20 Serbie
Elisabeth Lafortune, Emmanuelle Paquette, Rania Iraqi, Marie-Noëlle Pelletier
Profil du pays
Le cœur de la défunte Yougoslavie, la Serbie est le plus grand et le plus peuplé des pays de la péninsule balkanique. Cette République démocratique représentative n’a aucun accès à la mer et est principalement connue pour ses paysages montagneux et sauvages. Avec près de sept millions d’habitants, la Serbie est à majorité chrétienne orthodoxe. On y retrouve également une minorité hongroise catholique, une minorité musulmane sunnite et une très petite population juive séfarade. Il n’y a pas assez de pages dans ce travail pour tenter de résumer l’histoire d’un pays des Balkans. La République de Serbie a successivement été un royaume slave indépendant, un empire médiéval, une possession byzantine et austro-hongroise avant de redevenir un royaume, perdre ce titre et devenir une république communiste membre de la Yougoslavie (Wikipédia, Serbie).
Histoire des bibliothèques en Serbie
Nous tenterons ici de résumer fort brièvement l’histoire des bibliothèques serbes à des moments forts de leur histoire. Entre la création du royaume de Serbie en 1878 et la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, le développement des premières bibliothèques publiques repose sur l’effort de sociétés culturelles qui établirent des collections de livres à travers les villes et régions rurales de Serbie. (Malešev, 2020, 174-178) Conjointement à ces tentatives, la Bibliothèque nationale de Serbie est fondée en 1832. À l’origine, la collection d’un libraire, puis un dépôt de livres, elle gagne ce statut de bibliothèque nationale sous la direction de Đuro Daniči, entre 1856 et 1859. Forte d’une collection diversifiée, regroupant une copie de chaque ouvrage publié en Serbie à partir de 1832, des manuscrits médiévaux, et une panoplie de documents détaillant l’histoire politique, culturelle, sociale et économique de la Serbie sous l’administration ottomane. Cette collection fut réduite en cendres lors du bombardement de Belgrade par la Luftwaffe en 1941. Ce n’est seulement qu’en 1947 que la Bibliothèque nationale ouvre à nouveau ses portes au public après un effort monumental de la part de ses bibliothécaires. (NLS, 2021) Ces bibliothécaires serbes de l’après-guerre possédaient généralement une formation secondaire et des études supérieures en sciences sociales et humaines. (Krstić, 2019) Il n’existe malheureusement que peu d’informations sur les bibliothèques serbes lors de la période où le pays était membre de la Yougoslavie.
Cependant, la fin de la Yougoslavie marque une période particulièrement violente pour les bibliothèques serbes. Les six nations balkaniques ont été réunies sous l’idéologie communiste de la fédération yougoslave pendant près d’une cinquantaine d’années. Le communisme prônait l’internationalisme, une doctrine qui devait effacer les querelles nationales, linguistiques et ethniques qui déchiraient depuis longtemps la région. (Knuth, 2003, 106) Toutefois, l’implosion de la Yougoslavie vers la fin des années 1980 fit renaître les tensions qui avaient été enfouies depuis la Deuxième Guerre mondiale. Nous ne tenterons pas de retracer les étapes de l’implosion de la Yougoslavie et des multiples conflits qui suivirent, nous tenterons seulement d’identifier l’impact de ces guerres sur les bibliothèques serbes. Lors de la guerre d’indépendance pour la Croatie, qui débuta en 1991, les forces nationalistes croates et l’armée populaire yougoslave, contrôlée par les Serbes, s’engagèrent dans une lutte brutale. Pour les nationalistes croates, le remplacement des minorités serbes des régions contestées n’était pas suffisant, il était nécessaire de faire disparaître toute trace de leur histoire et présence sur le territoire. Les violences ethniques s’étendirent jusqu’aux contenus des bibliothèques : ils reléguèrent les ouvrages serbes aux oubliettes, les qualifiant d’illettrés barbares orthodoxes. (Knuth, 2003, 118) Les nationalistes croates ont détruit de nombreux séminaires orthodoxes, ainsi que la bibliothèque de Pakrac qui conservait d’anciens textes serbes, manuscrits et livres ayant été envoyés à Zagreb durant la Deuxième Guerre mondiale pour leur protection… (Knuth, 2003, 120) Durant le conflit, les forces armées serbes participèrent à ces destructions libricidaires, notamment à Dubrovnik, en attaquant plusieurs bibliothèques datant du 16e siècle, en endommageant le réseau de bibliothèques publiques de la ville. (Knuth, 2003, 120) La bibliothèque de recherche de Zadar fut également bombardée par l’armée serbe. Le début des années 1990 en Yougoslavie est caractérisé par la recrudescence de violences ethniques et religieuses, de nationalisme extrême et de destruction génocidaire et libricidaire. L’acte de détruire les livres et les œuvres d’art fut, pour les nationalistes serbes, une manière de détruire des éléments de la nationalité croate. La destruction de documents légaux et historiques fut, autant pour les Serbes que pour les Croates, une manière de faire disparaître les preuves que certaines minorités ont résidé dans des régions contestées. (Phillips, 1992) Parallèlement à ces conflits, les sanctions économiques imposées à la Serbie entre 1992 et 2000 influencèrent négativement le développement des bibliothèques. (Zupan, 2011)
Type de bibliothèques
Publique
Les bibliothèques publiques constituent l’un des réseaux les plus vastes et influents du système bibliothécaire serbe. Avec 135 bibliothèques municipales et 25 bibliothèques régionales, elles jouent un rôle crucial dans la diffusion de l’information et de la culture. Supervisées par la Bibliothèque nationale de Serbie (NLS), ces institutions sont responsables de l’application des lois sur la bibliothéconomie et de la coordination des efforts pour améliorer l’accès à la lecture (“The Library System in the Republic of Serbia,” 2017).
Un exemple emblématique est la Bibliothèque de la ville de Belgrade, fondée en 1931. Ce réseau regroupe 13 bibliothèques municipales qui couvrent toute la capitale. En 1989, ces bibliothèques se sont unies afin de créer un réseau coordonné dans le but d’améliorer leur efficacité (“Belgrade City Library,” n.d.). Le siège de cette institution se trouve dans un bâtiment historique, la « Couronne serbe », reconnu comme monument culturel par le gouvernement serbe. Ce réseau se distingue non seulement par sa capacité à offrir des services classiques de prêt et de consultation, mais aussi par ses efforts pour moderniser et élargir son offre. Par exemple, il abrite un département scolaire qui soutient activement les établissements éducatifs grâce à des ressources adaptées et des activités pédagogiques (“Our Libraries,” n.d.).
La NLS met également l’accent sur l’inclusion sociale par le biais de projets comme le Centre pour les aveugles et malvoyants, créé en 2009. Ce centre propose des équipements modernes et des formations pour les bibliothécaires afin d’améliorer leurs compétences à servir les personnes atteintes de déficiences visuelles. De plus, il produit des documents en braille et des livres audio, contribuant ainsi à garantir un accès égalitaire à la lecture. Ce type d’initiative illustre l’engagement des bibliothèques publiques serbes envers les valeurs d’égalité et d’inclusion sociale (Milunovic, 2013). Dans ce contexte, la NLS joue un rôle de coordination essentiel pour standardiser ces pratiques à l’échelle nationale dans les bibliothèques publiques.
Scolaire
D’autre part, les bibliothèques scolaires en Serbie sont confrontées à des défis structurels malgré leur rôle indispensable dans le système éducatif. Bien que la législation impose à chaque école de disposer d’une bibliothèque, elle n’exige pas la présence de bibliothécaires qualifiés. Ainsi, ces postes sont souvent confiés à des enseignants sans formation spécifique, ce qui limite la qualité et la portée des services (Alispahic, 2018, pp. 169-170). En effet, dans de nombreuses écoles primaires, des enseignants disposant de périodes libres sont affectés à la gestion des bibliothèques scolaires, bien qu’ils n’aient pas les qualifications nécessaires. Pour pallier cette situation, ces enseignants doivent passer un examen de certification organisé par la Bibliothèque nationale et universitaire après une année de service (Alispahic, 2018, p. 170).
L’Association des bibliothécaires de Serbie milite activement pour que seuls des professionnels diplômés puissent occuper ces postes. Elle souligne l’importance de bibliothécaires formés capables de promouvoir la littératie, d’organiser des ateliers interactifs et d’aider les élèves à développer leurs compétences informationnelles. Les bibliothécaires scolaires assument également un rôle de collaboration avec les enseignants pour organiser des activités comme la promotion de la lecture, des cours sur la recherche en ligne et le développement de la littératie informationnelle. Malgré ces efforts, la capacité des bibliothécaires à jouer pleinement leur rôle est limitée par l’absence d’un programme national standardisé. Actuellement, chaque bibliothécaire élabore des plans de travail adaptés à son établissement (Alispahic, 2018, pp. 171-172).
En l’absence de curriculum national, les journées de travail des bibliothécaires scolaires varient fortement selon les établissements. Ils peuvent combiner des rôles de gestionnaire de bibliothèque, d’assistant pédagogique et de participant actif à la planification des activités scolaires. Leur charge de travail est donc extrêmement diversifiée, incluant des tâches qui dépassent souvent leurs responsabilités initiales (Alispahic, 2018, p. 172).
Universitaire
La Serbie comporte plusieurs bibliothèques universitaires, mais la plus ancienne et la plus vaste est la Bibliothèque universitaire Svetozar Markovic, soit la bibliothèque de l’Université de Belgrade (UBSM) (Belgrade University Library, 2024). C’est la bibliothèque principale du réseau de bibliothèques universitaires de Serbie et des bibliothèques spécialisées des institutions académiques du pays, ce qui en fait une institution clé pour la conservation de l’héritage culturel du pays ayant comme mission de répondre aux besoins éducatifs et scientifiques des élèves, chercheurs et professeurs d’université (UBSM, 2013).
L’UBSM abrite un catalogue de plus de 1,5 million de documents variés, que ce soient des monographies, des publications universitaires, des livres rares ainsi que des manuscrits cyrilliques (University Library Svetozar Markovic, 2024). En plus de son propre catalogue, la bibliothèque fait partie d’un catalogue électronique interbibliothèques regroupant la Bibliothèque nationale de Serbie, la Bibliothèque Srpska et l’Institut yougoslave d’information bibliographique nommé COBISS (NLS, 2021). Avec plus de 162 membres à travers le territoire de la Serbie, ce catalogue électronique permet le partage de documents facilement à travers le pays en plus d’assurer un catalogage uniforme à travers les bibliothèques membres (NLS, 2021). Malheureusement, outre pour la Bibliothèque Svetozar Markovic, l’accès à l’information sur le développement des bibliothèques universitaires serbes est très limité.
Nationale
Fondée en 1832 en tant que dépôt de livres, la Bibliothèque nationale de Serbie (NLS), située à Belgrade, est la plus vieille institution culturelle du pays (NLS, 2021). C’est en 1919, suite à l’adoption de la Loi sur la bibliothèque nationale ainsi que de la Loi sur l’imprimerie, qu’elle acquit son statut de bibliothèque centrale d’État, lui octroyant le droit de recevoir des exemplaires en dépôt légal provenant de l’entièreté du Royaume de Yougoslavie (NLS, 2021). En 1965, la NLS se vit accorder un rôle distinctif en tant que bibliothèque d’État avec l’adoption de la Loi sur les bibliothèques serbes, lui conférant des responsabilités importantes en tant qu’institution culturelle (NLS, 2021).
En effet, c’est une institution centrale dans la protection de l’héritage culturel de la Serbie, ayant pour mission de (NLS, 2021) :
- Assurer un accès complet et absolu aux documents, autant sous forme analogue que numérique ;
- Apporter un soutien à la communauté universitaire et scientifique dans le domaine de la recherche dans le but de promouvoir le progrès social et économique ;
- Intégrer et soutenir le système éducatif de la Serbie ;
- Participer activement à la démocratisation de la société en garantissant un accès égal à tous au savoir et à l’information ;
- Développer une culture de la lecture et renforcer les besoins culturels grâce à l’enrichissement du contenu dans les domaines des arts et de la culture.
Elle participe, en outre, à plusieurs projets visant à promouvoir et conserver la culture de la Serbie, notamment avec le projet Visits to the National Theatre in Belgrade: Historical Opera Recordings from 1969 to 1989, qui, grâce à la numérisation de bandes audios contenant des enregistrements de représentations d’opéra ayant eu lieu dans le Théâtre national de Belgrade, vise à préserver le patrimoine audio de la Serbie (NLS, 2021).
De plus, la Bibliothèque nationale de Serbie abrite des collections variées, dont une collection de livres rares datant du XVIIIe et XIXe siècles écrits dans les langues de l’ancienne Yougoslavie, une collection de partitions et de phonogrammes, ainsi que des collections manuscrites telles qu’une collection de livres manuscrits datant du XIIe au XVIIIe siècles, ainsi qu’une collection de microfilms de manuscrits cyrilliques (National Library of Serbia, 2024). Ces collections ont majoritairement été numérisées pour former le catalogue électronique de la Bibliothèque nationale de Serbie, plus couramment appelé le Digital NLS, qui contient 1,2 million de pages numérisées en provenance de 70 collections (National Library of Serbia, 2024).
Depuis 2000, la NLS abrite également un centre pour la bibliothéconomie et les sciences de l’information où l’on retrouve la collection de la littérature portant sur les sciences de l’information et la bibliothéconomie en un seul endroit (NLS, 2021). Cet espace a été créé principalement pour les élèves et les professionnels de ce domaine, fournissant des espaces de travail ainsi que de la documentation pour les bibliothécaires à travers la Serbie souhaitant participer à la recherche (NLS, 2021).
Cadre éducatif en science de l’information et des bibliothèques
En ce qui concerne la formation, des cours en sciences de l’information sont offerts du premier cycle aux cycles supérieurs à la Faculté de Philologie de l’Université de Belgrade. Dans le but de faire la promotion des programmes et de leur cursus, l’Université a choisi d’offrir certains cours en différentes langues afin d’attirer plus d’étudiants, potentiellement internationaux (de Alwis, 2020). L’Université de Belgrade a également décidé d’ouvrir ses portes aux étudiants provenant de programmes externes et même d’autres université afin de leur donner l’option de prendre des cours en sciences de l’information et bibliothéconomie sous la forme d’un cours complémentaire ou au choix (elective) (de Alwis, 2020). Par ailleurs, l’Université de Novi Sad offre un programme spécialement dédié à la bibliothéconomie scolaire (de Alwis, 2020).
La National Library of Serbia comporte également un mandat de formation continue dédiée aux professionnels de l’information : la NLS Section for Continuing Professional Education. Parmi les programmes de formation continue offerts par la NLS, 8 à 10 cours sont offerts chaque année à divers endroits au pays à la suite desquels les professionnels de l’information ayant complété la formation reçoivent une certification après avoir complété 6 heures de « développement professionnel » (de Alwis, 2020).
La Serbian Library Association (SLA), établie en 1947, offre aussi des services de formation continue sous la forme de divers programmes de formation continue, d’une conférence annuelle et de la publication depuis 1948 d’une revue spécialisée : « Bibliothekar » (Le.la Bibliotécaire) (de Alwis, 2020).
Pour ce qui est de la protection de la profession de bibliothécaire et de professionnel de l’information, le gouvernement serbe exige que les individus n’ayant pas suivi de formation en sciences de l’information embauchés en bibliothèque passent un examen après un an d’emploi. Cet examen évaluant leurs qualifications comporte sept sujets tandis que les diplômés en sciences de l’information n’en ont qu’un, le catalogage (de Alwis, 2020).
Dans son article publié en 2020, de Alwis affirme que les bibliothèques publiques de la Serbie représentent l’employeur principal dans le domaine, mais qu’un gel de l’emploi implanté par le gouvernement fait en sorte que plusieurs dizaines de postes dans des bibliothèques plus spécialisées n’ont toujours pas été remplacées et sont encore vacants. Elle signale que cette situation suscite des craintes pour le futur des sciences de l’information en Serbie, car cet état du marché du travail pourrait décourager les nouveaux diplômés.
Association des bibliothèques
La Société des bibliothèques yougoslave, fondée en 1930, est devenue l’Association des bibliothécaires de Serbie (BDS) après la dissolution de la Yougoslavie. Cette organisation joue un rôle central dans la promotion et la défense de la profession de bibliothécaire. Sa mission principale est d’assurer un accès libre et égal au savoir et à l’information pour tous les citoyens, sans discrimination. Elle s’engage également à promouvoir les valeurs fondamentales de la bibliothéconomie moderne et à protéger l’intégrité professionnelle des bibliothécaires.
L’Association attribue plusieurs distinctions prestigieuses pour récompenser les contributions significatives dans le domaine des activités bibliothéconomiques et informationnelles. Ces distinctions sont remises lors d’une cérémonie organisée chaque année le 14 décembre, à l’occasion de la Journée des bibliothécaires serbes. Parmi ces récompenses figurent :
- Le prix Stojan Novaković : créé en 1997, il est décerné à un individu pour une œuvre originale publiée en langue serbe, qui apporte une contribution remarquable à la bibliothéconomie.
- Le prix Zapis : depuis 2006, il reconnaît un travail de longue durée et des résultats exceptionnels dans l’amélioration des activités bibliothéconomiques.
- Le prix du Meilleur bibliothécaire : décerné annuellement depuis 2006, ce prix met en avant des résultats significatifs dans l’amélioration des services bibliothécaires.
En outre, l’Association propose des programmes de développement professionnel continu pour les bibliothécaires. L’association met en place des enquêtes afin de mieux comprendre les besoins en formation et offre des ateliers et des conférences pour améliorer les compétences dans le domaine des sciences de l’information. Cette initiative permet de maintenir le niveau de perfectionnement et d’encourager l’adoption des meilleures pratiques (“BDS Selection”, 2024). En 1992, l’Association des bibliothèques académiques de Serbie a été établie au sein de la Bibliothèque universitaire Svetozar Markovic. Cette association regroupe les bibliothèques des six principales universités publiques ainsi que des instituts de recherche. À sa création, elle comptait environ cinquante membres et en regroupe aujourd’hui plus de 150. Son objectif principal est de renforcer la coopération entre les bibliothèques académiques pour améliorer l’accès à l’information et aux ressources scientifiques. Cette collaboration a permis de mettre en place des projets conjoints qui soutiennent la recherche et l’éducation à l’échelle nationale.
Parmi les autres initiatives majeures, EIFL (Electronic Information for Libraries) joue un rôle significatif dans l’acquisition groupée de ressources électroniques en Serbie. Cette organisation facilite l’accès à des ressources numériques à moindre coût pour les bibliothèques membres, tout en favorisant la collaboration et l’échange de bonnes pratiques au sein du réseau. Grâce à EIFL, de nombreuses bibliothèques serbes ont pu enrichir leurs collections et améliorer l’expérience utilisateur (“EIFL in Serbia,” n.d.).
Ces associations jouent un rôle essentiel dans le paysage bibliothécaire serbe. Elles favorisent la reconnaissance professionnelle, stimulent le développement des compétences bibliothécaires et créent de la collaboration entre différents types de bibliothèques.
Cadre législatif
Le contexte législatif des sciences de l’information en Serbie est règlementé par la Loi sur les bibliothèques et les services d’information adoptée en juillet 2011 et instituée en janvier 2012 (Milenković-Vuković & Ševkušić, 2016). Cette loi légifère entre autres sur les besoins des bibliothèques et services d’information et leur ressource requise, leurs objectifs de développement, les systèmes des bibliothèques et services d’information ainsi que la structure de base d’un système de catalogage national. On y décrit également le statut et les fonctions de la National Library of Serbia comme bibliothèque principale et la Matica Srpska Library comme « institution culturelle d’importance nationale » (Law on the Library and Information Service, 2011) en plus de définir les différents types de bibliothèques et leur financement. Finalement, la Loi sur les bibliothèques et les services d’information établit les droits et les libertés des utilisateurs ainsi que la vertu de la bibliothèque et des services d’information comme service d’intérêt public (Law on the Library and Information Service, 2011).
Libre accès
Pour la question du libre accès, la Serbie compte plus de 400 revues en libre accès (de Alwis, 2020) dont la revue Citaliste : The Scientific Journal on Theory & Practice Librarianship dont les résumés sont également disponibles en anglais. Cette revue veille à appuyer la bibliothéconomie en sa qualité de science en Serbie en publiant des articles scientifiques, des comptes-rendus de conférences, colloques et nouvelles publications portant sur les sciences de l’information (Chattopadhyay & Halder, 2022).
Toutefois, aucune législation gouvernementale n’oblige ni ne supporte officiellement le libre accès en Serbie. Il n’y a aucun financement gouvernemental permettant un accès ouvert, et ce, même pour la recherche financée par les fonds publics (de Alwis, 2020). Cependant, un dépôt central national (NaRDUS) créé en 2015 et géré par le ministère de l’Éducation, de la Science et du Développement technologique exige que toutes les thèses de doctorat doivent y être déposées (de Alwis, 2020). Il est à noter que le concept des dépôts institutionnels dans les universités est encore nouveau en Serbie et que les chercheurs y sont encore réticents (de Alwis, 2020).
Informations complémentaires
En 2024, l’IFLA a publié un communiqué dénonçant les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement serbe qui pourraient entraîner la fermeture de dizaines de bibliothèques à travers le pays. Désormais, les bibliothèques devront s’acquitter du droit de prêt public qui permet aux auteurs de recevoir une compensation pour les ouvrages empruntés en bibliothèques. Il s’agit d’une étape essentielle pour l’acceptation de la Serbie au sein de l’Union européenne. Toutefois, la nouvelle taxe propose que les fonds utilisés proviennent directement du budget des bibliothèques, une pratique qui pourrait compromettre le bon fonctionnement de ses institutions. Cette taxe pourrait entraîné la fermeture de plusieurs bibliothèques publiques incapable de payer ses droits. L’IFLA met de l’avant comment cette mesure mettrait à risque l’accès à la lecture dans un pays où le taux de lecture est sous la moyenne européenne. Ces fermetures seraient également nocives pour les communautés visées qui perdraient non seulement leur bibliothèque, mais également un espace public essentiel. (IFLA, 2024)
Références
Articles
Chattopadhyay, P. et Halder, B. K. (2022). A Study on UGC-CARE Journals of Library and Information Science. Library Philosophy and Practice, 1‑18. https://www.proquest.com/scholarly-journals/study-on-ugc-care-journals-library-information/docview/2684214200/se-2?accountid=12543
De Alwis, G. (2020). Librarianship in the Republic of Serbia: An overview. International Leads, 24(1), 8‑10. https://www.ala.org/sites/default/files/rt/content/intlleads/leadsarchive/202003.pdf
Krstić, N., & Masliković, D. (2019). Pain points of cultural institutions in search visibility: the case of Serbia. Library Hi Tech, 37 (3), 496–512. https://doi.org/10.1108/LHT-12-2017-0264
Milenković-Vuković, B. et Ševkušić, M. (2016). Libraries of Research Institutes and Organizations: Legislative Framework and Practice. Citaliste: The Scientific Journal on Theory and Practive of Librarianship, (29), 18‑29. https://citaliste.rs/casopis/br29/milenkovic_biljana_e.html
Milunovic, Dragana. (2013). Centre for Blind and Visually Impaired People at the National Library of Serbia, 24 (1), 35-41. https://journals.sagepub.com/doi/epdf/10.7227/ALX.24.1.4
Phillips, Z. F. (1992). Libraries Are Devastated in War-Torn Croatia. American Libraries, 23(3), 209–209. http://www.jstor.org/stable/25632520
Tamara Malešev, Irena Zečević, & Olivera Topalov. (2020). Cultural Leagues – Forerunners of Public Libraries in Serbia. Bosniaca, 25 (25), 172–182.
Zupan, Vesna. (2011) Focusing on the human resources in academic librarianship:
an outlook from Serbia, 33 (3), 168-173. https://www.emerald.com/insight/content/doi/10.1108/01435121211217171/full/pdf
Lois et Législation
Law on the Library and Information Service. (2011). https://bibliotheksportal.de/wp-content/uploads/2019/12/Serbia-law-on-library-and-information-service-2012.pdf
Ouvrages collectifs
Alispahic, Arijana. (2018). Is being a school library mission (im)possible. Dans Lo, P., Rogers, H., & Chiu, D. K. W. (dir.), Effective School Librarianship : Successful Professional Practices from Librarians around the World. Apple Academic Press.https://public.ebookcentral.proquest.com/choice/publicfullrecord.aspx?p=5371975
Monographies
Knuth, R. (2003). Libricide the regime-sponsored destruction of books and libraries in the twentieth century. Praeger.
Sites web
ARSC project. National Library of Serbia (NLS) (2021). https://nb.rs/en/arsc-project/
Belgrade University Library. Wikipédia, l’encyclopédie libre (2024). https://en.wikipedia.org/wiki/Belgrade_University_Library#Interlibrary_loan
Centre for Library and Information Sciences. National Library of Serbia (NLS) (2021). https://nb.rs/en/centre-for-library-and-information-sciences/
EIFL in Serbia. EIFL. (n.d). https://www.eifl.org/country/serbia
Missions, Visions and Values. UBSM. (2013) http://ubsm.bg.ac.rs/engleski/strana/69/misija-vizija-i-vrednosti
National Library of Serbia. Wikipédia, l’encyclopédie libre. (2024). https://en.wikipedia.org/wiki/National_Library_of_Serbia
Proposed Serbian library tax threatens closures, undermines credibility of public lending right. IFLA. (2024). https://www.ifla.org/news/proposed-serbian-library-tax-threatens-closures-undermines-credibility-of-public-lending-right/
Serbie. Wikipédia, l’encyclopédie libre. (2024). http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Serbie&oldid=221103847.
E-Catalogue. University Library Svetozar Markovic. (2024). https://www.unilib.rs/searches/electronic-catalog/
Establishment of the library. National Library of Serbia (NLS) (2021). https://nb.rs/en/establishment-of-the-library/
VBS Mutual Electronic Catalog. National Library of Serbia (NLS). (2021). https://nb.rs/uzajamni-elektronski-katalog-vbs/