"

13 Géorgie

Laurence Destroismaisons, Gabrielle Girard, Roxanne Migneault, Élisabeth Pouliot, Emmanuelle Villa

Profil du pays

Tirant ses racines mythologiques et géographiques des royaumes de Colchide et de Kartli-Ibérie, la Géorgie est un pays transcontinental de près de cinq millions d’habitants (CIA, 2024). Reposant principalement sur l’agriculture et l’exploitation minière, « le pays des Amazones » est situé sur la côte est de la mer Noire faisant de la Géorgie un pays du Moyen-Orient, divisé entre l’Europe et l’Asie (CIA, 2024). L’approbation du pays comme candidat de l’Union européenne en décembre 2023 illustre que la Géorgie est plus inclinée vers ses origines occidentales que ses racines orientales (European Commission, 2024).

La Géorgie obtient temporairement son indépendance de l’Empire russe le 26 mai 1918 avant de se retrouver à nouveau sous un régime étranger, l’Union soviétique, le 25 février 1921 à la suite de sa défaite lors de la guerre soviéto-géorgienne (CIA, 2024) (Toria, 2014, p. 318). Puis, la République socialiste soviétique de Géorgie obtient une seconde indépendance le 9 avril 1991 après soixante-dix ans sous l’URSS (CIA, 2024). Actuellement, la Géorgie est une république semi-présidentielle divisée en cinq régions géographiques dans lesquelles il existe neuf régions administratives qui excluent la capitale, Tbilissi, et les deux républiques autonomes, soit l’Abkhazie et l’Adjarie (CIA, 2024). La langue officielle du pays est le géorgien (CIA, 2024).

Malgré le statut séculier de la Géorgie établi dans la première constitution de 1921, puis répété dans celle de 1995, la réalité est que l’Église orthodoxe géorgienne (EOG) jouit non seulement d’un statut spécial, mais aussi de privilèges politiques, législatifs, financiers et territoriaux (Chitanava and Gavtadze, 2020, p. 154). En effet, une entente constitutionnelle est même signée par l’état et l’EOG le 14 octobre 2002 alors que les autres communautés religieuses sont privées de s’enregistrer comme organisations légales jusqu’en 2005 (Chitanava and Gavtadze, 2020, p. 156).

Histoire

L’histoire des bibliothèques en Géorgie peut être retracée jusqu’à l’époque du Moyen Âge. La période qualifiée « d’Âge d’or » de la Géorgie médiévale, s’étalant du XIe au XIIIe siècle, est caractérisée par un fort développement du pays sur le plan politique, économique et culturel. C’est à cette époque que sont fondés plusieurs monastères orthodoxes, devenant rapidement des lieux de culture et de savoirs : les moines y produisent et y conservent des livres à caractère religieux et scientifique (Allen, 1971, p. 315). Les églises conservent également de grandes quantités d’ouvrages richement enluminés (Allen, 1971, p. 271). En raison de leur bibliothèque, quelques monastères tels que celui de Ghélati peuvent abriter leur propre académie destinée aux intellectuels (UNESCO, s. d.). Au cours des siècles suivants, les tensions et les guerres entre les Géorgiens et les Mongols, les Turcs et les Perses ralentissent toutefois l’essor culturel au pays (Allen, 1971, p. 316). En 1801, la Géorgie est annexée à l’Empire russe. Quelques décennies plus tard, en 1846, la première bibliothèque publique au pays est fondée à Tbilissi (Johnson, 2013a).

De 1922 à 1991, sous l’URSS, la République socialiste soviétique de Géorgie compte environ 8000 bibliothèques au total, dont 2200 bibliothèques publiques (Johnson, 2013a). Cette époque se caractérise par la centralisation du pouvoir décisionnel au sein du Conseil des bibliothèques de l’URSS ; les bibliothécaires de la République socialiste soviétique de Géorgie sont alors chargées d’implanter les politiques et les procédures émises par le Conseil, leur propre capacité d’action étant extrêmement limitée (Johnson, 2013b, p. 131). Une « Bibliothèque républicaine d’État », présente dans chaque République socialiste soviétique, assure la liaison avec Moscou (Johnson, 2013a). La dislocation de l’URSS en 1991 déstabilise toutefois profondément le réseau des bibliothèques de toutes les anciennes Républiques socialistes soviétiques. Ian Martin Johnson s’est attardé aux conséquences de cet événement sur la Géorgie nouvellement indépendante. Les tâches qui étaient jusqu’alors assumées par les organismes centraux, tels que le dépôt légal et la production d’une bibliographie nationale, ne le sont plus (Johnson, 2013b, p. 133). Les systèmes de gestion bibliographique, pour leur part, avaient été édifiés à partir des normes et standards soviétiques désormais obsolètes (Johnson, 2013b, p. 134). Toujours selon Johnson, les bibliothécaires manquent de ressources à la chute du régime : soudainement privés du financement qu’ils recevaient de Moscou, ils se retrouvent également à devoir exercer un pouvoir décisionnel dont ils n’ont pas eu la responsabilité pendant soixante-dix ans (2013b, p. 131). Plusieurs quittent la profession, et le nombre de bibliothèques au pays diminue grandement en raison de manque d’entretien et de financement. Les liaisons entre les anciennes républiques sont également rompues, privant les bibliothèques géorgiennes de systèmes d’information qui avaient été centralisés ou coordonnés (Johnson, 2013b, p. 131).

Depuis l’indépendance du pays, les bibliothèques géorgiennes œuvrent ainsi à une profonde restructuration de leurs activités (Johnson, 2013b, p. 142). Cela se concrétise par une collaboration étroite avec des organisations internationales telles que l’ALA, l’IFLA et l’EIFL pour obtenir du financement ainsi que des formations pour les bibliothécaires. Ces démarches visent à moderniser les installations et les équipements des bibliothèques géorgiennes, ainsi que de rendre leurs collections plus accessibles au moyen d’outils numériques (Kranich, 2001).

Types de bibliothèques

Selon un recensement effectué par l’IFLA en 2022, la Géorgie possède 4829 bibliothèques, dont deux bibliothèques nationales, 1998 bibliothèques universitaires, 834 bibliothèques publiques et 1995 bibliothèques scolaires (International Federation of Library Associations and Institutions, 2024).

Bibliothèque nationale

La Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie (en géorgien : საქართველოს პარლამენტის ეროვნულიბიბლიოთეკა, sakartvelos p’arlament’is erovnuli bibliotek’a), à Tbilissi, est une bibliothèque gouvernementale sous la tutelle du Parlement de Géorgie. C’est le dépôt principal de livres de Géorgie (Wikipedia, 2024a). Dû à l’histoire mouvementée du pays, son nom et sa fonction ont changé à maintes reprises. Tout commence en 1846 lorsque l’Office du gouverneur général de Tbilissi fonde la Bibliothèque publique de Tbilissi (Garibashvili, 2015). L’Association de la bibliothèque privée (Private Associated Library), fondée par Dimitri Kipiani, a fait don de ses collections à la Bibliothèque en 1848 et en 1851, dû à l’augmentation du nombre de documents de sa collection, un nouvel immeuble a été construit pour l’abriter (Wikipedia, 2024a). À partir de 1852, la Bibliothèque devait maintenant recevoir deux copies de toutes les publications du Caucase et en 1859, la collection de la Bibliothèque s’élevait à 13 260 documents en 19 langues différentes (Wikipedia, 2024a). En 1868, la Bibliothèque devient la Bibliothèque Scientifique du musée du Caucase à la suite de la fusion de la Bibliothèque publique de Tbilissi et du musée du Caucase (The National Parliamentary Library of Georgia., s. d.-a). La Bibliothèque fut fermée temporairement en 1914 pour la construction d’un nouvel immeuble (The National Parliamentary Library of Georgia., s. d.-a). En 1923, elle est renommée Bibliothèque publique d’état de Géorgie (The National Parliamentary Library of Georgia., s. d.-a). En 1937, sa principale collection, qui est alors aussi la collection la plus complète de documents nationaux imprimés, vient de la bibliothèque de la Société pour la diffusion de l’alphabétisation chez les Géorgiens qui fut active entre 1880 et 1927 (The National Parliamentary Library of Georgia., s. d.-a). La Bibliothèque change ensuite plusieurs fois de nom : elle devient la Bibliothèque de la République en 1955 jusqu’en 1990, quand elle est alors renommée Bibliothèque Nationale de Géorgie, puis elle obtient son nom actuel le 25 décembre 1996 et est alors nommée Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie (The National Parliamentary Library of Georgia., s. d.-a). Depuis 2006, la Bibliothèque est membre de la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) (Garibashvili, 2015). Enfin, en 2023, on estime le nombre de documents à 4,7 millions, dont 3 889 263 en 99 langues étrangères (The National Parliamentary Library of Georgia, s. d.).

Bibliothèque scientifique nationale de la Géorgie

La Bibliothèque scientifique nationale de la Géorgie (en géorgien : ეროვნული სამეცნიერო ბიბლიოთეკა, rovnuli sametsniero bibliotek’a) a été fondée en 1941, mais établie en tant qu’entité juridique dépendante en 2006 à la suite de la fusion entre la Bibliothèque scientifique centrale de l’académie géorgienne des sciences, la Bibliothèque républicaine des sciences et de la technologie, la Bibliothèque du Musée I. Griashashvili et le Centre de traduction de la science et de la technologie. Puis, en 2012, elle a fusionné avec la Bibliothèque I. Javakhishvili de l’université de Tbilissi (Garibashvili, 2015). Elle est considérée comme la plus grosse et l’une des bibliothèques les plus actives en Géorgie avec plus de 4 millions de livres, dont 600 000 sont des publications étrangères, 2,5 millions de journaux, 20 millions de brevets, microfilms, et autres documents (EOSC, s. d.-b). Elle est très développée en ce qui concerne les services numériques dont : un catalogue en ligne, le KOHA ILS qui est libre et « open source » ; des services de numérisation ; des formations et des ateliers sur la publication académique avec l’« open access », la gestion de bibliographies et autres ; un système « open » regroupant 45 journaux géorgiens et autres (EOSC, s. d.-b). Elle fait aussi partie de l’association EOSC qui a pour but le développement de la science ouverte en Europe (EOSC, s. d.-a).

Bibliothèques universitaires

En Géorgie, les bibliothèques universitaires représentent 41,4 % du total des bibliothèques ; un pourcentage qui se partage presque, à une décimale près, avec les bibliothèques scolaires selon les statistiques de 2022 (IFLA). Ainsi, bien que les bibliothèques aient été négligées par l’état géorgien et sa population, celles établies dans les sphères de l’éducation ont tout de même réussi à prouver leur importance et survivre aux nombreuses fermetures des années 2000 (Garibashvili, 2015, p. 551, 555).

En 2004, la procédure quant à l’attestation des universités est modifiée par le ministère de l’Éducation et de la Science (MES) étant donné la hausse importante de petites universités dans le pays (Garibashvili, 2015, p. 553). Cette nouvelle procédure revisite non seulement les critères pour les établissements d’études supérieures, mais également ceux des bibliothèques affiliées à ces écoles. À la suite de ce processus d’élimination, la Géorgie a réduit le nombre d’universités accréditées d’environ 250 à 100 établissements (Garibashvili, 2015, p. 553). À la suite de ces fermetures, il a été remarqué que la qualité et le nombre de services offerts aux étudiants en bibliothèques universitaires ont été améliorés en comparaison aux années précédentes (Garibashvili, 2015, p. 553). En effet, les critères ayant subi des modifications concernaient les éléments suivants : le nombre de livres par étudiants, l’accès à des ordinateurs, l’accès à des sites dont la langue était le géorgien et l’accès à des bases de données (Garibashvili, 2015, p. 553). De plus, pour conserver leur reconnaissance officielle, les bibliothèques devaient posséder des catalogues électroniques, une superficie permettant l’installation d’espaces collaboratifs comme des salles d’étude, des heures d’ouverture flexibles et, finalement, les bibliothèques devaient posséder les effectifs pour maintenir un personnel permanent (Garibashvili, 2015, p. 553).

Entre 2004 et 2012, à la suite du changement de la procédure par le ministère de l’Éducation et de la Science, la plupart des instituts de recherche de Géorgie ont fusionné avec les bibliothèques universitaires restantes (Garibashvili, 2015, p. 553). Ces fusions n’apportent pratiquement aucun bénéfice aux institutions de recherche. En réalité, étant donné que les instituts ne sont pas réellement incorporés dans les bibliothèques auxquelles elles sont rattachées, leurs budgets restent distincts des bibliothèques universitaires et sont, donc, modestes (Garibashvili, 2015, p. 553).

Actuellement, les bibliothèques universitaires de la Géorgie ont des catalogues en ligne (connus sous le terme OPACs) qui doivent respecter le standard MARC21 (Garibashvili, 2015, p. 553). Les universités offrent également l’accès aux ressources électroniques, notamment avec l’abonnement consortium de l’EIFL, ou l’Electronic Information for Libraries (Garibashvili, 2015, p. 554). Certaines universités décident plutôt de s’abonner à certains fournisseurs directement (Garibashvili, 2015, p. 554).

Bibliothèques publiques

Comme mentionné précédemment, plusieurs bibliothèques en Géorgie ont fermé dans les années 2000, notamment en 2007 et en 2008 (Garibashvili, 2015, p. 551). En 2004, il était possible de dénombrer deux mille bibliothèques publiques qui possédaient plusieurs divisions (Garibashvili, 2015, p. 552). Ces bibliothèques possédaient plus ou moins les mêmes collections, mais les efforts et les ressources investis dans leurs effectifs, leurs services ainsi que l’avancement et l’acquisition des technologies informatiques n’étaient vraisemblablement pas les mêmes (Garibashvili, 2015, p. 552). En effet, en 2004, de cinq à sept bibliothèques offraient l’accès à l’internet (Garibashvili, 2015, p. 552). Il est évident que la modernisation des infrastructures et des ressources pour une telle quantité de bibliothèques était impossible, surtout lorsque l’on considère que la plupart de ces bibliothèques désuètes se situaient dans les parties rurales de la Géorgie (Garibashvili, 2015, p. 551). En 2007, le gouvernement géorgien décide de se départir de leur responsabilité quant à « l’administration, le financement et le développement des bibliothèques publiques [traduction libre] » (Garibashvili, 2015, p. 551). Dorénavant, ces responsabilités coûteuses sont sous la gouverne des autorités locales, excepté l’observation et l’offre de recommandations qui dépend du ministère de la Culture et la Bibliothèque nationale parlementaire (Garibashvili, 2015, p. 551). Ainsi, il n’est pas surprenant qu’au cours des années suivantes, seulement cent cinquante bibliothèques publiques continuent leurs activités (Garibashvili, 2015, p. 551).

En 2014, on note une nette amélioration chez les bibliothèques publiques ; entre autres, les bibliothèques sont rénovées, elles acquièrent des ordinateurs et se procurent l’accès à l’internet et à des catalogues électroniques (Garibashvili, 2015, p. 552). Le projet « Creation of the Mediathek of the National Archives of Georgia » voit le jour en 2013 « dans le cadre de l’UNESCO Participation Program [traduction libre] » (National Archives of Georgia, s. d.). Ainsi, une « médiathek » est établie au Central Audio-Visual and Film Archive, à Tbilissi (National Archives of Georgia, s.d.). En 2014, le programme Beyond Access (financé par IREX) développe un projet avec l’aide de l’Agence du développement des services publics, la Georgian Libraries Association (GLA) et l’Institute for Development of Freedom of Information (IDFI) afin de « donner un accès égal à l’information et aux services publics grâce aux espaces communautaires, développer des circonstances économiques opportunes à tous les niveaux et rapporter les voix des citoyens aux ressources gouvernementales [traduction libre] » via l’internet (IDFI, 2014). Le projet pilote du programme Beyond Access sur quatre bibliothèques publiques rurales incluait : la « rénovation (des lieux), l’installation d’ordinateurs et l’accès à la connexion internet, la formation des bibliothécaires et le développement de services [traduction libre] » pour répondre aux besoins des citoyens géorgiens (Garibashvili, 2015, p. 552). En résumé, ce sont les organisations locales et internationales qui ont sauvé les bibliothèques publiques géorgiennes de leur précarité.

Bibliothèques scolaires

Il y a quelques années, il y a eu une restructuration de l’infrastructure du système d’éducation de la Géorgie. Le ministère de l’Éducation et de la Science a priorisé l’alphabétisation du pays en approvisionnant les bibliothèques scolaires avec des manuels scolaires et autres documents d’intérêt académique, ainsi qu’avec de la littérature étrangère et a permis aux jeunes plus démunis d’avoir accès à du matériel scolaire, le tout grâce à un don de 8 millions de GEL (3,5 millions d’euros) (Johnson, 2013a). Il n’y a pas beaucoup de données de recherche sur les bibliothèques scolaires géorgiennes, mais on estime qu’il y a 2300 écoles secondaires en Géorgie, mais seulement environ 2000 bibliothèques scolaires (Garibashvili, 2015). Une inquiétude en plus pour les bibliothèques scolaires est que la plupart de leurs bibliothécaires n’ont aucune formation professionnelle en bibliothéconomie (Garibashvili, 2015).

Autres bibliothèques

La Géorgie compte environ 150 bibliothèques spécialisées (médicales, agriculturelles, etc.) en plus d’un nombre non spécifié de bibliothèques d’organismes non gouvernementaux, privés et d’organisations à but non lucratif (Johnson, 2013a). Par exemple, en 2012, un projet de littératie carcérale a été mis en place en collaboration avec des collègues d’Oslo en Norvège, qui a permis de développer une bibliothèque de qualité dans l’une des prisons pour femmes du pays (Garibashvili, 2015). C’était un projet pilote qui devait être appliqué dans d’autres pénitenciers. Malheureusement, il n’y a aucune donnée sur la réussite du projet ou s’il a effectivement été appliqué à d’autres prisons.

Le Centre national des manuscrits de Géorgie, situé à Tbilissi, bien que considéré comme un musée, est très important pour le pays en terme littéraire. Il a été fondé le 30 juin 1958 grâce au Département des Manuscrits du Musée National de Géorgie et sert de dépôt pour les manuscrits anciens, les éditions rares, les documents historiques ainsi que les archives privées de personnalités publiques du pays (Wikipedia, 2024b). Les langues dans lesquelles sont écrits les manuscrits sont nombreuses : géorgien, grecque, russe, arabe, turque, hébreux, etc. (Wikipedia, 2024b). De plus, les manuscrits et documents historiques couvrent une période chronologique très étendue, allant du Ve au XXe siècle (Wikipedia, 2024b).

Cadre éducatif en sciences de l’information et des bibliothèques

L’histoire de la formation en bibliothéconomie, en Géorgie, plus particulièrement pour devenir bibliothécaire, remonte à l’ère soviétique, lorsque la Géorgie faisait partie de l’URSS. La formation était disponible à un niveau de premier cycle (Johnson, 2013a, p. 12). Il y avait différentes écoles liées à la formation en bibliothéconomie, mais aujourd’hui, la plupart sont fermées ou ont un statut qui est inconnu. Les programmes couvraient différents aspects de la bibliothéconomie comme le catalogage, les bibliographies, l’histoire des livres et des bibliothèques, mais aussi d’autres sujets de formation générale comme l’histoire, la philosophie et la politique marxiste. Les technologies de l’information ont commencé à être abordées dans les années 60. Il y avait deux spécialisations, la première ; les bibliothécaires bibliographes et la deuxième ; les bibliothécaires pour enfant ou bibliothécaires scolaires (Johnson, 2013a, p. 12).

Jusqu’au début des années 2000, les programmes scolaires en bibliothéconomie étaient encore basés sur les programmes datant des années 60 selon des standards russes (URSS) (Johnson, 2013a, p. 14). Comme plusieurs pays d’Europe de l’Est, la Géorgie a entrepris en 2005 le « bologna process », soit le processus de transformer leur modèle d’éducation universitaire pour se rapprocher des standards européens avec des niveaux de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat (Johnson, 2013a, p. 4). La transformation a permis la création de mineurs et de majeurs en bibliothéconomie et science de l’éducation. Malheureusement, personne ne s’était inscrit à ces programmes (Johnson, 2013a, p. 14).

Il est à noter que les personnes qui avaient suivi des formations de premier cycle n’étaient pas satisfaites des connaissances acquises dans ces programmes. Ces finissants rencontraient des difficultés à se trouver un emploi en bibliothéconomie ; les dirigeants des bibliothèques préféraient engager des personnes avec des diplômes en langue, en histoire et en sociologie, car ils avaient un niveau d’étude plus élevé. Mentionnons aussi qu’à une certaine époque, Moscou avait encore une forte emprise sur les bibliothèques de la Géorgie (Johnson, 2013b, p. 138).

En 2009, il y a eu l’établissement d’un projet réalisé en partenariat avec plusieurs pays européens, dont l’Arménie et l’Ouzbékistan, qui s’appelait « New Master’s Programmes in Librarianship and Information Studies » (NMPLIS) et qui visait une modernisation des programmes de bibliothéconomie et des sciences de l’information. Le projet était financé par les fonds du programme TEMPUS (Trans European Mobility Programme for University Studies) (Johnson, 2013a, p. 14). La formation universitaire se donne à l’Ilia State University. L’objectif de ce nouveau programme était d’enseigner les principales disciplines de la bibliothéconomie et des sciences de l’information (catalogage, classification, bibliographie, etc.) avec des disciplines liées aux technologies de l’information et de gestions. Cette nouvelle maîtrise va permettre de développer trois spécialisations : l’informatique en bibliothèque, la gestion d’une bibliothèque, la bibliothéconomie et les sciences de l’information générale. Il y a aussi une intention d’inclure un cours en relation à l’archivistique pour que les futurs professionnels aient des compétences en archivistique, en bibliothéconomie et en sciences de l’information (Johnson, 2013a, p. 15).

En 2013, il n’y avait pas d’exigence liée aux qualifications des bibliothécaires ou des professionnels de l’information. La plupart des établissements demandaient d’avoir un diplôme de cycle supérieur dans n’importe quel domaine en plus de diverses compétences (Johnson, 2013b, p. 138). Ce sont donc les associations professionnelles qui fournissent un effort dans le but de développer les compétences et la modernisation de la profession, entre autres, avec des partenariats avec d’autres pays (Johnson, 2013a). En 2008, la Georgian Library Association et la Bibliothèque scientifique nationale ouvrent un centre proposant des formations de deux semaines qui couvrent les bases de la bibliothéconomie (Garibashvili, 2015, p. 556).

De nos jours, les informations sont difficiles à trouver au sujet des résultats du projet NMPLIS. Les universités ne semblent pas offrir de formation particulière en bibliothéconomie et science de l’information. Il existe un programme appelé « Secondary Vocational Qualification in Library Work » qui est considéré comme « Vocational Education Programs », et ces formations sont données en 2024 à Ivane Javakhishvili Tbilisi State University (Tbilisi State University, s. d.). Il demeure difficile de trouver des informations sur l’état actuel des programmes de premier cycle et de deuxième cycle.

Association de bibliothèques

Georgian Library Association

La Georgian Library Association, ou GeLA, (en géorgien : საქართველოს საბიბლიოთეკო ასოციაცია, sakartvelos sabibliotek’o asotsiatsia) a été fondée en 2000 et est basée dans la capitale géorgienne, Tbilissi. À travers ses activités, elle vise notamment à être une chef de file pour les bibliothèques de tout genre au pays, à encourager les échanges entre les bibliothèques et la communauté, à mettre en place des outils favorisant le potentiel créatif et intellectuel des citoyens ainsi qu’à valoriser les talents des nouvelles générations (Georgian Library Association, s. d.-a). L’adhésion à cette association peut se faire sur une base individuelle ou institutionnelle : en 2015, elle comptait plus de 100 membres (Garibashvili, 2015). Son conseil d’administration est composé d’un président ainsi que d’une dizaine de représentants de bibliothèques importantes au pays (Georgian Library Association, s. d.-b).

L’Association propose périodiquement à ses membres des formations, des conférences et des ateliers dont elle fait la promotion sur sa page Facebook. Les formations offertes portent principalement sur le perfectionnement des connaissances des professionnels de l’information (საქართველოს საბიბლიოთეკო ასოციაცია. Georgian Library Association, s.d.). La GeLA contribue également à la rédaction et à la publication de normes et standards bibliothéconomiques, et est responsable de la revue Library of Georgia (en Géorgien : საქართველოს ბიბლიოთეკის, sakartvelos bibliotek’is) (Garibashvili, 2015). Quatre numéros de cette revue paraissent annuellement, et sont disponibles en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie (საქართველოს ბიბლიოთეკა, s. d.).

De plus, la GeLA participe activement au développement de partenariats avec les communautés locales. En accord avec l’objectif de développement durable numéro 12 de l’UNESCO, « Consommation et production durables », elle a notamment financé un projet visant à mettre sur pied des bibliothèques « vertes » dans la municipalité minière de Tchiatoura, en Géorgie (McGhie, 2023, p. 37). Implantée dans cinq bibliothèques de ce milieu rural, cette initiative avait pour but de sensibiliser les communautés à la protection de l’environnement, de stimuler le dialogue sur les questions environnementales ainsi que favoriser l’utilisation des technologies durables. Grâce à ce projet, les bibliothèques de Tchiatoura ont pu bénéficier d’une connexion internet, d’ordinateurs, d’imprimantes ainsi que de panneaux solaires (Green Libraries in Chiatura Municipality, s. d.). Les bibliothécaires ont également reçu des formations sur des sujets environnementaux ainsi que sur les manières d’encourager l’engagement communautaire. Les villages avoisinants ont quant à eux été dotés de poêles à bois écoénergétiques ainsi que de nouveaux systèmes d’irrigation (Green Libraries in Chiatura Municipality, s. d.).

Georgian Integrated Library Information System Consortium

Parallèlement à la GeLA, le Georgian Integrated Library Information System Consortium (GILISC) est fondé en 2017 à la suite d’une initiative de la Bibliothèque scientifique nationale. Ce partenariat regroupe 55 bibliothèques universitaires et publiques géorgiennes. En collaboration avec la fondation Electronic Information for Libraries (EIFL), ce consortium vise notamment à faire la promotion du libre accès aux ressources académiques sur les plateformes numériques (EIFL, s. d.-a). Ce faisant, il vise également à accorder davantage de visibilité à la recherche géorgienne sur le plan international. À cet effet, le GILISC a mis en place trois grands dépôts numériques basés sur le libre accès :

This infrastructure includes openscience.ge, a digital repository of academic works by Georgian scientists, openlibrary.ge, a digital repository of non-scientific works, and openjournals.ge, a multidisciplinary publishing platform for Georgian academic journals. Openjournals.ge is the largest publishing platform for open access journals in Georgia, with participation by 37 universities and research institutes (EIFL, s. d.-b).

De manière générale, le GILISC sensibilise les institutions membres à l’importance du libre accès et les informe à propos des modalités de versement des articles dans les dépôts. L’EIFL, pour sa part, finance les activités du GILISC et coordonne les négociations avec les éditeurs quant à la diffusion des articles en libre accès. Elle dispense également des formations et des webinaires aux membres à propos de l’édition numérique en libre accès, des procédures en vigueur et des nouveaux développements dans le domaine (Pavliashvili, 2023).

Conference of European National Librarians

La Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie est également membre de la Conference of European National Librarians (CENL) (Conference of European National Librarians, s. d.-b). Fondée en 1987, cette association vise à assurer la cohésion des bibliothèques nationales européennes. Ses 46 membres se rencontrent une fois par année pour échanger à propos de leurs enjeux, projets et initiatives (Conference of European National Librarians, s. d.-a). Le site internet du CENL sert également de plateforme aux membres pour diffuser les événements et conférences qu’ils organisent (Conference of European National Librarians, s. d.-a).

Autres associations

Deux autres associations sont parfois mentionnées par les experts. Bien qu’elles aient mis en place de nombreuses initiatives pour la modernisation des bibliothèques géorgiennes à la fin du XXe siècle, il est difficile de déterminer si elles sont toujours en activité.

La Library Automation Association in Georgia (LAAG) est fondée en 1995 dans le but d’automatiser et d’informatiser les systèmes de gestion bibliographique des bibliothèques géorgiennes. De 1995 à 1997, elle organise des conférences et des ateliers visant à familiariser les bibliothécaires avec l’utilisation d’Internet ainsi que de standards tels qu’Unicode et le format MARC (Library Automation Association in Georgia, s. d.).

L’Association of Information Specialists (AIS), pour sa part, est fondée en 1997 par des professionnels géorgiens ayant étudié aux États-Unis. Elle promeut principalement la collaboration entre les bibliothèques de la Transcaucasie, et organise à cette fin des conférences et des ateliers durant quelques années suivant sa fondation (Johnson, 2013a).

Cadre législatif

Le réseau des bibliothèques en Géorgie est régi par la constitution de l’État. Effectivement, la constitution est la loi suprême du pays et décrète que toute autre loi doit s’y conformer. Les lois encadrant les bibliothèques découlent donc de cette constitution (Gunia-Kucnetsova, 2022, p. 17).

La loi sur la bibliothéconomie

Cette loi sur la bibliothéconomie de la Géorgie est parue en 1996, suivant la cessation de l’URSS en 1991, et donc, à la suite de l’indépendance du pays (Garibashvili, 2015). La loi sur la bibliothéconomie décrète les objectifs principaux des bibliothèques au pays, ainsi que les principes qu’elles doivent suivre. La loi dicte aussi le rôle de l’État en ce qui concerne les bibliothèques, les droits des lecteurs et leurs responsabilités et les droits des bibliothèques ainsi que leurs obligations (Parliament of Georgia, 1996).

Plus précisément, dans l’article 4 de la loi, il est mentionné que le rôle de l’État est de superviser les bibliothèques et de s’assurer du respect des principes fondateurs de la bibliothéconomie, aussi inscrits dans cette loi, à l’Article 3. Ces principes veulent que toute bibliothèque soit laïque, que les usagers des bibliothèques soient égaux et que l’information soit accessible à tous, et ce, de manière efficace (Parliament of Georgia, 1996, p. 1). De plus, il est mentionné que l’État s’assure du développement et de l’établissement des programmes dans les bibliothèques, il s’occupe de la gestion du réseau des bibliothèques au pays et il protège les droits des citoyens en lien avec les services offerts en bibliothèques (Parliament of Georgia, 1996, p. 1). Plus précisément, l’article 19 mentionne que c’est le ministère de la Culture de la Géorgie, en partenariat avec la Bibliothèque nationale parlementaire de la Géorgie, qui s’occupe de la coordination du réseau des bibliothèques en implémentant des politiques unifiées au travers du réseau (Parliament of Georgia, 1996, p. 4). En effet, ces deux entités coordonnent les gouvernements locaux, qui, selon l’article 21 de la loi, sont responsables de la gestion des bibliothèques de leurs régions, en relation avec les conditions économiques et sociales s’y retrouvant (Parliament of Georgia, 1996, p. 5).

La Bibliothèque nationale parlementaire, qui est la bibliothèque principale du réseau des bibliothèques (Parliament of Georgia, 2019, p. 249), a d’ailleurs ces activités régies par la loi sur la bibliothèque nationale parlementaire. Son rôle de superviser les autres bibliothèques aux pays, en partenariat avec le ministère de la Culture, est inscrit dans cette loi (Garibashvili, 2015).

Les objectifs des bibliothèques, décrétés par la loi sur la bibliothéconomie et qui doivent être obligatoirement suivis, suivent les principes des bibliothèques et stipule, à l’article 2 de la loi, qu’il est nécessaire de fournir efficacement les documents utiles à un usager et qu’il est nécessaire de créer un climat favorable au développement créatif d’une personne (Parliament of Georgia, 1996, p. 1). Aussi, il est mentionné que des services doivent être donnés spécifiquement pour les enfants et les adolescents en créant des espaces spécialement pour eux dans les bibliothèques publiques, en créant des bibliothèques scolaires ou en créant des bibliothèques spécialisées pour enfants. Des services spéciaux pour les personnes âgées et les personnes avec un handicap doivent aussi être offerts dans les bibliothèques, selon cette même loi. Finalement, il est aussi inscrit dans la loi que des services doivent être donnés aux personnes vivant dans les pénitenciers (Parliament of Georgia, 1996, p. 1). Aussi, la loi sur l’éducation supérieure stipule qu’une bibliothèque universitaire est obligatoire dans chacune des universités du pays (Garibashvili, 2015).

La loi sur le dépôt légal

Ensuite, une autre loi influençant le cadre légal des bibliothèques en Géorgie est la loi sur le dépôt légal. Précédemment, la bibliothèque nationale parlementaire avait pris ce rôle de manière informelle, à la suite de la dissolution de l’Union soviétique. Effectivement, à partir de 2006, après avoir absorbé la collection de la chambre des livres d’État (cignis palata) qui servait de dépôt légal au temps soviétique, la bibliothèque nationale parlementaire recevait une copie de chaque document paru, et ce, à la suite d’un accord avec les maisons d’édition de la Géorgie (Chelidze et Zmroczek, 2010, p. 3). Cela a changé en 2014, alors qu’une nouvelle loi sur le dépôt légal est adoptée par le parlement de la Géorgie. Cette loi stipule que le dépôt de quatre copies de toutes les publications se doit d’être fourni aux bibliothèques d’État et que trois copies doivent être fournies à la bibliothèque nationale parlementaire (Garibashvili, 2015). Le but de ce dépôt légal est de développer une large bibliographie nationale et d’assurer la préservation de l’héritage culturel de la Géorgie (Parliament of Georgia, 2014, p. 2).

Information complémentaire/particularités

Musée des livres

La Bibliothèque nationale parlementaire de Géorgie accueille en son centre le Musée des livres. Il contient certains des plus vieux et des plus rares livres imprimés. Le Musée, qui est le plus gros de son espèce dans la région du Caucase, contient environ 10 000 livres provenant des archives de la Bibliothèque. Certains des livres incluent : des éditions du premier livre géorgien imprimé à Rome au XVIIe siècle ; le Livre des Psaumes du 18e siècle, premier livre imprimé par une imprimerie géorgienne (édition 1709) ; le dictionnaire Géorgien-Italien, premier livre imprimé en géorgien ; et maints autres (The National Parliamentary Library of Georgia, 2020).

Liberté intellectuelle

Un élément ayant été positivement influencé par la dissolution de l’URSS a été la liberté intellectuelle (IFLA, 2000). Effectivement, au moment de l’Union soviétique, de la censure d’information était présente, dans les bibliothèques, alors que certains livres contenant des idéologies différentes de celles de l’URSS étaient interdits pour la consultation par le public (IFLA, 2000, p. 2). Avec le temps, cette censure s’est vu diminuer alors que les bibliothèques géorgiennes ont établi des politiques faisant la promotion de la liberté intellectuelle (IFLA, 2000, p. 3). Ces politiques ont même été inscrites dans la loi sur la bibliothéconomie du pays, comme mentionné précédemment, alors que l’accès libre et illimité aux ressources d’information est un principe fondamental des bibliothèques (Parliament of Georgia, 1996, p. 1).

Cependant, plus récemment, de plus en plus de craintes en lien avec la liberté intellectuelle surviennent en Géorgie. En effet, le gouvernement de la Géorgie, en mai 2024, a introduit une nouvelle loi s’appelant « Transparancy on Foreign Influence » ou « Transparence sur l’influence étrangère » (Welt, 2024, p. 1). Cette loi, inspirée du Kremlin selon le gouvernement des États-Unis, veut que les médias et les organisations non gouvernementales recevant plus de 20 % de leur financement de la part d’organismes étrangers soient très strictement régularisés (Welt, 2024, p. 1). Ces derniers seront qualifiés « d’organisations servant des intérêts étrangers [traduction libre] » (Welt, 2024, p. 1). Ce titre, très stigmatisant, aura pour effet « d’affaiblir la confiance du public [envers ces organismes] et de diminuer leur accès à des ressources financières [traduction libre] » (Welt, 2024, p. 1).

Plusieurs manifestations ont eu lieu, en Géorgie, dans l’espoir de contrer l’adoption de cette loi, alors qu’elle pose un danger à la liberté d’expression et la liberté intellectuelle. En effet, plusieurs chercheurs et institutions d’enseignement supérieur reçoivent leur financement d’organismes internationaux et verront leurs activités influencées par l’adoption de cette loi (Kazakli, 2024). Des organismes internationaux, comme l’ONU, ont aussi sévèrement critiqué cette loi, la qualifiant de violation des droits humains et d’un pas dans la mauvaise direction pour le pays (Lawlor et al., 2024).

Aussi, en décembre 2024, l’élection à la présidence d’un politicien pro-russe apporte des craintes d’un mouvement vers l’arrière, vu ses fortes rhétoriques anti-occidentales et ses projets de loi similaires à ceux de la Russie (Charlton, 2024).

Références

Allen, W.E.D. (1971). A History of the Georgian People – From the Beginning Down to the Russian Conquest in the Nineteenth Century (2e éd.). Routledge.

Central Intelligence Agency. (2024). Georgia. The world factbook. https://www.cia.gov/the-world-factbook/countries/georgia/

Centre national des manuscrits de Géorgie. (2023, 13 décembre). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_national_des_manuscrits_de_G%C3%A9orgie

Charlton, A. (2024, 14 décembre). Ex-soccer player Kavelashvili becomes Georgia’s president in a blow to its EU aspirations. CTV News. https://www.ctvnews.ca/world/ex-soccer-player-kavelashvili-becomes-georgia-s-president-in-a-blow-to-its-eu-aspirations-1.7145900

Chelidze, A. K. et Zmroczek, J. (2010). National bibliography of Georgia: past, present, future. Slavic & East European Information Resources, 11(1), 41–45. https://doi.org/10.1080/15228881003631790

Chitanava, E. et Gavtadze, M. (2020). Limitations to Freedom of Religion or Belief in Georgia: Legislation and State Policy. Religion & Human Rights, 15(1-2), 153–171. https://doi.org/10.1163/18710328-BJA10006

Conference of European National Librarians. (s. d.-a). About CENL. https://www.cenl.org/about-cenl/

Conference of European National Librarians. (s. d.-b). Georgia. https://www.cenl.org/library/national-parliamentary-library-of-georgia/

Electronic Information for Libraries. (s. d.-a). Georgia. EIFL. https://www.eifl.net/country/georgia

Electronic Information for Libraries. (s. d.-b). Open Access in Georgia. EIFL. https://www.eifl.net/eifl-in-action/open-access-georgia

EOSC. (s. d.-a). EOSC Association. https://eosc.eu/

EOSC. (s. d.-b). National Science Library of Georgia. https://eosc.eu/practice/national-science-library-of-georgia/

EU4Digital. (2022, 14 décembre). The National Science Library of Georgia at the forefront of Open Science. https://eufordigital.eu/the-national-science-library-of-georgia-at-the-forefront-of-open-science/

European Commission. (2024). Georgia. European Union. https://neighbourhood-enlargement.ec.europa.eu/european-neighbourhood-policy/countries-region/georgia_en

Garibashvili, I. (2015). Libraries in Georgia in 2004-2015. Journal of Library Administration, 55(7), 549‑561. https://doi.org/10.1080/01930826.2015.1076311

Georgia Library Association. (s. d.-a). About Georgian Library Association. http://www.gela.org.ge/en/about

Georgia Library Association. (s. d.-b). Board of Association. http://www.gela.org.ge/en/about/board

Georgian Integrated Library Information System Consortium. (s. d.) Georgian Integrated Library Information System Consortium. Open Journals. https://openjournals.ge/index.php/index/consortium

Georgian National Centre of Manuscripts. (2024b, 23 août). Dans Wikipedia. https://en.wikipedia.org/wiki/Georgian_National_Center_of_Manuscripts

Géorgie. (1995). Constitution du 24 août 1995. Digithèque MJP. https://mjp.univ-perp.fr/constit/ge1995i.htm

Gunia-Kucnetsova, N. (2022, novembre). Georgia: short cultural policy profile. Cultural Policies. https://www.culturalpolicies.net/wp-content/uploads/2022/12/Georgia_short_112022.pdf

Institute for Development of Freedom of Information. (2014, 4 août). Georgian Public Services through Libraries. https://idfi.ge/en/georgian-public-services-through-libraries

IFLA. (2000, 14 novembre). IFLA/FAIFE world report: libraries and intellectual freedom. https://www.ifla.org/wp-content/uploads/2019/05/assets/faife/publications/ifla-world-report/georgia.pdf

International Federation of Library Associations and Institutions. (2024). Georgia. Library Map of the World. https://librarymap.ifla.org/map/Metric/Number-of-libraries/LibraryType/National-Libraries,Academic-Libraries,Public-Libraries,Community-Libraries,School-Libraries,Other-Libraries/Country/Georgia/Weight/Totals-by-Country

Johnson, I. M. (2013a). Library development in the Georgian Republic: Problems and Progress since the Dissolution of the USSR. World Libraries, 20(2). https://worldlibraries.dom.edu/index.php/worldlib/article/view/516

Johnson, I. M. (2013b). The rehabilitation of library and information services and professional education in the post-Soviet Republics: Reflections from a development project. Information Development, 30, 130‑147. https://doi.org/10.1177/0266666913479389

Kazakli, O. (2024, 2 juin). New law puts academic freedom in Georgia at risk. Endangered Scholars Worldwide. https://www.endangeredscholarsworldwide.net/post/new-law-puts-academic-freedom-in-georgia-at-risk

Kranich, N. (2001). Strengthening Library Associations in the South Caucasus: A Regional Workshop. American Library Association. https://www.ala.org/aboutala/offices/iro/iroactivities/strengtheningassociationsnancy

Lawlor, M., Romero, G., Khan, I. et Bailliet, C.-M. (2024, 15 mai). Georgia: UN experts condemn adoption of law on transparancy of foreign influence. United Nations. https://www.ohchr.org/en/press-releases/2024/05/georgia-un-experts-condemn-adoption-law-transparency-foreign-influence

Library Automation Association in Georgia. (s. d.). About LAAG. https://laag.tripod.com/laag1.htm

McGhie, H.A. (2023). Localizing the SDGs Through Museums and Libraries: making a better difference. Curating Tomorrow. https://curatingtomorrow236646048.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/12/localizing-the-sdgs-2023.pdf

National Archives of Georgia. (s. d.). Mediathek. https://archive.gov.ge/en/mediateka

National Parliamentary Library of Georgia. (2024a, 3 avril). Dans Wikipedia. https://en.wikipedia.org/wiki/National_Parliamentary_Library_of_Georgia

National Science Library (Georgia). (2022, 9 juillet). Dans Wikipedia. https://en.wikipedia.org/wiki/National_Science_Library_(Georgia)

Parliament of Georgia. (1996, 10 juillet). Law of Georgia on librarianship (publication no 267). https://matsne.gov.ge/en/document/view/33046?publication=2

Parliament of Georgia. (2014, 18 août). On legal deposit (publication no 2645-რს). https://matsne.gov.ge/en/document/view/2455838?publication=0

Parliament of Georgia. (2019). Rules of procedure of the parliament of Georgia. https://legislationline.org/sites/default/files/documents/a5/Georgia%20-%20ROP_as_of_27_Dec_2018_ENG.pdf

Pavliashvili, N. (2023, 21 août). Georgia: Adapting to a culture of open science. EIFL. https://www.eifl.net/blogs/georgia-adapting-culture-open-science

Tbilisi State University. (s. d.) Vocational Education Programs and Catalogue. https://www.tsu.ge/en/vocational-center/page/1622

The GEF Small Grants Program. (s. d.). Green Libraries in Chiatura Municipality. https://www.sgp.undp.org/spacial-itemid-projects-landing-page/spacial-itemid-project-search-results/spacial-itemid-project-detailpage.html?view=projectdetail&id=27789

The National Parliamentary Library of Georgia. (s. d.-a). History of the library. https://www.nplg.gov.ge/eng/History_of_the_Library

The National Parliamentary Library of Georgia. (s. d.-b). General information. https://www.nplg.gov.ge/eng/General_Information

The National Parliamentary Library of Georgia. (2020, 1er avril). The Museum of Books – Virtual Exhibition. https://www.nplg.gov.ge/eng/exhibitions/The_Museum_of_Books_-_Virtual_Exhibition/4066

Toria, M. (2014). « The Soviet occupation of Georgia in 1921 and the Russian–Georgian war of August 2008 « . The making of modern Georgia, 1918-2012: the first Georgian republic and its successors (S. F. Jones, Ed.). Routledge. https://www.taylorfrancis.com/chapters/edit/10.4324/9781315818207-19/soviet-occupation-georgia-1921-russian%E2%80%93georgian-war-august-2008-malkhaz-toria?context=ubx&refId=1ef3a240-5793-4d86-96d2-b2c2a885e799

UNESCO. (s. d.). Monastère de Ghélati. https://whc.unesco.org/fr/list/710/

Welt, C. (2024, 28 mai). Georgia’s parliament passes “transparency of foreign influence” law (publication no IN12368). Congressional Research Service. https://crsreports.congress.gov/product/pdf/IN/IN12368

საქართველოს ბიბლიოთეკა. (s. d.). National Parliamentary Library of Georgia. https://dspace.nplg.gov.ge/handle/1234/20971

საქართველოს საბიბლიოთეკო ასოციაცია. Georgian Library Association. (s. d.). Accueil. [Page Facebook]. Facebook. https://www.facebook.com/GeorgianLibraryAssociation2000

Partagez ce livre