 2021). En juin 2012, la Côte d’Ivoire ne compte que « 15 librairies de référence contre 40 en 2008, et la plupart se trouvent à Abidjan. Seule autre possibilité pour les Ivoiriens : fréquenter les librairies religieuses ou acheter des livres d’occasion » (Réaux, 2021). Le manque d’établissement qui offre des livres est une des raisons pour lesquelles les Ivoiriens lisent peu: l’accès aux documents est difficile. Puisqu’il y avait un manque de ressources littéraires, le groupe de musique ivoirienne Magic System, en partenariat avec le fonds de dotation African Artists for Development (ADA) a pour objectif d’ouvrir cinq bibliothèques nommées « Magic Bibliothèque » en cinq ans (2017-2022) dans tout le pays (Lacour, 2017). En octobre 2017, la première Magic Bibliothèque a été inaugurée en Anoumabo.  En octobre 2018, la deuxième Magic Bibliothèque a été inaugurée à Bangolo (FAAPA, (s. d.).

Références

Actions Bibliothèques Côte-d’Ivoire. (s. d.). Accueil [page Facebook]. Facebook. Repéré le 12 décembre 2021 à https://www.facebook.com/Actions-Biblioth%C3%A8ques-C%C3%B4te-dIvoire-834759386711233

 

Association pour le développement de l’éducation en Afrique (2019), Atelier régional sur les politiques nationales du livre et de la lecture en Afrique | ADEA. (s. d.). https://www.adeanet.org/fr/evenements/atelier-regional-politiques-nationales-livre-lecture-afriqueAfrican Artists for Development (s. d.), Les Magic Bibliothèques, http://aad-fund.org/projet/les-magic-bibliotheques/

 

 

Association internationale des Libraires Francophones (s.d.) La Caravane du livre et de la lecture reprend sa route ! https://www.librairesfrancophones.org/nos-actions/caravane-du-livre-et-de-la-lecture/item/739-la-caravane-du-livre-et-de-la-lecture-reprend-sa-route.html

 

Bâ, E. (2020, 4 décembre). Bibliothèques scolaires en Côte d’Ivoire: bientôt obligatoire à Aboisso?Yelco.ci https://www.ivoiresoir.net/bibliotheques-scolaires-en-cote-divoire-obligatoires/

 

Bader, K. (s.d.), Promotion de la lecture – Afrique de l’ouest – Côte d’Ivoire – Goethe-Institut.

https://www.goethe.de/ins/ci/abi/prj/les/les/lwa/lci/frindex.htm

 

Banégas, R. et Steck, J.-f., Côte (s.d.), D’Ivoire, Encyclopédie Universalis,                     http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/cote-d-ivoire/

 

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Bibliothèque Nationale de la Côte d’Ivoire. (s. d.), Cérémonie de lancement a DJesty Coiffure,  http://bnci.ci/activites_culturelles/OFL/ceremonie_lancement_ofl.php

 

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https://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1974-03-0167-022 ISSN 1292-8399.

 

Carbone, P. (2012). Les bibliothèques dans le monde actuel. Dans : Pierre Carbone éd., Les bibliothèques (pp. 11-18). Paris cedex 14: Presses Universitaires de France.

 

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Diarra, M. (2015). Les bibliothèques universitaires (BU) africaines à l’heure de la réforme LMD. Conférence des Recteurs et des Présidents des Universités Africaines (COREVIP), Kigali, Rwanda, https://www.researchgate.net/profile/Mamadou-Diarra-3/publication/309638037_Les_bibliotheques_universitaires_BU_africaines_a_l’heure_de_la_reforme_LMD/links/581b223f08ae12715aefa1f5/Les-bibliotheques-universitaires-BU-africaines-a-lheure-de-la-reforme-LMD.pdfn

 

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