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16 Slovénie

(Levi Asimwe Vajeru, David Chalifoux Vachon, Alex Rivard et Tanya Kerline Toussaint)

Profil du pays

La Slovénie, du nom officiel de République de Slovénie, est un pays qui se trouve dans la région sud-centrale de l’Europe dont la capitale est la Ljubljana (Slovenia country profile, 2023). Ce pays, qui a une superficie de 20,271 km2, est entouré par la mer Adriatique, l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie. La Slovénie est divisée en 212 municipalités, et a une population d’environ 2,1 millions d’habitants (Slovenia country profile, 2023; European Union, s. d.). Sa langue officielle, le slovène, est parlée par 87,7 % des Slovènes (Central Intelligence Agency, 2023). La Slovénie est une République démocratique parlementaire avec un système à plusieurs parties qui a comme chef d’État un président (European Union, s. d.; Ambrožič et Žumer, 2015). Le président est élu par les citoyens, tandis que les ministres qui forment le cabinet et le premier ministre sont nommés par le parlement. Le premier ministre est à la tête du gouvernement (Ambrožič et Žumer, 2015).

À la fin de la Première Guerre mondiale, les Slovènes faisaient partie de la Yougoslavie avec les Croates et les Serbes (Ambrožič et Žumer, 2015). Le pays adopte le nom de République de la Slovénie en 1990, et devient indépendant en 1991, après une guerre de dix jours contre la Yougoslavie qui s’est dissoute autour du même moment (Slovenia country profile, 2023). En 1992, la Slovénie devient membre des Nations Unies (UN), et, en 2004, devient membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union européenne (EU) (Ambrožič et Žumer, 2015). L’euro est devenu la monnaie du pays en 2007 (Lajh, 2014). En 2022, la Slovénie a élu sa première femme présidente, Natasa Pirc Musar (Slovenia country profile, 2023).

Histoire des bibliothèques

En 1569 s’ouvre la première bibliothèque accessible non seulement aux professeurs et aux prêtres protestants, mais aussi au public (Ambrožič et Žumer, 2015). La bibliothèque du lycée de Ljubljana, la deuxième bibliothèque de recherche munie d’une bibliothécaire, quant à elle, ouvre ses portes au public en 1794. En 1919, cette bibliothèque devient officiellement la bibliothèque de recherche principale de la Slovénie durant la montée de la demande pour les bibliothèques (Ambrožič et Žumer, 2015 ; Kodrič-Dačić, 2013). La bibliothèque du lycée de Ljubljana subit plusieurs changements dans les décennies qui suivent. Elle devient d’abord une bibliothèque universitaire pour l’Université de Ljubljana en 1938 et, en 1945, on lui ajoute le rôle de la bibliothèque nationale. Aujourd’hui, la bibliothèque du lycée de Ljubljana est connue sous le nom de Bibliothèque nationale et universitaire de Ljubljana.

Le gouvernement a rendu obligatoires les bibliothèques dans les écoles secondaires en 1849, et cette tendance a continué avec les écoles primaires en 1919 (Ambrožič et Žumer, 2015). Il a aussi été requis des circonscriptions scolaires d’avoir une bibliothèque pour les professeurs en 1869 (Kodrič-Dačić, 2013). À cette époque, ces bibliothèques scolaires avaient, aussi, le rôle de bibliothèque publique en Slovénie (Ambrožič et Žumer, 2015).

La Deuxième Guerre mondiale a eu comme victime plusieurs des bibliothèques et des collections de ce pays (Kodric-Dacic, 2013). Peu de temps après, l’importance d’avoir une loi sur les bibliothèques s’est fait sentir. En 1961, la première loi rend obligatoire la présence d’une bibliothèque centrale dans chaque municipalité, et crée le premier réseau de bibliothèques publiques (Ambrožič et Žumer, 2015). En 1982, une autre loi établie et encadre la structure hiérarchique du système unifié des bibliothèques en Slovénie.  Aujourd’hui, la structure avec une bibliothèque centrale et un réseau unifié demeure la même. Les bibliothèques de Slovénie ont beaucoup été influencées par les moments de l’histoire que ce pays a traversés. Il est encore possible de voir l’influence historique de la Yougoslavie dans le système automatique des bibliothèques slovènes, et celle de l’Autriche dans les pratiques et l’architecture des bibliothèques (Ambrožič et Žumer, 2015).

Types de bibliothèques

Bibliothèques publiques

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les bibliothèques publiques en Slovénie ont connu une croissance significative, grâce au soutien politique et à la législation établie en 1961. Elles ont aussi joué un rôle important dans l’éducation et l’enseignement du grand public (Kodrič-Dačić, 2004), touchant près de 11,4 % de la population adulte (Public Libraries 2030, 2019). Environ soixante années plus tard, le pays comptait 58 bibliothèques publiques, comprenant 283 bibliothèques locales et 13 bibliothèques mobiles installées dans des vans pour desservir des zones plus isolées (Statistical Information & Key Figures, s. d.). Cette même année, environ 20 % de la population totale de la Slovénie était membre d’une bibliothèque publique et près de 19,7 millions de documents ont été empruntés  (Statistical Information & Key Figures, s. d.) Connue localement sous le nom de Mestna knjižnica Ljubljana (MKLJ), la Bibliothèque municipale de Ljubljana est un pilier du réseau de bibliothèques publiques en Slovénie, comptant plus de 500 000 membres en 2020 (Sto, n.d.). Sous la direction de Teja Zorko, elle se distingue comme la plus grande bibliothèque publique du pays, offrant ses services à la région centrale. Fondée en 2008, la MKLJ est le fruit de la fusion de plusieurs bibliothèques locales, y compris les bibliothèques Oton Župančič, Bežigrad, Slovanska, Prežihov Voranc, Šiška et Jože Mazovec (Ljubljana City Library, n.d.). En plus de ses 47 arrêts de bibliothèque mobile (Admin, 2021), elle possède non seulement une gamme de services en ligne, mais également une vaste collection de ressources et de livres tout en offrant aux utilisateurs la possibilité de commander et de réserver ces derniers via le catalogue Cobiss (About – Mestna knjižnica Ljubljana, 2022).

Toutefois, la Bibliothèque municipale de Ljubljana ne se limite pas qu’à la gestion de sa collection. Elle s’implique notamment dans des initiatives locales, nationales et internationales visant à promouvoir l’éducation, l’utilisation des bibliothèques et le développement des compétences en littératie. Un exemple marquant de son engagement international est sa participation au projet "Easy to join education – Inclusion for all" (2008-2010), qui a réuni 10 partenaires de 6 pays différents, dont la Bulgarie, la Finlande, l’Allemagne, la Slovénie, la Suisse et la Turquie (Ljubljana City Library, n.d.). En tant que membre de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA), la MKLJ a remporté le concours IFLA Green Library Award en 2019 pour la mise en œuvre de son concept de bibliothèque verte (IFLA, 2019b). Elle a également fait preuve d’innovation en matière de durabilité. Par exemple, l’une de ses succursales, la bibliothèque de Šentvid, a été rénovée en 2014 avec un accent sur l’harmonie avec la nature. Aujourd’hui, elle compte 40 unités, la plus récente étant une nouvelle bibliothèque à Zadvor, ouverte en 2011 (Ljubljana City Library, n.d.). Cependant, un défi majeur pour les bibliothèques publiques slovènes est d’adapter leurs services aux exigences changeantes de la population en matière de compétences numériques. En effet, la Slovénie se classe 16e dans l’indice de l’économie et de la société numérique (DESI) de l’Union européenne (EU) et 30 % des employeurs slovènes ont du mal à recruter des employés possédant les compétences appropriées (Public Libraries 2030, 2019).

Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale et universitaire de Slovénie (NUK), est une institution d’importance nationale en Slovénie, qui sert à la fois de centre éducatif et culturel. Constituée à partir des restes de la Bibliothèque des Jésuites ainsi que de plusieurs bibliothèques monastiques, sa création remonte à 1774, à la suite d’un décret de l’impératrice Marie-Thérèse. L’année 1921 marque le début du dépôt légal dans l’ex-Yougoslavie incluant la Slovénie. Cette même année a vu la création de l’Université de Ljubljana, la première université slovène, pour laquelle la bibliothèque a également commencé à fournir des services. En 2004, la Bibliothèque détenait un impressionnant total de 2,4 millions de documents. Aujourd’hui, elle remplit les fonctions de bibliothèque nationale pour la Slovénie et de bibliothèque centrale pour l’université de Ljubljana, jouant ainsi un rôle essentiel dans le paysage éducatif et culturel du pays (Bibliothèque Nationale et Universitaire de Slovénie, n.d.).

Érigé entre 1936 et 1941, le bâtiment qui héberge la NUK est une œuvre majeure de l’architecte Jože Plečnik. Il est situé sur le site d’un ancien palais princier baroque du XVIIe siècle, détruit lors du tremblement de terre de 1895. Son architecture extérieure, un mélange de briques et de blocs de pierre façonnés de manière unique, s’inspire des palais italiens et de la maison de l’artiste romain Federico Zuccari. La NUK est une véritable mine de connaissances, abritant une collection remarquable de manuscrits médiévaux, d’incunables et de textes imprimés de la Renaissance (Bibliothèque Nationale et Universitaire (NUK), s. d.). Elle possède environ 1,3 million de livres, 8 700 manuscrits et une multitude d’autres ressources textuelles, visuelles et multimédias. En 2010, elle était abonnée à 7 900 périodiques, offrant un accès à une vaste gamme de connaissances (Wikipedia contributors, 2023). Cependant, la NUK est confrontée à un défi majeur: le manque d’espace. Ce problème persistant a suscité de nombreuses difficultés et a conduit à la proposition de projets de construction d’un nouvel édifice surnommé NUK 2. Ces projets sont toujours en cours d’adoption. Néanmoins, la construction d’un nouveau bâtiment est prévue à proximité du célèbre palais conçu par Plečnik, au-dessus des vestiges de l’ancienne Emona (Sto, n.d.). Cela permettra non seulement d’accueillir davantage de ressources, mais aussi de faciliter l’accès au patrimoine documentaire national et aux collections pour les chercheurs et le grand public.

Bibliothèque scolaire

Les bibliothèques scolaires incluent dans leur définition les bibliothèques des écoles primaires et secondaires, des écoles de musique et des écoles professionnelles (Ambrožič et Žumer, 2015). La première bibliothèque scolaire voit le jour en 1825 (Kodrič-Dačić, 2013). C’est dans la législation de 1982 que les bibliothèques scolaires sont incluses dans le réseau de bibliothèques (Ambrožič et Žumer, 2015). Selon les données de 2020, on compte 923 points de service parmi les 629 bibliothèques scolaires (BibSiSt, 2023). En 1996, on constate qu’il y a souvent moins d’une personne opérant les bibliothèques scolaires (Kanič, 1997) et en 1999 on juge le réseau comme étant inégalement développé au sein du pays (Bizjak et Novljan, 1999). À la suite de ses constats, des efforts sont faits pour redresser les inégalités du réseau et rendre les bibliothèques scolaires plus actives au sein du système des bibliothèques (Bizjak et Novljan, 1999).

Ainsi, entre 1996 et 2012, selon Ambrožič et Žumer (2015), le personnel en bibliothèques scolaires aurait augmenté de plus de 20%, les budgets d’acquisition auraient augmenté jusqu’à 30% et l’espace totale des bibliothèques aurait plus de doublés. D’ailleurs, la formation continue est obligatoire pour les bibliothécaires scolaires (Ambrožič et Dolgan-Petrič, 2004) et les enseignants occupant les postes sont requis d’avoir reçu des formations en bibliothéconomie (Ambrožič et Žumer, 2015). Mais depuis la crise économique en 2009, les budgets d’acquisitions auraient diminué de 10% par rapport à ceux de 1996. Ambrožič et Žumer estiment que la diminution des budgets d’acquisition et la diminution des investissements dans les équipements informatiques étaient les facteurs les plus dangereux pour le réseau des bibliothèques scolaires.

Bibliothèque académique

Dans la loi de 2001, une distinction terminologique est clairement établie entre la notion de bibliothèque académique et bibliothèque universitaire. Dans une université, il peut y avoir plusieurs bibliothèques académiques autonomes et indépendantes les unes des autres et chaque université est censée avoir une bibliothèque centrale qui les coordonne. L’appellation bibliothèque académique couvre donc à la fois ces bibliothèques centrales et les bibliothèques autonomes, ainsi que des bibliothèques d’autres institutions d’études supérieures (Zakon o knjižničarstvu, 2001). L’Université de Ljubljana et l’Université de Maribor ont donc des systèmes de bibliothèques académiques décentralisés et indépendants, bien que coordonnés (Ambrožič et Žumer, 2015). D’ailleurs, même si la loi de 2001 voulait centraliser le système des deux universités sous des bibliothèques universitaires, en 2015, Ambrožič et Žumer jugent que rien n’a été fait concrètement pour que la Bibliothèque nationale et universitaire de Ljubljana assume son rôle en tant que principale bibliothèque de l’université. Ce système décentralisé explique aussi pourquoi, selon un rapport de l’IFLA (2019a), la Slovénie a le plus grand nombre de bibliothèques académiques et le plus grand nombre d’employés de bibliothèque académique au monde (respectivement 6,17 et 17 par 100 000 personnes). En effet, en 2020, les 90 bibliothèques académiques comptaient 394 bibliothécaires professionnels et leurs collections s’élevaient à 5,4 millions de pièces (BibSiSt, 2023).

Depuis l’indépendance en 1991, le nombre d’employés, le volume d’emprunts (Kodrič-Dačić, 2004) la taille des collections, le nombre d’usagers potentiel (Ambrožič et Žumer, 2015) ainsi que le budget d’acquisition (Kodrič-Dačić, 2013) ont tous cru de manière significative lors de différentes périodes. Ce développement des bibliothèques académiques s’explique par l’ouverture de deux nouvelles universités (Kodrič-Dačić, 2013) ainsi que l’ouverture de plusieurs établissements privés d’éducation supérieure (Ambrožič et Žumer, 2015) au fil des années. Ambrožič et Žumer remarquent en 2015 qu’il y a un manque de coopération et une fragmentation du réseau des bibliothèques académiques ce qui peut créer de l’inefficacité au niveau des opérations d’acquisitions et de catalogage.

Bibliothèque spécialisée

Les bibliothèques spécialisées sont définies dans la loi comme les bibliothèques fournissant de l’information spécialisée dans des domaines scientifiques ou professionnels (Zakon o knjižničarstvu, 2001). Elles incluent aussi les bibliothèques qui seraient spécialement adaptées pour les aveugles et malvoyants ainsi que les centres d’information spécialisés. Parmi elles se retrouvent aussi de nombreux musées (BibSiSt, 2023).

Les bibliothèques spécialisées sont celles ayant le plus souffert depuis 1991. On dénombrait 148 bibliothèques en 1997 alors qu’en 2012 il y en n’avait plus que 115 (Ambrožič et Žumer, 2015); en 2020 le nombre demeure stable avec 112 bibliothèques (BibSiSt, 2023). Ce déclin s’explique par de nombreux problèmes économiques causés par la transition politique suivant l’indépendance de la Slovénie (Ambrožič et Žumer, 2015). Néanmoins, bien qu’en 1994 on comptait environ 873 000 pièces dans leurs collections pour environ 14 200 membres (Kanič, 1997), en 2022 leurs collections compte près de 2,5 millions de pièces pour 34 900 membres (BibSiSt, 2023) témoignant quand même d’une croissance des collections et de leur usage. Il existerait aussi plus de 50 bibliothèques monastiques et ecclésiastiques (Kodrič-Dačić, 2013), mais celles-ci ne sont pas recensées parmi les autres bibliothèques spécialisées.

Cadre éducatif en science de l’information et des bibliothèques

L’université de Ljubljana est le seul endroit en Slovénie où il est possible d’obtenir une éducation reconnue en sciences de l’information et des bibliothèques. Le Département de bibliothéconomie, de sciences de l’information et d’histoire du livre, Oddelek za bibliotekarstvo, informacijsko znanost in knjigarstvo, est créé en 1987 au sein de la faculté de lettres. Le baccalauréat y est disponible depuis la création du département, alors que la maîtrise et le doctorat le sont depuis 1996-97 (Ambrozic et Dolgan-Petrič, 2004; Marinko, 1999; Villar, Žumer, et Bates, 2007). Ce programme s’agit donc d’une innovation plutôt récente à l’université de Ljubljana et en Slovénie en général.

Avant l’ouverture du département, il y avait peu d’options de formation officielle pour les métiers des sciences de l’information en Slovénie. En 1957, la NUK offre une formation d’une durée d’un an pour les métiers de bibliothécaire et d’archiviste (Ambrozic et Dolgan-Petrič, 2004; Ambrozič et Žumer, 2015). En 1964, la faculté d’éducation de l’université de Ljubljana offre brièvement un cours d’un an sur la bibliothèque et l’édition, puis, dès l’année suivante, on voit l’arrivée d’un programme de deux ans (Ambrozič et Žumer, 2015). Celui-ci est la seule option d’éducation formelle en Slovénie jusqu’à l’ouverture du département de bibliothéconomie, de sciences de l’information, et d’histoire du livre (Ambrozic et Dolgan-Petrič, 2004; Ambrozič et Žumer, 2015). L’ouverture de ce département représente une innovation importante pour l’enseignement de la bibliothéconomie en Slovénie, qui attendait ce changement depuis longtemps.

Un autre évènement marquant l’enseignement de la bibliothéconomie en Slovénie est la déclaration de Bologne du 19 juin 1999. Cette déclaration a influencé les programmes universitaires dans les pays membres de l’Union Européenne, dont la Slovénie fait partie. La déclaration de Bologne vise l’uniformisation des programmes et de l’assignation de crédits de cours dans les pays de l’Union Européenne. Ceci a pour but de rendre les programmes plus compatibles entre eux au travers des pays participants, facilitant entre autres, les échanges étudiants (Vilar et Žumer, 2009; Saye et Šauperl, 2006). Depuis la déclaration de Bologne, de nombreux programmes dans les universités des pays de l’Union Européenne, incluant la Slovénie, ont été modifiés afin de s’y conformer.

Le Département de bibliothéconomie, de sciences de l’information et d’histoire du livre a introduit son nouveau programme en conformité avec la déclaration de Bologne en 2006 (Vilar et Žumer, 2009). Celui-ci est constitué d’un « premier niveau », correspondant au baccalauréat, sur trois ans, d’un « deuxième niveau », correspondant à la maîtrise, sur deux ans (Villar, Žumer, et Bates, 2007; Vilar et Žumer, 2009), et maintenant même d’un doctorat sur trois ans en science de l’information (Ambrozič et Žumer, 2015). En réaction à la déclaration de Bologne, les crédits de cours sont calculés en termes d’une valeur unifiée qui s’appelle le European Credit Transfer System (ECTS). Un ECTS équivaut à environ 30 heures de travail de la part de l’étudiant. Les cours offerts à l’université de Ljubljana en bibliothèque et sciences de l’information varient largement entre 3 à 8 crédits au baccalauréat (University of Ljubljana, Faculty of Arts, n.d).

L’année scolaire est répartie sur deux semestres, ceux d’hiver et d’été. Au baccalauréat, les étudiants ont très peu de choix de cours avant la dernière année (Saye et Šauperl, 2006). Il y a trois spécialisations possibles au premier niveau: science des bibliothèques, science de l’information, et étude du livre. Au deuxième niveau, il y a quatre programmes, soit les mêmes qu’au premier niveau avec l’addition de la bibliothéconomie scolaire (Villar, Žumer, et Bates, 2007).

Association des bibliothèques

Association des bibliothèques Slovènes

La première association de bibliothèques à apparaître en Slovénie est l’Association des bibliothèques slovènes, Zveza bibliotekarskih društev Slovenije. Elle tient sa première rencontre en décembre 1947 à Ljubljana (Ambrozič et Žumer, 2015). Elle est un regroupement volontaire non-gouvernemental à but non-lucratif qui unit les bibliothèques de Slovénie. Elle regroupe 8 sous-divisions d’associations de bibliothèques régionales, soit celles de Celje, de Dolenjska, de Gorenjska, de Koroška, de Ljubljana, de Maribor, de Pomurje, et de Primorska et Notranjska (Slovenian Library Association, n.d.).

Sa mission est de promouvoir la place de la bibliothéconomie dans la société. Ses buts sont orientés sur l’image de la profession, l’encadrement et la formation de ses membres, l’accès à l’information et la littératie des Slovènes, ainsi que la culture. Ses activités consistent, entre autres, à garder ses membres informés, les guider avec des recommandations, normes, et standards, organiser des sessions de formation, et coopérer avec différents acteurs externes pour les intérêts des membres et des bibliothèques (Slovenian Library Association, n.d.).

L’Association comporte 10 sections sur: les études locales et l’héritage culturel, la formation et les ressources humaines, les bibliothèques jeunesses, la promotion et la commercialisation, les bibliothèques spéciales, les bibliothèques publiques, les bibliothèques scolaires, les bibliothèques académiques, et les étudiants en bibliothéconomie et science de l’information (Slovenian Library Association, n.d.).  L’Association émet certains prix, soit le Čop Award, pour des contributions générales à la bibliothéconomie, le Kalan Award, pour une publication en bibliothéconomie, et le Stepišnik Award pour la contribution à la bibliothéconomie mobile (Ambrozič & Žumer, 2015).

Association des bibliothèques publiques slovènes

Les bibliothèques publiques ont aussi leur propre association, l’Association des bibliothèques publiques slovènes, qui a été fondée en 2009. Elle remplace l’Union des bibliothèques publiques slovènes et en reprend les tâches. Les 58 bibliothèques publiques du réseau coopèrent au sein de cette association. L’association des bibliothèques publiques est aussi reconnue pour sa contribution à l’édition et la publication de littérature scientifique dans le domaine de la bibliothéconomie au travers du portail Kamra.si (Slovenian Public Library Association, n.d.).

Cadre législatif

La loi sur les bibliothèques, Zakon o knjižničarstvu, passée en 2001, stipule que les bibliothèques sont un service public, financé par l’État et la municipalité dans laquelle la bibliothèque se trouve (Ambrožič et Žumer, 2015). La loi de 1982 faisait en sorte que les bibliothèques étaient incluses dans un système unifié, qu’elles suivaient toutes les mêmes standards et régulations, que la bibliothèque centrale aidait au développement des bibliothèques dans son secteur, et qu’elle s’assurait de la formation des bibliothécaires (Ambrožič et Žumer, 2015 ; Kodrič-Dačić, 2013). Bien que cette loi eût déjà inclus les bibliothèques scolaires dans le système de bibliothèque, la loi de 2001 vient préciser les autres bibliothèques qui font partie du système public, la manière dont ces bibliothèques peuvent s’enregistrer pour devenir officielles ainsi que les rôles des bibliothèques de la Slovénie. Dans la Zakon o knjižničarstvu, les bibliothèques scolaires, académiques, spéciales, publiques, et le NUK ont tous été définis comme étant des bibliothèques qui offrent des services d’accès à l’information et de bibliothèque à tout le public slovène de manière égale (Ambrožič et Žumer, 2015). La loi de 2001 stipule que la bibliothèque nationale de technologie est responsable du développement et du maintien du catalogue national, ainsi que du système de services automatiques des bibliothèques. Les fonctions de la bibliothèque nationale, NUK, et du Conseil National sur la bibliothéconomie sont énoncées dans cette loi. Le Conseil National sur la bibliothéconomie est formé d’experts, et leur rôle consiste à donner leur avis sur la question des bibliothèques. La loi de 2001 stipule que si les bibliothèques ne rencontrent pas le standard établi, le gouvernement de la Slovénie peut intervenir pour rectifier la situation.

Depuis la loi sur les bibliothèques de 1961, le NUK sert de coordinateur du système de dépôt légal (Ambrožič et Žumer, 2015; Kodrič-Dačić, 2013). Le NUK reçoit des copies papier et électronique du matériel, quatre copies papier sont exigées et les copies électroniques peuvent être prises ou données au NUK. La loi précise aussi la manière dont les copies papier vont être partagées avec d’autres bibliothèques. Le NUK doit également participer en ce qui a trait à la formation des professionnels des bibliothèques.

Information complémentaire

La Slovénie a quelques journées dans l’année qui sont dédiées à la célébration de thématiques liées aux bibliothèques. Par exemple, la Journée nationale des bibliothèques publiques est soulignée le 20 novembre (NAPLE Sister Libraries, n.d.). Cette journée vise à rappeler à la population l’importance des bibliothèques publiques dans la société. On y respecte aussi la journée internationale du livre pour enfant, un événement commandité par l’International Board on Books for Young People, le 2 avril (Slovenian section for IBBY, n.d.).

Un enjeu de taille pour l’enseignement des sciences de l’information en Slovénie est la disponibilité de textes écrits dans la langue d’instruction, le slovène. Puisque la population de la Slovénie n’est pas très grande, et qu’il n’y a pas une forte représentation de cette langue à l’international, il n’y a pas de motivation monétaire à publier des textes dans cette langue. Les professeurs doivent donc souvent écrire les textes par eux-mêmes puis les publier au travers du département (Saye & Šauperl, 2006).

L’Institut des sciences de l’information de Maribor (IZUM) assure une grande portion de la formation continue des bibliothécaires (Ambrozic & Dolgan-Petrič, 2004). IZUM est aussi impliqué dans le support de COBISS, le système d’information pour le réseau de bibliothèques en Slovénie. Cet organisme constitue donc un pilier important pour les sciences de l’information et des bibliothèques dans ce pays (IZUM)

Références

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