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2 Costa Rica

(Louise, Rachel, Julie R., Mégann, Elyse B., Marjorie)

Profil du pays

Le Costa Rica, officiellement la République du Costa Rica, est une nation d’Amérique centrale dotée d’un régime présidentiel. Il est positionné sur l’isthme centraméricain, limité par la mer des Caraïbes à l’est-nord-est et par l’océan Pacifique au sud-ouest, partageant ses frontières avec le Nicaragua au nord-ouest et le Panama au sud-est.

Le Costa Rica est célèbre pour sa diversité géographique, comprenant des plages, des volcans, des forêts tropicales et des montagnes. Le climat varie en fonction de l’altitude, allant du tropical sur les côtes au tempéré dans les régions montagneuses. La superficie du pays est de 51 100 km², et il inclut également l’île Cocos, située dans l’océan Pacifique, à plus de 500 kilomètres des côtes (Barre et al., s. d.). La population était de 5 213 362 millions d’habitants en 2022 (INEC, 2022). La capitale San José est la plus grande agglomération du pays. La langue officielle est l’espagnol, mais plusieurs langues indiennes persistent. Le colón est la monnaie officielle. L’hymne national est Noble patria, tu hermosa bandera.

En 1949, le Costa Rica a marqué l’histoire en devenant le premier pays au monde à abolir son armée par décision du Conseil de gouvernement provisoire (UNESCO, s. d.). Cette initiative a renforcé le statut du Costa Rica en tant que modèle de démocratie pacifique, démontrant que la résolution des conflits et la défense contre les menaces extérieures peuvent se faire par des moyens légaux et civils.

Le Costa Rica a une longue tradition de préservation du patrimoine, en particulier du patrimoine naturel, avec près de 25 % de son territoire national occupé par des réserves naturelles (ICCROM, 2022). Le pays est largement salué à l’échelle internationale pour cette richesse et le tourisme écologique représente ainsi une source importante d’emplois pour une grande partie de la population.

Histoire

Occupé par les populations autochtones depuis la Préhistoire, le territoire a été « découvert » par Christophe Colomb en 1502 durant son quatrième voyage transatlantique (Elbow et al., 2023).

Bien qu’exploré par les Espagnols au début du XVIe siècle, les tentatives initiales de colonisation du Costa Rica se sont révélées infructueuses. Ce n’est qu’en 1563 qu’une colonie permanente, Cartago, a été établie dans les hauts plateaux centraux plus frais et fertiles. La région est restée une colonie pendant environ deux siècles et demi (CIA, 2023). Le Costa Rica a obtenu son indépendance de l’Espagne en 1821 en tant que partie du Royaume du Guatemala (CIA, 2023).

Entre 1824 et 1835, le Costa Rica faisait partie de la République fédérale d’Amérique centrale qui a disparu en 1839 en raison de problèmes économiques et politiques (Diaz-Arias et al.,2018, p. 4).  À cette époque, le Costa Rica avait connu une période de stabilité politique et avait été impliqué dans deux brèves guerres civiles, en 1823 et 1835 (Europa World, 2023).

L’essor économique du Costa Rica a débuté au XIXe siècle avec la culture du café, accompagnant celle du cacao et de l’élevage. Les dirigeants ont encouragé la production de café, facilitée par le transport vers les ports du Pacifique à partir des années 1840, contribuant ainsi au développement des routes intérieures (Elbow et al., 2023). En 1878, le général Tomás Guardia a accordé une concession à la United Fruit Co. pour des bananeraies en échange la construction d’une ligne de chemin de fer vers Puerto Limón, achevée en 1891 (Barre et al., s. d.).

Pendant les années 1856 et 1857, le Costa Rica s’est impliqué dans les conflits en Amérique centrale, repoussant l’américain William Walker qui cherchait à établir sa propre domination dans la région (Diaz-Arias et al., 2018, p.50). Au début du XXe siècle, le Costa Rica a amorcé une ère de démocratie pacifique, marquée par la guerre civile de 1948, brève, mais considérée comme l’événement le plus meurtrier du pays, entraînant l’abolition de l’armée et l’adoption d’une nouvelle constitution.

Types de bibliothèques

Toutes les bibliothèques du Costa Rica ont pour objectifs prioritaires l’accès à l’information, l’éducation informationnelle et technologique, la promotion de la lecture et le développement social. Récemment, les différents types de bibliothèques élaborent conjointement des projets dans le domaine de l’éducation et du droit d’auteur (IFLA, s. d.).

Bibliothèques universitaires

Pendant la période coloniale, l’éducation de base était fournie par le clergé et la priorité n’était pas l’éducation supérieure, mais l’économie du pays, basée sur l’exploitation agricole. Les livres étaient chers et les premières bibliothèques, pauvres en nombre de volumes, étaient privées, et donc, réservées exclusivement à l’élite instruite (Perez Guzman, 2012, cité dans Rodríguez Calvo, 2023, p.3).  Quelques signes d’une éducation supérieure sont apparus avec la création, à San José, de la Casa de Enseñanza qui est devenue plus tard la Casa de Enseñanza de Santo Tomás. L’établissement offrait une éducation morale, politique et religieuse (González-Arrieta et Moya López, 2016, p.61-62).

L’ouverture du premier établissement d’enseignement supérieur, l’Université de Santo Tomás en 1843, a marqué un tournant pour la bibliothéconomie du pays. Sa bibliothèque, ouverte trois ans plus tard, a donné un coup d’envoi au rôle important que peuvent jouer les bibliothèques dans le processus éducatif. Cette bibliothèque a également élaboré une première politique qui définissait ses fonctions ainsi que les règlements à suivre. Parmi les articles 29 à 36 de sa politique, il est stipulé que la bibliothèque est un espace libre de circulation où tout Costaricain peut accéder aux connaissances. Quant à l’article 36, il implique que les diplômés de l’université fassent don d’un ouvrage à la bibliothèque afin de contribuer à l’enrichissement de ses collections (González-Arrieta et Moya López, 2016, p.65). En 1888, l’Université de Santo Tomás a fermé ses portes, mais ses collections ont été transférées dans une autre unité d’information qui est devenue aujourd’hui la bibliothèque nationale Miguel Obregón Lizano (González-Arrieta et Moya López, 2016, p.59) .

Aujourd’hui, chaque université (publique ou privée) doit disposer de son propre réseau de bibliothèques pour se conformer à la loi. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Bibliothèques scolaires:

Parmi les 1088 bibliothèques présentes au Costa Rica, 944 sont scolaires. Cela équivaut à 18,8 bibliothèques pour 100 000 citoyens. Cette statistique place le Costa Rica favorablement par rapport aux bibliothèques de l’Amérique latine et des Caraïbes et elle reflète bien l’engagement du pays envers l’éducation (IFLA, 2019, p.2). En effet, le Costa Rica s’appuie sur la cible 4 des objectifs de développement durable de l’UNESCO en ce qui concerne le droit à l’éducation. Il est un exemple parmi les pays de l’Amérique centrale en ce qui concerne la scolarité obligatoire (et gratuite) au préscolaire, primaire et secondaire (Cezarita Cordeiro, 2022). Le rapport de l’IFLA sur le développement et l’accès à l’information (2019, p.4) mentionne que la compétence en matière de littératie informationnelle et des technologies de l’information fait bonne figure au Costa Rica: 99,32% des 15-24 ans sont alphabétisés.

Depuis l’arrivée de la Loi sur l’enseignement fondamentale en 1957, les bibliothèques scolaires font partie du système éducatif du pays. Cependant, elles ne sont présentes que dans 16% des écoles primaires (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.5).  La couverture des bibliothèques scolaires publiques des régions rurales fait piètre état par rapport à celles des écoles privées et publiques de la grande région métropolitaine de San José. C’est donc dire que les régions plus éloignées et défavorisées ont un accès plus limité aux livres et aux activités littéraires (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.16).

Depuis le début des années 1970, les bibliothèques scolaires font partie du Plan national de développement de l’éducation. Confrontées à des restrictions budgétaires, elles ont reçu, entre 1970 et 1990, un soutien technique et budgétaire de l’Organisation des États américains pour leur permettre de consolider leur système et de normaliser leur matériel (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.8-9). En 2013, le ministère de l’Éducation a publié la Politique de la promotion de la lecture qui a été mise en place par une majorité de bibliothèques scolaires du pays. Conséquemment, le rôle des bibliothécaires scolaires s’est accru en tant que soutien pour la promotion de la lecture et de l’écriture par le biais d’activités pédagogiques. Puis, en 2015, le ministère de l’Éducation publique a élaboré le document Éduquer pour une nouvelle société qui visait à « développer une citoyenneté critique, autonome et participative avec une appropriation de la technologie et de la gestion de l’information » (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.9). Enfin, les autorités gouvernementales, en publiant le Plan national de développement (2011-2014), ont tenu à redéfinir la fonction des bibliothèques scolaires afin qu’elles se modernisent et se transforment en carrefours d’apprentissage. C’est le Département des bibliothèques et des centres d’apprentissage (BEY-CRA) qui est chargé de superviser le projet (Castrillo Sequeira, 2012, p.36). Fait intéressant : le 8e rapport sur l’état de l’éducation de 2021 mentionne qu’environ la moitié des bibliothèques scolaires, enquêtées dans le cadre de l’étude, fonctionnent comme un centre d’apprentissage (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.38).

Cependant, les défis restent nombreux en termes d’accès à la littérature jeunesse. Les bibliothèques scolaires reçoivent peu ou pas de budget pour développer leurs collections ou déployer des activités. De plus, avec si peu de bibliothèques scolaires dans le système public costaricain, il est plus que nécessaire d’allouer des fonds suffisants pour accroître leur présence et leur portée (González Pérez et Montero Salas, 2021, p.38). À l’heure actuelle, le principal défi de la bibliothéconomie scolaire au Costa Rica est de pourvoir tous les postes de bibliothécaires avec des professionnels dans chacune des institutions académiques. Trop souvent, ces postes sont occupés par des enseignants ou du personnel administratif (Rodríguez Calvo, 2023, p.9-14).

Bibliothèques publiques

Le réseau des bibliothèques publiques et de la Bibliothèque nationale est chapeauté par le Système national de bibliothèques, le SINABI. Créé en 1890 sous le nom de la Direction générale des bibliothèques, le SINABI devient un programme du ministère de la Culture et de la Jeunesse en 1971. Son nom, tel qu’il est connu aujourd’hui, date de l’an 2000. (Système de bibliothèque nationale – Sinabi, s. d.) Le SINABI veille au bon fonctionnement du réseau qui est constitué de la bibliothèque nationale, de l’agence créatrice des ISBN et ISSN ainsi que celui des bibliothèques publiques. Ce dernier est formé de 60 bibliothèques à travers le territoire: 36 bibliothèques publiques officielles et 24 semi-officielles. (Bibliotecas públicas del Sinabi, s. d.) Ces dernières ont été établies dans les régions où il n’y avait aucune bibliothèque officielle dans le but de desservir une plus grande population. Elles sont financées et organisées en partenariat avec le ministère, les municipalités et tout autre acteur dans la communauté qui désire s’impliquer dans la création d’une bibliothèque communautaire. (Bibliotecas públicas del Sinabi, s. d.) Cette distribution représente 1,6 bibliothèque par tranche de 100 000 habitants, comparativement au ratio international de 6,8 pour 100 000 habitants. Malgré ce faible ratio, les bibliothèques publiques du Costa Rica reçoivent environ 1 million de visiteurs annuellement. (IFLA, 2019, p.2)

En partenariat avec les bibliothèques publiques, un bibliobus parcourt le territoire pour faire la promotion de la lecture et étendre les services de la bibliothèque dans des communautés qui n’y ont pas accès. (Bibliotecas públicas del Sinabi, s. d.)

Les bibliothèques publiques du Costa Rica ont pour objectif principal de promouvoir l’information et la culture dans le but d’offrir un service équitable pour tous, sans discrimination, en accord avec la mission de l’UNESCO pour les bibliothèques publiques. Elles souhaitent faciliter l’accès aux technologies et aux connaissances afin de soutenir l’apprentissage et la culture. (SINABI, 2003, p. 1)

Bibliothèque nationale

La création du SINABI concorde également avec l’inauguration de la bibliothèque nationale, officiellement ouverte en 1890. Elle porte le nom de son créateur, Miguel Obregón Lizano, qui a également contribué à l’établissement de plusieurs bibliothèques publiques au Costa Rica. Elle a été créée grâce au don de la collection de la bibliothèque de l’université de Santo Tomás, celle-ci ayant fermé quelques années plus tôt. La bibliothèque nationale a le rôle de préserver le patrimoine bibliographique du Costa Rica, se constituant de livres, de revues, de journaux ainsi que d’une collection audiovisuelle à la fois nationaux et étrangers. Elle conserve également trois copies des œuvres publiées au pays. (Biblioteca Nacional, s. d.)

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

La formation en bibliothéconomie dans les pays d’Amérique latine émerge dans la seconde moitié du XXe siècle. Au Costa Rica, de nombreux efforts ont été effectués pour que les professionnels des bibliothèques aient une formation professionnelle.

En 1967, le doyen de la faculté de l’Éducation de l’Université du Costa Rica (UCR) mentionne que la formation pour devenir bibliothécaire possède les caractéristiques d’un enseignement en ce sens qu’il doit réaliser un travail pédagogique dans l’environnement dans lequel il exerce ses fonctions (Sandi, 2019, p. 3). Autrement dit, les bibliothécaires ont pour fonctions d’éduquer la population quant à l’utilisation et à la gestion des ressources informationnelles mises à leur disposition. La formation offerte doit donc permettre aux bibliothécaires d’occuper ce rôle d’éducateurs. En 1968, l’UCR est le premier établissement postsecondaire à offrir des programmes de formation dédiés à la bibliothéconomie mis en place afin de former des professionnels qui posséderaient les connaissances nécessaires dans ce domaine (Sandi, 2019, p. 3). Un baccalauréat en sciences de l’éducation avec spécialisation en bibliothéconomie est offert par l’UCR. L’objectif de ce premier programme était de professionnaliser le travail des bibliothécaires. En 1984, l’UCR offre une première licence entièrement dédiée à la bibliothéconomie. Ce programme met l’accent sur les bibliothèques éducatives en vue de former des professionnels qui travailleront dans le milieu des bibliothèques scolaires, publiques, municipales et universitaires (Sandi, 2019, p. 4).

Dans les années 1970, l’Université nationale, située dans la province d’Heredia, devient la seconde institution du pays à offrir un diplôme en bibliothéconomie. La création de cet établissement vient élargir l’offre pédagogique en bibliothéconomie et permet à un plus grand nombre de personnes d’accéder à la profession de bibliothécaire. Quelques décennies plus tard, l’Université d’État à distance (Universidad Estatal a Distancia), située à Sabanilla, est la troisième et dernière institution publique à ouvrir des programmes en bibliothéconomie. Elle offre un baccalauréat en bibliothéconomie.

Au début des années 1980, l’émergence du besoin de former des bibliothécaires pour travailler dans le secteur éducatif pousse les universités du Costa Rica à créer des formations plus adaptées. La première licence en bibliothéconomie voit le jour en 1984, mettant l’accent sur la pédagogie pour permettre aux diplômés d’exercer leur profession dans des bibliothèques scolaires, publiques et universitaires. Cette formation souligne l’importance de soutenir le milieu académique, de promouvoir la lecture et de fournir un espace de loisir.

Ce n’est que dans les années 1990 que les universités se dotent d’écoles spécialisées en bibliothéconomie et sciences de l’information. L’École de Bibliothèque et des Sciences de l’Information (EBCI) devient la cinquième école de l’UCR. Cette nouvelle faculté offre deux programmes de baccalauréat en bibliothéconomie, l’un axé sur les sciences de l’information et l’autre sur les bibliothèques pédagogiques. À partir de 2000, l’EBCI offre aussi des programmes de formations de deuxième cycle, soit des maîtrises avec spécialisation en technologie et informatique, en gestion de l’information et en bibliothéconomie scolaire (Sandi, 2019, p. 6). De son côté, l’Université Nationale se dote de l’École de Bibliothéconomie, de Documentation et d’Information (EBDI) qui offre à la fois un baccalauréat et une licence en bibliothéconomie et gestion de l’information ainsi qu’un diplôme de bibliothéconomie pédagogique (Ibid.).

L’Université autonome d’Amérique centrale (Universidad Autónoma de Centro América) inaugure à son tour ses programmes en bibliothéconomie. Située à San José, elle est la première et la seule université privée du Costa Rica à offrir des formations en bibliothéconomie. Ses étudiants ont la possibilité de choisir entre deux orientations distinctes lors de leur baccalauréat : éducation et technologies de l’information (Miranda-Arguedas, 2007, p. 15).

Il est obligatoire de suivre une formation universitaire de premier ou deuxième cycle pour être bibliothécaire au Costa Rica. Il est possible de faire soit le baccalauréat ou la maîtrise, le salaire différa en fonction du diplôme. Les différents programmes sont conçus pour fournir aux étudiants les compétences et les outils nécessaires pour gérer efficacement les bibliothèques et services d’information.  De plus, il est nécessaire d’être membre de l’Association costaricaine des bibliothécaires (COPROBI) pour exercer la profession (IFLA, s. d.). Enfin, le Costa Rica est le seul pays d’Amérique centrale ayant des compétences informationnelles à l’intérieur de son curriculum, menant à ce que sa formation agisse comme phare dans cette région (Miranda-Arguedas, 2007, p. 13).

Association de bibliothèques

Au Costa Rica, il n’existe à proprement parler qu’une seule association en bibliothéconomie, et c’en est une de bibliothécaires.

Le pays dispose d’un système de bibliothèques décentralisé plutôt organisé en réseaux qu’en associations. Ainsi, chaque ministère ou institution organise son propre financement et émet ses propres règlements. (International Federation of Library Associations, s. d.)

Association costaricienne des bibliothécaires (Colegio de Profesionales en Bibliotecología de Costa Rica COPROBI)

La raison d’être de cette association est l’accompagnement professionnel de ses membres, l’amélioration continue et la reconnaissance de la profession. Créée en 1974, ses objectifs premiers visaient à « promouvoir et encourager l’étude de la bibliothéconomie ainsi que son enseignement, […] assurer la protection et la défense des intérêts professionnels de ses membres et leur assurer une rémunération adaptée à leurs fonctions, négocier avec les autorités publiques du pays la promulgation de lois visant à accroître l’essor et le développement de la bibliothéconomie costaricienne ». (Costa Rican Association of Librarians, COPROBI –, s. d.) Ces efforts ont donné lieu à l’établissement d’un salaire minimum pour les bibliothécaires, à l’obtention d’une classification d’emploi appropriée dans la fonction publique, à la rédaction d’un code de déontologie et d’une loi régissant l’association. (Costa Rican Association of Librarians, COPROBI –, s. d.)

Aujourd’hui, ses objectifs visent, entre autres, la formation continue des bibliothécaires, le respect des valeurs éthiques et de responsabilité sociale dans l’exercice de la profession, tout en se positionnant sur l’échiquier mondial.

L’association est membre des associations suivantes : Fédération des associations professionnelles du Costa Rica (Federación de Colegios Profesionales Universitarios de Costa Rica – FECOPROU), Fédération centraméricaine des associations de bibliothèques (Federación Centroamericana de Asociaciones y Colegio Bibliotecarios – FECEAB) et la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA).

Cadre législatif

Le système national des bibliothèques du Costa Rica – El Sistema Nacional de Bibliotecas (SINABI) – a été créé à partir du décret exécutif N° 23382-C le 6 décembre 1999, sous la direction du ministère de la Culture et de la Jeunesse (IFLA, s. d.). Selon l’article 1 du décret, le réseau est composé de la bibliothèque nationale Miguel Obregón Lizano, des 60 bibliothèques publiques officielles et semi-officielles, en plus des bibliothèques municipales qui ont conclu des accords avec le ministère de la Culture et de la Jeunesse (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.). Ce réseau de bibliothèques est réparti dans les sept provinces du pays (IFLA, s. d.). Le décret établit que le système des bibliothèques doit suivre des objectifs précis grâce à une politique bibliothéconomique formulée pour permettre l’utilisation optimale des ressources des institutions du pays (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.). À cet effet, le Conseil national des bibliothèques est mis en place pour encadrer le système des bibliothèques. Il est formé de sept personnes qui ont comme mission de définir et de recommander les politiques du système : le ministre de la Culture et de la Jeunesse, un.e représentant.e du Conseil national des recteurs, un.e représentant.e de l’association des recteurs des universités privées du Costa Rica, un.e représentant.e de l’école de bibliothéconomie, de la documentation et de l’information de l’Université du Costa Rica, un.e représentant.e de l’école de bibliothéconomie, de la documentation et de l’information de l’Université Nationale, un.e représentant.e du pouvoir exécutif et un.e représentant.e du collège des bibliothécaires (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.). La composition du Conseil des bibliothèques valorise le rôle occupé par les différentes institutions de formation en sciences de l’information dans la mise en place du cadre législatif des bibliothèques. Par ailleurs, les autres fonctions du Conseil national des bibliothèques sont caractérisées par la formulation de diverses recommandations pour le SINABI, notamment en ce qui concerne les politiques de développement des collections, les projets de réglementation, l’élaboration de plans annuels opérationnels et budgétaires ou la rédaction de lignes directrices permettant la coordination du SINABI avec les bibliothèques scolaires, universitaires et les centres de documentation (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.).

Un fait notoire qui caractérise le cadre législatif du Costa Rica est l’instauration de la lecture comme un droit essentiel. Selon la Loi N° 10025 pour la promotion de la lecture, du livre et des bibliothèques, les institutions éducatives doivent disposer d’une bibliothèque. Cette mesure a pour objectif de promouvoir la transmission du savoir, de la créativité et de la pensée critique auprès des citoyen.ne.s (IFLA, s. d.). Les pouvoirs publics s’engagent ainsi à assurer l’accès à l’information et le droit à la lecture à toutes les personnes, dans un contexte de liberté et d’équité sociale (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.). Par cette loi, l’état garantit l’existence des bibliothèques comme des lieux accessibles pour l’ensemble de la population, à titre d’entités de soutien à la formation et d’espace de rencontre communautaire (Sistema Costarricense de Información Juridica, s. d.). Dans ce contexte, chaque université – publique ou privée – doit également avoir son propre réseau de bibliothèques.

En ce qui concerne le dépôt légal, la Loi N° 6683 sur le droit d’auteur et les droits connexes prévoit que les documents publiés ou produits au Costa Rica, ainsi que ceux liés au pays dont la production ou la publication s’est faite à l’étranger, doivent être déposés à la bibliothèque nationale Miguel Obregón Lizano (IFLA, s. d.). La réglementation impose à tout éditeur, imprimeur, producteur et auteur.rice de remettre des exemplaires de leurs publications à la bibliothèque nationale (SINABI, s. d.). Dans ce contexte, la bibliothèque a pour objectif de collecter, de préserver et de diffuser le patrimoine documentaire et culturel du pays. Le dépôt légal constitue ainsi le mécanisme juridique permettant à cette institution nationale d’acquérir le patrimoine dans le but de constituer la mémoire nationale et de faciliter l’accès à l’information pour les générations actuelles et futures (IFLA, s. d.).

 

Bibliographie

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Bibliothèques à l'international : un manuel ouvert. Tome 4 Droit d'auteur © 2025 par Asimwe Vajeru, Levi; Astudillo, Christopher; Baron, Julie; Barré, Caroline; Bergeron-Côté, Sarah; Bérubé, Marjorie; Bigras, Jacynthe N.; Binette, Pascal; Blackburn Barbeau, Noémie; Bodron, Maria; Boivin, Elyse; Bouchdoug, Mariam; Bouchelaghem, Moncif; Buchet, Tanya; Cardoso de Sousa, Wanessa; Carmel, Alix; Carrière, Anthony; Chabaane, Hamza; Chalifoux Vachon, David; Charest-Bourdon, Noémie; Chénier, William; Côté-Muckler, Mathieu; Davidson, Joséphine; Delorme, Catherine; Desnoyers, Samuel; Dessureault, Rachel; Duchesne, Virginie; Dufour, Audrey; Dussault, Stéphanie; Fonseca Acosta, Alejandro; Garrido, Eva; Genest, Catherine; Gervais, Chloé; Gilbert-Samson, Bruno; Giovarruscio, Élise; Gravel, Jeannie; Grenier, Francis; Grimaldi, Christian; Grondin, Nadia; He, Xigetu; Huot, Marianne; Jafiarova, Renata; Jeanson, Anne-Sophie; Jingyi, Peng; Kononova, Galina; Lachapelle-Scullion, Jessica; Lafrenière, Myriam; Lamarche, Joséphine; Lambert, Catherine; Lamoureux, Francis; Lanteigne, Vanessa; Laravine, Maëlyne; Larivière, Mégann; Lavoie, Elizabeth; Leblond, Liza; Leclerc, Francis; Leduc, Billie-Anne; Lefebvre, Émile; Lemaitre, Claire; Long, Clotilde; Marcil, Roxanne; Marin, Marie Annabelle; Masella, Romy; Medjdoub, Samia; Moisan, Jade Maria; Newman, David-Marc; Obad-Fathallah, Hind; Oei, Gabrielle; Pagé, Mélanie; Pelletier, Dominique; Poirier, Élise; Potvin, Camille; Préfontaine, Mathieu; Rainville, Julie; Razafiarimanana, Arielle; Richer, Daniel; Rivard, Alex; Robinson, Caroline; Roussy, Nathanaël; Toussaint, Tanya Kerline; Tracey, Adelaide; Trân,Thuy-Nam-Trân; Tremblay, Louise; Vary, Félix; Wei, Fan; et Xue, Sun est sous licence License Creative Commons Attribution - Pas d’utilisation commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International, sauf indication contraire.

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