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14 Mexique

Mexique(Alexandra Coutu, Marion Fortin et Justine Savoie)

Profil du pays:

Le Mexique, dont le nom officiel est en fait les États-Unis du Mexique, est un pays de 1 964 375 km2. Il se situe dans la partie méridionale du continent nord-américain (entre les États-Unis et le Belize), mais on l’associe historiquement et culturellement à l’Amérique Latine (Brasseul et al., 2021). En 2020, on estime sa démographie à 128 254 000 habitants, population culturellement diverse qui se situe pour les trois quarts en milieu urbain. Pour la forte majorité (82.7%) les Mexicains sont de religion catholique. En 1970, on dénote une explosion démographique qui fait croître de nombreux centres urbains au pays. Pour n’en nommer que quelques-uns, Guadalajara, Monterrey et Mexico, la mégapole et capitale du pays, sont les plus importants (Brasseul et al., 2021).Le niveau de littératie, soit le nombre d’habitants de plus de 15 ans pouvant lire et écrire, équivaut à 95.2% de la population. Par contre, on dénote un écart entre les sexes, les hommes obtenant en moyenne un meilleur résultat aux tests de compétences évaluées pour définir le niveau de littératie d’une population que les femmes (Statistique Canada, 2011, p.55) . Aussi, le Mexique possède la 11e économie la plus importante au monde et croit, depuis 2013, d’approximativement 2% annuellement. Ces revenus proviennent principalement de l’univers manufacturier (The World Factbook, s.d.).

Histoire :

Après avoir été conquis au 16e siècle par l’Espagne, le Mexique signe le 16 septembre 1810 sa déclaration d’indépendance qui sera reconnue par l’Espagne le 27 septembre 1821 (The World Factbook, s.d.). Le Mexique possède une histoire lourde en guerres civiles, en conflits politiques et en problèmes sociaux, et ce, depuis les premières années de son indépendance. La guerre contre les États-Unis (1846-1848) aura été ravageuse, faisant perdre au Mexique une partie considérable de son territoire.L’instabilité politique et économique a frappé le pays pendant de nombreuses années par la suite. Les guerres civiles et politiques qui s’ensuivirent ont divisé le pays à plusieurs reprises, causant des conflits extrêmement violents. La Révolution mexicaine de 1910, bien que longue et mouvementée, fut le début d’une évolution en politique avec l’apparition, pour la première fois, d’un mouvement politique plus démocratique (de Solis y Rivadeinera, s.d.). Bien évidemment, l’histoire du pays a eu un impact considérable sur le développement des bibliothèques mexicaines. Les bibliothèques comme nous les concevons aujourd’hui ont fait leur arrivée sur le territoire mexicain en concordance avec celle des Espagnols. Les civilisations mésoaméricaines utilisaient, avant cette époque, des gravures et des codex afin de transmettre leurs cultures. Les Tlacuilo, des scribes-peintres de codex, avaient la charge de l’élaboration des manuscrits et on devait trouver un endroit pour conserver ces documents. Ces lieux, les amoxcalli, sont considérés comme des bibliothèques préhispaniques et furent détruits pendant la conquête (Fernandez de Zamora, 1997, p.227). Après la conquête, les bibliothèques coloniales créées par les Espagnols leur étaient strictement réservées, privant ainsi les premiers peuples de l’éducation et de l’accès au savoir. La situation changea rapidement après l’indépendance lorsque les institutions publiques devinrent accessibles à toute la population. Bien entendu, les nombreux conflits et le très grand taux d’analphabétisme au pays créèrent de nombreux obstacles dans le développement des bibliothèques. Ce n’est qu’au début du 20e siècle, à partir de la Révolution mexicaine, que l’accès au savoir et à la culture s’améliore au Mexique, avec l’avènement d’un mouvement plus démocratique en politique et la création d’un programme pour les bibliothèques publiques. De plus, vers la deuxième moitié du siècle, plusieurs institutions de formation en bibliothéconomie furent créées (Lau, 2015, p.3 625). Aujourd’hui, une des grandes forces du réseau de bibliothèques mexicaines serait leur orientation vers le service au public (Lau et Lee, 2010, p.97). Toutefois, la problématique actuelle de l’inégalité du financement des bibliothèques entraîne un développement très hétérogène des institutions à travers le pays (Lau et Lee, 2010, p.96).

Types de bibliothèques

Bibliothèques universitaires

Commençons par mentionner que les bibliothèques universitaires du Mexique sont le type de bibliothèque le plus développé et le mieux financé du pays. Elles emploient le plus grand nombre de professionnels, ont les plus gros budgets et les technologies les plus récentes. Bien entendu, toutes les bibliothèques universitaires ne sont pas égales, mais celles de grosse et moyenne envergure se démarquent des autres (Lau et Lee, 2010, p.96). Dans les années 1950, le gouvernement commence à supporter financièrement les bibliothèques universitaires. Ce financement substantiel qui se poursuit sur plus de quarante ans permet le développement de bibliothèques comme l’UNAM (Universidad Nacional Autonoma de Mexico) (Fernandez de Zamora, 1997, p.228). On retrouve quatre types de bibliothèques universitaires du Mexique. Les bibliothèques universitaires d’État, les bibliothèques d’institut technologiques, les bibliothèques des institutions d’enseignement et les bibliothèques d’universités privées, les trois premières étant financées par l’État. On compte au total, en 2015, 1 482 bibliothèques universitaires tous types confondus au pays. (Lau, 2015, p.3 625). Les bibliothèques universitaires d’État possèdent les institutions les plus importantes de cette catégorie et sont liées à l’une des 45 institutions d’éducation supérieure du pays. On retrouve une université par état, et plusieurs au sein même de la ville de Mexico. Elles sont toutes affiliées sous le Conseil National pour les Bibliothèques d’Institution de l’Éducation Supérieure, ou CONPAB (Consejo Nacional para Asuntos Bibliotecarios de Instituciones de Educacion Superior). Les seuls exclus sont les bibliothèques de Mexico comme l’UNAM  et l’UAM (Universidad Metropolitana) en raison de leur taille et influence qui dépasserait largement les autres institutions de ce conseil, la première étant au 150e rang des meilleures université de recherche selon le journal Anglais The Times Higher education Supplement de 2008 (Lau, 2015, p.3 625 – 3 626). En 2015, on compte un total de 242 instituts technologiques au Mexique. La présence de bibliothèques au sein de ces instituts est assez récente, la première datant de 1991. Ce sont en général de petits espaces au budget limité (Lau, 2015, p.3 627).

Bibliothèques publiques

Les bibliothèques publiques représentent le deuxième type le plus développé après les bibliothèques universitaires. Il s’agit effectivement du plus grand réseau de bibliothèques de l’Amérique Latine (Lau et Lee, 2010, p.96). Depuis les années 1910, avec la révolution mexicaine, les bibliothèques publiques font place à de grands changements, Avec la mise en place du Secretaria de Educacion Publica (Secrétariat de l’éducation publique) en 1921, un mouvement prend place au sein du monde des bibliothèques où on commence à considérer que ces bibliothèques et l’accès à celles-ci pour tous, est un élément essentiel à l’éducation de la population (Fernandez de Zamora, 1997, p.236). Pendant le mandat de José Vasconcelos Calderon, premier secrétaire de l’éducation publique du Mexique, plus de 2 500 bibliothèques publiques virent le jour au Mexique. Sa contribution est aujourd’hui reconnue comme substantielle dans le domaine (Sametz de Walerstein, 1991). Si plusieurs des bibliothèques construites pendant le mandat de Vasconcelos ont fermé leurs portes par manque de financement, on conçoit aujourd’hui une deuxième ère favorable aux bibliothèques publiques (Lau, 2015, p.3 628). Grâce au Plan National pour les Bibliothèques Publiques de 1983, elles se voient effectivement revigorées. Depuis cette date, plus de quatre mille bibliothèques publiques ont ouvert leurs portes au pays (Fernandez de Zamora, 1997, p.228). On ne se contente pas seulement d’ouvrir de nouvelles institutions, on produit des études approfondies afin d’examiner et créer un véritable réseau entre les municipalités. On forme également des professionnels aux spécificités des bibliothèques publiques à travers le pays. La Direction des bibliothèques publiques, DGB, (Direccion General de Bibliotecas) mise en place à cette époque, finance et gère 7 211 bibliothèques publiques et plus de 36,5 millions de documents. Ces documents sont rassemblés au sein d’un catalogue central que peuvent utiliser toutes les bibliothèques publiques. Chaque municipalité de plus de 5 000 habitants possède sa bibliothèque. On y utilise le système de Dewey et les règles anglo-américaines de catalogage (Lau, 2015, p.3 629). Ces institutions touchent les trois paliers gouvernementaux. Le fédéral crée les politiques des bibliothèques, s’occupe du développement de collection et des acquisitions. L’État finance la construction des bâtiments et le municipal engage les employés et paye leur salaire (Lau, 2015, p.3 629).

Bibliothèques scolaires

Les bibliothèques scolaires représentent le type de bibliothèques les moins bien développées et financées du Mexique. On compte environ 5 000 bibliothèques scolaires pour plus de 120 000 écoles. Le ratio est alarmant. Pour compenser ce manque, le gouvernement fédéral à mis sur pied des programmes de lecture qui permettent de distribuer des petites collections aux écoles du pays, qu’elles soient privées ou publiques. Ils précisent avoir envoyé plus de 200 millions de livres dans les écoles depuis les dix dernières années (Lau et Lee, 2010, p.96). Dans ce sens, chaque école, même les plus éloignées des centres urbains, possède une certaine collection de livres, aussi petite soit-elle.

Bibliothèques spécialisées

Troisième type de bibliothèques le mieux nantis et développées du Mexique, les bibliothèques spécialisées présentent une bonne organisation et un service d’information bien présent (Lau et Lee, 2010, p.96). On peut globalement les regroupés sous quatre grandes catégories : les bibliothèques de science et technologies, financées par le conseil national des science et technologies, les bibliothèques d’institut de recherche, les bibliothèques gouvernementales et les bibliothèques spécialisées appartenant au secteur d’industrie privé, aux musées ou autres organisations (Lau, 2015, p.3 632).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

Au début du 21e siècle, il existait très peu de programmes de formation professionnelle pour les bibliothécaires et autres professionnels de l’information au Mexique. L’engouement de plus en plus présent pour les bibliothèques à cette période fait ressortir davantage la problématique du manque de personnel compétent. Pour pallier cette demande de plus en plus forte, quelques universités et institutions créèrent des programmes de formation en sciences de l’information. La toute première école de bibliothéconomie au Mexique, l’École nationale de bibliothéconomie et d’archivistique, fut fondée en 1945. Quelques années plus tard, l’Université nationale autonome du Mexique créa aussi son propre programme en 1957 (Martínez-Arellano, 2000, p.147). En date de 2015, 11 programmes spécialisés en bibliothéconomie et sciences de l’information existent partout à travers le Mexique.Parmi les 4500 bibliothécaires diplômés, 4300 détiennent un baccalauréat, 270 une maîtrise et 15 un doctorat. En comparant ce nombre avec le nombre de bibliothèques et autres services d’information existant au Mexique, on constate rapidement que la majorité des bibliothécaires et autres travailleurs dans le milieu des sciences de l’information ne détiennent pas de maîtrise dans le domaine. De plus, la grande majorité des maîtres en sciences de l’information travaillent dans les bibliothèques spécialisées ou universitaires. Ainsi, les bibliothèques publiques et scolaires n’ont généralement pas de personnel professionnel au sein de leurs équipes (Lau, 2015, p.3 634-3 635).En ce qui concerne le contenu des programmes de formation, la pratique de la bibliothéconomie et des sciences de l’information au Mexique s’appuie beaucoup sur le modèle américain. Cette influence des États-Unis s’explique notamment par le fait qu’avant la création des programmes de formation universitaire à même le pays, les premiers bibliothécaires formés au Mexique se rendirent aux États-Unis pour obtenir leur maîtrise. Plusieurs bourses furent offertes par le gouvernement mexicain et américain à cet effet, et ce, pendant plusieurs années (Lau, 2015, p.3 636). Outre cette influence, il n’en reste pas moins que chaque institution universitaire mexicaine dispose de son propre curriculum. Évidemment, certaines tendances sont présentes quant aux notions théoriques et pratiques abordées. Dans plusieurs universités et écoles de bibliothéconomie, notons la présence de cours sur les services d’information, la recherche d’information, l’utilisation des outils technologiques en sciences de l’information, le catalogage, les systèmes de classification, etc. (Martínez-Arellano, 2000) Bref, le cadre éducatif en sciences de l’information au Mexique a beaucoup évolué au cours du dernier siècle et tout porte à croire que cette évolution se poursuivra encore dans les années à venir.

Association de bibliothèques

La plus grande association de bibliothèques au Mexique est l’Asociación Mexicana de Bibliotecarios (AMBAC). Elle est une des plus anciennes associations en Amérique latine, sa fondation remontant à 1956. Sa mission principale est la gestion globale des bibliothèques du pays. Elle s’occupe à la fois de la promotion, du développement des bibliothèques et des services d’information. De plus, elle se veut aussi une partenaire précieuse dans le développe-ment des communautés en offrant notamment plusieurs activités pour les faire évoluer et les mettre en lumière. Outre cette grande mission, l’AMBAC contribue aussi au perfectionnement des professionnels membres de l’association en offrant plusieurs ateliers, activités et formations. De plus, chaque année, l’association organise la grande conférence mexicaine de bibliothéconomie, qui se veut un rendez-vous à ne pas manquer pour en apprendre davantage sur de grandes questions et sujets reliés à la bibliothéconomie (AMBAC, s.d.).L’amélioration du système d’éducation et l’avènement des technologies de l’information au Mexique dans les dernières années ont eu comme effet d’augmenter la demande pour les services des bibliothèques. En réponse à ces changements, l’AMBAC a mis en place, dans la dernière décennie, son tout premier plan stratégique dans le but d’augmenter le dynamisme et l’impact positif qu’a l’association dans le développement professionnel de ses membres et par le fait même sur les communautés. Parmi les principaux objectifs de ce plan, notons la numérisation de tous les actes de conférence et publications, incluant le bulletin de l’association nommé Noticiero Ambac, qui retrace l’histoire de l’association et des bibliothèques mexicaines depuis la sortie de son premier exemplaire en 1967. L’AMBAC désire aussi créer un nouveau site web avec plus de contenu et une interface plus facilement navigable. Le plan comporte de nombreux autres projets pour le futur de l’association, notamment le renforcement de son image de marque, l’élargissement des canaux de communication avec ses membres (création de listes de diffusion, des comptes Facebook, Twitter, etc.) ainsi que plusieurs campagnes de financement pour la modernisation des locaux de l’association et l’augmentation du taux de participation des membres aux diverses activités et conférences offertes (Lau et Lee, 2010).

Cadre législatif

C’est du mandat de la Direction générale des bibliothèques (DGB), branche du ministère de la culture du Mexique créée en 1985, de générer des lois et d’établir des politiques afin de faciliter l’accès équitable, libre et gratuit des Mexicains et de promouvoir la lecture dans les bibliothèques publiques du Réseau national (Gobierno de Mexico, 2021).En 1988, la DGB publie la Loi générale sur les bibliothèques (Ley general de bibliotecas) sous la présidence de Miguel de la Madrid Hurtado. Le décret de cette loi établit la création du Réseau National des Bibliothèques Publiques, composé des bibliothèques publiques, scolaires et spécialisées, dont la Bibliothèque du Mexique est la bibliothèque centrale, et intègre le Système des bibliothèques nationales, qui a pour objectif de conjuguer les efforts nationaux aux secteurs publics, sociaux et privés (article 13). Le 1er juin 2021, cette loi est abrogée et remplacée par une nouvelle qui vise à améliorer les services offerts par les bibliothèques publiques, à reconnaître le rôle des bibliothécaires, des lecteurs et des livres, ainsi qu’à tirer parti des nouvelles technologies comme outils de promotion de la lecture et de la culture (Congrès Général des États-Unis du Mexique, 1er juin 2021). La secrétaire à la Culture actuelle, Alejandra Frausto, déclare qu’ « avec cette loi, le rôle fondamental des bibliothécaires est reconnu aux Mexicains et récupère le rôle de la bibliothèque publique en tant que centre culturel de leur communauté» (Frausto, 2021). En effet, la nouvelle loi générale des bibliothèques présente 44 articles parmi lesquels on reconnaît, pour la première fois, les compétences, la certification et l’expérience des bibliothécaires.  Quant aux normes pour le fonctionnement des bibliothèques publiques, la Direction générale des bibliothèques a publié en 2015 le cadre de référence pour les bibliothèques du réseau national Procédure interne concernant les services de bibliothèque.  Le but de cette publication est de faire connaître au personnel chargé des services dans les bibliothèques publiques le cadre réglementaire qui les régit ainsi que les droits et obligations des usagers concernant l’utilisation de la bibliothèque publique (Direction générale des bibliothèques, 2015).Le système législatif des États-Unis du Mexique en matière de bibliothéconomie propose également, le 24 juillet 2008, la Loi pour la promotion de la lecture et du livre. Cette loi s’étend sur 27 articles et présente plusieurs objectifs qui visent à encourager la création et le développement des bibliothèques et à stimuler la formation professionnelle des différents acteurs de la chaîne du livre (Congrès général des État- Unis du Mexique, 2008).Autrement, la Loi générale sur la transparence et l’accès à l’information publique de 2015 (revue en 2021) atteste le droit humain d’accès à l’information et comprend la demande, l’enquête, la diffusion, la recherche et la réception d’informations (Congrès général des États Unis Mexicains, 24 juillet 2021).

Information complémentaire

Inaugurée en 2006 sous la présidence de Vincente Fox, la Biblioteca José Vasconcelos située au nord de la ville de Mexico est l’une des bibliothèques les plus impressionnantes au monde du fait de son architecture et sa conception originale : carcasse de baleine à l’entrée, sept étages de livres qui donnent l’impression de flotter, structure de béton, de verre et de métal, sol en marbre… Le bâtiment de près de 40 000m2 – la plus grande en Amérique latine- compte une collection de 580 000 livres, 700 ordinateurs, des salles de Braille, de multimédia, de cinéma et de musique, un auditorium et une presse, entre autres (Lopez, 2009). Mais ce qui en fait une bibliothèque particulière et démesurée, c’est le jardin botanique de 26 000 m2 qui la constitue, abritant 168 espèces de la flore mexicaine (Gobierno de Mexico, 2021) et offrant aux visiteurs une expérience directe avec la nature au cœur d’un des espaces urbains le plus pollués au monde. L’idée de l’architecte Alberto Kalach était de créer « une arche porteuse du savoir immergée dans un jardin botanique luxuriant » (Bibliothèque Vasconcelos / Alberto Kalach, 2010).         Mais voilà. Malgré le discours du gouvernement de l’époque de vouloir faire du Mexique un pays de lecture, le projet de la bibliothèque est entouré de controverses et accablé de critiques négatives. D’abord, son coût de construction qui s’élève à plus de 100 millions $US soulève les questionnements alors que d’autres enjeux auraient pu être priorisés. Les bibliothèques du territoire du Mexique n’étant pas toutes équipées d’un accès à Internet, le budget alloué à la construction de la bibliothèque de Vasconcelos aurait pu être décentralisé pour offrir un accès à l’information démocratique à travers le pays.  Puis, la précipitation du projet amène à croire qu’il s’agirait d’un acte d’aspiration électorale qui a conduit à de nombreux défauts de construction, dont des fuites d’eau majeures qui ont entraîné la fermeture de la bibliothèque peu après son ouverture pendant près de deux ans (Perras, 2009). Les multiples bris et défauts ont évidemment impliqué d’autres coûts faramineux. Bref : mauvaise gestion des fonds de                                                                           construction, bris considérables, démission de directeurs à la suite d’affirmations embarrassantes, volonté de brillance au détriment de l’éducation lors de campagne électorale, budget fédéral mal partagé (Ronda, 2007) …La luxurieuse et excentrique bibliothèque de Vasconcelos, qui détonne dans le quartier aride populaire de Buenavista, partage décidément les opinions : bijou d’architecture exagéré ou centrale culturelle du peuple?

Bibliographie

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Fernández de Zamora , R.M. (1997). Mexican Library History: A Survey of the Literature of the Last Fifteen Years. Libraries & Culture, 32(2), p. 227-244.Frausto, Alejandra [@alefrausto]. (1er juin 2021). Hoy se publica la nueva Ley General de Bibliotecas, un arduo trabajo le precede. [Tweet]. Twitter. 2021 àhttps://mobile.twitter.com/alefrausto/status/1399734987063238657

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