6 Croatie
(Katrina Goudreau-Weaver, Vladimir Lorcencov, Éric Le Ray)
La République de Croatie (Republika Hrvatska) dont la capitale est Zagreb se situe au centre et sud de l’Europe et occupe 156 594 km carrés, étant entourée par Slovénie, Hongrie, Serbie, Bosnie et Herzégovine et Monténégro. La langue officielle du pays est Croate (The World Factbook 2021) qui est celle d’origine pour 89,6% de population qui compte 4 284 889 habitants selon les résultats du dernier census de 2011 (Croatia.eu). Les autres langues parlées sont le serbe (4,5%), le bosniaque (0,47%), l’italien (0,44%), le hongrois (0,37%), l’albanais (0,34%).
Vu que la société croate est liée aux traditions et souvent la religion était le seul moyen d’auto identification en temps de plusieurs guerres, elle continue à jouer un rôle important dans la vie de Croatie. Par conséquent, le catholicisme est souvent le synonyme de l’identité nationale croate et les catholiques représentent près de 88% de population. Les orthodoxes (surtout Serbes) sont à 4,4%. Les protestants (Hongrois), 0,3%. Parmi eux, 1,3% de musulmans et quelques centaines de juifs. Toutefois, la Croatie est la République laïque et dans la législation et la jurisprudence Zagreb suivie les normes et les standards de l’Union Européen. Des concordats encadrent les relations entre les églises et l’État, la Constitution provient de la liberté de la religion et c’est respecté en général par le pouvoir (USA International Religious Freedom Report 2007).
Partagée en 5 grandes régions, la Croatie est une république unitaire dont entités administratives s’appelle comitats et se compte 21. Dirigée par le Président (depuis 2020 – Zoran Milanović (President of the Republic of Croatia, 2022), le Parlement et le Gouvernement, la Croatie octroie -, selon les standards de l’UE -, grande autonomie aux collectivités territoriales et régionales (l’article 4, Constitution) (Le texte de la Constitution croate).
Les deux sources de la fierté nationale sont aussi l’équipe de soccer, finaliste de la Coupe de monde 2018 et de Coupe de monde 2022 (La page d’équipe nationale de soccer) et de water-polo, plusieurs fois gagnant la Coupe de l’Europe et du Monde (Fédération de water-polo de Croatie). Ce sont deux sports nationaux du pays.
L’histoire de la Croatie est déterminée par sa situation géographique : le territoire, situé en Europe centrale à la croisée des chemins, a un passé riche et complexe, appartenant à deux, – et souvent plus -, mondes. Déjà dans la période antique, la Croatie se composait de deux provinces romaines, la Dalmatie et la Pannonie, dont la population était autochtone, ou, selon une hypothèse, issue du territoire de moderne Ukraine (Current Biology (cell.com). Il s’agit du tribu slave Croates dont le nom est devenu celui d’État.
Au Moyen Age le premier État Croate – Royaume de Croatie -, est né en 925 après que les Croates ont vaincu les envahisseurs byzantins et francs. Ce royaume englobait la majeure partie de none seulement ce qui est aujourd’hui la Croatie, mais ainsi la majeure partie de la Bosnie-Herzégovine moderne. Pourtant, après deux siècles de prospérité, la guerre civile croate a conduit à l’invasion du pays par les Hongrois en 1091. Pour mettre fin à la guerre, un accord a été conclu, le Pacta Conventa, l’union de deux nations sous le monarque hongrois, à condition de l’autonomie croate (Croatia.eu).
En XIII siècle la partie de Croatie moderne – Istri, Dubrovnik et Ragusa, – tombe sous le pouvoir de la République de Vénétie. Après la chute de Venezia le Duché de Raguse est créé en 1809 par Napoléon et le premier duc de Raguse devient Auguste de Marmont, maréchal de la France (Wikipédia). Néanmoins, il a trahi Napoléon, d’où le verbe français “ raguser “ dans le sens “ trahir “ (Wikionnaire).
Après la création de l’Empire austro-hongrois en 1867, la Croatie est devenue une partie de la Hongrie jusqu’à l’effondrement de l’Autriche-Hongrie en 1918. Le 29 octobre 1918, la Croatie proclame sa deuxième indépendance et s’unit au Monténégro, à la Serbie et à la Slovénie pour former le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Le nom a été changé en Yougoslavie en 1929.
Le 10 avril 1941, l’État indépendant de Croatie est proclamé troisième fois dans l’histoire. Cependant, après l’invasion de la Yougoslavie par l’Allemagne, cette indépendance devient fictive vu l’occupation.
L’histoire moderne de Croatie commence le 25 juin 1991 quand les Croates ont déclaré leur indépendance – quatrième fois -, de la Yougoslavie (CIA World Factbook, 2022). Ce jour est appelé « Jour de l’État » et c’est un jour férié en Croatie. Chaque année, le gouvernement organise un défilé militaire sur la place Jelačić à Zagreb, la capitale de la Croatie. Après une courte période de la guerre entre les anciennes parties de la Yougoslavie, la Croatie conclut la paix avec la Serbie – Accords de Dayton (novembre 1995) (Les Accords de paix de Dayton) – et commence son parcours vers l’Union Européen. Ce mouvement finit le 1er juillet 2013, quand la Croatie est devenue le 28e État membre à rejoindre l’Union européenne.
En 19 février 2015 le post de la présidente de l’État Croate étaient occupé la première fois dans l’histoire du pays par une femme. Kolinda Grabar-Kitarović a pris ses fonctions de quatrième dirigeante de la Croatie et, – a 46 ans lors de son élection -, elle était aussi la plus jeune à assumer la présidence de la Croatie (President of Croatia, Kolinda Grabar-Kitarović page).
En 2015 la Croatie devient le premier pays la Zone de lecture gratuite (Les univers du livre, 2015) dans le monde. Depuis cette date sur le territoire entier de la Croatie il est possible de télécharger et lire les ebooks gratuitement grâce à l’application et la bibliothèque numérique accessibles à tous.
Les bibliothèques publiques sont sous la gestion du ministère de la Culture (Čunović et Stropnik, 2019, 125). Les bibliothèques publiques font partie d’un réseau de 19 bibliothèques du comité central. Le plus gros, c’est le système de bibliothèque de la ville de Zagreb avec plus de 40 branches (Stričević et Pehar, 2015, 680). En total, les bibliothèques publiques numérotées 371 en 2021 (IFLA, 2021).
Pendant et après la guerre de Croatie dans les 1990, les bibliothèques publiques ont vécu une énorme augmentation dans les membres, un phénomène qui est crédité à la fermeture des écoles pendant la guerre quand les bibliothèques publiques sont restées ouvertes (Stričević et Pehar, 2015, 678). Un autre changement après la guerre, c’est le développement des services pour la facilitation d’accès aux usagers avec les handicaps et qui ont reconnu l’importance pour les bibliothèques d’être un espace inclusif (Stričević et Pehar, 2015, 685).
La National and University Library in Zagreb (NUL), établi dans 1607, à deux objectifs principaux. La première est d’exécuter des fonctions d’une bibliothèque nationale. La deuxième est d’opérer comme la bibliothèque de l’université de Zagreb (Jelusic, Stričević et Badurina, 2012, 147). L’institution est responsable pour la recherche et développement et ils collaborent avec les bibliothèques publiques des comtés pour l’amélioration des bibliothèques de la Croatie (Čunović et Stropnik, 2019, 130).
En 2001, NUL, l’université de Zagreb, la ville de Zagreb, et la CLA ont mis en place un centre de formation pour le développement continu des bibliothécaires (TCCEL). Avec le but d’assurer que les bibliothécaires dans tous les niveaux (scolaires, académiques, publiques, etc.) peuvent acquérir de nouvelles connaissances, rester à jour avec leurs connaissances des informatiques et les standards IFLA (Čunović et Stropnik, 2019, 128-30).
La profession des bibliothécaires scolaires, en Croatie, s’est développée dans les années 1950 s. Auparavant, les bibliothèques étaient maintenues par les anciens professeurs à la fin de leurs carrières (Stančić, 2019, 1). Dans les 1990’s, les nombres des bibliothécaires scolaires professionnels, avec la formation requise, ont augmenté, et cela a résulté dans les changements vers les standards de la profession. Ils ont aussi intégré l’activisme centré sur l’encouragement de la littératie, le début des initiatives pour promouvoir la lecture, la littératie informationnelle et d’activités culturelles (Stančić, 2019, 1). Selon IFLA, il y avait 1,316 bibliothèque scolaire dans le pays en 2021 (IFLA., 2021).
Des lois en Croatie exigent que les bibliothécaires scolaires doivent avoir obtenu un diplôme universitaire dans la bibliothéconomie pour obtenir un poste (Čunović et Stropnik, 2019, 123). Avant d’être capables de travailler, ils doivent passer l’examen de l’état par la Education and Teacher Training Agency (ETTA). Une fois que cet examen était réussi, le bibliothécaire reçoit une licence qu’il faut renouveler chaque 5 ans (Čunović et Stropnik, 2019, 125).
Les bibliothécaires en Croatie sont soutenus par le département de la recherche et de développement de la bibliothèque du comté (Čunović et Stropnik, 2019, 126). Une étude sur ce type de bibliothèque dans le pays a noté que les programmes pour l’encourager la lecture chez les étudiants. Les bibliothécaires travaillent avec les professeurs pour s’adapter aux besoins de la communauté (Tam et al., 2017, 15).
Le responsable des bibliothèques universitaires, comme les bibliothèques scolaires, est le ministère de la Science et de l’Éducation. Le plus éminent est la bibliothèque nationale et universitaire de Zagreb. La bibliothèque de Zagreb est au centre de la profession en Croatie, et ils ont aidé au développement des bibliothèques depuis sa naissance en 1607 (Jelusic, Stričević et Badurina, 2012, 147). Les bibliothèques universitaires ont un avantage sur les autres types. Le gouvernement avait soutenu le Croatian Academic and Research Network (CARN), qui les a aidé à développer l’infrastructure informatique, mais cette initiative n’a pas été élargi pour inclure les bibliothèques publiques ni les bibliothèques scolaires (Jelusic, Stričević et Badurina, 2012, 148-149).
Les universités en Croatie sont encouragées à suivre le cadre du Croation Qualifications Act (CROQF) établi par L’Agency for Science and Higher Education (ASHE) en Croatie (Čunović et Stropnik, 2019, 125). Selon le CROQF Act, ce cadre qualificatif est pour réglementer le système des qualifications, en Croatie, et pour garantir la transparence, accès aux qualifications requis, ainsi qu’assurer la haute qualité dans les qualifications des individus dans les niveaux supérieurs (Ministry of science, education and sports, 2013, 6).
Il y a des défis à surmonter dans cet environnement. Une analyse des réponses à un sondage aux bibliothèques académiques en Croatie a révélé un manque de main-d’œuvre. Selon le sondage, 43 des bibliothèques répondantes, on a moins que cinq bibliothécaires, 13 ont une bibliothécaire et 18 seulement deux (Hebrang Grgic, 2016, 261). Les bibliothèques universitaires dépendent du ministère de la Science et de l’Éducation pour la majorité de leur financement et une petite proportion qui vient des gouvernements locaux. La seule exception est la National and University Library in Zagreb qui est financé par l’état (Jelusic, Stričević et Badurina, 2012, 146)
Les débuts de l’Université de Zagreb remontent à 1669 (University of Zagreb). L’Académie royale des sciences, comprenant au début trois facultés : faculté de théologie, faculté de droit et faculté de philosophie, fut quant à elle fondée en 1776. L’université moderne de Zagreb a été fondée en 1874, avec trois facultés : théologie, droit et philosophie. Aujourd’hui, elle est la plus grande université du pays avec 31 facultés et trois académies (d’art dramatique, d’arts plastiques et de musique). Il y a aussi des universités à Dubrovnik, Koprivnica, Pula, Rijeka, Osijek, Split, Zadar, ainsi que l’Université catholique de Zagreb.
La bibliothéconomie est apparue dans le département de philosophie de l’université de Zagreb après la Seconde Guerre mondiale dans les années 1970 puis s’est déplacée dans le département des sciences de l’information et de la communication dans les années 1980.
En 1964, le chimiste Bozo Tezak créa le Centre d’études supérieures en bibliothéconomie, documentation et sciences de l’information (Center for Postgraduate Studies of Library, Documentation, and Information Sciences). C’est aussi à Bozo Tezak que l’on semble devoir le premier programme d’enseignement supérieur en documentation et bibliothéconomie spécialisée » (Ibekwe-Sanjuan, Fidelia. La science de l’information : origines, théories et paradigmes.). Mais c’est au sein de la Faculté de philosophie de l’Université de Zagreb, en 1975, que va naître la première école de bibliothéconomie de Croatie. Elle a commencé par proposer des diplômes de premier cycle (licence) en copiant les cursus venant des États-Unis et du Royaume-Uni dans les années 1970 (Slaviae, A. 2001.). L’influence fut aussi européenne, en particulier allemande avec l’approche pédagogique des catalogues-matière. En 1985 l’école va rejoindre le département des sciences de l’information de l’Université. À partir de 1987, cette spécialité fut rebaptisée « informationswissenschaft », marquant ainsi le virage vers la science de l’information (IBEKWE-SANJUAN Fidelia (octobre 2012). Une création tardive comme on peut le voir avec un enseignement orienté vers la classification bibliothéconomique qui a une place centrale dans le programme d’études alors que l’Association des bibliothèques croates (ABC) fut fondée en 1940 et que des discussions se sont tenues à Zagreb en Croatie, sur le besoin de positionner la profession de bibliothécaire en tant que profession indépendante dès 1819 (Bačić, E. et Belan-Simić).
D’après Aida Slaviae cela s’explique, car « la classification constitue le principal langage d’indexation dans les bibliothèques, centres et services de documentation croates » (Slaviae, 2001). Il s’agit, ajoute Slaviae, « d’enseigner l’analyse de contenu et la classification en tant que processus. Il s’agit en outre d’apprendre aux étudiants à adapter les classifications et à savoir les utiliser à des fins différentes et dans des environnements différents ».
Les liens étroits avec d’autres langues et cultures slaves méridionales (Serbie, Slovénie, Macédoine) expliquent aussi l’importance de cette classification due au « contexte multilingue aux alphabets divers ». Cela explique aussi la nécessité d’adopter la Classification décimale universelle (CDU) afin d’établir des « passerelles entre différentes bibliothèques, différents fonds, différentes langues et différents alphabets dans cet environnement multinational et multilingue ne disposant pas d’un alphabet unique ». Dans cette formation, on touche ainsi à différents fonds qui vont des métiers du livre, au non-livre, à la documentation jusqu’aux ressources Internet et aux métiers de l’information en général. Avant la création de l’école, la plupart des cours étaient donnés par les bibliothécaires, car on formait d’abord de futurs bibliothécaires. Ce sont les membres de l’Association des bibliothèques croates (ABC) qui vont organiser des cours et des séminaires depuis 1928 visant à former et à développer la croissance professionnelle des bibliothécaires croates jusqu’à la création de l’école en 1975. C’est aussi l’ABC qui sera à l’origine de cette école après avoir commencé à s’organiser dès 1931 en créant à Zagreb une section à l’intérieur de l’Association des bibliothèques yougoslaves (Bacic, E., Belan-Simic, A.,2010).
Avec le temps les programmes ont évolué vers un deuxième cycle (Maîtrise) pour effectuer une maîtrise puis un doctorat. On ne se limite plus à la formation initiale de personnels de bibliothèque, on s’oriente vers la formation de professionnels des sciences de l’information. Avec le temps, le statut des enseignants a aussi évolué. Le personnel enseignant a atteint un niveau universitaire « qui dispose non seulement d’une expérience dans les bibliothèques, mais aussi de diplômes en bibliothéconomie et sciences de l’information (de premier et de second cycle et de doctorat) ».
Les étudiants qui sortent de ce premier ou de ce deuxième cycle trouvent des débouchés dans la bibliothéconomie, en informatique, en archivistique et en muséologie. Mais pour être considéré comme un professionnel de la bibliothèque, il faut cependant avoir obtenu une licence (1er cycle). Le département de bibliothéconomie de Zagreb était la seule école de Croatie. Une autre école a été fondée à la fin des années 1990, avec un premier cycle, à l’Université d’Osijek.
Les différents régimes politiques, la guerre, la situation économique catastrophique ont cependant eu une influence néfaste sur ce programme de bibliothéconomie croate qui a freiné son développement. « L’existence de services centralisés de catalogage et le souci d’éviter des méthodes d’indexation coûteuses, de pair avec la multiplication des systèmes intégrés dans les bibliothèques, ont abouti au cours de cette période à une régression tant de l’application que de l’enseignement des classifications » (Slaviae, A. 2001.). Cette situation a fragilisé le développement de la bibliothéconomie croate, ce qui l’a obligé à emprunter beaucoup aux traditions internationales à la charnière des traditions d’Europe occidentale et d’Europe de l’Est, mais aussi d’Amérique du Nord. Du même coup, cela l’a rendu plus dépendant d’Internet, pour son développement en s’appuyant sur un réseau mondial comme soutien pédagogique et comme champ d’application des classifications.
Associations de bibliothèques croates (ABC)
L’ABC est une association indépendante et non gouvernementale, qui regroupe 15 associations de bibliothèques régionales (Croatian Library Association, 2002e). La date de fondation, originalement pensée d’être en 1948, est, après la découverte des anciens formulaires de l’ABC, dans 1940. L’idée, pour la création de l’ABC, était conçue en 1819 par le Royal Academy of Zagreb (Croatian Library Association, 2002b). De 1931 jusqu’au 1940, les bibliothécaires de Croatie étaient représentés par une section dans les Associations des bibliothèques yougoslaves (Bačić et Belan-Simić, 2). L’ABC est un membre de l’International Federation of Library Associations (IFLA) (IFLA Members, 7).
Leur mission est la promotion, ainsi que le développement de la profession des bibliothécaires et leurs activités sont centrées autour de cette mission (Croatian Library Association, 2002c). Les activités de ABC sont diverses et inclus « des cours et des séminaires visant à former et à développer la croissance professionnelle des bibliothécaires croates. » (Bačić et Belan-Simić, 2). La publication des documents comme les journaux, la défense des droits des usagers d’avoir l’accès libre et équitable aux connaissances et la préservation de l’héritage culturel de Croatie font partie des activités de l’ABC pour poursuivre leur mission.
Dans l’association, il y a des comités qui recherchent un sujet spécifique. Une est dédiée au catalogage et le comité travaille pour résoudre des problèmes liés au catalogage, ainsi qu’assurer la maintenance des standards du catalogage dans les bibliothèques (Croation Library Association, 2002a). Les sujets assignés aux comités sont variés, y compris les bibliothèques mobiles, les droits d’auteur et le libre accès, technologie informatique, bibliothèques médicales et beaucoup plus (Croatian Library Association, 2002d).
Selon la Loi sur les bibliothèques (Le texte de la loi sur les bibliothèques en Croatie), le système de bibliothèques de la République de Croatie comprend les bibliothèques nationales et universitaires de Zagreb, ainsi que des bibliothèques publiques, scolaires, universitaires, d’enseignement supérieur, scientifiques et spécialisées.
La dernière version de La loi sur les bibliothèques et les activités des bibliothèques a été adoptée par le Parlement croate lors de la 11e session, le vendredi 8 février 2019. Cette loi régit les activités des bibliothèques, l’établissement et la cessation des opérations des bibliothèques, l’organisation et la gestion des bibliothèques, leurs types, le travail de la bibliothèque nationale et universitaire de Zagreb – deux les plus grandes du pays -, et le système des bibliothèques de la République de Croatie, ainsi que d’autres questions relatives à la performance des activités de la bibliothèque.
Les articles de la loi étaient élaborés dans le cadre de consultations avec les spécialistes du domaine dirigés par l’État. Selon la procédure législative, la Loi est soumise au début au Conseil croate des bibliothèques (ministère de la Culture et médias de la Croatie), qui, à son tour, l’approuve et conseille au ministère de la Culture de le soumettre au Parlement croate. Le final est l’approbation et la confirmation de loi par le Président du pays.
Le Conseil des bibliothèques croates est un organe consultatif auprès du ministère de la Culture et médias (La loi sur les bibliothèques en Croatie),), qui exerce des activités professionnelles et autres de bibliothèque, comme la vérification l’état de l’activité des bibliothèques en République de Croatie, la proposition des mesures et des programmes généraux et spécifiques pour encourager le développement, l’amélioration des activités de la bibliothèque etc.
Ce Conseil se compose de sept membres, dont l’un est le président, et ils sont nommés parmi des experts éminents dans le domaine des activités bibliothécaires, scientifiques et éducatives. Les fonds pour le travail du Conseil des bibliothèques croates sont fournis dans le budget de l’État.
L’objectif de la Loi sur les bibliothèques est de créer les conditions préalables au développement de services de bibliothèque de base et innovants. Il permet la réalisation des besoins culturels, éducatifs, informationnels et autres des utilisateurs réels et potentiels des bibliothèques dans un environnement moderne. Pour obtenir ces buts, la législation prévoit trois mesures.
Premièrement, l’assurance systématique d’un accès égal et gratuit aux sources d’information pour tous les habitants du pays.
Deuxièmement, l’utilisation des services de bibliothèque dans un environnement numérique (les services de bibliothèque en ligne).
Troisièmement, la création et la gestion de référentiels de documents numériques et en formant les utilisateurs à l’utilisation de tous les types de sources.
Selon la loi, la bibliothèque publique en Croatie est “une entité juridique non commerciale exerçant des activités de bibliothèque conformément à la présente loi, et qui est établie par la République de Croatie, les unités d’autonomie locale et régionale (régionale), une entité juridique détenue principalement par la République de la Croatie ou des unités d’autonomie locale et régionale (régionale) ou avec elles une autre personne physique ou morale”.
Tous les moyens de fonctionnement des bibliothèques publiques sont fournis par l’État Croate.
Un éditeur qui est situé en République de Croatie et publie ou publie des publications imprimées est tenu de fournir ses matériels gratuitement et à ses propres frais et au plus tard 30 jours après la fin de l’impression, remettre deux exemplaires de la publication à la Bibliothèque nationale et universitaire de Zagreb.
Vu le chapitre 15 du Loi, seulement un (e) bibliothécaire professionnel (le) avec l’éducation spécialisée et après d’être certifié(e) peut fonctionner en tant que bibliothécaire ou diriger la bibliothèque en Croatie. En général, la loi souligne l’importance du travail des bibliothécaires professionnels, et des statuts fourniront un cadre de compétences pour les connaissances et compétences professionnelles des bibliothécaires.
En outre, conformément à la loi sur les bibliothèques, le gouvernement croate adopte le plan national pour le développement stratégique des bibliothèques du pays (par exemple, la bibliothèque de Zagreb (Le plan stratégique du développement de la bibliothèque de Zagreb) et la bibliothèque nationale).
La nouveauté de la loi est la création d’un cadre pour améliorer la gestion des biens culturels des bibliothèques. Tous les documents de bibliothèque publiés jusqu’en 1850 obtiennent le statut de bien culturel. Le statut de bien culturel de la Collection Croatica – qui est pareil au Gallica -, est déterminé.
Information complémentaire/particularités
L’Union européenne encourage le développement de l’éducation numérique en Croatie (SIMIC., Nikola, 2021). Selon un rapport de la Commission européenne sur l’état d’avancement de l’Europe numérique, « la Croatie est à la 24e place selon ses performances numériques, la qualité de ses connexions Internet et la digitalisation de ses entreprises et services publics » (Ministère croate de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique). Elle se place devant la Grèce, l’Italie, la Bulgarie et la Roumanie. Les citoyens croates sont au-dessus de la moyenne, ajoute ce rapport, des internautes européens et leurs compétences numériques s’améliorent régulièrement (17e en 2015 à 13e en 2016). Cependant la Croatie dispose de l’abonnement fixe haut débit le plus onéreux de l’Europe avec une couverture 4G modeste (25e place avec 67% du territoire) (Digital Srategy. UE) avec une couverture des ménages par le haut débit inférieur à la moyenne européenne, 97% avec 70% des ménages abonnés alors que la moyenne européenne est de 74%. Le niveau de connexion pour les mobiles concerne 60% des citoyens avec seulement 10 % des abonnements en haut débit.
Un plan national croate pour le développement du haut débit pour la période 2021-2027 (Gouvernement de la Croatie) a été mis en place avec la volonté de développer aussi le 5G. La Croatie investit aussi dans le réseau scolaire, primaire, secondaire et universitaire pour préparer l’avenir afin d’améliorer ses performances numériques et de répondre à la demande d’emploi dans ce secteur en progression constante. C’est le Bureau national de Réseau académique et de recherche croate CARNet (Croatian academic and Research Network) qui s’occupe de cela en association avec L’Office central pour le développement de la société numérique. C’est une institution publique sous tutelle du ministère des Sciences et de l’Éducation et qui a pour mandat de « promouvoir le développement d’une société de l’information et le domaine des nouvelles technologies de l’information » à travers le réseau scolaire et universitaire local, mais aussi international en coordination avec l’Europe.
C’est ainsi plus de 1 300 établissements scolaires, 20 000 enseignants et 455 000 élèves qui ont adopté l’apprentissage en ligne. La pandémie va être l’excuse pour accélérer cette adaptation à un nouveau support pour l’enseignement autour du support de l’écran. Mais le processus a débuté bien plus tôt en Croatie, nous explique Nikola Simic, en deux étapes à partir de 2017. Pour la première étape, plus de 151 écoles ont participé à la mise en place d’une nouvelle ère numérique de l’enseignement. Une phase pilote dirigée par CARNet, le réseau croate d’enseignement et de recherche qui a permis à 10% des écoles du pays d’améliorer leur niveau de compétence dans l’utilisation des TIC pour l’enseignement et l’apprentissage. Au total, ajoute Simic, « 920 enseignants et plus de 6 000 élèves de ces écoles ont bénéficié d’ordinateurs portables, de tablettes et de matériel de présentation avec une connectivité ». En 2018, une seconde phase a été lancée avec pour objectif de transformer numériquement plus de 1 300 écoles primaires, secondaire et d’art en Croatie d’ici la fin de 2023. 20 000 enseignants et autres membres du personnel éducatif ont suivi aussi diverses formations pour compléter une vision globale pour l’ensemble de la Croatie. D’après Smic l’objectif est « de fournir à toutes les écoles croates des équipements informatiques, mais aussi de former les enseignants, ainsi que de créer des contenus éducatifs en ligne, augmentant ainsi le niveau de maturité numérique des écoles croates ». L’Union européenne a financé ces deux phases à hauteur de 40 375 200 euros (58 149 989,47 $ CAD) pour la première phase et plus de 150 millions d’euros pour la seconde phase. Ce projet a même reçu le prix Regiostars (Bilic, J) décerné par la Commission européenne aux meilleurs projets. Cette préparation a permis à l’ensemble de la Croatie d’être prête pour la période de la pandémie qui débute en mars 2020. Il a permis, à partir de cette date, à tous les enseignants et élèves du pays d’utiliser les contenus et services numériques pendant le confinement. C’est ainsi que 50 000 enseignants et 500 000 élèves en ont bénéficié.
Mise en place d’une nouvelle école
Le projet pilote en deux phases a permis aux écoles sélectionnées d’avoir un équipement et une infrastructure de réseaux locaux, mais elle a aussi permis la création de deux types de salles de classe. Une interactive et une autre de présentation. Le choix des écoles sélectionnées a été réparti uniformément dans tout le pays afin que l’impact se fasse sentir dans toutes les régions. Cinq centres de formation régionaux ont été créés et plus de 1 900 ateliers, cours en ligne et séminaires en ligne ont été organisés. Une plateforme en ligne a été utilisée pour créer « une communauté virtuelle » pour les directeurs d’école et les enseignants. Il est clair cependant que sur la base de ces phases pilotes une stratégie est mise en place pour appliquer cela à l’ensemble des écoles de la Croatie.
L’impact immédiat a été de renforcer la motivation des élèves et des enseignants à utiliser les TIC. La question est de savoir si cela a renforcé aussi la motivation pour les études et si cela a eu un impact sur les résultats scolaires et la motivation à suivre des études et à ne pas abandonner sa scolarité. Est-ce ainsi qu’il faut interpréter « les élèves sont désormais plus activement impliqués dans l’apprentissage » ? Ce n’est pas clair. Le rôle de l’enseignant semble aussi avoir évolué « vers celui d’un facilitateur ». Par ailleurs, l’amélioration des compétences numériques a rendu la gestion des écoles plus efficace et plus transparente. Elle a facilité la logistique et la planification. La communication semble aussi s’être améliorée avec les parents et les institutions gouvernementales. Peut-on comparer avec d’autres pays cet aspect, car l’expérience canadienne ne semble pas confirmer cette amélioration de la communication. On a observé surtout une augmentation de la charge de travail des enseignants à tous les points de vue. L’objectif qui semble avoir été atteint, dans un premier temps, est de mieux préparer les élèves à l’enseignement supérieur universitaire ou professionnel, d’intégrer dans la vie des citoyens l’apprentissage tout au long de leur vie afin d’avoir une main-d’œuvre qualifiée avec un niveau d’employabilité élevé, en particulier dans le secteur de la bibliothéconomie.
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