15 Guyana
Catherine Aubé, Charles Antoine Fréchette, Emmanuelle Brunet, Murielle Chapuis, Sara-Maude Bergeron
Profil du pays
Le Guyana, officiellement la République coopérative du Guyana (Co-operative Republic of Guyana) et anciennement la Guyane britannique (British Guiana), est un pays membre de la communauté caribéenne situé au nord de l’Amérique du Sud, au bord de l’océan Atlantique. Il partage ses frontières avec le Brésil, le Suriname et le Venezuela. Sa capitale est Georgetown.
D’abord habité par différents peuples autochtones, le territoire a été colonisé par les Pays-Bas dès 1615 avant d’être cédé au Royaume-Uni en 1814. La colonie de la Guyane britannique a été officiellement établie en 1834. Le Guyana a été marqué par la colonisation et l’esclavage dans les plantations, où étaient exploitées les populations autochtones et celles qui avaient été déportées d’Afrique. Après l’abolition de l’esclavage, des travailleurs agricoles ont été recrutés principalement en Inde, mais aussi en Chine et à Madère. Ainsi, la population du Guyana est d’une grande diversité ethnique, composée de descendants britanniques, autochtones, africains, chinois, indiens et portugais. Cette diversité engendre par moments des tensions politiques et sociales. L’anglais reste la langue officielle du pays bien que l’hindi, l’ourdou, les langues autochtones et un créole à base d’anglais soient aussi parlés. Le Guyana a obtenu son indépendance le 26 mai 1966.
Aujourd’hui, sa population dépasse les 800 000 habitants, dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs, le pays détient un des taux de pauvreté les plus élevés d’Amérique du Sud et des Caraïbes, les autochtones étant particulièrement touchés (Europa World, 2024).
Histoire
L’histoire des bibliothèques au Guyana s’inscrit dans le cadre colonial des Caraïbes anglophones. Le développement des bibliothèques et de leurs services a été fortement influencé par les cultures bibliothéconomiques de l’Empire britannique, des États-Unis et du Canada. Les premières bibliothèques étaient privées et réservées à l’élite religieuse ou urbaine. Les unes visaient à encourager la pratique et le savoir religieux, les autres à développer le commerce du livre et de l’édition. Elles jouaient un rôle limité dans la société jusqu’à ce que des initiatives philanthropiques internationales introduisent des modèles de bibliothèques publiques et du financement au pays. En 1909, le Guyana a inauguré sa première bibliothèque publique, la Georgetown Public Free Library, grâce au financement de Andrew Carnegie, industriel et philanthrope américain. Dans les décennies suivantes, la Georgetown Public Free Library a établi des succursales à New Amsterdam et à McKenzie, ainsi que de petits centres de livres pour étendre ses services dans les régions rurales. En 1972, avec la montée du nationalisme, elle est devenue la National Library of Guyana, combinant les fonctions d’une bibliothèque nationale et celles d’une bibliothèque publique. En tant que bibliothèque nationale, elle est l’organisme dépositaire du dépôt légal, protégeant ainsi le patrimoine documentaire et culturel du Guyana. Elle offre aussi un service de bibliothèque publique à la population par le biais de différentes succursales réparties dans le pays, de bibliothèques dans les prisons et de bibliothèques mobiles (Clunie, 2018).
Les bibliothèques scolaires et universitaires, bien que moins développées, jouent un rôle complémentaire aux bibliothèques publiques. Les bibliothèques scolaires dans les Caraïbes anglophones ont commencé à émerger dans les années 1920 et ont aussi été développées sur la base du modèle britannique. Ce modèle a été critiqué puisqu’il est considéré comme ayant en partie causé le développement inégal des bibliothèques en milieu scolaire (Baker-Gardner, 2023). Quant aux bibliothèques universitaires, leur développement est lié à celui des universités du pays. La première, la University of Guyana Library, a été construite en 1963 en même temps que l’université (Peltier-Davis, 2011).
Aujourd’hui, l’IFLA, l’International Federation of Library Associations and Institutions, recense 30 bibliothèques au Guyana (s. d.), bien que ce nombre varie d’une source à l’autre. Les bibliothèques du Guyana continuent d’évoluer et plusieurs développent leur collection selon les besoins immédiats des usagers, et non selon un calendrier ou une politique d’acquisition (Baker-Gardner, 2023), puisqu’elles sont confrontées à un manque de ressources financières et humaines (Peltier-Davis, 2011; Bernard, 2015). De plus, fondées avant l’indépendance du pays et à l’aide de financement et d’initiatives principalement britanniques, les bibliothèques du Guyana sont des établissements construits et maintenus dans un contexte colonial.
Types de bibliothèques
Bibliothèque nationale
La National Library of Guyana est située au 76-77 des rues Church et Main à Georgetown. Elle est composée de deux bâtiments de deux étages : l’édifice principal, datant de 1909 et conçu grâce à la Carnegie Corporation, a la forme d’une croix et comporte des détails de style victorien et géorgien comme de hautes fenêtres et un imposant escalier en bois de charpente (National Trust of Guyana, 2022). Comme mentionné précédemment, cette bibliothèque sert de dépôt légal – c’est-à-dire qu’elle reçoit et enregistre un exemplaire de chaque œuvre créée sur son sol et la préserve –, elle publie chaque année depuis 1972 la Guyanese National Bibliography, qui établit la liste des publications d’auteurs guyaniens ou d’ouvrage sur le Guyana, et elle collectionne aussi les publications de l’UNESCO. La plupart de ses documents sont en anglais, qui est, en fait, la deuxième langue de la plupart des Guyaniens : ils apprennent cette dernière à l’école. Depuis son étatisation en 1950, cette bibliothèque offre un accès libre et gratuit à ses ressources à toute la population du pays, sa mission est « de combler, à l’échelle nationale et internationale, les besoins d’information et de loisirs des usagers de la bibliothèque par la collecte, l’organisation, la diffusion et la préservation de l’information sous forme imprimée et autres. » (nous traduisons, Guyana Chronicle, 11 septembre 2019) L’ancien site web de la bibliothèque, soit nationallibraryofguyana.com, est maintenant à vendre. La National Library n’a donc, en 2024, aucun site internet qui lui est associé, mais elle fait la promotion de ses activités sur sa page Facebook « National Library of Guyana ». Le ministère de l’Éducation du Guyana, chargé de son administration, y fait brièvement référence sur son site.
La bibliothécaire en chef est actuellement Emily King. La National Library offre différents services sur place : elle assure l’accès à ses collections adulte et jeunesse; elle prête des documents aux publics de tout âge; elle compterait plus d’une dizaine d’ordinateurs connectés à internet; elle détient un service d’impression et de photocopie; elle offre un service d’écoute et d’enregistrement sonore; elle présente des expositions; elle anime des heures du conte dans ses locaux ou au parc; elle organise des défis de lecture et récompense ses participants; elle offre des ateliers de jardinage et d’agriculture; elle accueille un club de danse pour les aînés; elle projette des films; elle tient des conférences et des discussions sur la tradition orale du Guyana (Ministry of Education, 29 avril 2023). Plus encore, elle participe à énormément d’événements encourageant la littératie et la fréquentation des livres, et elle encadre des concours d’éloquence dans les écoles secondaires. Selon la bibliothécaire en chef, la bibliothèque recevait en 2019 en moyenne 1 200 usagers par semaine. Elle comporterait plus de 350 000 ouvrages, dont des documents historiques rares et des manuscrits. Elle est ouverte tous les jours de la semaine sauf les dimanches.
Le financement de la National Library provient du Fonds du Trésor, mais aussi de partenariats et de dons. Les cadres sont des professionnels de l’information salariés ayant droit à une pension à leur retraite. Il y aurait plus de 40 personnes travaillant à même cette bibliothèque.
En tant que tête du réseau des bibliothèques du pays, la National Library a établi cinq succursales dans cinq villes ailleurs au pays. Elle veille aussi au service de quatre bibliothèques de prison – celles de Georgetown, de New Amsterdam, de Mazaruni et de Sibley Hall – dont elle a récupéré la gestion de la Croix-Rouge en 1966. En 2011, l’IFLA a publié un rapport concernant la situation des bibliothèques au Guyana, ce rapport semble toutefois très partiel et ses informations ont dû être nuancées ou complétées par différentes publications issues du pays lui-même. L’IFLA avoue d’ailleurs dans son rapport que le Guyana et d’autres pays des Caraïbes offrent une vision très optimiste de leur situation respective, ce qui amène à en douter : « one consistent theme evident in the majority of scholarly publications on Caribbean libraries has been a somewhat narrow focus on what have been identified as “well developed” library and information services […]. » (IFLA, 2011, p. 2)
Bibliothèques publiques, municipales et communautaires
Cinq bibliothèques publiques et municipales situées dans les villes suivantes sont chapeautées par la National Library : New Amsterdam, Linden, Ruimveldt, Bagotville et Corriverton. Ces cinq établissements disposent chacun de collections adulte et jeunesse. Pour les régions éloignées de ces villes, un service de 17 Rural Library Centers a été mis sur pied, toujours par la National Library, notamment à Agricola et à Bagotville. Certains de ces 17 centres sont situés à même des écoles secondaires. Les régions encore plus éloignées et difficiles d’accès, comme celles de Tucville, de Peter’s Hall et de Houston, sont desservies par deux bibliothèques mobiles.
Les succursales et les services de la National Library sont insuffisants pour couvrir la totalité du territoire et les besoins des Guyaniens. Plusieurs groupes, privés ou communautaires, s’organisent donc pour fonder et gérer des bibliothèques visant à desservir leur population. Ces installations, mises sur pied et administrées par des bénévoles, sont libres d’accès. C’est le cas de la Yupukari Public Library, qui est une entreprise sociale développée par la travailleuse sociale et bibliothécaire américaine Alice Layton. Cette bibliothèque porte le nom de la communauté autochtone Yupukari, vivant dans la région 9, celle de Rupununi centre, très éloignée de Georgetown et des autres villes du pays. Malgré cela, la bibliothèque a plus de 5 000 ouvrages en anglais, des ressources vidéo, des casse-têtes, des jeux, des cartes, des globes terrestres, du matériel de bricolage et d’art, ainsi que du mobilier propice à l’enseignement. La bibliothécaire en chef de cette bibliothèque est Rose Lacruz (Caiman House Incorporated and Rupununi Learners Foundation, 2024).
Bibliothèques scolaires
Situées dans les écoles maternelles, primaires et secondaires, les bibliothèques scolaires du Guyana sont de facto administrées par le ministère de l’Éducation. Toutefois, le gouvernement peine à ouvrir le robinet financier et l’acquisition d’ouvrages et d’autres matériels se fait au compte-gouttes ou, selon l’expression de Baker-Gardner (2023), « quand le besoin se fait sentir » (p. 109). En raison d’un sous-financement chronique, des groupes privés et des organismes sans but lucratif s’organisent pour recueillir des dons puis les offrir aux écoles publiques. Depuis 2011, l’OSBL Blossoms of Guyana, implanté au pays mais enregistré aux États-Unis, travaille en partenariat avec treize écoles primaires et secondaires. Il leur a fourni 10 150 livres, 24 ordinateurs et a procédé à la rénovation de 4 bibliothèques. Aussi, plusieurs bibliothèques de type « clé en main » (avec mobilier et livres) ont été mises sur pied grâce au soutien de la fondation Spread the Words (News Room, 12 mars 2023). Tout récemment, la ministre a annoncé le lancement du programme de bibliothèques scolaires au primaire (Ministry of Education, 9 septembre 2024), qui coïncide avec la Journée internationale de l’alphabétisation du 8 septembre créée par l’UNESCO. Le programme prévoit que chaque école primaire reçoive 460 livres sur les 200 000 livres achetés, et qu’un bibliothécaire formé soit en poste dans chaque école. Ce dernier objectif parait difficile à atteindre. En effet, dans son étude publiée en 2023, soit un an avant l’annonce ministérielle, Baker-Gardner montre que les bibliothèques des écoles primaires des Caraïbes sont non seulement toutes mal loties en personnel, mais aussi et surtout en personnel qualifié en sciences de l’information (p. 106–107). Ainsi, moins de 10 % du personnel guyanien est employé à temps plein, ce qui place le pays loin derrière les Bahamas, dont 80 % du personnel est à temps plein. La situation est meilleure dans l’ensemble des écoles secondaires des Caraïbes, où il y a plus de bibliothécaires qualifiés et plus d’employés à temps plein. Néanmoins, le Guyana fait encore pâle figure au sein des pays voisins : un peu plus de 35 % des bibliothécaires sont qualifiés et 35 % des employés sont à temps plein, alors que Trinité-et-Tobago, par exemple, frôle les 80 % dans ces deux catégories.
Dans son manifeste pour les bibliothèques scolaires, l’IFLA (2021) exprime clairement que l’un des nombreux objectifs assignés à ces dernières est de combler le fossé numérique. Or, au Guyana, seulement 20 % des écoles primaires et 28 % des écoles secondaires disposent d’ordinateurs et d’un accès internet. Le pays se retrouve en queue de peloton, loin derrière les îles Caïmans qui comblent ces besoins à 100 % (Baker-Gardner, 2023, p. 111–112). Et la chercheuse Ruth Baker-Gardner de faire le constat suivant : « With the push for inquiry learning and the need to develop critical thinking skills, [Media and Information Literacy] is no longer an option and […] the best place to achieve this is through the school library. » (p. 113)
Dans sa conclusion, elle affirme sans ambages que les services fournis par les bibliothèques scolaires caribéennes sont loin de répondre aux standards internationaux. Pour expliquer cette situation, elle avance deux raisons principales : l’absence de politique nationale et l’absence de budget spécifique alloué aux bibliothèques. Par conséquent, les bibliothèques sont incapables de répondre correctement aux besoins des usagers, ici les élèves et les enseignants, ce qui a pour effet de nourrir l’image négative associée à ces bibliothèques. Cette situation vaut pour la majorité des pays des Caraïbes, dont le Guyana (Baker-Gardner, p. 122).
Bibliothèques en établissements de formation tertiaire
Le ministère de l’Éducation chapeaute un grand nombre de centres de formation professionnelle qui acceptent d’une part les jeunes ayant terminé leur secondaire et d’autre part les adultes ayant accumulé de l’expérience professionnelle.
Sur les dix établissements répertoriés sur le site du ministère, cinq disposent d’une bibliothèque. Parmi ces derniers, le Cyril Potter College of Education (CPCE), qui offre des formations en enseignement au niveau préscolaire, primaire et secondaire, se détache du lot. En effet, toute une page du site web du centre est consacrée à la présentation des services offerts par la bibliothèque aux étudiants, à ses règlements et au prix qu’elle décerne chaque année au meilleur usager de la bibliothèque. En revanche, à l’instar d’autres centres de formation professionnelle spécialisés dans les domaines de l’industrie, des services ou de l’artisanat tels que le Guyana Industrial Training Centre, le Government Technical Institute, le Carnegie School of Home Economics ou le Craft Production & Design Production, la bibliothèque du CPCE ne possède pas de catalogue en ligne.
L’annonce faite par la ministre de l’Éducation en 2022 d’offrir les formations de la CPCE à distance afin que les étudiants vivant dans les régions reculées puissent y avoir accès risque de changer la donne (Ministry of Education, 3 février 2022). Il y a fort à parier que la bibliothèque du CPCE offrira aussi un catalogue en ligne aux étudiants. En revanche, rien n’est moins sûr pour les autres centres de formation professionnelle qui, pour certains, ne disposent pas de site internet officiel.
Bibliothèques universitaires, de recherche et spécialisées
Le Guyana compte quatre bibliothèques universitaires : trois sont dans des universités privées et une, la plus ancienne, est dans une université publique. C’est en 1963, sous l’impulsion du premier ministre de la Guyane britannique, qu’a été créée la University of Guyana à Georgetown. Comme le ministère de l’Éducation et du Développement social ne pouvait pas financer la construction des édifices sur l’ancien domaine de cocotiers, l’université a été accueillie par l’établissement Queen’s College pendant six ans. À ses débuts, l’université ne comptait que trois facultés : arts, sciences naturelles et sciences sociales. Malgré le manque d’espace, un local a été trouvé pour la bibliothèque (Drayton, 22 avril 2013).
Implantés sur l’ancienne cocoteraie, les différents édifices de l’université, dont la bibliothèque principale, forment désormais le campus de Turkeyen à Georgetown. Une succursale, plus récente, est située à Berbice, à une centaine de kilomètres de la capitale, et forme le campus de Tain (Lowe et al., p. 20). Riche de 400 000 documents imprimés et d’un grand nombre de ressources électroniques, la bibliothèque principale sert de dépôt légal (tout comme la bibliothèque et les archives nationales) et fait partie, depuis 1966, du réseau des bibliothèques dépositaires des rapports et documents produits par l’ONU. Organisée en trois sections thématiques qui reflètent l’ensemble des disciplines enseignées à l’université, soit humanités et éducation, science et technologie, ainsi que sciences sociales et droit, elle offre aux étudiants quatre salles de lecture, un centre de ressources éducatives et le centre de ressources Rabindranath Tagore. En bibliothèque, les services offerts sont : le comptoir de prêt, le prêt entre bibliothèques, l’accès au portail de la bibliothèque, l’accès à des photocopieurs-numériseurs, l’accès à des séances de littératie informationnelle et une assistance technologique pour les personnes ayant des handicaps visuels ou auditifs. Pour la recherche de documents, les étudiants peuvent consulter le catalogue, les bases de données comme EBSCOhost, JSTOR, V/Lex, Lexis Library, Research4life et Access pharmacy. Des formations de littératie informationnelle sont aussi organisées sur Zoom; elles portent sur l’utilisation du catalogue et des bases de données en ligne, et apprennent aux étudiants comment citer et ne pas plagier.
Comme dans les écoles primaires, secondaires et les établissements tertiaires, il y a une pénurie de personnel qualifié en sciences de l’information. Entre 2015 et 2019, la situation n’a pas changé à la bibliothèque universitaire principale : seuls trois bibliothécaires détiennent une maîtrise en sciences de l’information (Bernard, p. 26; Lowe et al., p. 21). Les chercheuses accusent les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ainsi que les différentes administrations de l’université de ne s’être jamais investis dans le développement de la profession de bibliothécaire (Lowe et al., p. 21). Première conséquence : étant donné l’absence de programme d’études en sciences de l’information au Guyana, les professionnels d’expérience à la bibliothèque principale s’inscrivent dans d’autres programmes disciplinaires pour parfaire leur formation. Deuxième conséquence : au vu d’un sous-financement chronique, l’administration n’offre pas de bourses en formation continue à cette catégorie de personnel (Lowe et al., p. 34). Les professionnels d’expérience sont donc obligés de se financer pour avoir accès à des formations de perfectionnement. Ils font de la recherche en sciences de l’information, présentent leurs résultats à des conférences internationales (ACURIL, IFLA) et les publient, suivent des cours en ligne et des webinaires, entre autres (Lowe et al., p. 33–34). Ainsi, ils en profitent grandement, à la fois d’un point de vue technologique puisqu’ils se mettent à jour, et d’un point de vue théorique puisqu’ils complètent leurs connaissances dans certains domaines des sciences de l’information qui sont en vogue.
Au nombre de trois, les universités privées ont la particularité de s’être établies dans les années 2000. Elles offrent une panoplie de formations, surtout en médecine. Seule la Texila American University dispose d’une bibliothèque sur son campus. Les étudiants de la Georgetown American University et de la GreenHeart Medical University ont uniquement accès à une bibliothèque en ligne.
Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques
Il n’y a absolument aucune formation universitaire en sciences de l’information au Guyana, contrairement à certains pays limitrophes comme le Vénézuela et le Brésil. Dans le Kaieteur News en 2013, la bibliothécaire en chef de l’Université du Guyana rapportait que les futurs bibliothécaires étaient contraints de devoir se rendre à l’étranger pour réaliser leurs études : « […] the opportunity is not open for training of personnel in the profession, as the local university does not offer a course in Library Science » (Bryan, 2013). Ainsi, certains de ses collègues ont suivi des cours spécialisés en bibliothéconomie aux États-Unis ou au Royaume-Uni, alors qu’elle-même est allée compléter sa formation à l’University of the West Indies en Jamaïque. En effet, cette université comprend un département de bibliothéconomie et des sciences de l’information (DLIS) qui offre une diplomation complète du baccalauréat au doctorat.
Les bibliothécaires guyaniens déplorent qu’il n’y ait pas de programme d’études en sciences de l’information dans leur pays. Pourtant, les bibliothécaires du Guyana font face aux mêmes enjeux que leurs collègues des autres pays développés, notamment en ce qui a trait à la numérisation des collections ou à la mise en place d’accès à distance des ressources documentaires. Ces changements d’infrastructure ne peuvent être dirigés et supervisés que par des professionnels de la bibliothéconomie. Le manque de personnel qualifié retarde donc la mise en œuvre de ces importants chantiers (Bryan, 2013). D’autre part, les coupures budgétaires et le manque de financement récurrent ont conduit des professionnels à devoir s’expatrier, alors que les postes laissés vacants par des départs à la retraite n’ont pas été comblés. Il y a donc un manque critique de professionnels dans les bibliothèques pour assurer une pérennisation du savoir bibliothéconomique. En conséquence, elles doivent souvent recourir à du personnel qui possède des baccalauréats ou des maîtrises dans d’autres disciplines que les sciences de l’information, notamment en sciences sociales ou en éducation (Lowe, 2019).
Bien que cela soit souvent à leurs frais, beaucoup de professionnels guyaniens des sciences de l’information s’appliquent à parfaire leurs connaissances bibliothéconomiques en nourrissant eux-mêmes leur développement professionnel et leur expertise. Ils participent à des conférences, des symposiums ou des forums (ACURIL, IFLA), suivent des formations, publient des articles dans des revues spécialisées et des livres, font partie de groupes de recherche et sont inscrits sur les réseaux en ligne de l’ALA et de la CILIP (Lowe, 2019). Ainsi au Guyana, les sciences de l’information peuvent compter sur des professionnels passionnés, conscients de l’importance de l’apprentissage continu dans leur discipline.
En 2019, l’absence de département universitaire des sciences de l’information sur le territoire du Guyana représentait encore le principal frein au développement de professionnels dans la discipline. Par exemple, les employés de la bibliothèque universitaire du Guyana pouvaient certes avoir accès à des bourses et à des subventions pour participer à des conférences, comme celles de l’IFLA ou ACURIL, mais toujours pas aisément obtenir les fonds nécessaires pour aller chercher la formation requise en sciences de l’information outre-mer (Lowe, 2019). Depuis, il semble que le gouvernement du Guyana ait pris réellement la mesure du problème de manque de personnel spécialisé de son pays. En 2021, il lançait l’initiative GOAL – Guayana Online Academy of Learning (goal.edu.gy) – afin de pallier les manques dans les programmes universitaires offerts sur le territoire et répondre aux différents besoins de modernisation de la nation. Élaboré en partenariat avec le gouvernement du Guyana et certaines universités situées un peu partout à travers le monde, ce projet permet à des guyaniens d’obtenir des bourses gouvernementales pour suivre des formations universitaires. La majorité d’entre elles sont en ligne, ce qui les rend plus accessibles aux guyaniens. En 2024, grâce à ce projet, il leur était notamment possible de suivre la maîtrise en sciences de l’information offerte par la Robert Gordon University en Écosse à distance, sans avoir à s’expatrier ou à s’endetter pour obtenir leur diplôme.
Associations de bibliothèques
Guyana Library Association (GLA)
La Guyana Library Association (GLA) a vu le jour en 1968 grâce aux efforts fournis par le Guyana Library Co-operation Group dès 1964 (GLA, 2004). Sous la gouvernance d’un comité exécutif, la GLA est financée par les frais d’adhésion de ses membres, la vente de ses publications de même que des activités de financement (Schweizer, 2011, p. 194). Elle travaille principalement au développement des bibliothèques et de leurs services sur son territoire, à la formation d’assistants et d’assistantes de bibliothèque, et à la promotion des valeurs de la bibliothèque auprès des publics guyaniens (Schweizer, 2011, p. 194). Plus précisément, ses objectifs sont de :
faciliter l’étroite collaboration entre toute personne et toute organisation ayant à cœur la promotion de la bibliothéconomie ainsi que la collecte, l’organisation et la diffusion de l’information;
faire valoir auprès du gouvernement le rôle à jouer par les bibliothèques et leur personnel dans le développement national, et formuler des recommandations quant à la promotion de la législation concernant les services de bibliothèque et d’information;
organiser des réunions, des conférences, des séminaires, des formations, des ateliers et des visites guidées dans le but d’encourager la mise en place de services efficaces au sein des établissements d’information du Guyana;
promouvoir le recrutement, la formation et la diplomation du personnel des bibliothèques;
promouvoir les activités bibliographiques et soutenir les différents établissements du territoire dans ces démarches;
assumer un rôle de conseil lors de la création et de l’amélioration des services de bibliothèque et d’information; promouvoir des services de grande qualité au sein des bibliothèques et des établissements d’information au Guyana;
publier un périodique afin de consigner les activités de l’association tout en y incluant des articles d’intérêt pour ses membres (nous traduisons, Schweizer, 2011, p. 194).
En matière de publications, la GLA semble avoir été très active dans les premières décennies suivant sa création. En 1970, elle a lancé sa revue semestrielle, le Guyana Library Association Bulletin (GLA, 2004), dont le dernier numéro remonte à mai 1992. En 1972, sous la direction de Yvonne V. Stephenson, l’association a fait paraitre A Guide to Library Services in Guyana, ouvrage qui semble avoir été mis à jour jusqu’en 1978. La GLA a aussi publié une liste des périodiques techniques et scientifiques pouvant être consultés dans les bibliothèques du Guyana, soit la « Union List of Scientific and Technical Periodicals held in the Libraries of Guyana » (Schweizer, 2011, p. 194).
Bien que la GLA ne dispose d’aucune page web officielle, ses activités peuvent être recensées sporadiquement sur les pages d’associations dont elle est ou a été membre, notamment l’Association of Caribbean University, Research and Institutional Libraries (ACURIL), la Commonwealth Library Association (COMLA) et l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA). La présidente actuelle de la GLA est Juneann Garnett (IFLA, 11 novembre 2020).
Association of Caribbean University, Research and Institutional Libraries (ACURIL)
Créée à la fin des années 1960 par l’Association of Caribbean Universities (UNICA), l’Association of Caribbean University, Research and Institutional Libraries (ACURIL) a pour principal objectif de renforcer la collaboration entre les bibliothèques universitaires et de recherches des Caraïbes (ACURIL, s. d.). La représentante actuelle de la University of Guyana Library est Gwyneth George (Acuril Conference, 16 avril 2024).
L’ACURIL organise un colloque annuel depuis 1969. Celui de 2024 a eu lieu à Georgetown du 12 au 16 mai, sous le thème « Des métadonnées aux mégadonnées : tendances et trésors cachés dans les bibliothèques, les musées et les archives de la Caraïbe » (Executive Secretariat, 2023).
Caribbean Association of Law Libraries (CARALL)
En activité depuis 1984, la Caribbean Association of Law Libraries (CARALL) vise à renforcer la collaboration entre les bibliothèques de droit des Caraïbes. Bien que le Guyana ait été présent aux réunions de fondation de l’association (CARALL, s. d.), nous n’avons pas été en mesure de préciser l’implication actuelle du Guyana au sein de cette association.
Commonwealth Library Association (COMLA)
La mission principale de la Commonwealth Library Association (COMLA), fondée en 1972, est de soutenir les associations des bibliothèques des pays membres du Commonwealth en facilitant l’échange d’information. Elle fournit également un cadre aux bibliothèques des pays du Commonwealth n’ayant pas d’associations officielles et publie le COMLA Bulletin (Libraries – Commonwealth Library Association [COMLA], s. d.). Une version archivée du site web de la Guyana Library Association (GLA) mentionne une adhésion à la COMLA pour l’année 1977 (History of the Guyana Library Association, 2004). Nous n’avons toutefois pas été en mesure de préciser l’implication actuelle de la GLA – ou de toute autre association du Guyana – au sein de cette organisation.
International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA)
Nous avons pu confirmer l’adhésion de deux organisations du Guyana à l’IFLA, soit la University of Guyana Library en 2008 (Membership matters, 2008) et la Texila American University – implantée en sol guyanien – en 2024 (IFLA, 24 juin 2024). En 2007, la National Library of Guyana a participé pour la première fois au recensement des bibliothèques du monde de l’IFLA/FAIFE. Le portrait brossé est toutefois incomplet (IFLA/FAIFE, 2007). Pour sa part, la Guyana Library Association (GLA) a mené des formations inspirées de la planification stratégique de l’IFLA afin d’aider les bibliothèques à poursuivre leurs activités malgré les difficultés occasionnées par la pandémie de la COVID-19 (Guyana Library Association + IFLA Strategy: resilient no matter what, 2020). Nous n’avons pas été en mesure de confirmer son statut actuel au sein de l’IFLA.
Cadre législatif
Georgetown Public Free Library Ordinance (1908)
Les lois régissant les services de bibliothèque du Guyana découlent de la Ordinance No. 12 of 1908, communément appelée la Georgetown Public Free Library Ordinance. Cette dernière est adoptée le 8 juillet à la suite de travaux menés par un comité mandaté pour mettre en œuvre la construction d’une bibliothèque publique à Georgetown. La première rencontre de ce comité provisoire a lieu le 23 décembre 1907, sous la direction de Frederic Mitchell Hodgson, alors gouverneur de la Guyane britannique. Outre la gestion d’un don de 7 000 £ de Andrew Carnegie, le comité doit voir aux différentes étapes entourant la construction de l’établissement de même qu’à l’articulation de la législation entourant sa création. L’ordonnance de 1908 confie donc la gestion de la future bibliothèque au maire et à son conseil municipal, ainsi qu’à la Combined Court (George et Thompson, 7 mai 2009), l’instance gouvernementale chargée de la distribution des fonds selon les politiques adoptées par la Court of Policy (Narain, 15 janvier 2007). La Carnegie Free Library – qui deviendra plus tard la Georgetown Free Public Library, puis la Free Public Library – ouvre ses portes en septembre 1909 (George et Thompson, 7 mai 2009).
Public Free Library Ordinance (1950)
Le 6 avril 1950, la Georgetown Public Free Library Ordinance de 1908 est modifiée afin d’accorder à la bibliothèque le pouvoir d’étendre ses services hors de la capitale (George et Thompson, 7 mai 2009). Plus précisément, l’objectif est de permettre l’ouverture de nouvelles succursales de la bibliothèque de Georgetown et de toute autre bibliothèque publique dans l’ensemble de la Guyane britannique (Ordinance No. 13 of 1950). Le texte de loi est par ailleurs renommé Public Free Library Ordinance afin d’illustrer ce changement, et son adoption propulse le développement des bibliothèques publiques au pays (George et Thompson, 7 mai 2009). En 1957, des précisions sur la distribution de fonds de pension aux employés des bibliothèques sont ajoutées au document (Ordinance No. 17 of 1957).
National Library Act of 1972
Quelques années après son indépendance, le Guyana transforme la Public Free Library en bibliothèque nationale par l’adoption de la National Library Act of 1972. La National Library of Guyana conserve ses responsabilités de bibliothèque publique, mais en acquiert de nouvelles quant à son mandat de bibliothèque nationale (Peltier-Davis, 2011, p. 5). Parmi celles-ci, et comme mentionné précédemment dans ce chapitre, se trouve la gestion du dépôt légal, dont les modalités sont définies dans la Law Revision of 1972 (Act 4 of 1972). On y indique que les maisons d’édition du pays disposent d’un mois après la publication d’un ouvrage pour en faire parvenir deux exemplaires à la University of Guyana, un exemplaire aux National Archives of Guyana, et un dernier à la National Library of Guyana. La loi précise également que les documents doivent être soumis dans leur forme complète et définitive, et qu’il est à la discrétion de l’éditeur de les offrir ou de les vendre à ces trois établissements. Le président du pays peut toutefois exempter certains ouvrages du dépôt légal en publiant un ordre dans la gazette officielle. Tout contrevenant à la loi peut écoper d’une amende de 500 $ (Act 4 of 1972).
Droits d’auteurs
La loi sur les droits d’auteurs présentement en vigueur au Guyana a été adoptée en 1956 alors que le territoire se trouvait sous le pouvoir des Britanniques (Murray, 2013, p. 34). Le Copyright Act, 1956 n’a pas été mise à jour depuis, ce que déplorent de nombreux acteurs du secteur culturel et économique (Chabrol, 31 octobre 2024; Kiateur News, 30 septembre 2024). L’absence de lois acceptables quant à la protection des droits d’auteurs nuit au développement économique du pays. En effet, les entreprises étrangères n’osent investir le marché guyanien ni s’installer au pays sans protection légale (Kiateur News, 30 septembre 2024). Dans une étude de 2024, le World Trade Center Georgetown (WTCG) formule quelques recommandations pour améliorer la situation, notamment la modernisation du Copyright Act, 1956, la création d’une fédération des industries créatives, et la mise sur pied d’une association regroupant les compositeurs, les auteurs et les éditeurs du pays (Chabrol, 31 octobre 2024). Pour sa part, la National Library of Guyana participe à ces efforts à plus petite échelle en animant des activités de sensibilisation à la question des droits d’auteurs et à l’intégrité intellectuelle. Le 23 avril 2018, dans le cadre de la journée mondiale du livre organisée par l’UNESCO, une conférence sur le sujet a été présentée aux élèves du secondaire. L’objectif, précise la bibliothécaire Clyden Harris, était qu’ils saisissent mieux les enjeux éthiques entourant l’intégrité intellectuelle et qu’ils comprennent quelles sont les compétences requises pour bien citer ses sources (DPI Guyana, 23 avril 2018).
Informations complémentaires : enjeux coloniaux et décolonisation des bibliothèques
Le colonialisme est défini comme une pratique de domination, impliquant la subjugation d’un peuple à un autre. Les pratiques, les systèmes et les structures de domination persistent dans le temps et façonnent la vie du peuple dominé longtemps après la dissolution de la colonie (Scale, 2021). Pour rétablir une égalité ethnique, il faut activement décoloniser et déconstruire ces systèmes de domination. Les bibliothèques du Guyana sont donc aux prises avec les enjeux découlant du colonialisme. Il faut les décoloniser.
En effet, selon Scale, l’héritage du colonialisme s’est imprimé dans les établissements de la bibliothéconomie, qui reflètent souvent une vision coloniale du monde : « While academics tout libraries as facilitators of global access to information for intercultural understanding, library systems and the communication they enable can also privilege the domination of powerful cultures and silence less powerful cultures and voices » (Scale, 2021, p. 7). Les bibliothèques du pays sont des établissements coloniaux : elles ont été créées et financées avant l’indépendance du pays par des penseurs et investisseurs britanniques et américains. Encore aujourd’hui, alors que le gouvernement du Guyana ne finance pas la majorité des bibliothèques sur son territoire, qu’elles ne sont pas en nombre suffisant pour servir l’ensemble de la population (Small, 11 juillet 2023) et qu’elles souffrent d’un manque de ressources, les bibliothèques dépendent du financement, d’initiatives ou du leadership internationaux issus de pays de culture dominante. Un exemple est la Yupukari Public Library, mentionnée plus haut, qui a été créée par une Américaine. Cette aide est précieuse pour les bibliothèques du Guyana en général, mais il est légitime d’interroger l’influence du financement et du leadership de cultures dominantes dans les bibliothèques sur la représentation des cultures et des voix guyaniennes. Les bibliothèques du Guyana sont donc confrontées à plusieurs enjeux de décolonisation, dont des réflexions sur comment représenter et inclure les diverses cultures du pays en dépit du manque de ressources, et sur comment décoloniser des établissements qui dépendent encore de nations dominantes.
Il y a aussi des enjeux concernant la préservation du patrimoine culturel du pays puisque les documents patrimoniaux du Guyana sont partagés entre le pays et le Royaume-Uni (The Guyana/British Guiana Genealogical Society, s. d.), les rendant peu accessibles aux Guyaniens. Sans ces documents, les Guyaniens n’ont pas accès à leur histoire. Comment préserver un patrimoine auquel ils n’ont pas accès ? Faut-il rapatrier ces documents ? Avec quelles ressources ? Comment décoloniser les établissements sans posséder les preuves documentaires de la colonisation ? Cette division géographique des documents patrimoniaux apporte son lot de défis supplémentaires pour la décolonisation des bibliothèques.
Références
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